CHAPITRE m
Ré<omi«s réAllsAes ou proposées par les États aslatlqBea votsiDS de riDdo-Ghln«pour remédier aux conséquences de la baisse delar-
Kous avons longuement exposé ce qu'a f^ii l'Inde. Le Japon — qui avait à payer, en or, tout an matériel militaire acheté en Europe — passa à l'étalon d'or'. Le 26 novembre 19fl2 un décret introduisait une réforme monétaire au Siam qu'on baptisa d'établissement de l'étalon d'or. Les Philippines portèrent également remède à la situation en organisant l'étalon d'or. Enfin, une commission chargée d'élaborer une réforme monétaire dans les Straits Settlemenls, pour améliorer les choses, a terminé ses travaux. Les conclusions ont été adoptées par le Conseil législatif. La question de l'étalon d'or a été examinée k Hong Kong et en Chine. Ce sont ces diverses réformes ou projets que nous allons rapidement passer en revue en nous occupant successivement du Siam, des Philippines, des Détroits, de la Chine et de Hong-Kong.
§ I. — La Téf'irme tiionélaire ait Siam.
C'est un décret du 20 novembre 1902 qui a réalisé cette réforme. Le Siam a agi, sans doute, dans ta circonstance à l'instigation de l'Angleterre et du Japon qui projettent d'e.ïécuter de grands travaux publics. Ceux-ci entraînaient des opérations financières que la baisse de l'argent gênait.
Jusqu'alors l'unité monétaire officielle était le tical. Toute personne en présentant des piastres à la Monnaie siamoise pouvait demander que ces pièces fussent frappées en ticaux à rai-
' Cette réforme Taisant l'olijet d'une Muie «pocia]''. nous ne fflisnns qu\v repnrter
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LA QLESTION MONÉTAIRE EN KXTRfcME-0 RIENT. 669
son de 5 ticaux pour 3 piastres. Lr tical valait donc 3 francs d'argent environ. Or, avec la baisse persistante de l'argent, le Siam, ou plutôt les pays projetant l'cnlreprise de travaux importants, ont pensé qu'il faudrait soït abandonner ces projets, soit augmenter les impôts puisque les recettes budgétaires se font en argent et que les" dépenses prévues étaient payables en or.
Une autre solution était encore possible : transformi!P l'étalon monétaire. Les Anglais — très influents au Siam — décidèrent alors le roi à suivre l'exemple des Indes.
L'adoption des mesures suivantes était proposée : arrêter la frappe de l'argent et, en second lieu, flxer un taux d'échange assez élevé entre les monnaies d argent existantes et la livre sterHng. Cette raréfaction des monnaies d'argent devait amener une hausse du change.
Ces propositions furent acceptées. En décembre 1902, on prenait les mesures indiquées. Le tical s'échangeait alors à raison de 20 ticaux par livre sterling. Au pair, celle ci ne vaudrait que 8,5 ticaux.
Le 26 novembre 1902, un décret royal, fermant la Monnaie à la frappe libre des ticaux, rendait le tical indépendant de la piastre, dont il avait toujours auparavant représenté les 3/5.
Le lendemain, un arrêté du ministre des Finances fixait le prix de vente des ticaux à raison de 17 pour une livre sterling versée au crédit du Gouvernement siamois chez ses banquiers h Londres. Ainsi la valeur du tical était fixée k 1 fr. 48. Tandis qu'à cette époque la piastre étant cotée 1 fr. 94, le tical était compté pour t fr. 164.
Ce décret et cet arrêté ne pouvaient manquer d'apporter une grande perturbation dans les affaires.
Le public et les banques proteslèrcnt aussilAt. Ces dernières, en effet, avaient en dépôt des sommes importantes appartenant au Gouvernement siamois i;t auraient éprouvé de gro.sses pertes s'il leur avait fallu rembourser celui-ci d'après le taux li\é.
Les légations et tes consulats appuyèrent éiiergiquement les négociants dans leurs réclamations. Malgré tout, le Gouvernement refusait de rapporter ces mesures arbitraires. En réponse à ce refus, d'un commun accord, les trois banques fermèrent leurs caisses. Ce ne fut qu'après une série d'entrevues desdirec-
660 PAUI. ALULAVE.
leurs avec le miaistre des Finances et M. Rivett Cornac, que le 10 décembre, les affaires reprirent leur cours.
