‹ Questions monétaires contemporainesChapitre 197 sur 238 · C-S. — P.M'L Alûlu-b · texte numérisé non relu

C-S. — P.M'L Alûlu-b

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sur le point de donner. Cela n'a pu qu'atténuer l'exteasioa d« cette culture.

Sans doute la hausse du change a pu ditnûiuei- les profils espérés d'une baisse de la roupie. Mais, comme il a déjà été remarqué, la coueurreuce de la Chioe ne aauvait agir d'uoâ manière permanente.

Enfin les exportations de thé chinois oe se sont pas accrues d'une manière sensible d 'une part et il est démontré, d'autre part, que la hausse des prix et des salaires, exprimés ea argent, a fiai par s'accentuer en Chine. Aussi, sur ce point, comme sur le précédent notre comité adopte lea conclusioos de la Comiuission Herschell de 1802 qui, elle-même se ralliait aux vues esprîmées par le Gouvernement de l'Inde.

Il pensait' qu'un pays, en fia de compte, ne réalise pas de bénéfices avec son commerce extérieur par suite d'une déprécialion de son étalon. Le prix exceptionnel qu'il reçoit de ses exportations est balancé parle prix exceptionnellement élevé qu'il paie les produits importés.

En second lieu un producteur d'articles d'exportation peut, momentanément, réaliser un gain v vnfair » (injuste), par suite de la dépréciation de l'étalon aux dépens de ses employés et autres personnes qui touchent des gages fixes.

Enfin ce gain ne saurait être permanent car il disparaît sous l'influence de la surproduction et des exigences du commerce interoational qui réclame un étalon commun entre pays intimement liés tant parleurs relations financières que commerciales- Aussi la Commission rejette l'argument que le bas change est un stimulant pour les exportations et un obstacle aux importations. (Jue d'aiUeurs on ne voit pas bien ou s'arrêterait, pour les partisans de cette opinion, la baisse du change.

La réouverture de^ Monnaies, sans accord international, serait — une longue expérience en fait foi — l'instabilité du chauge de l'Inde avec les pays» à étalon d'or : obstacle incontestable au développement du commerce international. Or les 4/5 du commerce extérieur de l'Inde se font avec les pays à étalon d'or. Il importe donc que l'Inde ait un change stable avec ces Etats. Ce résultat est incompatible avec la réouverture des Monnaies:

' On trouvera ces vues du Gouïupnemeol «primées dans une letlre adressée »a secrétaire de rAssocialton de:< Planteur» da Dsrjilîag, en data du lî octi>bra tSSS.

LA QL'KSTION MOKETAIRE EH EXTRK

A €f>té da commerce exténenr il y a te Gouvcrsement de l'Iade qui paye ses fonclronaaires, son armée, le» chargea: d& ses entprnnts en roupies, mats d'après (échange de la livre sterling, tandis qu'il perçoit les impMs en roB[Hes. La colonie souffrirait de cette réouTerture,

Il faut donc renoncer dé6Bilivest«Dt aa nononétallisEne argent, partant à la frappe libre de l'argent, pour adopter l'étalon d'or. Mais, on peut concevoir )'or étalon des valeurs en Inde, soit avec nne cirenlatîoa d'or, soit simplement avec une réserve d'or.

L'établissement de l'étalon d'or s'impose, dit le Comité, par toute tme série de coasidérations.

Rappelons que les 4/5 du commerce extérieur de t'iride se font avec des pays ayant l'étalon d'or. Il est donc désirable que l'Inde adopte cet étalon.

L'Inde a besoin, pour être mise en valeur, qu'on y affecte beaucoup de capitaux. Tant^VI les capitaux sont nécessaires pour les affaires, pendant la période d'activité, tantdt ils sont indispensables pour exécuter les grands travaux, fonder de grandes entreprises. Ces capitaux ne peuvent venir que des pays à étalon d*or qui seuls peuvent prêter de l'argent. Maïs cet exode vers l'Inde n'est possible qu'avec un change iïxe et l'étalon d'or.

Maintenant ceux qui mettront des capitaux dans les entreprises indiennes, voire même fonderont là-bas des affaires, n'agiront qu'en vue de réaliser des bénéfices et des profits. Il importe, qu'au moment de leur réalisation, leur existence ne soit pas compromise par une question de change.

