‹ Questions monétaires contemporainesChapitre 152 sur 238 · I.A ClltCUI.ATION KlDlXlAHiE ET LES CRISIÎS DU CHANGE · texte numérisé non relu

I.A ClltCUI.ATION KlDlXlAHiE ET LES CRISIÎS DU CHANGE

(le crédits sur l'étranger, exerce une inlluence indéniable sur la valeur du papier; il est virtuellement en circulation, el pourrait y être versé effectivement en temps de crise, tout au moins l'or de l'encaisse. Mais il ne peut être laissé librement en circulation; il fuirait aussitôt, accroissant la prime du change; il ne se renouvelle plus par la frappe, car depuis longtemps, par l'abus de l'argent et du papier, la circulation intérieure a perdu l'habitude de l'or. On ne considère plus l'or comme une monnaie, niais comme une marchandise de spéculation et les particuliers ne songent plus à le faire frapper; comme le remarqueM. Villaverde, la frappe d'argent et l'émission des billets >< ont atrophié un organe et supprimé une fonction nécessaire à la vie économique de nos jours, la frappe libre et automatique de la monnaie saine ».

L'État espagnol, à la première faute grave qui consistait à battre monnaie avec un métal déprécié, ce qui suffisait pour provoquer la fuite de l'or, a ajouté ses emprunts incessants à la Banque pour remplir les vides de ses budgets; il devait à ta lia de 1898, t.660 millions à l'établissement; les émissions de la Banque ont, pendant toute cette période, pour cause principale (plus des 3/4) les emprunts de l'État; le portefeuille commercial, qui représente les avances dont bénéficie véritablement la vie économique du pays, occupe un rang tout à fait secondaire. La politique financière des Gouvi;rnements a donc consisté à fausser, en vue de nécessités du moment, deux des organes principaux de la vie économique, la monnaie métallique et la monnaie fiduciaire de la grande Banque d'émission. Le crédit de la Banque d'Espagne était surchargé du poids des emprunts de l'Étal, qui faisaient circuler du papier improductif pour le pays, ne correspondant pas A des capitaux utiles. Cesser les emprunts à la Banque et liquider la dette envers l'établissement était la première tâche de l'État espagnol.

A la surabondance de la monnaie de papier, doublée d'une abondante monnaie d'argent, correspond la rareté ou plutôt la raréfaction de l'or; cette raréfaction a d'autres causes que la cessation des frappes d'or; ce peuvent être la spéculation, et une balance des comptes ou des règlements extérieurs défavorable. En ce qui concerne la spéculation, on a noté déjà que la banque a complètement méconnu le rôle régulateur d'un grand

K. FOCMIËR. '

établissement d'émission; ellti n'a pas défendu les capîtausespagnols contre l'exportation opérée pat' certains spéculateurs grâce au taux trop faible de son escompte; elle semble s'appliquer, pendant la période récente de la crise espagnole, à provoquer systématiquement l'eiode à Tétranger des capitaux disponibles; elle escompte à 4, et même 3 1/2, prête sur titres à des taux encore moins élevés, oubliant complètement la fonction qu'elle devrait remplir, la règle qu'appliquent les grandes banques d'émission européennes et que M. Viliaverde formule ainsi : i< L'intérêt des prêts faits par les banques d'émission avec garantie de titres doit toujours être supérieur au taux de l'escompte, et égal au moins à l'intérêl que produit en réalité la dette de l'Etat »; le taux de l'escompte lui-même ne doit jamais s'abaisser au-dessous du niveau de l'intérêt effectif de la dette. On sait quelles opérations permet le taux peu élevé des prêts sur titres: rachatde rentes àl'étranger et dépôt à la Banque, en profitant de l'écart d'intérêt entre le prêt consenti et le titre qui sert de gage. C'a été une cause importante d'exportation d'or su ries marcbés étrangers. Les capitaux fuient également faute de rémunération suffisante à l'intérieur. La Banque combat les tentatives du Gouvernement en vue du remboursement de sa dette par l'émission de nouveaux billets, parfois en quantité supérieure, simplementen maintenant son escompte à un (aux exceptionnellement bas; ainsi en Espagne les capitaux or sont exportés et le capital papier augmente. Au lieu de combattre la raréfaction de l'or parles changeurs au moyen de remises en or, de vente de papier de change, qui contiendraient les prix, et surtout en retenant les capitaux prêts à émigrer par un fort intérêt, la Banque accentue doublement la dépréciation de la monnaie, en chassant l'or et en augmentant le papier.

Avant la crise de 1898, la Banque avait gardé une certaine mesure dans l'application de ces pratiques étranges; depuis, c'est une ligne de conduite bien arrêtée, et aucun blâme n'a pu l'en détourner; si, en 1901, on considère le taux de son escompte, en le comparant à celui des autres banques européennes, et en comparant d'autre pari les taux de capitalisation des valeurs d'État, on constate que seule, la Banque d'Espagne néglige d'élever son escompte au niveau do l'intérêt de la rente :

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LA CIRCULATION FIDUCIAIRE GT l.ES CRISES DU CHA.NOR.

Heveoti elteciir Tani de rmcompie. dea Ucm d'Eut.

Angleterre 4 2,77

Allemagne 5 3,39

France... . . .'

Italie

Espagne

Alors que les tilres espagiioI&.on( toujours rapporté un revimu efTectif de 4,50 au minimum, souvent de 5 à 6, l'escomptes subi les mouvements suivants :

4 0/0 I Janviei

{Janvier, août, sept,, octobre.

5 4 1/2 ,4 4 1/2 ! Janvier, juin, juillet, août.

j Janvier

août, aept., octob

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mai.

1 Janvier

aeplembre.

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septembre.

C'est par ces moyens qu'en 1899 et 1901, après le remboursement de 315 millions de la dette du Trésor, au lieu de diminuer, la circulation avait passe de 1.459 millions à 1.565 millions, en augmentation apparente de 106 millions, en réalité, de 421 millions, élant donné les retraits du Trésor.

En second lieu, on peut se demander quelle est, au point de vue des règlements extérieurs, ta situation de l'Espagne ; il peut y avoir là une cause d'émigration importante de l'or. Si l'on examine les divers éléments de la balance des comptes, on constate un certain nombre de faits; tout d'abord, pendant la période de guerre et de crise intense du change, la balance commerciale a changé d'aspect; de débitrice elle est devenue créditrice; c'est là un effet des changes élevés qui paralysent l'importation ei stimulent la production indigène en la protégeant et en lui assurant de hauts prix en or. Celte période stimulante a cessé d'ailleurs avec la baisse du change en 1899; ta balance

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