‹ Questions historiquesChapitre 94 sur 258 · l'okbe, II · texte numérisé non relu

l'okbe, II

l'OLYRE OU I.A GRÈCE CONQUISE PAU LUS liiiMMNS. Ihl

Lc lendemain iiiii\;i Aialu-; l'liili|i|>e le |iiil ;i |i,nl avec Déniétrins, et les coiidiiisil tous deux dans la citadelle dllIiiMiie, dont il avait obtenu l'entiée poui' y l'aire un saciilice. La victime éfiorfrée, il en présenta les entrailles à ses deux conseillers, et leur demanda -i elle-» ne mai-(|iiaieiil \r,]- iju'll lallùl garder la citadelle. « Si lu n'as (|uc le co'ur d'un de\iM. dit Démétriiis, lu en sortiras au plus lot; mais si lu a- l'i^ner^ie d'un roi, lu resteras ici; inaiire de l'Ilhiune el de l'Acrocol'intlie, tu liens le bœul" par les deux cornes. » Le roi demanda ensuite l'avis d'Aralus. Le strali'^e hésita ([uchpie leiiips, "lupi't'ait ou pensaul |ieul-èlre (|u'il élail inulile de i('ponilre : <'ulin, pressé de s'e.xpliijuer : « Si lu peux, dil-il, j;arder cette citadelle sans violer aucun serment, je le conseille de le faire. » Pliilip|ie r(ui|iil; et, sultissanl celle l'ois cncoi'c l'asceiidaiil d'Ar;ilus : » Allons, dil-il, reprenons le clieniin |iar où imu^ souiiues venus'. »

Mais cette concession ne trompa pas Aialu-, ipii avail surpris en ce jour le secret du r<ii. Il senlil (pi'il avail peidu sou iidluence, et il mourut deux ans après, lellemeni détesté de l'Iiilippe ipi'on put le croire empoisonné. Le roi, délivré de cet homme, poursuivit plus hardiment sa nouvelle politique; en 20S, nous le retrouvons à Argos, cherchant la popularité, déposant les insignes royaux et aflectanl de se confondre avec le peuple'.

l.omme la li,i;ue achéenne ii'asail aimi' l'iiilippe dè> l'ori^nne ipi en haine île la démocratie, la di'-liance et l'iiiimilii' reinplaci'renl inilurellemenl celle affection dès cjue IMiili])pe se fit démocrate.

1,'esl à partir de ce monieni (|ue l'olyhe, l'inlerpri'le des senlimenls de la ligue, commence à délester le roi de Macédoine. .Ius<|ue-là il avait des vertus, de la douceur dans !(■ caractère, de la modération, di- l'activité; maiulenanl il est débauché, cruel, sans foi.

La ligue achéenne dul, pendani ]tlusieurs années, cacher sa

1. l'.plïhe. vil. 11. Tile-Live, XXXll, 21. l'IuUinnic, yl)o/;«. •2. \Wjt.i'j.i/'j; 'jov T3Î; -oXXo'; y.x'i 5r,;jioT'.zov O-OYpâsîiv ; Polvbc, X. 2(1. Tilc- Livc, XXVII, ÔO. 51. ' "

rancune. Que faire? ijuclle force opposer à la fois à la Macédoine et au parli po|)ulaire? On attendit qu'une puissance étrangère se présentât.

Dès que Rome se montra aux Grecs, l'aristocratie fut ])our elle. Pour cela même, le parli popnlaire se rapprocha de plus en plus de la Macédoine. Chaque fois que dans la suite de celle histoire nous voyons une cité comhaltie Rome ou la seivir, ne disons pas qu'elle aime la liberté ou qu'elle court à la servilude, disons que le parti aristocrati(jue y est abattu ou y domine.

Dès 198, le peuple d'Argos livre la ville aux Macédoniens. L'année suivante, à Opunle, le parti des riches ouvre les portes aux troupes romaines. La même année, l'aristocratie des Acarnaniens s'unit à Rome par un décret, et ce décret esl abrogé par le peuple, (jui se déclare formellement pour Philippe et oppose aux Romains une résistance opiniâtre'.

Chez les Déotiens, la démocratie avait pris le dessus : c'est ce que Polybe veut dire (juand il nous parle de ces magistrats uniquement occupés d'acheter la faveur du peuple par l'interruption de la justice, l'abolition des dettes et des distributions d'argent'. Les Réotiens devaient donc être les alliés de Philippe; en effet leurs troupes comballircnt pour lui à Cynoscéphales. Mais, tandis que toute la force du parli démocratique avait été le joindre, l'aristocratie livra la ville à Flamininus. Tous ceux qui avaient combattu à Cynosc('phales furent faits prisonniers. Le général romain, qui n'avait pas encore assez d'expérience de la Grèce, crut s'attacher ces Thébains en leur rendant la liberté. Avec eux la démocratie rentra dans la cité; et dès la première élection, en dépit du voisinage de l'armée romaine, Rrachyllès, le chef du parti populaire et macédonien, fut nommé béotarque. Les riches alors allèrent se plaindre à Flamininus; ils étalèrent à ses yeux la hardiesse et l'ingraliludc de la populace, et osèrent déclarer (ju'à moins de la frapper de terreur par le meurtre de Jîrachyllès, il n'y aurait nulle sécurité pour les amis des Romains. Le crime fut résolu entre Fla-

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