‹ Questions historiquesChapitre 91 sur 258 · Idem · texte numérisé non relu

Idem

154 QUKSTIONS IIISTOlllorKS.

de son livre, il nous moiili'L' les eiléslixaiit les yeux sur rétnaiger, d'où elles attendaient une domination.

Or les Grecs n'avaient jamais eu une haine bien violente pour l'étranger; il est vrai qu'on l'appelail barbare; mais, cette satisfaction une fois accordée à la vanité nationale, on se livrait à lui. De tout temps les factions lui ouvrirent la (Irèce. Le ])arti des lyrans trahit riimieà la bataille de Laila ; il conduisit les Perses à Marathon; il livra Erétrie, et faillit livrer Athènes au milieu de son triomphe. Pendant la guerre du Péloponèse, les deux partis se disputèrent sans boule l'argent, les Hottes et la domination des Perses. Philippe acheta l'aristocratie dans chaque ville, et la démocratie reçut l'or du grand roi. 11 y eut pres(pie toujours autant d'étrangers appelés qu'il y eut de ]»arlis en Grèce.

Polybe nous a lui-même tracé les maximes de cette politique. Il nous apprend comment il jugeait en principe l'intervention étrangère et ce qu'il enlendait par patriotisme et trahison. « J'admire, dit-il, dans (|uelles grossières erreurs on tombe à propos des traîtres; je veux dire quelques mots à ce sujet, Ijien que je convienne que la matière soit difficile et délicate, et qu'il ne soit pas aisé de distinguer au juste (juels hommes on doit appeler de ce nom. Ne sont pas traîtres évidemment tous ceux qui ont noué des relations avec les rois ouïes puissances, ni ceux qui, se conformant aux événements, ont fait passer leur patrie à une alliance nouvelle; car ces hommes ont souvent, par une telle conduite, apporté de gi'ands biens à leur

patrie parliculière On peut reprocher à Démosthène d'avoir

attaché ce nom flétrissant de traîtres aux hommes les plus distingués de chaque ville grecque, à Cercidas, à Iliéronyme, à Eucampidas d'Areadie, aux lils de IMiiliadas, à Néon, à Tlirasyloque de Messénie, etc. Et cependant ces mêmes hommes, en appelant Philippe dans le Péloponèse, ont abaissé Lacédémone, et ]iar là ont permis aux Péloponésiens de respirer et leur ont rendu la connaissance de la liberté. En échange d'un tel bienfait, devaient-ils combattre Philippe? ne devaient-ils pas plutôt

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