‹ Questions monétaires contemporainesChapitre 204 sur 238 · C-S. — P*UL Alolm'e · texte numérisé non relu

C-S. — P*UL Alolm'e

■6Ti PAUL ALGLAVE.

mercianx, leur frappe sera suspendue jusqu'à ce que leur valeur au change atteigne la valeur eu or par rapport au 5ot.'eret(iii. O taux guidera le Gouvernement dans l'avenir pour la fixation de la valeur du Strails dollar. A ce momeut, le Gouvernement déclarera qu'il effectuera désormais l'échange du dollar contre de l'or sur demande, au taux fixé officiel lemeu t.

>[ainteaant Tor une fois adopté comme étaloQ — cette mesure ne manque pas d'originalité — on ne frappera pas de monnaies d'or spéciales à la Colonie, Le Gouvernement prendra alors les mesures nécessaires pour pouvoir échanger des Strails dollar contre des livres sterling et inversement au taux 6xé ou bien des traites (or) sur les agents de la Couronne à Londres basées sur le change adopté.

Toutefois, le Gouvernement a envisagé le cas où ces mesures a'amèneraient pas l'afflux espéré desouverains. Il serait toujours temps, — dans cette hypothèse et même dans l'éventualité où -cette arrivée d'or serait trop longue à se produire :— de constituer une réserve dor. A cet effet, d'ailleurs, quoi qu'il arrive, comme en Inde, les bénéliccs résultant de la frappe des StraiU dollar, — une fois l'étalon d'or adopté — serviraient à constituer une réserve en or dont une partie seulement pourra être transformée en titres or.

Somme toute, le Gouvernement espère arriver à fixer une valeur or aux Strails dollar en les raréfiant par une suspension de frappe. Le resserrement monétaire, qui en résulterait, pourrait être préjudiciable aux transactions commerciales. C'est ce que le Gouvernement veut éviter. Aussi est-il décidé que — lorsque le moment sera venu de démonétiser les dollars anciens mexicains ou britanniques — on lèverait la prohibition à l'importation pesant sur les dollars. Dès lors, ceux-ci pourront continuer à être exportés ou importés mais commb de simples marchandises. Ces opérations se feront donc dans les limites des besoins des relations commerciales entrc.les Straitset les pays étrangers. Enûn le Gouvernement, en décrétant la prohibition à l'importation, fixera dans quelles limites et suivant quelles conditions l'importation en transit sera tolérée. On évite ainsi les inconvénients d'une contraction monétaire possible.

C'était en mai 19)13 que le ConseU législatif votait cette réforme monétaire qui ne devait être accomplie que par étapes.

La première étape fut rapidement franchie. Dès le mois d'août 190-1 une décision — contenue dans une édition spéciale du II Government Gazette » portant la date du 24 — disposait qu'à partir du 31 août le british dollar, le dollar mexicain et celui de Hong-Kong cesseraient d'avoir cours légal et ne seraient plus reçus par les caisses publiques.

Des mesures semblables ont été prises par les Gouvernements respectifs des divers Étais malais de la fédération.

Aux termes de la décision gouvernementale, les trésoreries et les sous-trésoreries échangeront, dans la mesure de leurs disponibilités et jusqu'au 31 août, les vieux dollars non détériorés contre les nouveaux dollars des Établissements des Détroits. Les j>anques Brent de même. De plus le trésorier- payeur — pour faciliter le travailde démonétisation — recommandeaux patrons d'échanger eux-mêmes les anciens dollars de leurs employés, ouvriers et domestiques, et les verser aux banques ou au Trésor. Invoquant un argument de nature à les toucher davantage il est ajouté que non seulement cela fera gagner énormément tle temps aux changeurs, mais qu'encore cela empêcherait les salariés de quitter leur travail sous prétexte de faire cet échange. Il est également recommandé aux négociants et aux boutiquiers de ne plus rendre à leurs clients de dollars démonétisés qui retomberaient ainsi dans la circulation. Ils feront mieux de les échanger ou de les verser en banque.

Pourquoi une telle précipitation et n'accorder que quelques jours seulement au risque d'occasionner des pertes aux divers petits détenteurs d'anciens dollars ainsi qu'aux encaisseurs banquiers ou autres qui n'ont vraiment pas beaucoupde temps pour opérer cet échange? Cependant les directeurs de banques et les gros négociants de Singapour approuvent tous cette démonétisation immédiate. Elle serait excellente pour les aflaires en général et tout particulièrement pour le maintien de la stabilité du Straiis dollar. C'est que le Gouvernement anglais voulait éviter des spéculations sur les dollars démonétisés.

tiT6 PAUL ALOL.\VE.

g 4. — Projils de réforme monétaire en Chine ft à Hony-Kong.

