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CHAPITRE III Appréclftllon des résultats de la rAlonue monétaire

Depuis 1899 le prix des transferts télégraphiques sur Bombay et Calcutta n'a pas dépassé 16 pence 1/8. It n'est pas tombé audessous de 1") pence 7/8. Soit un écart maximum, tant en bausse qu'en baisse sur le pair de 16 pence, de 3/4 0/0. Ce cbiffre ne représente pas tout à fait les frais de transport de numéraire. Or le pair, ou valeur des monnaies quant au poids de métal fin qu'elles contiennent, constitue le prix de base de la négociation des lettres de cbange sur l'étranger. Dès lors on est en droit de conclure que le pair du change entre l'Angleterre et l'Inde n'existe pas seulement dans les mots. Il est réalisé dans la pratique.

De plus, de ces faits, oo peut induire que ce pair reste fixe, puisque les variations qu'on constate ne dépassent guère le montant des frais de transport du numéraire entre l'Angleterre et l'Inde.

Est-ce que ce taux de 16 pence correspond au moins au cours de la valeur du poids de fin d'argent contenu dans une roupie? Nullement. L'once anglaise est cotée en moyenne 22 pence'. Et son cours varie souvent. Or, on Europe, cette monnaie d'argent, qui ne vaut que d'après son poids de fin au cours, ne devrait être prise : au cours de 22 pence l'once, que pour 7 pence 1/2. Au cours de 22 ponce 1/2 à un taux plus élevé, etc. En d'autres termes cette valeur devrait se baser sur le cours du métal blanc et varier aveclui. C'est ce que l'on constate dans tous les pays ayant une circulation monétaire d'argent. Aussi n'y a-t-il pas de pair

■ Aujourd'hui par suite des besoins d'argent en Eilrdme-Orienl le prix de l'once eal uu peu plus élevé.

DigilizedbyGoOgle

fi3{ PAVL AUÎI.AVE.

du change piiurles piastres mexicaines, françaisesou britanniques à Saigon, Hong-Kong, Singapour, et dans les Straits Settlemenfs.

Comment se fait-il alors que, d'une part, les débiteurs indiens parviennent à faire accepter leurs roupies non au pris normal de 7 pence 1 ,2 Biais pour 16 pence, soit plus du double? D'autre part, pourquoi le débiteur Anglais, qut dispose de métal jaune, n envoie-t-il pas de l'or au lieu de payerducbange sur Bombay qu'on lui vend à raison de 16 pencfe et plus la roupie'.'

Comment expliquer cette curieuse anomalie qui nous est partout imposée par les faits?

Trots causes principales ont été proposées :

La saspension de la fnppe libre de l'argent, la demawtcconstante de roupies pour la circulation intérieure de l'tnde; la balance du commerce paraissant contenir le pair du ebange indien, au taux de 16 pence.

Et d'abord la suspension de la frappe libre de l'argent.

Beaucoup d'économistes, tels que ÎA. Leroy-Beaulieu', pensent <pie «ette cause suffît à tout expliquer. C'est parce que les Anglais ont, aux Indes, adopté un rapport eoostant entre la roupie et la livre sterling et interdit la frappe libre de l'ai^viit que le pair du change se maintient avec cette lixitc Ji ce taux élev4': de 16 pcnoe. Itéduîre la quantité d'une monnaie dépréciée c'est du coup la rendre saine. La monnaie intérieure étant un des principaut facteui-s qui détemiineat œ que l'on appelle la balance du commerce ou plus exactement des paiements, les clianges extérieurs bénéficieront également d'une pareille mesure. Elle stimule les apports de capitaux.

C'était, nous l'avons vu, la hase du projet du tiouvernement de rinde de mars 1898' qui voulait brusquer le mouvement. Malgré de belles prévisions, malgré la fermeture des Monnaies, la roupie ne parvenait pas à atteindre le cours de 16 d. Puis, sans retirerdcla circulation des roupies, le résultat se produisit. Le projet du Gouvernement tomba faute d'objet. Le comité de rindian Currency de 1898 est frappé de ce phénomène et. esa-

■ ObaerTallons sur te Mémoire Arnaunè lu à rAcsdémio des » «tpoliiiqufls.

