‹ Questions monétaires contemporainesChapitre 216 sur 238 · IMI · texte numérisé non relu

IMI

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IM.JIl

Ce tableau, il est vrai, ac donne pas une idée absolument exacte du commerce extérieur do la Chine, et cela pour deux raisons : la première, c'est qu'il se fait un trafic très important par jonques entre le sud de la Chine et la Corée dont il n'est pas tenu compte dans la statistique ci-dessus, parce que les renseignements font défaut, et que le commerce, très important aussi, qui se fait avec la Mongolie et le Thibet n'est pas cçmpris davantage dans les chiffres, parce qu'il échappe au contn'tle de Is douane; la seconde, c'est que les évaluations de la valeur des importations et de celle des exportations ne sont pas faites de la même façon. Pour l'évaluation de la valeur des importations, et ceci résulte des explications données par le directeur des statistiques impériales, on ajoute au coût des marchandises le fret, les droits d'entrée, les frais de toutes sortes et le bénéfice réalisé par le commerçant importateur, tandis que, pour l'évaluation de la valeur des marchandises exportées, on ne prend pas le prix réel payé par les exportateurs, mais le prix auquel elles sont cotées sur le marché indigèbe; en outre l'on n'ajoute pas à ce prix les droits de sortie. Aussi la douane donne-telle aux produits la valeur qu'ils ont sur le marché indigène, ce qui fait qu'en réalité l'écart entre la valeur des marchandises importées et celle des marchandises exportées est bien moins grand que les chiffres ci-dessus ne l'indiquent. Ces réserves faites, on peut dire, d'une façon générale, que tes importations ont toujours été supérieures aux exportations depuis 1877'. Il faut aussi noter

' Rapport de M. Qcorgea Oémld, diput

r les tarifs douiaiera de la Chiae,

DigilizedbyGoOgle

que le commerce extérieur de la CJiiiie n'a cessé de croître : de 1886 à 189a, il a doublé de valeur; en 1903, il a triplé de valeur.

Il nous reste à examiner si les deux conditions indispensables pour que la baisse du cbange favorise les exportations et entrave les importations, se sont trouvées remplies en Chine; en d'autres termes, le prix des denrées a-t-i! augmenté sur le marché indigène, le tael a-t-il conservé la même puissance d'achat, les salaires ont-ils augmenté?

II est fort difficile de répondre d'une façon précise à ces questions, parce que les renseignements font défaut ; cependant il semble résulter des quelques chiffres que nous avons pu nous procurer que les prix et les salaires ont une tendance à hausser.

Il est impossible de savoir si le prix des denrées a haussé dans toute la Chine ; pour les provinces de l'intérieur, les renseignements font totalement défaut; ce n'est que pour les provinces situées près de la mer, que l'on possède quelques chiffres. Prenons par exemple le marché de Shanghai, nous constatons que presque toutes les marchandises d'exportation ont hausse de valeur de 1870-74 à 1893. Si l'on représente par 100 la valeur du riz dans la période de 1870-74, on voit que cette denrée a passé par les différents prix suivants' :

Ces fluctuations dan<j le prix du riz tiennent surtout aux récoltes bonnes ou mauvaises, de sorte qu'il est bien difficile de

Jovmal officiel, 1904 (Documeuls parle m en lai res, Cbunbre, Anneie, n" lUiS, p. 738).

I Commercial China in 1K99, p. 16GÛ. Le prii du thé a i-ubl une diminuUoa: si on le représente par 100 dans la période de t870-7t, on voit qu'il lombe à 32 «n 181«.

Da même la pm du blé, du clianTre, du tabac, du cuir, ■ haussé pendant lu même période: celui de la soie n'a pas varié; et, si l'on prend le prii global dea 17 principales marcbandises d'exportation d'abord dan) la péiiode ltt7i)-IS74, puin en 1895, on Toil qu'il passe de 1700 k 1972^ ce qui tend à démontrer que la vis éUit plus chÈre en 1895 qu'en 1870-1874.