Des mesures transitoires avaient été accordées. Le taux de vente des ticaux était conservé à 20 pour une livre sterling; soit 1 fr. 2o te tical. Mais ce taux devait, jusqu'au 28 février 1903, suivre les fluctuations de hausse du change à Singapour, au-dessus de 1 shelling? pence, par un quart de tical pour chaque quart de penny de hausse, sans pouvoir être modifié en cas de baisse à Singapour.
Les banques étaient, en outre, autorisées à importer, au cours ancien, une somme de dollars argent égale à l'importance du dépôt que le Gouvernement avait chez elles. Quant aux dollars qu'elles avaient en caisse ou en cours de route, venant de Hong- Kong, Saïgon ou Singapour, le ministre des Finances s'engageait à leur échangera raison de 5 tïcaux contre 3 dollars. Comme on trouvait des piastres en abondance sur le marché libre, les banques achetèrent immédiatement l'équivalent en dollars d'une somme de 6 millions de ticaux dûs à l'État.
Enfin, les banques bénéficiaient de l'ancien taux de 20 ticaux par livre sterling jusqu'en mars pour régler les affaires en cours. La Hongkong and Shanghai transforma, de ce fait, 400.000 dollars, la Chartercd 3i9.000 et la Banque de l'Indo-Chine 100.000 dollars.
Le résultat de ces concessions fut de limiter les pertes des banques locales. Celles-ci, en eltet, furent obligées d'accorder des facilités de paiement aux négociants chinois. Ils furent autorisés à remplir leurs engagements, moitié sur l'ancienne, moitié sur la nouvelle base.
Ces concessions leur permirent, en outre, d'acheter, jusqu'en mars, des ticaux pour des sommes considérables. Oa parle de 13 à 14 millions de francs. La plus grande partie de ces acquisitions ayant été faites avant mars, la majorité des ticaux furent payés à raison de 20 ticaux pour une livre sterling. Cette opération permit aux banques non seulement de se couvrir de leurs pertes, mais encore de réaliser de beaux bénéfices.
Bien plus, grâce à cette combinaison, ces banques se sont assuré, après règlement de leurs affaires, une encaisse métallique les mettant, pour un certain temps, à l'abri des conséquences de la hausse du tical.
LA QUESTION MONKTAIRË EN EXTHb'UE- ORIENT. 661
Après mars 1903, le taux devait s'élever progressivement jusqu'à 17 ticaux par livre sterliug:. L'opération devait donc s'effectuer dans des conditions moins avantageuses que pour les Indes, Nous avons vu, en eiïet, que la roupie valait au pair 2 shillings et. lors de la réforme de 1899, on a décidé que 15 roupies s'échangeraient contre une livre sterling. Or, 15 roupies valant au pair 30 shillings, et la livre sterling 30 shillings, cela revenait A dire que 30 shillings de monnaie indienne d'argent no s'échangeraient que contre 20 shillings de monnaie anglaise d'or. Bref, l'argent perdrait légalement un tiers de son ancienne valeur, par rapport à l'or.
Au Siam, la réforme monétaire s'effectuait avec une perte de 50 0/0 de ta valeur de l'argent. Ce chifTrc est encore trop bas si l'on songe que ce n'est pas le cours actuel de l'argent par rapport à l'or qui fut pris pour base. *
Mais le Gouvernement espérait en l'espace de trois mois, en raréPiaut les monnaies légales, rehausser le cours commercial du lical par rapport à l'oretregagncr le cours ofticiel d'échange : le cours de 17 tîcaux.
Il n'est pas encore atteint. Mais, grâce A la hausse de la piastre, par étapes successives, on en approche. Cependant^ il importe de remarquer que le dernier taux connu de 17 ticaux 3/4, annoncé comme prix de vente, est purement nominal. Personne n'achète au Gouvernement siamois des ticaus k ce taux. Ou trouve dans les banques des ticaux à des prix moias élevés parce que plus en rapport avec la valeur de la piastre. Cette difléreoce de plus n'est pas à négliger. Elle atteint ordinairement un lical.
Voici d'ailleurs les principales phases de l'opération, en partant du 10 décembre 1902 où 20 ticaux s'échangent pour une livre sterling. GrAce aux achats importants des banques, dès le
17 décembre, le taux officiel de vente fut de 19 3/4 et 19 1/2, le lendemain, de 19 1/4 le 2 mars 1903, puis — par suite de la hausse du dollar à Singapour — de 19 le 5, de 18 3/4 le 11, de
18 1/4 le 22, enfin le 5 août 1903, de 18, de 17 3/4 le 12. Du 1" avril 1903 au 31 mars 1904,- la valeur du tical a oscillé entre 1 fr. 33 et 1 fr. 39 et voisine acluellement le cours de 17.
