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CHRISTIAN I

tacis par rapport au tael Haiknan, cet usage est critiquai car le Haikwan lael sert uniquement au paianent des droits de -douane, taudis que le Shaughai tael ou Chaupiog tael est employé dans toutes les ti-ansactions. Ea outre, c'est a.u Sbuigbai tael que sont comparées les difiéreateB monnaies européennes, tandis que la relation du Haikwan tael avec ces niMinaies n'est établie que d'une façon arbitraire par l'Administration de la -douane, qui prend pour bat>e d'évaluation Ja moyeaae des taui du mois précédent et tient compte des tendances -à la hausse ou à la baisse du marclié de l'argent

Le tableau' suivant iadique la valeur de différents taelspar rapport au dollar.

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Le tableau ci-dessus montre cumbien le tael varie de valeur suivant les villes et suivant les époques. En outre, chaque ville possède plusieurs taels qui varient suivant les personnes et les marchandises : le Chinois et I étranger ne se servent pas du même tael, et. pour Tachât d'une paire de sandales, on n'emploie pasie même tael que pour l'acquisition de tabac, ou de riz.

D'ailleurs les renseignements feraient défaut pour dresser une liste compicle des tacis unités en Chine avec leui-s différentes valeurs.

< MoBthly snDimary of ctmuneroe and flDaiic« of tbe UnHsd 'Blatfi* janurj W, p. £3fH — Voir auBsi Aannal report uf the Direclor of the Mim 1900, qui-doBinJ* valeur des taela des ports à traitépar rapport au Uaikwnk'tBflt.

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LA QUESTION UOt4£TAIRE Bti CHINE. 7:23

Gepeodaat uue enquête faite en 1889 par le t< Couûcil of the China braDch of tiio Royal Asiatic Society » donne k cet égard ■des reusMgneiaentti assez prvcitt. Nous bous bornerons à {Huser dans cetie enquête quelques reos^^uements iutéressauts sur les taels dans certayies villes importastes '.

A NankiiL, il y a trois sortes de taels, le « K'u-p'in^ h conau aussi sous le noiû de « Siieh-hwayin », le « ï'sao-p'ing " Appelé « wan yin » et le » siaug-p'iag » ou « Ti-cb'ao yin ». Le T'sso p'ing est le-tael le plus oojncnunémeDt usité à Nankin, il sert 'd'.étaiom. La valeur des deux autres taels par rapport k celui-ci est la suivante : IflO K'u-p'ing taels ^ lÔïT'sao-p'îng et 100 SiaDg-pÏQg = 98 T'-sao-pïog. Le Siacg-pïng sert à payer les soJdats ; les prk décernés aux étudiants, aux examens semimensuels, sont comptés d'après ce dernier taet alor.s qu'ils sont supposés l'être d'après le K'u-p'ingtael, œsout les petits profits 'des fonctionnaires subalternes'.

De même, à Fou-Tcheou', ie tisiang p'ing tael n'est employé que pour payer la solde des soldats. Dans cette province, l'on se sert d'un tael spécial ; pour les ventes de terres, c'est le Wéakwang.il a une valeur iîxe équivalente k 800 grandes sapèques ; la . création de ce tael a eu Heu dans le but d'éviter les fluctuatioas de la valeur de l'argent. Cette méthode est aussi suivie dans la province de Hsin- hui ' ; les ventes de terres et de maisons ont lieu suivant on tael idéal ayant 1.000 de fin. Dans d'autres provinces, il y a pour certaines catégories -de dépenses des taels spéciaux qui ont aussi une valeur déterminée: c'est ainsi qu'à Nankin, le Hang'Yin tael sert ui^iqueaient au paiement des frais des maria-

I C'est en janvier ISâO que le « CouncU of the Chiaa brancb of tbe Rojal Aaiatic Social; 1 m mie enquîte. Les points sac lesquels portait cette cnquftte étaiatft les -BiiiiaDts ; diâépenleg sortes de taels en)plo;éea dans chaque district ; le poids et la forme de chaque tael, la reUtioD de chaque tael local arec le Ku-piag taet et le dollar meiicaia, la relation de la sapèque avec le tael locai et le dollar meiicaia, les direrseï sapèqaes employées dans chaque district. Les renseignemeTils recaeil- ]ts furent peu nombreux, souvent incomplets; oe sont oependant les plus ^cis -que noDs ajouB rencontrés sur cette matière.