A. En Chiiif. — Depuis deux aoH déjà la Chine a manifesté son intenlion de réformer sa monnaie actuelle. Les traités conclus par elle avec l'Angleterre, les États-Unis et le Japon sont suflisammenl significatifs. Elle a désigné des hauts fonctionnaires pour préparer un plan de réforme. Elle a envoyé une commission au Japon pour étudier le sy.stème monétaire de ce pays et a exprime le désir, auprès des Étafs-L'nis, de voir cette puissance accomplir ladite réforme.

En réponse à la requête de la Chine, les Etats-Unis ont désigné un comité de change international afin d'examiner les mesures à prendre pour faire aboutir la réforme. La commission, accompagnée dos délégués de France, d'Allemagne, de Russie et du Mexique, a reçu partout un accueil bienveillant. Objections, remarques, tout a été soigneusement noté par le Gouvernement chinois qui doit examiner très attentivement les opinions émises. Le professeur Jenks — délégué parles Élats^nis pour conférer avec le Gouvernement chinois — ayant lerminésa mission scientifique, vient, de quitter la Chine. Il a proposé l'adoption de l'étalond'or*, l'établissement d'une Banque nationale portant l'abolition du système monétaire actuel représenté comme suranné et ruineux*. Enfin — et ceci a son importance — il promit que les droits souverains de la Chine seraient respectés. Son projet reçut l'approbation des hauts fonctionnaires. 11 lui valut une lettre de félicitations du prince Chiiig qui n'a que des sympathies pour toutes ses propositions.

Mais, il y a une différence considérable, en Chine surtout, entre l'adoption d'une reforme et son exécution. Il est probable, qu'avant de faire entrer l'or en Chine on devrîi s'arrêter à un système moins ambitieux consistant à unifier d'abord ta circulation, de l'argent,

< La Chatnbrc de commerce de Shang-Hai demande la même réforma après antenleavec les puîMBiices commerçant avec la Chine dont une partie, remarqua- t-elle, ■ déjà adopta l'étalon dor,

t Noas n'avons pa? à insister sur le syaltme. 11 fait l'objet d'une 6lude epéciale de M. Paoltre suivant noire mémoire.

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B.M Hong-Kong. — Dans cette contrée, l'adoption de l'étalon d'or est mise à l'étude. Comme ce sont des pays avec lesquels ^ rindo-Chine est en relation d'affaires suivies — bien qu'on ne soit qu'en présence de projets — il est nécessaire d'y insister quelque peu.

Une assemblée générale tenue, le 19 février 1903, par la chambre de commerce de Hong-Kong, s'est terminée par l'adoption d'une résolution demandant que la Commission monétaire désignée par les Straits poursuive son enquête à Hong-Kong, à seule fin de décider si la réforme de la monnaie locale, qui est la piastre, le trade dollar etletacl, est nécessaire.

La résolution a été adoptée à mains levées par une majorité de 40 voix contre 25. £t dans une deuxième consultation par 40 voix pour, 34 contre et 30 abstentions.

Voici les principaux arguments émis pour ou contre l'adoption de l'étalon d'or.

Les argumentsdespartisansdel'étalond'or peuvent se ramener aux suivants. Et d'abord — en ce qui concerne la répercussion éventuelle d'une telle mesure sur le prix des matières alimentaires el des commodités diverses consommées dans l'île même — il faut distinguer selon qu'elles viennent de paya à étalon d'or ou de pays à étalon d'argent, notamment de Canton. Dans le premier cas on paierait, toujours, le même prix les consommations européennes : le sucre de Java, le chanvre de Manille au lieu de voir, comme maintenant, tes prix augmenter continuellement. Dans le second cas, on continuerait à payer en argent en établissant un change entre Hong-Kong et Canton.

Examinons la répercussion sur la main-d'œuvre. Elle nn serait pas renchérie. L'ouvrier attache de l'importance moins à la pièce de monnaie qu'à sa force acquisitive. Si 2 cents achètent à Hong-Kong la même quantité de riz, que 10 cents à Canton, le coolie de Hong-Kong acceptera 3 pièces de 2 cents alors que le coolie de Canton en demande 30.

Pour le commerce de transit le trafic d'importation ne serait pas transporté à Canton. Est-ce que, dans tous les cas, ce n'est pas le prix d'or que définitivement on solde? Pour les exportations, il n'y aurait rien de changé, puisque les achats se font déjà à Canton. Et Hong-Kong a sur l'autre port des avantages naturels.

H7B PAl'L ALGLAVE.

Pour éviter le drainafire des pièces d'or par la Chine on ferait circuler de )'ar^ent et des billets pages sur un stock d'or constitué k Londres.

