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L ABOLITION DU COURS FORCE EN RUSSIE ET KN

crue. Si on décide, au contraire, que toujours, pour raveoir, un rouble-crédit s'échangera contre 61 copecks 89, it est évident qite personne ne s'enrichirait ni ne s'appauvrirait (sauf les spéculateurs, qui auraient pu escompter des variations du rouble, ou ceux qui auraient conclu des marchés longtemps avant).

Ces idées, furent les idées maîtresses, qui dictèrent la conduite de Visch negradski et de- De Wilte, Depuis longtemps d'ailleurs, on avait songé qu'en développant la puissance économique.du pa^s, on parviendrait à absorber une partie de la circiilalioa monétaire, et on s'était bien rendu compte, qu'un excédent de monnaie ne constituait pas une richessse, mais au contraire, était une cause de crise, que c'était le développement de la vie économique de la nation qu'il importait d'aider. Dès 1862, le Messager Busse', avait commencé à répandre ces idées. — Dans le numéro de septembre, par exemple, il dit : « On déplore la pénurie d'argent qui nous afflige, on en rend le Gouvernement responsable, pour ne pas avouer que ta pauvreté de la Russie, en est la cause première. Il y a toujours assez d'argent dans un pays qui prospère, sans que l'on imagine, comme élément de richesse, des émissions d'assignats... C'est seulement à une époque toute moderne, qu'on s'est figuré qu'il suffirait de fabriquer une paire de bottes, pour faire marcher qui n'a pas de jambes ». Donc premier point: il fallait favoriser avant tout le développement économique du pays.

La seconde partie du plan, devait consister, à permettre l'échange du rouble-crédit, contre sa valeur réelle en or, ce qui eolrainait d'abord la nécessité de fixer le cours du rouble, puisque cela devait constituer la base' de toute la réforme. Mais, comme on ne voulait ni appauvrir, ni enrichir personne, il importait de ne pas choisir au hasard, la valeur du rouble-crédit qui servirait comme base d'échange, mais de la laisser se déterminer d'elle-même, et ensuite de rendre fixe le cours du change ainsi adopté.

La troisième partie, était la reconstitution du stock d'or, afin de permettre, ultérieurement, la reprise des paiements en espèces.

Tel est, dans ses grandes lignes, le plan que s'imposa le Gou-

i Wolowsti, art, cit. p. W7.

PAUL CAHES.

vernemeDt russe. Une dernière question se pose encore : est-ce que la réalisation de ce programme, ne coastitue pas, de la part de l'État pusse, une véritable faillite, puisque au lieu de donner, comme il s'y était engagé au moment de l'émission, un roublemétal par rouble-crédit, il ne va plus remettre, au porteur de billet qu'une somme moindre?

Si la Russie put, légitimement, recourir & un tel procédé, ce fut grâce à son régime monétaire, presque mooométalliste argent; les billets en circulation étaient, en effet, remboursables aussi bien en métal blanc qu'en or', et les lois de 1843 et de {88S, prévoyaient même, plutôt leur remboursement en aident. Sur un billet de crédit de l'État, de i rouble, par exemple, on lisait au recto cette phrase : » À présentation, un rouble en argent ou en monnaie d'or, sera remis, sur les fonds de change de la Banque de l'État (1895) » — et au ■«erso, se trouvait un " extrait du manifeste impérial sur les billets de crédit » dont le paragraphe 2 était ainsi conçu :

§ 2. — Le cours des billets de crédit est, dans tout l'Empire, au pair de la monnaie d'argent.

Or, en nous plaçant à l'année 1897, le rouble-papier est échangeable contre 1 rouble-argent, soit 18 grammes d'argent fin. D'autre part, en 1897, le prix du kilogramme d'argent fin, au Clearing House de Londres, est d'environ 4 livres 12 s. 10 d., soit en francs (au change de 23 francs 25) 109.70'. Par conséquent, pour chaque rouble, le Trésor russe eût été en droit de remettre au porteur d'un billet, une somme un peu inférieure à 2 francs (alors que le pair du rouble-or est de 4 francs). — Sans doute, la Russie n'avait pas intérêt à introduire, chez elle, une grande quantité de métal blanc, et si elle avait échangé les 4 milliards de francs (environ) qui circulaient en papier en 1897, contre 3 milliards d'argent, elle eût peut-èlre amélioré un peu sa situation, mais elle n'aurait pas eu encore la monnaie droite, indispensable pour maintenir, dans un pays, une circulation saine. Sans compter que, le change vis-à-vis de l'étranger, ne se serait guère modifié, et que la loi de Gresham aurait, probablement, fait sortir la plus grande partie de l'or restant encore dans le pays.

< Voir i ce sujet, Lorini, op. cit., p. 110 et suiT.

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