‹ Questions monétaires contemporainesChapitre 163 sur 238 · I01.IS · texte numérisé non relu

I01.IS

HS.M 13S.9*

iM.e

Hl,t

>n outre, observer, qu'une partie de cette résena métallique avait élé plais étrangères, et par suite, les coupons étant pajèi en métal, une certaine

l'abolition DL' COltKS FORCE EN RUSSIE ET EN AUTRICHE. 537

Cette silualion,si heureuse, ne se prolongea pas très longtemps. Sous prétexte de difficultés de transport, de simplilicalioD de trésorerie, on limita à 100 roubles le$ rcmboursemeats en province, lorsqu'on ne les supprima pas complètement : à Saint-Pétersbourg seulement, on continua à rembourser, sans limitation.

Survint la guerre de Crimée' (IH5i) : pressé d'argent, le Gouvernement eut recours à l'émission de nombreux billets, en même temps qo'il piiisa dans son fonds de réserve*, si bien que, alors qu'an mois de mars 1854, le fonds de garantie s'élevait à 160.000.000 de roubles (environ), en septembre, il était descendu à 146.563.000 roubles, pour une circulation de près de 350.000.000 de roubles*,— et cette circulation, en 1858, devait dépasser 735.000.000 de roubles*, pour une réserve métallique inférieure à 100 millions de roubles'.

Le résultat fut ce qu'il devait être. Celte augmentation considérable des billets de crédit amena, comme on pouvait s'y attendre, une crise causée, tant par l'abondance de la monnaie, que par les fluctuations, l'incertitude et l'avilissement des cours, de celte monnaie de papier.

A ce moment, la Russie (comme l'Autriche et comme la France) s'aperçut que, tant que le Gouvernement serait maitre, sans contrôle, des émissions, il serait impossible de maintenir la confiance du public dans le papier-monnaie, et le remède, parut être dans la création d'une grande banque d'État.

Ce fut en 1860, qu'au capital de iS millions de roubles, fut fondée cette Banque, institution d'État, qui, seule, avait le droit d'émettre des billets de banque, moyennant une couverture métallique de 1/6 de la circulation, et dont l'unique but était, disent

qusatiU d'or derait rentrer ainfi. Pour la. ««ule aonée 1847, l'Empire russe acheta pour 50 milliona de fnacs, de titres de renies francaiMS 5 0/0.

' Déjà l'eip^dilion de Boagrie avait nécessité de nouvelles émissions.

I Les dépenses eitraordinaires pour la guerre de Crimie se sont élevées A 4 milliards de fraoca.

* VoirfliPue <Us Deuo} Mondes, article cité.

> Soit S milliards 940 millions de francs. Et pour permettre les comparaisons, on peut se rappeler que, en Prince, le 26 décembre tfHl, la circulation était de ï.29;f.39«>.000, pour une encaisse de 634.400.000.

' Cf. le tableau en noie de la page préci'dente.

Jesslaluls « de consolider le système de la roooaaîe Bdodaîre ■'. A cemomeat'l861), le ronble-crédit, aa lieo de valoir 4 Tniics, se cotait en viroo 3^, et la dette totale de l'État se trou vailélred'etinroD 950 millioas de roubles-crédit' près de i milliards de fraDcs). En prPseDce d'aoe telle silaatioo, la première chose que devait réaliser la Baoqae, c'étail de demander, au Gouvernement, le rachat de la plus grande partie des billets eo circalation, afin de n'avoir que ses billets encours. Pour effectuer ce rachat, il fallait d'abord se procurer de Tor, et pour cela deux movens seulement se présentaient : l'aliénatioa du domaine public, ou l'emprunt â I étranger*. On ne pouvait, en effet, songer à des impôts, qui, dans ce pays appauvri, n'auraient constitué qu'un palliatif iasuffisauL Ce fut le projet d'emprunt qui l'emporta, et le Gouvernement contracta, ant maisons Rothschild de Londreset de Pans, un emprunt à 5 0,0 de 13.687.500 de livres sterling, moyennant un capital nominal de 15 millions de livres sterling'. Cette somme\ de plus de 100 millions de roubles-papier, devait s'ajouter à la réserve métallique, qui se montait à eoviron SO.500.000 roublesmétal, et ainsi, on espérait pouvoir procéder au remboursement ou à l'échange des billets eo circulaliou*. Toutefois, il fallait éviter que tous les créanciers de l'État, ne pussent demander, ensemble, l'échange de leur papier contre du numéraire, car il importait d'éviter que le stock d'or ne fût, très rapidement et très profondément entamé, si l'on ne voulait pas aller au-devant d'une panique, qui eût compromis le succès de l'entreprise. Aussi, décida-t-on, que le remboursement en numéraire se ferait aux conditions suivantes.

Pour avoir un rouble argent, il faudrait donner en papier :

110,6 cop«clu-p«pier do 1' mai 1S62 u f octobre 186S.

107,6 — t' octobre 1862 an 1" novembre 1862.

■ Faisons observer, toot de «uite, que U Banque cet une institution d'Étal, et non une Banque privée.

