‹ Questions monétaires contemporainesChapitre 165 sur 238 · J- ABOLITION DU COCRS FORCE EN RUSSIE ET LN AUTRICHE · texte numérisé non relu

J- ABOLITION DU COCRS FORCE EN RUSSIE ET LN AUTRICHE

Nicolas 11, qui fut charjcé de l'appliquer'. .\ cet eFTel, il commença, comme il était prescrit, par ramener la dette de l'État, vis-à-vis de la Banque, à 400 millions, mais, la réduction de la circulalion en papier ne put se faire immédiatement, de mauvaises récoltes et des embarras politiques, rendant la situation économique intérieure assez dirScile. En 1884 seulement, le ministre des Finances se trouva en mesure d'aborder les deui derniers cbefs de l'oukase de 1881. Par l'oukase du 8 juin 1884, Bunge décida, de rembonrserà laBanque, lesiOO millions restant dus, en lui remetlant 173.300.000 roubles en titres de rente 5 0/0, et 243.000.000 en roubles-crédit. Sur ces 243 millioDs, 87 furent détruits par la ^Banque, et 6.3 rentrèrent dans la circulation, quand, en 1887^, on put accroître le fonds de réserve de 40 millions.

Mais l'inanité de ces mesures parut assez rapidement : les cours du rouble, sur les marchés étrangers, ne s'améliorèrent pas; alors que le rouble- crédit valait, à Berlin, 2,6342 en 1881, en 1887 il ne se cotait plus que 2,2367 '; d'autre part de mauvaises récoltes nécessitèrent des exportations d'or assez importantes, qui atteignirent près de 400 millions de roubles pour t'aonée 1888*. Enfin, la restriction de la circulation monétaire, amena une hausse des prix, augmentant les difficultés comiMerciales et industrielles : il fallait pour rétablir une circulalion saine, trouver autre chose que le plan de 1881.

Puisque ces réformes échouaient, c'était sans doute qu'on avait mal analysé les causes de la crise. Buoge, puis V'ischnegradski, se remirent donc à l'œuvre. L'expérience du passé prouvait déjà, que le remède du fâcheux état de choses existant, ne

* Les minislres dus Financet, qui présidèreat aux rèrormes nioDéUii-«9, Tureiit Bunge de 1881 k 1687, Vischacgradski de lttS7 i 1892 Bl enfin de Wilte.

I Oukass du 10 juillet 1887.

■ Voir les cours du rouble à la Bourse de BerJÎQ, dans le tableau en note de la page bi2.

* Soldes de In balance du commerce ds 1880 à 1890 (en milliona de roubles-crédit) .

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534 PAUL CAHBX.

pouvait consister, uniquemeot, ni dans l'augmentatioD des garanties offertes aux porteurs de billets, ni dans la créalion d'une banque, chargée de l'émissioD, et dont le" crédit, plus facilement contrôlable, devait se substituer à celui de l'Etat; d'autre part, il était impossible de rembourser en or tous les billets exislanla, il était donc indispensable de trouver autre chose. Ht le but paraissait d'autant plus difficile à atteindre, qu'il fallait découvrir an moyen de sortir du régime du papier-monnaie, cause principale de la crise qui paralysait le développement économique du pays, « sans rendre personne ni plus riche, ni plus pauvre' ",

La première chose à réaliser était, évidemment, de redonner la confiance aux porteurs de billets, en consolidant le crédit de l'Étal, en augmentant le stock d'or; mais l'expérience avait prouvé que le remède, ainsi présenté, était insuffisant, si on ne diminuait, en même temps, la circulation de papier-monnaie. Mais commentobtenircette diminution? Les tentatives de retrait direct, d'échange de papier contre du numéraire, avaient toujours échoué : on s'avisa, alors, que le même but serait atteint, si, en développant la vie économiquedu pays, on arrivait à absorber le surplus de circulation, à utiliser toute la monnaie en cours.

Quant à >< faire la réforme, sans rendre personne ni plus riche ni plus pauvre »,on ne pouvait y parvenir que d'une seule façon, en proclamant la consolidation de l'état de choses existant, en rendant définitif le rapport actuel, entre le rouble-crédit et le rouble-métal, autrement dit, en partant, pour accomplir la réforme, non pas de la valeur du rouble-or, mais de celle du rouble-crédit, en prenant ce dernier comme unité.

Un exemple fera mieux comprendre Qotre pensée. Supposons un emprunt de 100 roubles-crédit fait en 1883. Moi, emprunteur, je reçois à ce moment, pour mon emprunt, 61 roubles 80 copecks en métal (le cours moyen du rouble-crédit pour l'année 1883 étant de 61 ,8 copecks). — Si on décrète, par la suite, que le rou- |p|e-crédit s'échangera pour sa valeur en or, ce n'est plus 6r,80 copecks qu'il faut que je rende, mais bien 100, et comme je n'ai emprunté que pour employer tout de suite l'argent reçu, je n'ai pas la ressource d'aller échanger, dans les caisses publiques, mes billets, contre de l'or; ma dette ainsi s'est singulièrement ac-

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