C,-S. — ClIHlSTUN l'.lXTBE. 47

738 chkishan pacltre.

savoir pour celle denrée, s'il y a véritablement augmeotalion oa diminution de prix.

M. Sculfort donne pour le riz sur le marché de Tchoun-Kiug, les prix suivants :

en 1692 un boieseau de riz valait 800 BapèqnCB.

en 1895 - - 900 -

en 1896 - 1,100 -

Ce qui fait que dans la période dn 1892 à 1806, le riz a subi par rapport au cuivre une hausse de 300 sapèques, soit environ 27 0/0; d'autre part, l'argent a subi dans la même période une baisse de 12 0/0 par rapport au cuivre, ce qui fait que le riz a subi par rapport k l'arg'eat une hausse de 13 0/0, Le pouvoir d'achat de la monnaie de cuivre a-l-il augmenté en Chine? Les tableaux dressés par M. Woodruff, ancien commis des douanes inspériales, semblant résoudre la question affirmativement. A Wuhu, le prix de 36 articles d'importation indigène étant représeuré en 1S86 par le chiffre 84,87 pour 100 monte en 1891 & 101,18/100 soit une augmentation de 17 0/0. Si l'on considère le prix de 20 articles produits et consommés dans ta région de Wuhu en 1882 et en 1891, on voit ce prix s'élever de 100 à 127.68 0/0, soit une augmentation supérieure à 21 0/0. Toujours fi Wuhu, si l'on représente en 1882 par 100 le prix du coton on le voit passcrà9i,;>2eQ 188i, monter en 1889 à 110.96 et ea 1891 à 102,74 ; le riz valant 100 en 1882 passe à 146,25 en 1891 '. De tous les chifires que nous venons de donner, il semble résuUer que dans la période de 1882 à 1806, il y ait eu.augmentation du prix de la vie en Chine.

Le ministre des l'^tats-Unis en Chine M. Deaby' écrit dans son rapport de 1896 que la dépréciation de l'argent n'avait eu aucune influence sur le prix des denrées chinoises, tandis que

■ Pour le blé, U. Sculfort donn« les chiffres «uivants:

En 189E uii bi.is^eau de blé de 10 Ivuu coûtait 933 sap^ues.

Il 1899, p. 16M, 1659.

le prix des marchandises importées des pays à étalon or arait coDsidérablement haussé depuis dix ans. Il montre la grosse difTérence entre le prix que le consommateur chinois doit payer pour du coton anglais en 1886 et en 1895. Il prend ui) exemple cité par le secrétaire de la statistique des douanes dans son rapport de iS^'A. A la fin de 1886, le taux du change du tael étant de4s, 6I/2d. et, le coton étant coté à Liverpool 5t/2d.,un Chinois pouvait acheter anx enchères sur ce marché un lut de 17 pièces de coton pour3t,8.> taels, tandis qu'en 1895, létaux du change du tact étant 2, 11 d.'etle prix du coton étant à 4 t/2d., il devait débourser la somme de 40,71 taels. Ce rapport conclut en disant que la baisse de l'argent a pour effet d entraver l'importation an cotoii (bien faiblement d'ailleurs, dans la période 1886-1890 : 66.613.000 pièces contre 6<).H84.U0n dans la période 1891-1895) et surtout l'importation des métaux. Nous avons indiqué plus haut les raisons pour lesijuelles la dépréciation de l'argent ne pouvait pas avoir en Chine pour résullatde nuire aux importations et de développer les exportations; les chiffres du commerce extérieur de la Chine de 1896 à 1903 ont d'ailleurs pleinement justifié cette niatilère de voir.