Le Comité sur ce point a été particulièrement frappé du témoignage de M. Alfred de Hofhsctiild ' lorsqu'il disait <• that British capital would beat once furthcomingif thc British inves tor knew that there was a fixcd rafe of exchange lictwccn the two countries (que les capitaux afflueraient en Inde si le capitaliste anglais apprenait qu'il y avait un cours fixe du change entre les deux pays).

Voilà les raisons pnncipales qui militent en faveur de l'adoption de l'étalon d'or. Le rapport remarque que cette mesure ne

1) le numéro 11.833 des ppocès-verbiux de l'enqnélo p.réa-

6** PAtî. A:jit,»TB.

sérail pas un obstacle â dd i>roj«t d'entente ialemationate que des circoDstance^ Taronbles pennetiraieot de préseater.

Mab était-il bien nécessaire d'examiner les combinaisons les meilleores poor arriver à IVlalon d'or?

.Veiistail-il pas déjà, eo fait? a-l-on fait remarquer.

Depuis le 1" janvier 1898, le ehanee indien s'est maintenu i 16 d. par roupie. La fermeture des Monnaies i la frappe librr de Tarzenl et l'acoeptation de l'or par le GonTemement contre remise de roupies avaii-ol automatiquement déjà fait de l'or le u/rya/Z^nt/T" de l'Inde. Bien ptns, l'Inde était déjà dotée, parce procédé, d'une première réserve d'or s"élevan t à plus de 2,370.000 L. st. qui ser\'iraità garantir le nouvel étalon pendant les années suivantes.

L« Gouvernement de l'Inde — qui était loin d'espérer un pareil résultat, n'ayant qn'unc médiocre confiance dans ses reDtrées d'or qu'une hausse de roupie expliquait — avait déjà été trop loin. Son plan connu, il avait été l'objet de vives discussions. Tout atermoiement devenait dangereux. Il ne fallait pas que le public crût encore à la possibilité d*un retour à l'étaloD d'argent.

Le comité rc[>oussa donc le statu qun et se prononça nettement pour la proclamation de l'étalon d'or.

(lestait à savoir s'il convenait d'adopter one circulation d'or. Le Gouvernement do l'Inde était favorable à l'établissement de l'étalon d'or avec circulation d'or. D'autres ne voulaient pas de circulation d'or. On (ît'reniarquer que les habitudes des ïudtgènes s'y opposaient. .M. Lcsiey Probyn disait « if gold coins where possed into tbe currency, it woutd bc at lirst almost like pouriog waler into a sieve ■■ mettre de l'or dans la circulation, aulanl vaudrait jeter de l'eau dans nn crible^.

Il propoîiait. dès lors, d'émettre des billets d'or de lO.OftO roupies, remis seulement contre de l'or, payables, an désir du porteur, suit on roupies soit en or. Présentés au département de la circulation, celui-ci, lorsque l'or serait demandé, pourrai! remettre soit des souverains, soit des barres d'or d'au moins 67 livres sterling. On espérait, par ce moyen, accumuler une réserve suffisante d'or permctlant au liouvernenicnl de convertir en or les ruupics et les billets de roupies lorsqu'on lui en présenterait au moi[is pour 10.000 roupies. Grdce à ce moyen on

LA QCESTION MONÉTAIRE EN EXTRKME-ORIKKT. 629"

peasait faire rentrer l'or dans la circulation en l'échangeant contre des roupies.

Le Comité, sans admettre ce projet, fit remarquer que les difficultés étaient peut-être exagérées. Est-ce que jusqu'à présent,, même sous le r^ime du monométallisme argent, l'Inde n'importait pas de l'or qu'elle consommait? Sans doute on se heurtera auK habitudes des indigènes qui d'ailleurs échangent encore peu. Mais pourvu que l'or circule un peu on doit se tenir pour satisfait. La tentation des indigènes de demander plutôt de l'ar- ' gent que de l'or, n'augmentera pas, L'or a circulé, comme nous^ l'avons vu', pendant longtemps sur tout le territoire de l'Inde. C'était même la principale monnaie de Madras. Si les habitudes n'ont pas empêché l'or de circuler dans le passé, pourquoi auraient-elles cet effet dans l'avenir?