I Voir le mtmoire de M, S. I^manski, sous-gouierneur de la Banque d'Élat, sor les motifs de la désorganisation dn système de crédit en Russie et les mojens de le rétablir.

) Oukase dn 4 avril 1862.

* Acetleépoque (1861), le ronble-crédit valsnlanviran eopenees 33,50, l'empront se montait dooc à environ 107,51)0.000 roubles-crédit.

*11 avait été d'ailleurs dcciUé. que tous les billets, qui seraient refus an coun d« l'opinlinn d'emprnni, scraieiil détruits.

DigilizedbyGoOgle

l'abolition du cours forcé en RUSSIE ET KN AEJTRiCHB. 62»

107 copeckB-papier du 1" noTembre 1862 tin 1" décembre 1863.

106,5 — 1" décembre 1862 au 1" janvier 1863.

106 — 1" janvier 1863 an 1« août 1863.

102,5 — 1- août 18S3 an 1" septembre 1863.

102 — l^Beptembre 1863 an l'octobre 1863.

101,33 — 1" octobre 1863 an 1' novembre 1863.

loi — 1" novembre 1863 an 1- janvier 1864.

100 — .à partir du I" janvier 1864.

■ Au début, leséchanges furent peu nombreux, les porteurs ayant tout intérêl à attendre l'échéance du {"janvier 1864, et devant le succès ainsi escompté, on songeaà avancer l'échéance du remboursement au pair'. Mais une mauvaise récolle, la révolte de Pologne, et aussi l'approche de l'année 1864, furent la cause de nombreuses demandes de remboursements, et 79 millions de roubles-crédit furent échangés, moyennant le payement de 69 millions de roubles or; la banque vit son stock d'or diminuer ex Irêmemeûl rapidement : alors que, du l""" mai 1862 au i" janvier 1863, iln'avaitdîminué,en moyenne, que de 1.2S0.O0O roubles par mois, «n avril et en mai 1863, ta diminution dépassa 10 millions de roubles par mois *. Dans ces conditions, il fallait renoncer à l'échange, suspendre les payements : c'est ce que fit l'oukase du 19 novembre 1863, tout était à refaire, sauf que le Trésor était surchargé d'une dette de 15 millions de livres sterling', tandis que le fonds de réserve métallique se trouvait diminué : il est vrai qu'on avaitdétruit pour environ 140 millions de francs de

1 Ùbt U 28 novembre 1863, l'échange au pair avait èlé fait [lettre du baron Si«gUlz, gonvemeuF de la banque, citée par 'Wolowski, art cil. p. iSO).

2 et i ce «iijet l'arlicla de 'Wolowski cité. Voici les principales indicaliona conceroanl celte diminution du stock d'or.

Dlmlaatloa du 1" mal 18SJ au l*'|inTl«' 1S«3 la. OIT. 000 roablta

— en Janvier IMI... Î.ÎS7.000 -

— sa maiB — 7.JïI,(iOO —

— en avrU — lo.ïlï.Ooo —

en mal — I0.M7.W»

— en IlOd — Î.IM.OOO

A partir de ce moment, on essaye de suppléer i l'or par l'argent. ' Il est vrai qu'une partie de cet argent avait été affectée à d'autres usages. ■ n.-S. — Paul C^iies. 3i

roubles-papier', la perte sèche était néaamolDs assez sensible.

A partir de 1863, le remboursement du rouble-papier étant suspendu, la valeur de ce dernier Qéchit 1res rapidement, et de près de 9S copecks, elle descendit à 83 copecks et demi. D'uD autre c&té, l'obligation, où se trouvait la Banque, de Taire Tace à ses engagements, nécessita la mise en circulation de Douveaux billets : dans la seule année 1864-. on en émit pour 33 millions, et cependant le fonds d'échange, dans lequel on avait dû puiser largement, pour Taiie face aux remboursements de l'année précédente, s'augmentait à peine de 15 millions. — Et si l'on veut comparer la situation de l'année 1864, à l'année 1860 (celle où s'est fondée la Banque), on voit que, le tonds de réserve a diminué de plus de 9 millions de roubles, alors que la circulation fiduciaire se trouve à peine réduite de 4 millions *.

De cette époque, à ltï76, aucun événement ioiportant ne vint marquer l'histoire de ta Russie. Suivant les récoltes, les besoins de la Trésorerie, on émit plus ou moins de billets. Mais, chose remarquable, de 1867 à 1875, ta quantité des billets en circulation ne cessa pas d'aller, en croissant, et dans celle période, elle s'augmenta, au total, d'environ 100 millions de roubles, passant de 691 millions en 1867, à 797 millions en 1875. Il est vrai, par contre, que le fonds de réserve, lui aussi, suivait un mouvement constamment ascendant; dès 1873, il dépassait le chiffre d^ 200 millions, en 1875 il était de

1 Voici pour les anaées 1861 b 1866, lag variai! la réserre méUUique, àea billets en circulation.

'S du rouble-crédit, de

ANSÉKS.

Page 1