DISCOURS AL- CONGRES DE ROME
cliarilé la plus large qui soil, la plus généreuse pour les généreux, et la mieux faite aussi pour eucou rager les volontés Fragiles et qui doutent d Vlleslénies.
Mais ce n'est pas tout encore; un autre lien existe entre nous, et c'est le lien par excellence, '\r veux parler de la participation aux mômes sacrements. Il n'y a jamais eu, il n'y aura jamais, d'homme à homme, de pareilles raisons, de pareilles sources de respect et d'amour. Le jour de PAques, dans les églises de nos grandes villes, ce sont d'immenses assemblées d'hommes de tous les rangs, de toutes les fortunes, de toutes les opinions politiques; dans les églises de villages ce sont les laboureurs, les ouvriers du froment et de la vigne qui viennent, par la communion, maintenir l'affirmation et renouveler la noblesse des races baptisées. (lommo il est dit dans l'hymne pascal :
In medio stetit Christine, Dicem : Pax vobis omnibus.
Ils ont la paix en eux et entre eux. Ils apprennent < ( qu'est le don de soi. L'esprit de sacrifice pénètre ceux qui ont reçu le Sacrifié. Tous voient se réaliser ( iilic eux la plus haute fraternité; ils se sentent
unis, par ran()l)lissemcnt de cliacun, dans un muluel respect. Aucune démocralfe n'en a fait ni rêvé autant. Aucun titre terrestre ne saurait équivaloir à celui que revêt le plus pauvre ouvrier recevant son Dieu. Quelle raison nous avons là de servir les hommes! Ouclle raison de les honorer! Quelle raison de les aimer! Le plus grand bonheur d'une nation serait que tous ses membres fussent unis de la sorte. Et l'ambition de l'Église n'a jamais été autre. Ne vous étonnez pas si plusieurs ne le comprennent pas. Ne vous étonnez pas surtout si toutes les forces révolutionnaires en chaque pays, plus ou moins violemment, selon les heures, s'etlbrcent de fermer les chapelles et les églises ou d'en limiter le nombre, et si toute la puissance du mal est dirigée, au fond, contre cette petite hostie, qui est toute la pureté, la meilleure sauvegarde de la faiblesse, toute la bonté et toute la liberté du monde.
C'est ce prodige qui achève de nous unir. Sans doute, nous appartenons à des patries différentes, et aucun de nous ne l'oublie. Les catholiques gardent, chacun pour sa nation, un amour de préférence, et toutes les fois qu'il l'a fallu, ils l'ont montré. Partout, toujours, ils ont su mourir en bons soldats. Mais, Dieu merci, la guerre est un état d'exception. Pendant la paix, les iimes chrétiennes ont la liberté de se témoigner les une?i aux autres les sentiments