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PAYS PRODUCTEURS D ARGENT

Aux propriétaires d« mines el aux iaQationaistes, il faut ajouter les protectiooDistes de tous ordres. Comme le disait spirituellement l'un des délégués des Élats-Uois à la conférence moné- • taire de 1881 : i< tes Américains peuvent être des égoïstes, mais vous ne ferez croire à personne qu'ils sont des imbéciles. Ils ■seraient des imbéciles, s'ils poursuivaient l-'intérêt exclusif des producteurs d'argent. C'est leur produclîoa agricole qui est tout; la production du métal argent n'est rien pour eux. A elle seule, la récolte du maïs vaut, aux États-Uni», trcnfe-sîx fois autant 4]ue le produit des miacs d'argent ».

Les protectionnistes étaient nombreux surtout dans les régious agricoles de l'Ouest et du Sud, qui souffraient de la baisse des prix. On leur expliquait qu'avec le bimétallisme, les prix remonteraient et la prospérité reviendrait. H faut ajouter aussi que le parti de l'argent, surtout dans la campagne présidentielle de 18%, lit souvent appel à tous les sentiments démagogiques. L'étalon d'or, disait-on, mettait te pays sous la dépendance de l'étranger, en particulier de l'Angleterre. D'aulre part, il faisait baisser les salaires.

Les partisans de l'étalon d'or se recrutaient surtout parmi les banquiers et les commerçants et parmi tous ceux qui ne croyaient pas à la nécessité d'une protection agricole ou du moins qui ne voyaient pas comment une mauvaise monnaie protégerait l'agriculture, le cbange étant à peu près au pair. La question devint surtout politique et les anli-argenlistes surent y mêler habilement une idée d'honneur national. Payer en argent les obligations fédérales et les intérêts qu'elles produisent, c'était* répudier une partie de la dette.

La question'fut violemment discutée. Elle dut être résollie, au milieu decriscs financières incessantes.

Au .Mexique, il en fut tout autrement. On voulait encourager la produclîoa de l'argent. D'aulre part, on désirait protéger l'agriculture et l'industrie nationales. Alors se posa la question du change, qui est tout le problème monétaire au Mexique. Il faut, sinon ramener le cbange aux environs du pair, au moins lui donner une grande fixité. Le Mexique accomplit sa réforme pendant une période de paix extérieure et intérieure en même temps que de prospérité financière. Il n'a pas eu à traverser de violentes crises, comme celle de 1893 aux États-Unis. La

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trsDsrormatioo s'opère doocemeot, presque nos opposition.

Aus Élals-Lois, il s'agit sorloot de combaUre la théorie qaantitaliTe qui se troare au Tood-de loates les cODTictîons arçeotistes. Au Mesique. il s'agit surtout de stabiliser le change.

Tels soDl les priacipaai înlérèls en jeu dans les pajs prodnct>!urs d'argent. Cest de li qu'est partie tonte l'agilation bîrné-' lalliste. Il est nécessaire d'énomérer rapidement les diferses phases de la politique monétaire des deux Républiques de l'Amérique du Nord et de voir comment toutes deux ont succe^iveineot passé à l'étalon d'or.

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