CHAPITRE m
Les campaaues blmfitalllsles dans lee prlDclpnux ËUls de l'Europe.
Les autres pays de l'Europe, où s'esl maniTeslé le mouvement bimétallisle, n'ont pas eu, comme l'Allemagne, une réforme monétaire, au sujet de laquelle s'est Taite l'agitation. L'Angleterre était monomélallistè or et sa politique n'a été eo rien modifiée. La France, comme tous les Étals de l'Union laline, avait suspendu ta frappe libre dès 1876 et depuis lors, aucun chaugement n'est intervenu dans sa situation. lien est de même en Belgique. La Russie et l'Autriche n'ont réalisé leur réforme monétaire, qu'après l'apaisement de l'agitation bimétallique. Nous n'avons donc ici qu'à signaler les tentatives qui ont eu lieu dans ces pays en vue d'une restauration du bimétallisme.
La France a eu un rôle tout particulier dans l'histoire monétaire de l'Europe au xix' siècle, à cause de son abondante circulation métallique et de son régime monétaire ; il importe de dire pourquoi.
Section I. — Le bimétallisme en France.
Au début du nnC siècle, soit par suite des butins rapportés par Napoléon l", soit pour toute autre cause, les espèces monnayées abondaient en France. De 1796 à t820, on frappa, en France, pour2.000 millions de francs et pendant le même temps, 500 millions furent frappés en Angleterre pour la France. Ces frappes considérables donnèrent à la France la suprématie monétaire, grâce à laquelle, Jusqu'en 1870, le rapport de valeur entre l'or et l'argent 15 1/2 à 1 a été sans grands inconvénients.
Beaucoup d'Étals, qui perdirent ainsi leurs métaux précieux, durent recourir au papier-monnaie, dont la France fut préservée.
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il( KENË LAFAROE.
Mais, en revanche, elle a élé privée des chèques, des clearinghoases, et autres instruments qui économisent l'emploi de la monnaie. Ces institutions n'ont élé connues chez elle qu'assez lard et ne s'y sont jamais beaucoup développées. Celle situation « livra les finances de la France, plus complètement que celles d'aucun autre Étal de l'Europe, aux mains sans pitié des fondeurs de lingots ».
C'est grâce au régime monétaire français que les divers pajs étrangers pouvaient maintenir leurs changes, même quand ils usaient de monnaies différentes. L'Angleterre était i l'étalon d'or depuis 1816. L'Inde était à l'étalon d'argent. Malgré cette situation, les relations commerciales entre les deux pays étaient faciles. Il importait peu au commerçant anglais d'être payé en or ou en argent, puisqu*en France il pouvait obtenir, suivant le rapport i & 15 1/2, le métal qu'il préférait. Le bimétallisme français n'a donc pas, comme on le dit souvent, maintenu le rapport 1 à 1^ 1/2 comme rapport réel entre les deux métaux. Ce rapport est fixé par le commerce et dans la réalité il n'a presque jamais été, dans le cours du xix° siècle, exactement I à iS 1/2. Mais le rapport français a corrigé ce que le changement commercial de valeur entre les deux métaux pouvait faire nattrc de difficultés.
On connaît les inconvénients qu'avait eu celte situation pour la France et les moyens qu'on avait dû prendre pour y remédier. L'Union latine a souvent été étudiée. La frappe de l'argent fut suspendue en 1876 et la France adopta, pour .employer une expression consacrée, un bimétallisme boiteux.
Dès la suspension de la frappe de l'argent, des oppositions se manifestèrent, .'i intervalles assez rapprochés. 11 y avait eo France, dès celle époque, un parti bimctalliste assez fort. Cernuschi en fut un des premiers apôtres; le directeur de la Banque de France y représentait un des clémtMits principaux. M. Magnin, directeur de la Banque de France, présidait la conférence de 1881. Depuis, la France prit part à toutes les tentatives de réhabilitation de l'argent.
En 188i, M. de Souln-jran demanda la reprise de la frappe et, en février 1886, il soutenait à la Chambre une proposition invitant le Gonvernemont à poursuivre les nt'ijociations diplomatiques qui dcvjiienl suivre la conférence de 1881.
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