Les pouvoirs publics s'efforcent de raréfier l'argent monnayé le plus possible. D'abord le ministre des Finances a, peu à peu.
663 PAUL AI-GLAVB.
retiré ties trois banques locales, la plus grande partie de ses dépôts qu'il cberche à réduire à 500.000 tîcaux chez chacune d'elles. De plus, il précipite les émissions de billets.
C'est eu septembre 1902, Jour de l'anniversaire du roi, qup fui faite la première émission de billets.
Émis sans limite, ils ont cours légal, sont garanti!> par les revenus du Royaume et une encaisseï en argent ou en valeur égale à 75 0/0 des billets en circulation, comprennent des coupures de 5, 10, 20, 100, et 1.000 ticaux. Ils sont remboursables en aident sur présentation, mai.s à Bangkok seulement. Dans tes provinces, les trésoreries se réservent le droit de refuser tout ou partie du remboursement, dès lors, ne peuvent être d'aucUne utilité pour les commerçants de l'intéi-ieur. Le ministre des Finances doit publier tous les mois dans la Gazette officielle le montant des billets t;n circulation et de l'encaisse métallique en réserve, ainsi que la liste des valeurs. Une Commission de deux membres dont l'un est le ministre, veille à l'achat, h la vente et à la garde des valeurs en réserve.
Ces billets se substituent, de plus en plus, dans la circulation aux coupures des banques. De même, le nombre de ces billets émis va sans cesse en augmentant. En août 1903; il en avait été émis déjà pour 3.569. 490 ticanx (soit 7.797.286 francs) et le Gouvernement, nous l'avons dit, pour faire réussir sa réfonne monétaire, augmente de plus en plus ces émissions pour rarélier l'aident monnayé autant que possible.
Aussi en novembre 1903, ces billets représontaient 6.337.338 ticaux, et au 31 mars 1904, 7.310.935 ticaux. Du 10 avril 1903 au 31 mars 1904, il en a été émis pour 14.873.193 ticaux et les billets rentrés représentaient 7.562.260 ticaux, suit 167.489 billets, dont 15.210 ou 9,2 0/0, ont été retirés de la circulation.
Mais c'est surtout cet excédent continu et progressif des exportations sur tes importations qui contribuera au succès de la réforme.
Voilà pourquoi on pense que — bien que le Siam n'ait pas encore un crédit solidement établi et qti'tl ne puisse justifier d'une encaisse d'or suffisante pour rembourser ses ticaux a^ gcnt — le taux de 17 ticaux sera atteint. Il essayera même d'atteindre celui de 16 ticaux pour une livre sterling.
Y arrivera t il? Le Gouvernement le croit. En alteudant, il
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prend ses mesures pour pouvoir frapper des tîcaux. Il vient de réorganiser complètement la Monnaie qui est désormais dirigée par un diplômé de l'École royale des mines d'Angleterre, il a fait à Londres d'importants achats d'argent en barres. En attendant, tant que les banques n'auront pas épuisé leurs réserves, celles-ci continueront k approvisionner le public qui s'adresse à elles de préférence pour les raisons que nous connaissons.
Mais bientôt on ne pourrra plus en trouver dans les banques. Il faudra alors s'adresser au Gouvernement qui les vendra à raison de 17 ticaux pour une livre sterling.
Ce jour, le but du Gouvernement sera atteint au point de vue de la valeur du tical. Mais il est doutenx qu'il parvienne, en même temps, à fixer cette valeur. Tant que les autres pays d'Kxtrême-Orient à circulation d'argent n'auront pas pris des mesures pour Hxer la valeur de la piastre, elle sera toujour:i sujette à des fluctuations. Pour peu qu'elles prennent une certaine importance pendant uùe certaine durée dans le sens de la baisse et aussitôt le Siam se trouve dans une situation difficile. Devant ce mouvement de baisse, pourra-t-il résister et maintenir 4 son tical une valeur qui, somme toute, n'est que conventionnelle?
Maintenant que nous connaissons les mesures ânanciëres prises au Siam, on nous accordera facilement que l'on n^ saurait vraiment appeler cette opération : un établissement d'étalon d'or au Siam. La réforme visait uniquement la ûxatiou de la valeur du tical. L'expérience ne nous permet pas encore de nous prononcer sur la réussite de cette combinaison financière.
§ 2. — La réforme monétaire aux Philippines.
