‹ Questions monétaires contemporainesChapitre 167 sur 238 · L ABOLITION DU COURS FORCE EN RUSSIE ET EN · texte numérisé non relu

L ABOLITION DU COURS FORCE EN RUSSIE ET EN

NéaoïnoiDS, il sufRl que ta Russie ait eu le droit d'agir ainsi, pour légitimer l'échange du rouble-crédit, non pas coDlré sa valeur nominale, mais contre sa valeur réelle.

Nous abordons maintenant le détail de l'eiéculion de ce plan*. Il est bien entendu d'ailleurs, que si, pour des commodités d'exposition, nous éludions successivement les différents buts que l'on se proposait d'atteindre, en fait, ces différents buts Furent poursuivis en même temps, et, pour ne citer qu'un exemple, l'élévation des droits de douane se proposait, à la fois, de protéger l'industrie intérieure, et d'aider à son développement, — de faire rentrer dans le pays une certaine quantité d'or, — et enfin de lutter contre la loi de Gresham, puisque l'exportation étrangère devenant difficile, il n'était plus guère à craindre que ta monnaie d'or ne soit chassée rapidement.

Pour améliorer ta situation économique du pays, le Gouvernement eut recours à deux sortes de moyens.

En premier lieu, suivant l'exemple des Étals-Unis, la Russie, pays peu exploité, où l'industrie naissait à peine, protégea son commerce à l'aide de douanes. Et, dans son exposé financier des évaluations budgétaires de J897, te ministre de Witte se félicite des beaux résultats de la politique douanière de la Russie, dont les phases tes plus frappantes, avaient été marquées par tes années 1817, 1880, J883 et 1891 ^ Particulièrement en 1891, les droits avaient été élevés de 20 0/0, et constituaient ainsi une véritable barrière prohibitive. D'un autre côté, un certain nombre de traités de commerce avaient été consentis, notamment avec

< Ce plan se trouve exposé par M. de Wilte dana son rapport k l'empereur lur la réforme monétaire du 1*' janTÎer t898. On trouvera ce rapport traduit dans la brochare de Ledos de Bettatorl, L'achèvement H l'application de laréformemonétaire de la Russie,^. 6 et suiv.

* El, pour .donner une idée de l'imporlancB du rendement des douanes, il suffira d'indiquer que, da 1877 à 1896, Iss douanes ont produit 1.348.200.000 roubles or, dont 586.500,000 vecsés en espèces, 560 en titres tirés au sort et en coupons métalliques échus, et £02.600.000 roubles en billets de banque des plus puissants États étrangers (d'sprèi Lorini, op. cit., p. 144).

la France (conveotion du 5 juio 1893), avec l'Allemagne {convention du 9 mars 1894), avec t'Autriche-Hongrie (convention de juillet 1894), avec le Danemark (convention du 16 mars 1895), avec le Japon (convention du 16 mars 1895), afin de réserver à l'industrie nationale des débouchés extérieurs ; tes efforts de la Russie s'étaient tournés égaiemenl du côté de la Chine, qu'elle rêvait déjà de relier à l'Europe par un chemin de fer, espérant ainsi devenir, pour ces vastes contrées, l'intermédiaire et le vendeur indispensable.

Ce fui, en second lieu, par le développement de ses voies de communication, et surtout de ses chemins de fer, que la Russie tenta d'améliorer sa situation économique : il importait, en effet, si l'on voulait voir prospérer les entreprises industrielles ou agricoles, de mettre les différentes parties de cet immense territoire, en relation les unes avec les autres, et de permettre de poKer aisément, les produits sur les grands marchés internationaux ; aussi, tandis que de 187oà18 85, l'on n'avait construit que 5.000 kilomètres, environ, de voies Terrées, entre 1883 el 1896, on ouvrit à la circulation plus de 15.000 kilomètres de chemins de fer nouveaux (non compris le Transsibérien)'.

Fa les résultats de cette politique se firent rapidement sentir, d'autant mieux que la paix oe cessa pas de régner depuis 1883. Grâce à ces mesures, le développement économique du pays se poursuivit normalement, et si l'on veut accepter avecde Witte*,

I Voici, i lilre d'indication, i« dArdoppemeal kilométrique des Toies terrées nuset de IH75 à 1S96 (d'»pr*s Urini, op. eil. til. iiv).

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ConsuUer égilemenl ['op. cit., de Kovaievski.

' Oins son rapport sur le Budget de 1S97, M. de Witle t'exprima ainii : ■ L'immenae majorité ds notre population n'étant arrÏT^e qu'A un niTcau liés bai d'ai-

MDce , notre budget doit eiprimer, d'une fa^on toute spéciale, l'étal ascendant

ou doBceudant des ressources du mouienl a.

„Googlc

L ABOLITION ttU COURS FORCÉ EN RUSâlH ET EN AUI'RICIIË. 539

que le budget coastitue, en quelque sorte, le baromètre enregistreur des fluctuations de la fortune publique de la Russie, on peut voir que, de 1888 à 1896, les excédents budgétaires ont été conslammeot eo croissant (sauf en 1891 , aonée de très mauvaise récolte).

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