• Le K'n-p'iug pise 37 gr. 25, le T'iaa-p'ing 36 gr. M — Renseignements communiqués par le Rev. 'E.-J. Williams, Journal of Ike China 'finmoh of ihe Royal Ariatio Booiety, p. 6!j-66.

' Kemeignemeata commuDiquéB par M. E.-H. Parker, id^ -p. 3Û,

* Renaeigaements oommuaiquéi par le Re>. Bone, id., p. 71,

ges et funérailles de certaines personnes; sa valeur est fixée à 700 sapèques.

Comment est fabriqué le sycée ? L'argent en barres est eipcdié d'Europe, surtout de Londres et d'Amérique. Ces barres onl une forme rectangulaire et pèsent de 50 à 100 kilos, au titre de ©96 ou 998 millièmes. Ce sont les banques étrangères quifoot l'importation de ces lingots d'argent, elles les revendeot ensuite aux fondeurs chinois. Ces achats se font sur la base du Canton tael, correspondant à l'once anglaise, et d'après la parité cotée chaque jour entre ce tael et celui de Shanghai. On a 111,60 Shanghai taels = 100 taels poids Canton (0.998 de fin) ; mais, dans la pratique, on n'admet que 111,15 Shanghai taels, et même que 1 11 pour 100 taels poids Canton .

On ne peut pas importer des barres inférieures à 0.995 de lin, car, au-dessou!>, elles subiraient une dépréciation beaucaa|) plus forte que celle résultant de la faiblesse du titre. Par contre, il ne faut pas non plus importer des barres supérieur» à 0,998 de (in; les Chinois ne les paieraient pas tin ppîï plos élevé, ce titre étant à leurs yeux le titre maximum de pureté de Targent; pour eux. I.OOO de fin est quelque chose d'idéal, ils n'admettent pas largent pur.

Les fonderies chinoises sont excessivement primitives; dansia cour de la maison, il y a des fours en briques adossés le long du mur; au milieu de la cour, un socle bas en fer, un grand brasero, un panier contenant la provision de charbon et deux haquels pleins d'eau. Un ouvrier commence par faire rougir la barred'argeut qu'il maiiitioni d'une main avec une pince grossière lU' dessus du feu ; de l'autre main, il tient une hache qu'il appliq»'^ sur la barre; quand celle-ci est rouge, d'autres ouvriers fnppeut sur la tète de la hache, ot la barre d'argent se fendsuetes* sivement en plusieurs parties. Chaque partie doit être équivalente à 50 taels poids. Cette fragmentation de la barre est fai^ absolument au Jugé. Les lingots ainsi obtenus sont précipite dans un baquet d'eau. Les lingots refroidis sont ensuite pi' ces dans une cuvp en terre réfractaire. Pendant la fusion, loivrier jette de la jcrenaille de cuivre, de façon à ramener le tîl" le plus près possible de celui de Shanghai, il estime à vue d'i^ la quantité de cuivre à jeter. Il lance aussi de temps en temps-

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dans le métal en fusion, du salpt^lrc et du sable mélangé de terre ' .

Quand la fusion est terminée, l'ouvrier inscrit sur la face intérieure du lingot, le nom de la fonderie, auquel il ajoute quelquefoîs le nom de la ville et la dato; le poids et le titre du lingot sont aussi indiqués. Les lingots sont contrôlés alors par un fonctionnaire appelé « Kung Kou » qui ncst pas nommé par le Gouvernement, mais est choisi par les banquiers chinois et les changeurs. Quand le Kung Kou est satisfait, il écrit sur chaque lingot à l'encre noire et en grands caractères chinois, son poids et son titre. Si le titre est plus lin que celui de Shanghai, on poinçonne à la msdn le lingot et la marque qui y est ainsi appliquée indi(iue la majoration de valeur ou prime qu'il faut ajouter au poids inscrit, tout lingot au-dessous du titre est refusé. Le i< Sycée » est prêt alors ii entrer en circulation. Le Kung Kou prélève une légère redevance sur chaque lingot qu'il inspecte. Afin d'éviter d'une faijon plus efficace les fraudes, non seulement les fondeurs et tes inspecteurs sont responsables sur leur tète du poids et de la pureté du sycéo, mais encore leurs héritiers peuvent être recherchés et punis de mort à toute époque.