Pendant l'occupation espagnole, et jusqu'à la réforme, que nous allons succinctement analyser, la circulation des Philippines était approvisionnée par des dollars d'argent mexicains et une petite quantité de billets émis par la Banque hispano philippine. La monnaie en cours était donc sujette à toutes les fluctuations de valeur des dollars américains, modifications provenant, non seulement de la variation de valeur du métal argent mais encore de l'approvisionnement de ces pièces par ta Monnaie mexicaine. Les États-Unis comprirent qu'il fallait modifier cette
SHi P&L'L ALGLA^'E.
situation anormale et donner à leurs possessions asîatiqaes un réjouie monétaire aatonome.
.V c«( effet, M. Cbarles Conaut fut euvoyé sor plaee ponr étudier la question. Après nue enquête approfondie il conelnl à l'adoption d'an régime analogue à celai que noas avons reocontré en Inde. Un bimétallisme mitigé. L'or el l'argent circuleraient. Maiij le Gouvernement limiterait la circulation du métal blanc. Le Congrès des États-Unis, à la fin de février 1903, adopta ces conclusions.
Désormais le réfnme monétaire des Philippines est établi sur les base» suivantes :
Dorénavant l'unité de valeur aux Philippines est le peso d'or contenant 12 9/ 10 grains d'or à 9/10 de fin. La nouvelle pièce — bien qu'ayant le poids et les dimensions du dollar américain — ne vaut qu'un demi- t/fillar or. Enfin il a, à peu près, la valeur du i/efi d'or japonais. Mais c'est une monnaie fictive. La monnaie effective est le dollar or américain, valant, comme nous venons de le dire, deux pesos. C'est à ce taux que les monnaies d'or des KtatS'l'nis sont acceptées dans les lies et possèdent une valeur légale et libératoire pour toutes les dettes privées ou publiques.
Pour les transactions ordinaires les dollars d'argent continueront à servir. Monnaie légale, cette pièce aura force libératoire dans les lies pour toutes les dettes, sauf conventions contraires. Le peso d'nrtjent, à cours légal illiraifé, ne peut être frappé que par le Gouvernement local-
Il doit en émettre jusqu'à concurrence de 20 millions de pesos avec faculté de porter l'émission à 7o millions de pesos. Cette pièce pèse 416 grains au titre de 0,900 car on tolère 0,100 de cuivre. Ajoutons enfin, sur ce point, qu'avant de faire du peso d'or l'unité monétaire, le Gouvernement local a dû au préalable frapper 5 millions de pesos d'argent.
A côté des pesos d'or et d'argent circulent des monnaies divisionnaires, en argent, de 50 centavo, valant 1 /4 de dollar or, de 20 centavo valant 110 de dollar or, de 10 centavo valant l/'SO de dollar or. Ces pièces d'argent n'ont cours légal que jusqu'à concurrence de 10 pesos. La pièce de 3 centavo valant 1/40 dp dollar or est en nickel. Celle de 1 centavo valant 1/200 de dollar or et celle de 1/2 centavo de 1/400 de dollar sont en cuivre. Nous connaissons maintenant toutes les pièces nouvelles.
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LA QUKST10^ MONÉTAIRE EN KXTRt:M£-ORIBNT. 665
Restait, — puisqu'on admettait lacirculation des deux métaux • — à établir ud rapport entre eux. Le rapport commercial était alors de 42 à 1. Oa adopta celui de 32 à 1 pour les monnaies d'or et d'argent au lieu de 16 à 1, l'ancien rapport américain. Le rapport consacré empécheradonc cette pièce de sortir. D'ailleurs — même si la valeur légale d'échange avec l'or n'avait pasététrèssupéricure au cours commercial — la frappe spéciale de ces pièces les rendant inutilisables au dehors empêchait l'exode de cette monnaie.
Maintenant, pour maintenir la valeur du peso argent phillipin égale à celle du peso d'or, le Gouvernement local pouvait mettre en circulation jusqu'à 10 millions de dollars ou 20 millions de pesos de certificats temporaires de dette, portant intérêt à 4 0/0 au plus, remboursables par périodes de 3 à 12 mois en monnaies d'or des Etats-Unis ou en monnaies ayantcours légal dans les Iles.
Quant aux piastres d'argent mexicaines en circulation ainsi que les monnaies d'argent émises par le Gouvernement espagnol pour les Philippines, elles furent acceptées, jusqu'au 1" janvier 1904, k un taux ofliciel fixé par proclamation du gouverneur civil.