^ Voir page 617.

minaut le projet du Gouverneaieot, ne peuts'empÈcUer d'attirer l'attcatiou sur ce point que la contraction monétaire ne suffit pas & tout expliquer '.

D'ail leurs tes efTets de la fermeture de la Monnaie à. la frappe libre nous soot déjà connus par nos explications antérieures et agiiisent depuis 1893.

Dès ce moineat Londres a cessé de pouvpir régler ses dettes pai- une exportation d'argent. Avant cette date, lorsque le débiteur anglais pouvait acheter des lingots d'argent et les faire transformer en espèce libératoires, le change de la roupie reflétait à peu près le cours de l'argent en barres. Maintenant l'argent est refusé, il n'en saurait pas être ainsi. Soit, dira-t-on, mais l'or est accepté aux Monnaies contre des roupies. Sans doute mais on ne se base pas sur le cours commercial de l'argent, mais sur le taux légal déterminé. Dès lors les .Monnaies ne donnent en échange qu'une roupie pour 16 pence d'or. Et dans le commerce? C'est la même chose.

Le débiteur anglais ne pourra obtenir dans les bazars que lo roupies pour un souverain. Alors, du moment qu'il ne peut trouver meilleur marché en Inde il sera plus simple pour lui d'acheter à Londres du papier sUr l'Inde qu'il trouvera à aussi bou compte.

Pour les remises sur l'Inde on voit nettement l'influence qu'exerce la suspension de la frappe libre. Et pourtant elle n'explique pas ce fait que la roupie vaut réellement dans les bazars It) pence.

Il faut «n chercher la cause dans la demande constante de roupies pour la circulation intérieure de l'Inde.

Quelle peut être la cause de cette demande soutenue? Cette consommation serait due à des raisons multiples qu'il nous faut rapidement indiquer.

Ce' serait un mode de thésaurisation. Les indigènes, depuis longtemps déjà, recherchent les pièces de monnaie et les transforment en bijoux qui servent à parer les femmes et les hommes. C'est un moyen de mettre sa fortune à l'abridu vol en la portant toujours avec soi. 11 est vrai qu'on peut faire remarquer que c'était s'exposer à être attaqué. Moins qu'on ne serait tenté de

1 Voir pagB 620. ■

f^ti PAUL ALGLAVE.

le croire, L'n Hindou vole assez facilement mais a ane certaine répugnance pourVattenUt contre la personne. .Maintenant, quand la richesse est assez considérable, on transforme en lingots. qD*OD enfouit pourlesmctire a l'abri des envieux qui voudraient se les approprier. Cette habitude invétérée de l'indigène est attestée par tous les historiens'. On l'a peut-être ciagéréc. En tout cas elle atoujours existé. Dès lors elle est insuffisante pour expliquer cette demande soutenue.

Il y a des causes plus récentes et plus actives peut-être. La diffusion plus grande de la monnaie d'argent, a engendré des hesoins nouveaux d'argent.

Linde, comme la Chine et l'Indo-Cbine, d'ailleurs, ne forme pas un tout homogène. Il y a des zones de civilisation très différentes, pourrait-ou dire, suivant que l'on passe des côtes vers l'intérieur des terres. Ces peuplades ont évolué. De plus en plus elles abandonnent le troc pour l'écbange. Les besoins d'autre part devenant plus nombreux, les salaires et les prix s'étant élevés on recourt de plus en plus à la monnaie d'argent. La monnaie de cuivre joue un rôle moins considérable dans les transactions qui prennent déjà une certaine importance et nécessitent une monnaie ayant plus de valeur sous un moindre poids C'est ainsi que l'argent avant, connu dans les campagnes que comme moyen de thésaurisation, commence à circuler à côté des pièces de cuivre.

Ces besoins nouveaux joints aux disparitions des roupies distantes ont suscite des demandes de roupies. La frappe en étant suspendue, les demandes l'emportent sur l'offre au risque même d'engendrer des resserrements monétaires.

A ceci on peut répondre que les souverains britanniques, avant le vote de la loi, ayant déjà permis la constitution d'une réserve de plus de 2.370.000 £. st. continuant à être importés après la loi du 15 septembre 1899 la réserve d'or ne devait pas tarder à atteindre le chiffre de 5 millions de sterling-. Dès ce moment les caisses publiques, en effet, commencèrent à payer en or, H devait en résulter, semble-t-il, une diminution dans la pénurie relative de la monnaie. On mettait en circulation de l'or qui pouvait être utilisé aux transactions.