En conséquence le Comité déclara qu'il convenait de donner & l'Inde, en même temps qu'un étalon d'or, une circulation d'or. Mais il e.vamina avec bienveillance la proposition ingénieuse de M. A.-M. Lindsaydcstinéeàfixer le cours du change en livres sterling en permettant l'émission de traites basées sur un coijrs fixé d'après la livre sterling et convertibles en roupies en Inde. De même qu'on vendrait à Londres des traites de roupies à un taux déterminé. On aurait ainsi pu faire circuler du papier au lieu d'or. Mais il a paru au Comité qu'une circulation sans monnaie d'or apparente avait peu de chance de réussir. Voilà pourquoi, en dernière analyse, elle se prononça pour l'adoption du souverain anglais. Il deviendrait légal tender et la monnaie courante en Inde. Les Monnaies de l'Inde seraient ouvertes à la frappe illimitée de l'or. On aurait ainsi l'avantage d'avoir en Angleterre et en Inde la même monnaie. L'exportation et l'importation de l'or seraient entièrement libres.

Dans cette combinaison qu'allait devenir la monnaie nationale indienne, la roupie d'argent qui hier était la seule monnaie légale qui aujourd'hui est encore la seule pièce circulant en fait?"

Le Comité la conservait à cdté de l'autre et lui reconnaissait, comme au souverain, cours légal illimité. Bien que, logiquement, la commission était d'avis qu'il aurait mieux valu faire de l'argent une monnaie subsidiaire. Elle reconnaissait cependant que c'é-

t Voir noUmmenl le» pagfis 600 et sui".

63« PAVL ALbLAVG.

tait fort difficile daos les coDdilioD's actuelles où se troarait l'I ode. Mai-i il fallait qoe l'argent circtilAI au pair de l'or. Se foadaot sur l'eiemple de la France et des Ktats-l'oîs qai font circaler U de» ptt-ces de 5 francs, ici des dollars d'argent au pair, pourquoi la roupie ne jouirail-ellc pas de la même sitaalion?OQ pensait qu'il suffirait qu'elle ne soit pas eu quantité trop abondante. Le Comité, prudemment, évitait d'évaluer te stock de roupies qui peut exister en Inde. Il concluait quil devait être considérable. Car à d'île des roupies qui circulent il y a celles qui sont caebées et qui, sous certaines iolluences. peuvent apparaître dans la cîrcn- latîon. Toutefois ce nombre n'était pas tel que toute stabilisation du cours de la roupie fût rendue impossible. Pour maintenir la valeur en or de la roupie à Iti pence il suffirait, bien entendu, de maintenir l'interdiction de la frappe libre de l'argent ; que le (iouvememcnt continuât à livrer des roupies contre de l'or et de n'en frapper de nouvelles que si la proportion d'or en circulation venait à être supérieure aus besoins,

(testait à fixer le taux de conversion. On fut long à se mettre d'acjTord. Les oscillations du cours du change depuis I87â permettaient ces hésitations'. Neuf membres de la commission proposèrent létaux de i sh. I. Deux préféraient celui de 1 sh,3.

Le Comité se prononça donc, à la majorité, pour le maintieu du iaux de 16 pence par roupie.

Les recommandations du Comité furent acceptées par te Gou- ■ vernt'mcnt de la métropole le 2."> juillet 1899 et transformées en loi par le liuuvememciit de l'Inde le lo septembre 1899.

Ainsi la lui du2->juin 1893 a supprimé la liberté de la frappe fout à la fois pour le roohur d'or et pour la roupie d'ai^ent. Elle prescrivait la réception, dans les caisses pub[iques,en paiement de toutes sommes dues au Trésor, des souverains et demisouverains pour lo roupies les uns, pour? 1 2 roupies les autres. La loi du 15 septembre 1890 fait le dernier pas en déclarant le souverain et demi-souverain britannique légal iender. Il a cours légal illimité au taux fixé par la précédente loi.

L'Inde a donc deux monnaies légales à cours illimité : le souverain et te demi-souverain d'or, la roupie et la demi-roupie d'argent. .Mais, tandis que lalil>ertéde la frappede l'argent reste

■ Vi.ii'il lapat'eClî.