Nous avons, d'une part, M. Sculfort qui soutient que les prix des produits indigènes oiit augmenté, d'autre part M. Deuby qui prétend qu'ils sont restés stationnaires. Le premier, à l'appui de son dire, cite quelques cbilt'rcs, le second se contente d'aftirmer. il faut donner la préférence aux chitl'res bien qu'ils ne soient pas concluants et dire qu'il y a eu une hausse des prix dt^s produits indigènes dans la période I882-189C, liausse très légère il est vrai. Mais ce qui, à notre avis, se rapprocherait 4e plus de la vérité, ce serait de dîi-e que le prix de la vie en Chine a augmenté parce que le prix des marchandises venant de l'étranger a augmente, et, comme le consommateur chinois ne peut remplacer ces produits étrangers par des produits indigènes, soit parce qu'ils n'existent pas, soit qu'ils existent en quantité insuffisante, soit qu'ils soient d'une qualité inférieure, il paie, en 1895 un prix supérieur, à celui qu'il payait eu 1886. Cette augmentation de prix de la vie en Chine est d'ailleurs moins considérable dans les provinces où te cuivre est le seul intermédiaire des échanges, la rareté de la sapèque maintenant le niveau des prix bas.

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sable en 15 fractions égales à partir du ât décembre 1900. En avril iHQ'-i, la Charlered Bankémit, un emprunt de 1 million de cens à 6 0/0 remboursable au pair par 15 tirages annuels. Eu juin 1895, la Nationale Bank fur Deuischiand émit aussi un emprunt de 1 millinn de livres ^ 6 0/0 remboursable par 15 tirages annuels. En juillet 1895. un emprunt de 4 millions à 4 0/0 fut émis par den établissements financiers français et russes, remboursable en 36 années, à partir de 1896, par tiragenau sort annuels. Le â3 mars 1896, un emprunt de 16 millions de livres, 5 0/0 fut émis' par la Hong-Kong et Shanghai Bank et la Deutsche Âsiatische Bank remboursable au pair en 36 années, à partir de 1897, par tirages annuels. Ces banques émirent en mars 1898 un autre emprunt de 16 millions de livres à 4 1/2 0/0 remboursable en 45 ans à partir de 1898. La Hong-Kong et Shanghai Bank émit enBn en 1899 un emprunt de £ 2.300.000 à 5 0/0 remboursable en 40 ans à partir de 1903 par tirages annuels d'égale valeur. Des établissements français et belges émirent en avril 1899 un emprunt de I12.50O.O0O à 5 0/0 remboursable en 20 années h partir de 1909, par 20 tirages annuels en 20 ans. Tous ces emprunts, sauf les deux derniers qui sont garantis par les revenus généraux du gouvernement général chinois et certains chemins de fer, sont gagés sur les douanes maritimes chinoises. Les sommes demandées à la Chine pour le service de ces différents emprunts étaient de 88:498.030 francs en 1900, de 9t. 497.003 francs en 1901 et de 90.962,910 francs en 1902'.

Les dettes de la Chine vis-à-vis de l'étranger sont donc importantes. Les chiffres que nous venons de donner ne comprennent pas une dette récente de la Chine, nous voulons parler de l'indemnité que ce pays s'engagea le 29 mai 1901 à payer aux puissances étrangères à raison des dommages causés par les Boxers. Cette indemnité s'élève à 4oO millions de taels ou 6i millions de livres. Cette somme devait être payée aux pays intéressés en 39 années. Le capital et les intérêts étaient payables en or. Cette dette était payée par ceux des revenus des douanes impériales maritimes non absorbés par tes emprunts antérieurement conclus. Les droits de douane devaient être élevés de 5 0/0

' Cordier, Hitloire det relations &€ la Chine acec les PuUaanr.ei occidintala, 1860-1901, t. 3, p. 30i-304.

7i2 CHRISTIAN PAUt.TBK.

sur les importations. L'iademnité était ea outre garantie par Jcs revenus des douanes indigènes administrés dans les ports ouverts par la douane maritime impériale, par l'ensemble des revenus de la gabelle, réserve faite pour la partie de cet impôt gageant des emprunts antérieurs. ■

Le service de la dette devait être effectué à Shangbai de la manière suivante ; chaque puissance devait se faire représenter par un délégué dans une Commission de banquiers, chargée d'encaisser le montant des intérêts et dea amortissetnents versés par les autorités chinoises, de le répartir entre les intéressés, et d'en donner quittance'.