Quel est le degré de finesse d'un sycée? 11 est assez diflicilede le dire et on ne peut l'établir que par les faits. Avant la suppression de la frappe aux Indes, ce pays importait de Chine des quantités considérables de sycées qui étaient transformés en roupies ; et il fut constaté à cette époque que 1.000 taels Shanghai courant correspondaient k 916,66 chauping taels poids d'argent fin. Par une coïncidence curieuse, ce titre était justement celui de l'étalon en usage aux Indes. Ce titre de 916,66 est le slandaril accepté par les banquiers étrangers pour le Shanghai tael cou- ' rant, c'est-à-dire que si le Shanghai tael existait comme monnaie, il contiendrait 916,66 parties d'argent pur pour l.ftflO; il y acependant une difficulté d'accepter 916,66 comme le standard sur lequel les Chinois établissent leur système de prime. Il est nécessaire, en effet, d'écarter la coutume du 2 0/0 qui fait que le standard sur lequel les Chinois calculent les primes est de 935,37. En

' M. Tillot et Emil S-Fieber, Nolei mr la Monnaie et les métatix précieux fn Chine, p. 15.

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726 CHKII^TIAN PAUI.TRE.

se basant sur ce standard, et en considérant que la pins haale prime que puisse avoir un lingot d'après les Chinois est de6ft/ft, nous trouvons que le maximamde finesse du sycée de Shanghai est de 991,50. Les Chinois n'admettant pes l'argent fin, il est possible que la prime de 6 0/ft corresponde à l'argent le plus fin qu'Us conçoivent. Pour avoir l'argent fin, il faudrait une prime de près de 6,91 0/0. M est probable qu'à l'origine le standard du «ycée devait être 943,396. Bien qu'il soit supérieur au standard aetuel, on peut croire que c'est sur lui qu'était basé le Shang^hai tael. Si la coutume de 2 0/0 n'existait pas originairement et n'i été introduite que lorsque le standard a été de 943,396, la valeur dn tael aurait été réduite k 924,528. Or, il est fort possible que les <' squeeze > successifs aient graduollemeut amené le standard h 935,374; et, qu'alors, la réduction de 2 0/0 fut faite, abaissant la valeur du Shanghai tael courant à 916,66 qui est le standard actuel, sans toucher au système de prime qui se calcule d'après le standard de 935.374 '.

M. Morrison indique la méthode employée pour arriver à connaître la valeur du sycée '. on prend tout d'abord le poids i» sycée en chauping taels, on y ajoute la prime du lingot qui est inscrite sur celui-ci par le Kung Kou, on divise alors la somme du poids et de la prime par 98, le quotient est le Shanghai tael courant. Prenons, par exemple, 60 sycécg pesant 2.992,57 chauping taels. La prime moyenne par lingot est de 2,707 taels M 5,43 0/0; nous avons donc 2.992,57 + 192,45 = 3.185,02, divisons ce total pai' 98 cl nous obtenons le Shanghai tael courant.

Différentes explications ont été données pour expliquer cette coutume qui veut que 100 taels Shanghai = 98. On a dil que cotte dépréciation de 2 0/0 représentait les honoraires du Kung Kim et les profits des fondeurs. On a dit aussi que- cette vieille coutnme n'existait pas anciennement, qa'elle n'était que le résultat d'un acte arbitraire d'an vice-roi besogneux qui désirait remplir ses coilrea,

b) Le dollar.

Le sycée, étant donnés son poids et sa forme, circule peu; il constitue la réserve des banques qui l'utilisent pour solder

' M. Tillol al Emil S-Fisher. op. cit., p. 18 el 19.

' Thomas R. Jemigan, Bankiiif, Cnrrency and Ijind Tennre in the ChiiMte empire, p. 553. Extrait de ; A ïljstory o( Banking in ail leading nations.

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lears compensations. La circulation courante ae fait au moyen de piastres et de dollars. C'est ausvi* siècle que ces pièces furent introduites en Cbia« par les commerçant» espagnols. La piastre espagnole était une pièce k l'effigie de Charles d'Espagne, ce qui lui Gt donner le nom de Carohis, on l'appelait aussi quelquefois piastre à colonne. Le poids du Carolus est de 413,76 grains troy, et son titre de 896, Cette piastre a à peu près disparu de la circulation, grâce k la mesure prise par le Gouvernement espagnol qui décidait de la rembourser au prix de 5 pesetas'. Elle a été pendant longtemps préférée au dollar mexicain dans plusieurs provinces de la Chine: c'est ainsi qu'en 1889, le Rev. E. Williams, répondant k l'enquête faite par le <r Council of the China branch of the Royal Asiatic Society » disait qu'au nord de Nankin, dans l'intérieur de la province, il était fort diflicile d'ntîliser le dollar mexicain, que le dollar espagnol était seul enfaveur. A Nankin, la valeur du dollar espagnol, par rapport au dollar mexicain était de 8 à 10, 8 dollars espagnols valaient 10' dollars mexicains; il s'échangeait à cette époque pour t. 200 à 1.300 cash^