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I,A QUESTION MONÉTAIRE EN EXTRftMB- ORIENT. 6SI

saspeDdue, l'or pourra dtre frappe i^n quantité illimitée à la succursale de la Monnaie royale de Londres à ériger k cet effet à Bombay.

En d'autres termes on venaitd'établir un bimétallisme boiteun — puisque la frappe de l'argent est suspendue — qu^on se platt souvent à rapprocher du bimétallisme pratiqué en France.

D'une manière générale cette comparaison est possible. Toutefois le bimétallismeindiense différenciedenotre bimétallisme sur deux points assea importants. En France le Gouvernement ne peut pas frapper l'argent pour son compte. Le Gouvernement indien, au contraire, conserve ce droit. Parce que c'est l'argent qui forme le fonds de la circulation métallique de l'Inde, Ce rôle en France est joué par l'or. C'est lui qui sert à gager la circulation de l'argent. La différence semble ne pas avoir été aper<,'ue par la Commission de 1808 lorsqu'elle recherchait les causes de la fixité du taux de conversion de la roupie '. Otte cause serait celle qui, en France et aux États-Unis, soutient le pair des espèces d'argent Personne dans ces deux [tays ne songe à discuter la valeur nominale de la pièce de 3 francs ou du dollar d'ai^ent. Parce que sa quantité est exaclement proportionnée aux besoins. Comme c'était le cas de la roupie, la Commission déclarait que pour soutenir la valeur en or de la roupie il n'était pas besoin d'imposer aux caisses publiques l'obligation de donner des souverains en échange des roupies qui leur seraient présentées. Le Trésor public n'est astreint, ni en France ni aux l^tats-Unîs, à faire en or le change des monnaies d'at^çent. Ce qui n'a pas été nécessaire dans ces deux pays ne lui paraissait pas devoir être indispensable en l'Inde.

En raisonnant ainsi la Commission ne faisait pas la différence que nous signalions entre la situation monétaire de l'Inde etde la France.

L'or abonde à côté de l'argent en France et aux Etats-Unis. Il sert àgager la circulation. Le stock monétaire indien, pour sa presque lolalilé, se compose de métal blanc'. Aussi l'Inde — bien que placée, par les ncls de 1893 et 18!)9, sous un régime bimé-

' Voir le Report of committet Indian Curreney, p. n.

1 lyaprAï l'évaluation de M. de Foville notre stock de métal Jaune atleînt plus de 4 mllliarda et noire stock de piècei de 5 francs en argent t. 900 millions seulemenl.

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tallique analogue à celui de la France — n'a pas cessé, en fait, d'èlre un pays è étalon d'argent.

Cette constatation nous amène, tout naturellement, à nous demander comment le Gouvernement a réussi à établir un taux de conversion fixe entre cesdeui monnaies : le souverain d "or et la roupie d'argent, pièces ayant, toutes deux, cours légal illimité.

Le souverain, ne circulant pour ainsi dire pas dans l'Inde, ne peut soutenir une valeur fiduciaire de la roupie en or. C'est cependant par rapport à cette monnaie anglaise — qui est uoe monnaie du dehors — qu'il existe un pair de la roupie.

Comme le remarque si linement M. Arnauné, ce n'est pas dans la circulation intérieure el contre des unités d'or indiennes que la roupie d'argent s'échange suivant un rapport Bxe ; c'est pour le règlement des dettes et créances réciproques de l'Angleterre et de l'Inde et en monnaie anglaise qu'il y a un pair de la roupie. Les dettes de l'Inde, qui sont nécessairement évaluées en argent — puisque l'Inde n'a pas d'autre monnaie pour les acquitter — sont admises en compensation avec les dettes de l'Angleterre qui peuvent être payées en or exactement comme si les unes et les autres étaient évaluées en or.

Bref, il y a un pair du change entre l'Angleterre et l'Inde tout comme si la roupie était faite du même métal que le souverain.

Ce pair du change indien au taux de 16 pence a-t-il été maintenu depuis la réforme; quelles en sont les causes? C'est ce qu'il nous reste à examiner en abordant l'étude des résultats des acts de 1893 et de 1899, tant au point de vue général de la prospérité de l'Inde que de la consommation monétaire de l'argent.

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