L'obligation imposée par les Puissances à la Chine de payer l'indemnité en or était fort lourde. L'argent, continuant sa marche descendante, aggravait singulièremeat la dette chinoise. Si l'on compare, en eifet, la cote de l'argent au moment du traité de paix et au commencement de l'année t902, on s'aper- <,-oit que la baisse de l'argent e^it de t8 0/0, augmentant les charges de l'indemnité dans les mêmes proportions. Devant cette tiituation, les Chinois protestèrent. Au mois d'août 1902, deui vicerois do la vallée du Yang-tsé, Liu-Kung-Ki et Cbang-Chih-Tung, demandèrent au cabinet de Washington d'insister auprès des grandes puissances, pour qu'elles autorisent la Chine à payer l'indemnité en argent, n Les revenus de l'Empire, disaient-ils, s'élèvent à 80 millions de taels, dont 30 millions sont affectés au service de la dette publique ; comment pourvoir au besoin administratif de vingt-deus provinces avec un reliquat de 30 millions ')? Certaines puissances, d'ailleurs, étaient disposées, soit parce qu'elles considéraicut la charge imposée à la Chine réellement trop lourde, soit parce qu'il était de leur intérêt politique 4e répondre favorablement aux désirs chinois, à accorder à la t:hine l'autorisation de se libérer en argent. C'est ainsi que M. Congers écrivait au Tsung-li-Yamen, au mois de juillet, que son Gouvernement trouvait juste la prétention du Gouvernement chinois, de payer en argent, et lui promettait son appui, i^ (louvernemeut anglais, de son côté, n'était pas hostile à la dqniande chinoise, il proposa de reculer jusqu'en 1910 les paiements à ctfectuer en or; ju.squ'à cette époque, c'est-à-dire peu-

' Prolocole linal, Art. VI, Livre jauno Uiine, juin-octobre 1901.

IJi^ QUESTION MONSTAtRB E.N CHINE. 713

<lant huit ao», l'indeniaïté sersii payée en argent. La France, la Russie el rAlIcmagne, maintinrent aa contraire la prétention d'être payées en or; cependant, estimant aossi que c'était là une charge fort lourdepourlaChine, afiode lui donner le moyen de se libérer plus facilement, elles proposèrent de lui permettre d'exiger le paiement des droits de douane en or. Mais les Etats- Unis s'opposèrent à celte mesure qui était de natore k porter un grave préjudice aux importations américaines. L'accord était donc loin d'exister entre les dilféreots Etats intéressés'. Cepeodant, il semble d'après les derniers renseignements reçus, qae la Chine consentira h payer l'indemnité en or. Mais elle de- Boande qu'il Ini soit fait remise des intérêts sur les arrérages qu'elle doit, et qae le taux du change appliqué aux versements mensuels faits à la commission des banquiers, soit la moyenne des taux quotidiens, et non plus le lau<k du dernier jour du mois ainsi que cela avait été précédemment convenu. Il est presque certain que les puissances se rendront à ces désirs très légitimes de la Chine'.

Ainsi, la dette sans cesse croissante de la Chine, «s-à-vis de l'étranger, est, pour ce pays, une charge excessivement lourde. Cette dette étant payable en or, la Chine est forcée d'acheter de l'or avec de l'argent pour tenir ses engagements. Cette vente d'argent sur le marché des métaux précieux de Londres ne peut avoir pour effet que de déprécier l'argent. Cette situation semblerait rendue encore plus désavantageuse, par ce fait que nous avons déjà constaté, k savoir que la Chine, de pays exportateur, «st devenu pays importateur.

Les statistiques devraient donc signaler des sorties d'aigent. Les exportations et les importations nettes d'argent ont été tes suivantes ' :

Impnrtatlnna Exponal loni

tn HK uelB an HK ibsU

1 ÉoonomitU Européen, oniiùv 190!, f semestre, p. ib*, 317, 318, U6.