Enfin, pour donner une notion complète de cette réforme, ajoutons que des certificats d'argent, émis contre remise de pesos argent, sont acceptés ea paiement de toute dette publique.
Cet exposé appelle l'attention sur un point notamment. On comprend aisément pourquoi les pesos resteront dans les Iles. On voit moins bien comment on maintiendra, sinou dans la circulation, du moins dans les banques, une quantité d'or suffisante pour assurer un échange effectif entre les deux métaux? Voilà le point délicat. D'un autre côté, le drainage de cet or éventuel, par des pesos contrefaits, n'est-il pas à craindre?
Cette réforme, que nous connaissons maintenant, appliquée depuis un an a eu certains efi'ets que nous voudrions indiquer d'un mot.
Cette réforme, — nous le savons — devait amener des frappes de monnaies nouvelles. Quelques chiffres vont nous en faire connaître l'importance :
En (903 il a été frappé aux États-Unis 29.069.837 pièces d'argent pour une valeur de 17.438.712 pesos. Mais, à cdté des 14.1.'>."».017 pesos, se trouvent 3.104.177 pièces de oO centavo pour l..>52.088 pesos et 1.101 08.1,40 pesos de pièces de 20 centavo, enfin 630.521 pesos de pièces de 10 "centavo. Le total des
n PAUL AIXILAVE.
:>nnaies (le nickel r<t de cuivre atteint 31.791.671 pour 613.986 SOS. Ces chilTres se décomposeat ainsi : 8,912. o58 pièces de leQtavos pour iiâ.627 pesos, pour 107.923 pesos depièces de centavo. Knfin. Ji côté des 10.792,o.'>8 pièces de 1 cenfavo, on mpte 12.086.3u8 pièces de 1/2 centavo pour 60.432 pesos, issi en englobant les fractions — dont nous avons fait abstracin — on trouve qu'en 1903 les Etats-Unis ont frappé pour '.OHâ.698 pesos de pièces atteignant le total de 60.861 oll. autre part, du 1" janvier 1901 à aujourd'hui, il a été importé K Philippines pour 23.496.520 pesos de nouvelles pièces d'arnt. Par contre, durant le mois d'août, 10.000 pesos de dollars exicains ont été exportés. Knfin, les conditions du marché ont é telles que, pendant presque tout le mois d'août, la valeur or I dollar mexicain fut plus élevée que celle du british dollar i Hong-Kong.
Devant ces résultats les banques se sont crues aolorisées — ns risquer une coiitraction monétaire — à notifier au public, l'à partir flu 30 septembre prochain, elles ne recevraient plus, cunc ancienne monnaie locale soit espagnole soit mexicaine. Mais avant de passer aux Straits Setllements il importe de rendre à une objection qu'on pourrait nous faire en qualiSant tte réforme : d'établissement de l'étalon d'or. Sans doute on îonservé l'argent comme métal — en consacrant, à l'inverse de nde, non une perte de l/'3, mats de 50 0/0 du métal argent ' inme au Siani — parce que c'était la monnaie qui convenait mieux aux habitudes et aux besoins du pays. Mais, lorsque la uvelle monnaie d'argent est présentée en suffisamment grande antité, il est possible de la changer pour de l'or.
g 3. — La rf'fiirme ntonêtalre dans 1rs Slrails Setlleinenls , fl les élabitssciiienls confédérés.
Depuis un an déjà la commission anglaise, instituée pour exaincr la question monétaire dans les Éfablisscmenls des Délits— c'est à- dire non seulement dans les Settlements, mais core les États fédérés malais et le Sultanat de Johore — avait mis son rapport. Ce sont les conclusions de ce document que ;nt d'adopter le Conseil législatif de la Colonie. Avant d'examiner ii grands traits cette réforme monétaire.
visant l'étàhlisfiement de l'étalon d'or, il est intéressant de connaître de quoi se composait la circulation du pays.
Au momenl où ia Commission entreprend ses travaux, les transactions étaient assurées par le BnVisArfo/Zar pesant SG^r. 957 et frappé au titre de 0,t^00, c'est-à-dire au même titre que la piastre dé commerce indo-chinoise, mais cette dernière pèse '27 grammes. A côté, circulait le dollarmexicain et celui de Hong- Kong. Maiotcuant. depuis 1871 il avait été émis, par la Colonie des monnaies subsidiaires en argent représentant des coupures de dollar, et des monnaies de cuivre pour les petites transactions journalières. Enfin on trouvait dans la oirculatioa des Govetnmeiits A'otcs et des billets de banque.