Le dollar le plus répandu en Chine est le dollar mexicain. L'importation de ces dollars vient surtout de Londres. Les Chinois examinent avec le plus grand soin les dollars qui leur .sont donnés en paiement. Ils apprécient la qualité du dollar <i la couleur, au son, au toucher. Naturellement ces appréciations varient beaucoup d'une personne à une autre et tel dollar qui est accepté par un '< shrott' » est refuse par l'autre. Le dollar mexicain, quand il est neuf, pèse 417,5 à 417,7o grains, soit 27 gr. 05 à 27 gr. 07, son titre est de 0.902.

Pour éviter les contrefaçons, les banquiers du sud de la Chine et particulièrement ceux de Canton, ont l'habitude de poinçonner les pièces qu'ils ont vérifiées. Les dollars ainsi poinçonnés sont connus sons le nom de <t chopped dollars ». Ces opérations, se renouvelant souvent, abîment la pièce; quand celle-ci est trop détériorée, oane la prend plus qu'au poids; cette coutume tend & disparaître.

A Shanghai, les transactions importantes se règlent généra-

1 M. Tillot et Emll 3-Piiher, op. eti.. p. 2n.

> Joui-val of the China branch of the Royal Atiatic Society, année 1S90, p. 69.

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lement en taels; cependant le» achats de coton et de soie dans les districts séricicolcs se règlent aussi en dollars.

Le dollar se divise en 100 ceitls, uu encore en 10 ko ou hao de 10 fen chaque, soit 10 piècesdc 10 cents chaque; mais il n'existe pas de pièces divisionnaires du dollar mexicain. Les pièces de 50, 20, 10, 5 cents en usage sont un peu de toutes les provenances; il y en a qui viennent de la Mannaî« de Canton, des Monnaies de Fou-Kien ou de Hou-pé etd'autrcs qui proviennent de Hong-Kong et du Japon.

Les États-Unis essayèrent de faire concurrence au dollar mexicain en envoyant en Chine des « trade dollars •>. Les dollars amép'icains ordinaires n'avaient jamais été bien reçus en Chine, ils étaient inférieurs en poids à la piastre mexicaine. Les i< trade dollars » pesaient un peu plus que la piastre mexicaine', ils ne furent cependant pas bien accueillis des Chinois; la tentative échoua complètement. La disparition des trade dollars de la Chine fut activée par ce fait que les Etats-Unis en décidèrent, en 1887, le remboursement en or'.

On trouve encore en Chine le yen d'argent Japonais, la piastre indo-chinoise et le british dollar frappé à Uombay. Ces pièces sont reçues dans certaines pi-ovinces. Le yen japonais est préféré au dollar mexicain à Swatow^; la piastre indochinoise est la monnaie la plus usitée dans le Yunnan.

Entin, en Mandchourie, avant la guerre, c'était le rouble russe qui régnait en maître; il avait petit à petit chassé le dollar. Le rouble est, comme on le sait, une monnaie d'or valant 2 fr. 67 ; les pièces frappées sont de 5 à 10 roubles. Le rouble est quelquefois représenté par une pièce d'argent, mais, le plus souvent, par un billet de banque. Il est curieux de noter que les Chinois avaient très bien accueilli le rouble représcnlaut une valeur fixe en or et avaient reconnu les avantages dune monnaie à valeur fixe sur le dollar, monnaie d'argent variant de valeur suivajit les fluctuations du métal argent. C'est là un argument précieux, pour ceux qui pensent que l'introduction de l'étalon d'or

< Le trade tlollar pesait 420 graios ou Zl grammes 29, son titre était de 900 /lOOO.

1 Quarlerly Jouroal of Economies, May 1901. A Pratt Andrew « Ihe toi of the Mexican dollar.

* Renseignemenls donnés par M. Gibaon, Journal of Ihe China braoch of thc Ro]>b1 Aùalic Societf.

en Chine n'est pas irréalisable. Ajoutons que, depuis les défaites russes, le dollar est la seule monnaie acceptée en Mandchourie, et que le rouble est tombé en complète défaveur. Ce revirement montre combien le caractère chinois est plein de défiance et ennemi de la nouveauté; il faut bien dire aussi que les banquiers chinois, qui profitent tant de l'état chaotique monétaire de la Chine, sont pour quelque cbosedans ce changement et ont manœuvré pouf faire quelques fructueuses opérations de change'.