' Voir notamment Chtlmor et SiUestre.

' C'était le chiflra qu'on Toultitcmprunler en 1893.

LA gCESTlON MONETAIRE EN EXTRKME- ORIENT. bd7

Il n'en fut rien. Les souverains bntatiniifues ne restèrent pas dans la circulation. Le public rapportait aux trésoriers les pièces d'or qu'il en avait reçues et demandait des roupies. Toutes les mesures prises pour faire obstacle à ces rentrées furent vaines '.

Les souverains britanniques refluent toujours vers le Trésor indien.

II en résulta que les rentrées d'or furent supérieures aux sorties, Au 21 mars 1900, l'encaisse de métal jaune dépassait 9 millions et demi sterling. Au contraire, dès 1899-1900, les réserves de roupie.s diminuèrent au point qu'il fallut reprendre la frappe de l'argent au compte du Trésor. Aussi est-il piquant de remarquer que c'est l'année même où la loi du 15 sept. 1899 — qui visait l'introduction délinitive de l'étalon d'or, — est entrée en vigueur que le Gouvernement indien est obligé de faire usage de son droit de monnayer l'argent. Cette détermination est d'autant plus significative qu'il n'avait guère été frappé de roupies depuis 1894, De cette date à 1897, on n'avait fabriqué que des divisions de la roupie; en 1897-1898 et 1898-99, on avait refondu en pièces britanniques de une roupie, des roupies de Bhapal et de Cachemire, et frappé, pour le compte du Gouvernement, de 1897-1898, 4.864.720 roupies, tandis qu'en 1899- 1900, le Trésor indien a fait fabriquer pour son compte 13.018.000 pièces de 1 roupie. L'année suivante : 171.479.000 roupies, sans compter les monnaies divisionnaires; en 1901-1902 ont été monnayées 49.520.000 pièces de 1 roupie, l'année suivante, 112,722.680 roupies etpendant les onze premiers mois de J903 à 1904, environ 140,000,000 roupies. Le Gouvernement est aussi obligé d'exporter de l'or pour acheter l'argent nécessaire à la fabrication des roupies. Par contre, les banques importent de l'or pour recevoir du Trésor en échange des roupies.

Sommes-nous loin du projet de 1898 qui proposait de retirer de la circulation 240 millions de roupies! Non seulement le Gouvernement n'eut pas à retirer de la circulation des roupies, mais il dut frapper, de fin 1899 au l"mars 1904 — soit en moins de 4 ans et demi — 346.741.138 roupies, et si l'on ajoute les 4,179.600 roupies frappées dans les derniers mois 1898-1899,

■ 11 se passa en Inile ce que l'on conslala en France, mais pour les pièces encombrantes de 5 frants, lorsque te Trésor et la Banque de France — voulant alléger, leur encaisse argent — ont touIu en Terser dans la circulation,

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PALI. ALOLAVË,

on arrive au total de 350.^0.738 roupies. Aussi, de l'érection. à Bombay, d'ujie succursale de laMounaie royale de Londres, pour assurer la frappe libre du souverain dans l'Inde, il n'est plus question.

Voilà des constatations de nature  démontrer surabondamment que l'or ne circule pas en Inde. Malgré l'établisseiDMit de l'étalon d'or, que visait l'act de 1899, l'Inde reste, en fait, un pays à étalon d'argent. Les indigènes, en grande partie, préfèrent le régime de la monnaie de cuivre. Une ponssée se manifeste en faveur de l'emploi de l'argent comme instrument d'échange. Mais le commerce n'aime pas l'or qni, comme le faisait remarquer le rapporteur de 1809', a pourtant circulé longtemps en Inde. Il en est tout autrement de l'aident qui est l'objet d'une demande continue. Voilà pourquoi, dans l'Inde, la roupie vaut réellement 16 pence. Il ne serait môme pas téméraire d'ajouter que si le Gouvernement se refusait à frapper des roupies il en résulterait, bien entendu, une contraction monétaire très préjudiciable aux marchés, mais de plus, la roupie pourrait valoir plus de 16 pence 1/8 tfans les bazars.