L'importance numérique de ces divers instrumeuts d'échange en circulation était, bien entendu, loin d'être la même pour toutes ces monnaies. Quelques chilires' donnerontunc idée de cette proportion.
Le montant approximatif An^i dollars tant me.\icains que British, circulant dans les Détroits, est estimé à : 30.000.000 S. Quant au.i monnaies émises depuis 1871, elles atteignent, pour les coupures de dollars : 7.212.000 g et les monnaies de cuivre 1.887.O00S. Enfin, endécembrel902,circulaientpourl3.393.M08 de Governments Notes garantis par une encaisse de 8.7Ii.553 S; la circulation mensuelle moyenne des billets de banque atteignait en 1901 : 5.-i73.753 8.
11 résulte, clairement, de ces chiffres que le principal instrument d'échange était, sans conteste, le dollar et ses coupures,
La réforme projetée devait consister à démonétiser tous ces dollars, leur substituer une autre pièce, le Slrails dollar &iiqaei on voulait donner une valeur or par rapport au Socereign *.
Voilà le but poursuivi. Comment pourra-l-on l'atteindre? C'est ce que nous allons rapidement indiquer en esquissant à grands traits la réforme monétaire adoptée par le Conseil législatif de la Colonie. '
Mais, an préalable, il n'est peut-être pas mauvais d'indiquer^ brièvement, les raisons qui avaient amené cette réforme.
' Ces cbilTrea ioot eitrails du rapport de la Commission. > C'est uinsi que s'appelle la livre sterling anglaise.
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C'est, avant tout, la dépréciation de l'acgent par rapport à l'or. Les effets de ce phénomène monétaire étaient dans les Détroits ce qu'ils étaient en Inde, au Mexique et dans les autres pays du monde ayant consacré l'étalon d'argent et trafiquant avec des pays à étalon d'or.
Sans insister, outre mesure, sur les fluctuations de la valeur de la monaaie locale par rapport à l'or quelques chiffres, indiquant le cours du papier à quatre mois sur Londres pendant la période 1891 à 1901, sont instructifs.
Cependant les Détroits n'étaient pas, comme l'Inde, pratiquement forcés d'établir un change fixe pour échapper aux perteii que leur imposait le paiement en or des arrérages d'une grosse dette publique. Le Gouvernement des Détroits n'avait pas fait d'emprunt. Quanta la confédération des États malais elle n'avai à supporter qu'une très faible dette publique. Et encore, elle avait contracté un emprunt intérieur. Dès lors, les arrérages étaient payables en argent. Cependant, ces deux gouvernements avaient besoin de beaucoup de remises payables en or. Les salaires de tous les hauts Jonctionnaires étaient fixés en livres sterling. De ce chef les Gouvernements avaient à supporter des pertes de change parfois assez lourdes.
Et au point de vue commercial.
Si on envisage la période décennale 1891 à 1901, on relève une certaine prospérité du commerce extérieur des Détroits tant avec les pays à étalon d'or qu'avec ceus. se servant du métal blanc. Mais, ce qui nous importe surtout ici de mettre en relief, c'est l'importance respective du commerce des Détroits
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LA QUESTION MONËTAIRE EN EXTRÈUÉ-DKIËNT. 669
avec les pays à étalond'or d'unepart, avec ccuxà étalond'argent d'autre part.
C'est encore par la production de quelques chiffres représentant tant les importations que les exportations qu'on donnera l'idée la plus nette et la plus exacte de cette proportion.
Pour simplifier nos tableaux, nous exprimerons les quantités en milliers de S.
Débutons avec le commerce extérieur résultant du trafic des Détroits avec des pays employant la monnaie d'ar^nt :
Voici les résultats que nous relevons pour la période décennale 1891-1901.
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Total dM
« i«port»tloiifc
Faisons maintenant connaître le commerce extérieur avec les pays ayant l'or comme étalon monétaire.
AnniM
Eiponatlou.
ImportlUoiu.
Total dat ■( eiportelloni.