Maintenant, si la baî>îse de l'argent favorisait les exportations, il vaudrait mieux substituer k l'argent les cauris des Indiens. Cette monnaie de coquillage a encore moins de valeur que l'ar^ gent et le commerce du monde prendrait de plus grands déveluppements. Est-ce que le commerce d'exportation de la Chine a augmenté dans la proportion de ia baisse de la piastre? A l'inverse, le commerce entre la Chine et le Japon va sans cess<^ en croissant. Enlin, au point de vue budgétaire, l'étalon d'or assurera la stabilité de la dette or. Au point de vue financier il arrêtera la diminution de l'intérêt du capital investi dans la Colonie ainsi que la diminution de ce capital lui-même.

Les partisans du statu qiio objectent que la double circulation or et argent proposée serait impossible. Quant à la question des salaires elle est indépendante de la question monétaire étudiée. Enfin, ils se demandent comment on rachèterait les 50 millions, au moins, de dollars argent qu'on voudrait remplacer par un stock d'or.

Sans insister sur ces arguments présentés de part et d'autre, remarquons, simplement, que ce mouvement d'opinion est très sérieux et dénote une tendance nouvelle vers l'étalon d'or. Sans doute, on ne demande pas une adoption immédiate mais une enquête pour voir si l'on doit établir l'étalon d'or. Mais la discussion que nous avons résumée et d'où est sortie une majorité favorable à l'étalon d'or montre, très clairement, que celte réforme est possible. C'était important à noter depuis que le rapport de la Commission des Détroits a porté ses fruits.

De ce chapitre il ressort cette idée que tous les pays a.siatiques environnant l'Indo-Chine, et ayant comme elle une circulation d'argent, se préoccupent de la modifier. Beaucoup l'ont déjà fait. Ces réformes ont, à un certain point de vue, aggravé la situation monétaire de notre colonie.

En effet, la piastre, qui est à la base de la circulation monétaire de rindo-Chine, non seulement est loin de valoir, comme

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avant, o fr. 55 — 'suivant la baisse du métal dont elle est faite, sa valeur a diminué de plus de moitié — mais encore voit tous les jours son rayon de circulation se rétrécir. Il y a peu d'années encore, la piastre mexicaine était employée dans tout l'Extrême-Orient parce que sur tous les grands marchés commerciaux de Hong-Kong, Shanghai, Singapour, elle était acceptée. Dans les pays même qui ne l'admettaient pas, — comme l'Inde, — il était facile de la transformer en monnaie du pays, en roupies, puisque la frappe libre existait. La fermeture des Monnaies indiennes, les réformes successives opérées au Japon, puis aux Philippines et au Siara ont eu pour effet de restreindre le champ d'action de la piastre.

Aujourd'hui la piastre mexicaine ne pouvait plus aisément circuler qu'en Chine, en Indo-Chine et à Singapour. Mais depuis la décision du Gouvernement anglais du 31 août 1901, cette monnaie cesse d'avoir cours légal dans les Détroits. En Indo- Chine déjà l'Annamite montre une certaine répugnance — surtout au Tonkin — à accepter les piastres mexicaines, principaleiiiCÈit celles de frappe récente. Au Yunnan des dépêches de mai 1903 annoncent que les coolies occupés aux travaux de chemin de fer refusent énergiquement toutes les pièces étrangères. Hiei', enfin, le Mexique ne vient-il pas d'accomplir sa réforme monétaire'? Une nouvelle piastre va être frappée équivalant 73 grammes d'or lin comprenant 24 gr. 4388 d'argent (in dont la frappe et l'émission sont réservées au Gouvernement, Ce dernier pourra prohiber la réimportation des piastres mexicaines ou les frapper d'une taxe.

N'y avait-il pas lieu de craindre, dès lors, que l'Indo-Chiiic ne soit envahie par ces pièces? Surtout si l'on songe que d'une part la Cochinchine exporte de très grandes quantités de riz payables en piastres. Que d'autre part, la balance commerciale se traduisant presque toujours par un excédent d'exportations assez considérable, le solde se règle par une impoi-fation de piastres. Enfin, la baisse de l'argent a favorisé et favorise de plus en plus les achats de riz par l'étranger. Si l'on tient compte de toutes ces considérations, on voit que, sans cesse, les piastres auront une tendance à augmenter en Indo-Chine surtout depuis

* Voir cette étude à la page -=18«.

PAUL j\LOI.AVE.

cciation dont va les frapper la réforme monétaire mexiittes seraient venues se réfugier en Indo-Chine où elles jours cours légal.

irésence de tous ces inconvénients du grave problème, pose et que d'autres États ont résolu; qu'avons-uous fait, us reste-t-il à faire, que propose-t-on comme remède à tnation que déplorent commerçants, industriels, colons, nnaires et le budget tant de la métropole, que de l'Indo-

ce qu'il nous reste à examiner en abordant noire dernier

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