Nous savons maintenant pourquoi notre débiteur anglais ne peut pas trouver ni k la Monnaie ni dans les'bazars de ronpies en-dessous de 16 pence d'or.

Mais il reste k examiner la situation du débiteur indien. Ceci nous amènera à parler de la troisième cause qni soutient le pair du change : la balance du commerce.

Pourquoi n"cst-il pa.s à craindre que le change sur Londres tombe k la parité de l'argent?

Parce que le débiteur indien n'est jamais acculé ft la nécessité d'exporter de l'argent pour régler ses obligations, la balance du commerce étant toujours favorable à l'Inde. Ces deux propositions exigent quelques explications.

Et d'abord, par balance du commerce i! fant entendre la balance des paiements, la balance générale des comptes créditeurs et débiteurs, quelle qu'en soit la cause.

Ceci posé, que trouvons-nous comme dettes extérieures de l'Inde? Celles provenant des importations de marchandises, du placement des capitaux anglais dans les cultui-es ou dans les

LA QUESTION 'MOIiKTAlRB BN EXTKÈME ORIENT. «â*

industries indig:èaes : telles qoe les pUntattons de thé o-u les filatures de jute et, enfio, les dettes du Gouvernemeat colontal envers le Gouvernement métD^noIitaia '.

Ooaut »nx créances, elles sont, presque uniquemetit, engendrées par les exportations. Or, si I'od consulte les staKstiques des exportations et importations des o années allant de l^dT-lSOS h 1961-1962 OD trouve, comme chiffre moyen, transactions «dministrattres et numéraire compris : 9â3 076.000 roopiespour les importations et 1.178.996.000 roupies pcMir les «tportations, s<nt nu excédent de 255.920. OOO roupies en faveur des exportations. On peut donc dire que la balance particulière des opé^ rations sur marchandises se s«^de en faveur des exportatiaas.

Il résulte de KefiquêtederindianCurreney Comnaitlec'qu&eet excédent des e^porialions constitue l'Inde créancière de sommes g^éralement égales aux créances partienltères de la métropole sur le Gouvernement colonial et, par eonséquest, aux traites que le Conseil de l'Inde tire de Londres sur eeGouv«trnoment.

A coté des statistiques commerciales, le cours du change nous offre un moyen, peut-être plus sii r, de vérifier cette assertion que : les dettes et les créances de l'Inde, non senlcment s' équiiî tirent, mais laissent ressortir an solde créditeur au proût de l'Inde. Le cours moyen des traites da Conseil de l'Inde e.\cédait toujours la parité de l'argent avant 1893. C'était par exemple, comme en 1891-92 un escédent de 2 pence. Depuis la réforme monétaire, le prix des traites du Conseil de l'Inde est ordinairement égal ou presque égal au pair du change. Assez sonvent môme, le cours de 16 pence est dépassé. Qu'en conclure sinon que tes traites sur l'Inde sont, au moins, autant demandées qu'oflertes et que, souvent, la demande l'emporte sur l'offre. Or, ce sont les débiteurs de rinde qui achètent ces traites. N'est-ce pas la preuve que les créances et les dettes de l'Inde s'équilibrent? Plus même qu'il arrive quelquefois que l'Inde est eréanctère.

Ceci [K>5é, on comprend, maintenant, pourquoi le délnteur indien peut acheter de la remise sur Londres au même pri.i: que si la roupie était une moauaie d'or. Les comptes se balançant, le numéraire n'a pas à intervenir. Maintenant, si, exceplionuelle-

893, question n» 590.

titO PAUL ALOUVB. •

ment, l'Inde avait à subir des soldes débiteurs une petite exportation de numéraire suffirait à arrêter la hausse temporaire da change. L'Inde n'a-t-elle pas une réserve d"or à cet eflet? Le Trésor a constitue un fonds spécial qui, cbaque année, depuis le I" avril 1900' s'enrichit des bénéfices réalisés sur la frappe des roupies.

Ces profits furent: pour 1900-1901 de3.031.2941iv.st.. l'année suivante de 415.100 liv. st., eu 190â-1903 de 2.610.280 liv. st. et pour l'année 1903-1904 de 2.46.1.700 liv. st.. soit un total de 8.488.374 liv. st. au 1"* mars 1901, placés en consolidés anglais.