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» Ubieaat doo$ moalreol un accroùseoient oodIïbd da merce eitcripor «n eéoéral. Mais — ce qai Doa& ialéresse particuli'-reiDeaticî — noasrelevonsaDeanemeiiUtïonf^iis r|«, à la Kd de outre période, da commerce ciféHear arec >ays k élalna dur. i In peut ajoaler qu'il ressort de ces chiffres la plus grosse partie da commerce eslêriear est Elite avec )emi<rre§ contrées. .Voas assi-tons à ane aosmoitation plus proporlionntrlle (]*• ce commerce par rapport à cetoi assoré \f:H pays se servant de monnaie d'argent ïlalgré les inconvé- Isqn'cntraine la baisse du cbançepoDrledéveloppemeot des )rtationsaTecdc<î pays à étalon d'or, noas voyons que, depuis leurs années déjÂ, les importations vers ces pays sont plos •es que vers ceux faisant usage de l'arveol. .\d contraire, la ie du chanjïe — comme on aurait pu le croire — non seulel n'a pas permis aox exportations du premier sToupedégaler ï du second, mais encore te chiffre des exportations des Dêi avec les pays à étalon d'or est plus du double. issî peut-on dire, sans exagération, — malgré les réser^'es I par M. Auirust fluttenbach' pour ce qu'il appelle le» Hi»- •)tl trmle » (le commerce avec les contrées situées derrière étroits; — que la plus importante partie du commerce esjr dos Détroit» est assurée par les relations avec des pays oyant la monnaie jaune.
tait une raison de plus à invoquer par les partisans de )lisscment de l'étalon d'or dans les Détroits, Mais, les défende cette réforme étaient surtout frappés de l'inconvénient 'étalon d'argent présentait pour le placement des capitaux la Colonie. Celle-ci pourtant, ne pouvait prospérer qu'à la tion d'y investir beaucoup de capitaux du dehors, ihcureuscment, les incertitudes du change n'encouragent ft exofie. Kllcs ne racililaient pas davantage les affaires. De le change pouvait tomber à un, faux tel qu'il cesserait même ocurer des avantages pour les exportateurs. ilA (pielles furent les principales raisons qui impressiont leCnmité de réforme monétaire. II pensait que le molitaif venu d'introduire l'étalon d'or, non seulement dans
iinir(.nrlum on Ihe SIraLls SelUcmenls Currenr-J Schéma, Penanfi (10 août
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les Détroits, mais encore dans la Confédération malaise et le Johore.
C'est en juin 1902que fut nommé ceComité conaprenantSir David Barbour, M. W. Âdamson.M. G.-W.JohnsonetM. W.BIanié.
l.e Comité commença à siéger à Londres en novemJare 1902. Dm ladece mois jusqu'au t*^ février 1903, il examina toute une série de dépositions tant verbales qu'écrites. Mais, comme ses séances se tenaient à Londres, il était à présumer que ce seraient «urtout les commerçants anglais trafiquant dans les Détroits et en Orient qui se feraient entendre. Ils constituaient tout un clanfavorable, par intérêt, à l'établissement de l'étalon d'or. Quant à la masse de la population des Détroits représentée tant par des natifs que par des Chinois faisant la plus grande partie du commerce dans les Détroits et les États confédérés ils ne pouvaient guère être entendus directement. Aussi ne jouèrent-ils qu'un rôle bien effacé dans cette vaste enquête. D'ailleurs, beaucoup s'en désinlércssaient ne comprenant qu'imparfaitement l'importance de la question. Quant aux habitants les plus intelligents, ils étaient partisans du slalu quo. Les Européens, au contraire, à l'exception des banquiers et de quelques exportateurs, en tenaient tous pour l'établissement de l'étalon d'or.
Notre Comité se trouvait en présence de trois procédés, successivement préconisés, pour atteindre cette fin. C'était, tout d'abord, le projet élaboré en 1897 par la Chambre de commerce de Singapour.
En substance il demandait l'adoption du souverain anglais et la création d'une pièce subsidiaire : sorte de dollar spécial aux Détroits valant 2 sh. Le Gouvernement, pour empêcher l'importation des dollars, devrait tenir sa déci-sion secrète. Le projet accepté, devait être voté dans une séance du Conseil législatif.
Quant aux dollars circulant, alors, légalement dans la colonie, ils seraient reçus, *i certaines places spécifiées, en échange de billets (le banque. Passé un certain temps, les dollars mexicains, britanniques et autres encore en circulation seraient démonétisés. Enlln, tous les Ktats de la Confédération malaise adopteraient, le même jour, une mesure identique.
Avec tesdollars, donnés en échange des billets d'État, on frap-
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fierait de DODTellet pièc«s d'ai^ot dinsMiinaires de i sb . conteaant dd poids d'areent moindre qne les anciens dollars : 60 à 70 0 0 Healemcal.
Ce projet fut écarté comme impraticable.
I'd second retint darantage l'attention da Comité, bien que pins ancien qne le premier. Il avait été fonnolé, ai 1893, par le Comité monétaire local alors convoqué poor examiner les remèdes à apporter à la situation.
