Polylio, V
l'OLYRE 01 LA GRKCE CO.NOLISE l'AR LES P.OMAI.NS. i:>5
travailler de toutes leurs forces à aufrnienler sa puissance et sa fîloire'.' S'ils avaient intnnluit dans leur patrie des frarnisons étranjrères, s'ils avaient renversé les lois de leur cité, et cela dans l'intérêt de leur amliition personnelle, on pourrait alors les accuser de tiahison. Mais si telle n'a pas été leur conduite, pour(|uoi les accuser? Ils n'ont fait que diiïérer d'opinion avec Démostliène ; ils n'oni |ias cru que l'inlérél des Athéniens fût le même ipie celui île leur cité'. » \\i\>-\, suivant l'olvhe, ces hommes n'étaient pas traîtres, ni Démoslhène patriote; mais Démoslhène avait une opinion et eux une autre. Les Athéniens craifrnaient les élran^a»rs, les Arcadiens avaient liesoin d'eux: et il était aussi bien permis aux uns qu'aux autres de consulter leur intérêt particulier. Appeler les étranfcers, se faire aider par eux, les immiscer dans les querelles des villes ou des partis, semble léiritime à Polyhe et aux Grecs. Pourvu que l'on n'aille pas jusqu'à introduire des garnisons étrangères dans la cité, on n'est pas condamnable. A ce point seulement la trahison commence.
Les Grecs n'avaient jamais conçu que très faiblement la patrie commune, et leur |iatriolisme n'avnil guère été plus loin que la cité. L'esprit municipal étant all'aibli. tout amour de la patrie tomba. Les partis avaient passé par-dessus la cité pour se fortifier et former des ligues; on passa de même par-dessus les ligues pour chercher l'appui des étrangers. Avant d'être «itoyen, avant d'être Grec, on fut aristocrate ou démocrate.
Chacun aimait sans doute la liberté; mais chacun aussi, pour se venger de son ennemi personnel, a[ipelait la sujétion. On s'attachait à l'étranger, dit Tite-Live. pour ne pas céder le pas à un citoyen : externo se polius (ipplical, quam civi cedat'.
Après la guerre lamiaque, Antipater penchait vers la clémence; il allait j>ardiinner à Athènes et la laisser libre. Démade vint le supplier de l'asservir et de placer dans ses murs un gouverneur et une garnison \