De plus, quand il ne s'agit que de parer à des difficultés passagères, les banquiers peuvent éviter la cherté du papier, provenant de sa rareté par rapport à la demande, eu tirant des etfets à découvert que des créances réelles futures viendront couvrir. Grâce& ces procédés supplémentaires de compeosatioD les débiteurs pourraient se dispenser d'exporter du numéraire.

Nous connaissons maintenant quelles sont les causes principales qui soutiennent te pair du change. La première : la fermeture des Monnaies, est un acte d'autorité qui a permis au\ deux autres, qui sont des circonstances delà vie économique del'lnde, de faire sentir leurs effets. Mais, nous reconnaissons volontiers avec M. Arnauué, que, si la balance des comptes internationaux n'était pas favorable à l'Inde, si l'argent a'y était pas de plus en plus demandé pour la circulation intérieure, le pair du change ae se serait pas établi à la suite de la fermeture des Monnaies. Sans doute, cette mesure a été indispensable pourempècher que l'Iade ne soit envahie d'argent au delà de tous les besoins et que le prh des lettres de change ne tomhAt à un cours correspondant au cours de l'argent en barres. La frappe libre suspendue, l'équilibre pouvait s'établir, naturellement, sous l'influence des causes économiques. Mais, sans ce concours de circonstances éconotniques, il ne suflit pas de limiter le monnayage pour restaurer la valeur des espèces d'argent.

■ Avant celle date les proRts ;c'est-9-Jire Je biïnéHce pcorenanl de la dtfioreni^e entre le prix de revient de la roupie et de la valeur pour laquelle elle circule) ré^oltanl de la frappe de» nouvelles roupies étdït'nl con<<idéré3 comme recettes budgélaiifs et venaient aug:r:>entec lei excédents ou diminuer les déScils. Depuis li t" avril 1900 ces bénéfices «ont reportés au fonds de la réserve or.

„Googlc

LA QUESTION UO,\ftTAIR£ EN EXTKKME-ORIENT. fiif

En î^econd lieu, le régime monétaire de l'Iode peut ne pas convenir même aux pays à circulation d'argent.

Enfin cette meijure peut être bonne pour le cliange avec un pays et entraîner des inconvénients plus grands par rapport àtel autre pays.

Nous voudrions, en terminant cette élude sur l'Inde, attirer, tout spécialement, Tattentiondu lecteur sur cette constatation del'cnquête anglaise de 1898 que les faits postérieurs ont pleinement justifiée. Le directeur général de la statistique de l'Inde observait', que les difficultés qui gênaient le commerce avec les pays à étalon d'or ont été remplacées pat* des difficultés de même nature pour le commerce avec les pays à étalon d'argent. Avant 1893, le change entre l'Inde et la Chine était d'une remarquable stabilité. La roupie ayant acqufs une valeur fixe en or, à mesure que l'argent baissait, il fallait un nombre de moins en moin» grand de roupies pour acheter 100 piastres. Avant la réforme 224 roupies achetaient 100 piastres', il n'en fallait plus en 1897- 98 que 141. De 4>lus le cours de la roupie, en piastres, devint aussi instable que l'était, avant 1893, le cours de la roupie ea Monnaie britannique.

Mais — comme nous avons eu occasion de le dire en analysant le rapport de la Commission de 1898 ' — l'Inde commerce surtout avec des pays à étalon d'or. Elle en reçoit les 4/5 de ses importations et leur envoie les 2/3 de ses exportations. Le Comité a pensé qu'il était plus sage de sacrifier la stabilité du change avec les pays à étalon d'argent pour la conquérir dans les relations de l'Inde avec les pays à étalon d'or.

Il n'y a donc pas de mesure qui soit universellement bonne en matière monétaire et qui convienne également à tous les pays. C'est cette idée qui nous guidera dans l'étude de la question monétaire en Indo-Chine et dans les autres pays de l'Extrême- Orient que nous abordons avec notre seconde partie.

» Queslion n»859 do VIndian carrency Commiitte. s Queslion n° 12136 de VIndian curreney Conimhue. ' Voir page 627.

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