Cette Commission comprenait donze membres. La moitié des membres s'était prononcée en Tavenr de l'établissement de rétalon d'or. Ils estimaient que tout le monde, sauf les commerçants trafiquant avec la Chine, pensait qne la baisse du cban^ avait été défavorable aus Détroits. Il Tallait donc adopter l'étalon d'or. Mais, nos sii commissaires étaient embarrassés sur le point de savoir comment cette réforme devrait s'effectuer. Bienidt, cinq d'entre eux, tombèrent d'accord sur une proposition. Il fallait suivre l'exemple de l'Inde; s'inspirer des mesures monétaires prises dans la presqu'île Hindoue.
Cette solution pouvait tenter noire Comité de 1902. On savait ce qu'une pareille réforme avait donné. Pourquoi innover?
Cependant ce ne fut pas le plan voté par le Comité à l'unanimité. Aussi convient-il d'insister, quelque peu, sur le projet définitivement adopté. D'autant plus que, somme toute, ce sont les conclusions de ce rapport qui passèrent intégralement dans la loi monétaire promulguée le 29 mai 1903.
Une idée, sur laquelle tout le monde était d'accord, frappe tout d'abord : il faut procéder par étapes. Ce dol lar spécial aux Détroits, ce Straits dollar sera introduit graduellement. Il a même poids et même litre que le British et le mexicain dollar auquel on est habitué en Extrême-Orient. Ce n'est, qu'au fur et à mesure de la frappe deuStraits dollars, que l'on démonéti-sera lesautres dollars.
Mais avant on prendra toute une série de mesures préparatoires de nature à ménager la transition.
Se trouvant en présence d'une assez importante et persistante importation de dollars mexicains et de British dollars, à mesure qu'arriveraient les nouveaux dollars on prohiberait temporairement l'importation des premières pièces. Comme, à côté de ce mouvement d'importation des dollars, il existe, par contre, en sens inverse, un sérieux courant de réexportation, la Commission
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LA QUESTION UONËTAIRE EN EXTRËMEHSRIENr. 67»
et le Conseil législatif oot pensé que cette interdiction de l'inkportation serait bien tftt suivie d'un drainage de dollars à l'étranger. Aussia-t-on estimé que cette substitution du nouveau dollar à l'ancien n'olfrirait pas beaucoup de diffîcullés et pourrait s'obtenir assez promptement.
Lorsque les nouveaux dollars auront pris la place des dollar» anciens — qu'on suppose en grande partie devoir retourner à l'étranger — on ne démonétisera ces derniers restants que si la frappe des nouvelles pièces est reconnue suffisante pour satisfaire aux besoins de la circulation courante.
Arrivé à cette étape, on se trouvera à peu près au point où se trouvait l'Inde lorsqu'en 1893 elje entreprit sa réforme. Dans une situation meilleure même. On se souvient, en eflet, que l'Inde a eu à lutter contre les conséquences de cette habitude de thésauriser des indigènes. Cette coutume absorbait de granides quantités de monnaies qui, k un moment, étaient, A noaveau, rendues à la circulation. L'adoption de l'étalon d'or a été également retardée par ces quantités énormes de monnaies circulant h l 'étranger.
Il est vrai que la Commission n'a pas pu passer sous silence ce stock de monnaies divisionnaires frappées pour la Colonie^ mais circulant en dehors des Détroits. Mais le Gouvernement, . après la Commission, n'est pas très tourmenté par l'existence de ces monnaies que cependant le trésorier colonial estimait devoir ^ s'élever à environ 300.000 dollars.
De deux choses l'une, en effet; ou bien ces pièces réintégreront les Détroits en petite quantité, alors cette monnaie conservera sa valeur — ce qui sera sans inconvénient — ou bien la réimportation sera excessive. De ce fait, la valeur réelle de cette pièce diminuant, ta réimportation cessera. Même si ces calculs étaient déjoués, le Gouvernement en serait quitte pour démonétiser, partiellement, ces monnaies subsidiaires.
Nous savons maintenant comment le Gouvernement compte s'y prendre pour substituer aux anciennes pièces en circulation une pièce nouvelle : le Strails dollar. Mais comment espère-t-il donner à cette pièce une valeur or par rapport au Sovereign? C'est ce qu'il nous reste à voir.
Quand il y aura en circulation une quantité suffisante de nonveau.x dollars, de Slraits dollar pour assurer les besoins com-