CHAPITRE PREMIER
' Aspect général du problème.
Les propriétaires de mines d'argent sont les plus directement iotéressés à la cause du bimétallisme. Si en effet linéiques États, ou mieux tous les États du globe, ouvraient leurs hôtels de monnaie à la frappe libre de l'argent, en donaant à ce métal force libératoire absolue, avecl'ancien rapport f à 15 1/2, il est bien évident que, du jour au lendemain, la valeur intrinsèque de l'argent subirait une hausse sensible. A 30 deniers l'once, les mines d'argent réalisent déjà de beaux bénélices. On peui songer, à ce que seraienl les bénéfices et à la poussée énorme que recevrait l'industrie argentifère, si l'argent atteignait son ancien cours de 60 deniers et plus.
Avec le bimétallisme, l'argent en barres a toujours la même Taleur que l'arme nt-monoaie, puisqu'on peut toujours le faire transformer en monnaie. Dès qu'on arrête la frappe de l'un des métaux, il n'y a plus identification entre tes deux valeurs.
L'argent-métal a une valeur moindre que celle de la monnaie. Le propriétaire de lingots ne pourra les vendre que leur prix marchand, c'est-à-dire, une somme inférieure. Avec la frappe libre, l'argent a une situation à part parmi les productions : le débouché en est toujours assuré. Avec le monométallisme or, l'argent devient une marchandise, comme les autres, soumise à toutes les Quctuations du marché.
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Or les deux pays qui produiseDlle plus d'argeat sont les États- Unis elle Mexique'.
C'est pour cela qu'aux Étals-Uuis, certains États, en particulier ceux des Montagnes Rocheuses, ont été argentistes, dès le début. Les mesures préconisées ont eu surtout pour but de faire hausser le prix de l'argeat par des achats périodiques de métal blanc.
Au Mexique, la production argentifère joue un rôle plus considérable encore. La plus grande partie des exportations sont les exportations de mélaï-argent, qui est vraiment une production nationale, qu'il faut protéger. Le Mexique, eu effet, exporte chaque année eaviroa 60 millions de piastres de métal argent, soit plus du tiers du total de ses exportations. Or l'argent n'est pas une marchandise ordinaire. Son principal débouche consiste dans des emplois monétaires. Le moyen le plus efficace d'augmenter la demande d'argent est donc de modifier )a politique monétaire.
Mais il est bien ovideot que l'Idée de protection des propriétaires d'argent ne suffirait pas pour provoquer une agitation, comme celte qui a eu lieu en Amérique. La cause des propriétaires de mines et même celle des ouvriers mineurs, si intéressante soit-elle, ae vaudrait pas une modilication profonde du régime monétaire. 11 a fallu d'autres raisons ou au moins d'autres prétextes.
Aux États-Unis, on trouvait certains États qui n'avaient même pas de circulation métallique, mais seulement du papier-moDnaie, desgret^nbacks. Us se trouvaient très bien de cette situation qui faisait hausser les prix. Pour eux, les prix des marchandises variaient en raison de la masse monétaire existant dans le pays. Non seulerrvent ils n'étaient pas monoraétallistes or, mais encore ils n'auraient pas voulu la reprise des paiements en espèces. Eu tout cas, ces inflationnistes, comme on les appelait, étaient tout disposés à prendre part k la campagne argentiste. L'argent, étant une monnaie dépréciée, devait faire hausser les prii. Ils le préféraientà l'or. Les partisansdes greenbacks, après la reprise des paiements en espèces, devinrent ainsi tout naturellement argentistes, ou plutôt bi métal listes.
' V. ci-dessus Paulier, La produolion de l'argent.
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