D'autres dollars circulent en Chine : ce sont les dollars au dragon. Ces pièces ont été frappées à la Monnaie de Canton qui fut ouverte en 1890. Le poids du dollar au dragon qui devait peser tout d'abord 27,27 grammes au titre de 900/1000 fut abaissé à 26,9 grammes. Les dollars ne furent pas h l'origine bien accueillis par les Chinois et la frappe en fut rapidement suspendue. L'émission de ces dollars s'était élevée à 43.000 'pièces de 1 dollar; en outre des pièces divisionnaires de 50, 20, 10 cents avaient été mises en circulation pour une somme dépassant plus de deux millions et demi de dollars. Dans ces dernières années, cette Monnaie tit d'autres émissions qui semblent avoir été mieux accueillies*. En 1897 une tentative analogue avait été faite à Ou-tchang qui n'eut pas plus de succès.

D'autres dollars sont actuellement frappés à Nankin, Tchoun- King, Tientsin, Foutcheou, Moukden, Kirin, Han-Koou ; il y eut aussi dans ces villes des émissions de pièces divisionnaires. Mais le poids et la fmesse de ces pièces étant bien inférieurs au poids et à la finesse de celles frappées à Canton et k Ou-tchang, les commerçants refusent do les prendre au pair avec ces dernières et bien souvent ne veulent pas les accepter tant la frappe en est défectueuse*. Les provinces de Sé-Tchouen, Chan-Toung, Cban- Si, Hou-pé ont aussi leurs dollars de poids et de titre bien

■ Ludovic NaudesD, fjt Chapitre monétaire, articles pirus dta.i le Journal, 20 «I 21 février )906.

' Eu 1901. la Monnsie de Canton s frappé *56.000 dollars, 38.500.000 pièces do 25 uenis d'argent et 29.000.OOCl de piicos de 11 cents de cuivre. Ces pièces circulent communémenl dans lu Kouing-Toong (TAe ilaleiman'i year book, 190*. p. 528),

* Économtsie ^troptcn, année 1899, 2" semestre, p. 190. Commercial Vhina, in 1699, p. 1667. Parmi les Monnaies provinciales ayant frappa des dollars en 190D, deux seulement, celles de Kouang-Toung et de Hou-p6 ont maintenu un degré convenable de finesse; ces pièces circulent dam la région du Yangtse (Report on Iha introduction of the gold-exchange standard inio Clùna, p. 245).

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différeiits. Toux ces dollars se nuisent les uns aux autres et c'est cette diversité qui est la cause principal» des échecs de toutes ce» tentatives. II faut ajouter que les Chinois ne inontront aucun empressement k accepter ces pièces parce qu'ils n'ont aucune confiance dans la probité des fonctionnaires d«s Monnaies provinciales: cette méfiance est assez légitime, car les sapèqac» ont été l'objet de nombreuses falsifications qui autorisent ka Chinois ik penser que les pièces d'argent donnent lieu i des fraudes é<[uivaientes.

Un décret impérial' chargea en avril 1903 les princes ChÎDg et Cliu-IIuang-Chi d'agir d'accord avec le ministère des revins pour l'élablissemciit d'un H'itel des MonuMes k Pékin qui frapperait une monimie uniforme pour l'Empire. Cet élablissenaent remplacerait les nonnlireuses monnaies provinciales; les pièces frappées à Pékin seraient reçues en paiement des droits de douane. Cet édit n'a pas encore re<;u d'exécution, peut-être donnera-t-on suite à ce projet si l'étalon d'or n'est pa^ adiopté, car une réforme monétaire est absolument indispensable en Chine.

En résumé, le dollar mexicain est celui qui est le plus usité; ce n'est que depuis très peu de temps que le hrîtish dollar de Bombay et la piastre indo-chinoise commencent à le concorreitcer sérieusement. A Shanghai, où il était encore récemment le seul accepté, il y a une bourse chinoise pour les dollars où l'on établit qoatre fois par jour la parité du dollar avec le tael. Cette parité est fixée la première fois d'après l'offre et la demande; elle est très variable, elle tend h s'élever A l'époque desgrandes récoltes de thé et des achats de soie, les dollars se raréliant à Shanghai par suite des paiements faits dans les provinces de l'intérieur.

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