* Éeonomûte Européen, »nn*e 1904, 2" semsstre, p. 677.

' Impérial Maritime Cvstoma Heturru oflradeand Trade Report».

Ij:% '«oriÎM d*arçn)l que l'on c>n>UI« daiM )es trois denûères années ^«iiiblml JDStiÛer â première me l'opiDioa deceui qaî esHaieat qu^ la dett^ «xtérimrc d« la Chinr, jointe i ane balance défarorable. doit aroïr ponr conséqurnce de drainer l'arsr^rnl de ce pays. Mais si l'on e3uiiuoe sur quels pays se portent les exportations d'aj^ent. on s'aper^>ît qne c'est presque esrlastivement sor Honç-Kong^ qu'elles se font. Ces sorties d'arçent se foni en dollars, et servent à équilibrer la balance des éehangres entre Ilon^-Kone et la ChÎDe. C'est ainM qn'en 1902. par exemple, sar 13.8ii.65i UK taels. 11.86*).353 HK taels, représentent l'eavoi des dollars nécessaires ponr équilibrer les échanges entre l'Empire et Honç-Kone-. Les dollars ne sont pas énderomcnt expédiés de Hong-Kong à l'étranger. S l'on ne considère qu<? l'exportation den barres d'argent et des sycées pour la même année, on verra qu'elle s'élève à l.t>33.200 HK taels, somoi* telii^mcal faible qu'elle ne signiBe rien en face de l'angmentalion considérable des importatioDS.

Les exportations et les importations nettes d'or ont été les suivantes ' :

En 18ft9, c'est surtout vers le Japon que furent dirigées les exportations d'argent ; 2.6f8.1.')l taels seulement furent envoyés en Europe.

La Chine, dont la dette extérieure est très forte, et dont les importatioDH dépassent de beaucoup les exportations, devrait payer ce qu'elle doit, soit en argent, soit en marchandises ; or, nous avons vu que. d'une part, les sorties de métaux précieux étaient insignifiantes, et que, d'autre part, les exportations n'a<'cusaient pas d'augmentation. Comment expliquer cette anomalie? M. Morse, secrétaire au bureau de statistique de l'Inspection générale des douanes de Shanghai a fait une enquête,

> £a I9U3, les importilions et Im exporlatioas d'or m sont ^leTéea A enviroo 4 millions de HK (tels, s« balancaDl les uneii le* autres (Impcriat Maritinm Cutloim Ilelui-TU). .

dans le but de lechercber les causes de ce phénomène '. Cette enquête étudie la situation commerciale de la Chine dans ses échanges internationaux, s'applique à saisir toutes les opérations qui, dans les relations internationales, donnent lieu sauf pour la monnaie d'argent et les lingofs, à Tachât et à la vente de traites. M. Morse montre, par les chiffres qu'il donne, que l'actif et le passif se balancent k peu de chose près.

L'actif et le passif sont établis de la façon suivante :

AcU! '.

Valear A l'embarquement dea marchandiReH esportées des porte

k traité en 1903 237.205. 162

Valear du naméraire exporté dea ports A traité en 1903 33.046.522

Excédent dea exportationa par frontiërea terreetref 4.000.000

DépeDEea pour chemitiB de fer et minea 27.000.000

Dépenaea des consulat^ et ambaEsadea étrangers 5,000.000

Entretien des gamiBonH étrangérea 7.500.000

Entrelien des escadrea étrangères 15.000.000

Entretien des navires de commerce 2.000.000

Réparationa des navires de commerce 10.000.000

Dépenaea dea raiaaiona étrangéras, écolea 6.000.000

Dépenses dea voyageura étrangera en Chine 6,000.000

RemiaeB et apporta d«e é migrants chinois. 73.000.000

Total 424.751 .694

<! Europétn, 1905, i'^ semestre, p. 382. - Parmi les chiffres qui figurent à l'aolif, ceux qui ont trait a fron^ères terrestres, aux chemins de fer, aux réparations des navî étrangers, aux dépenses des voyageurs étrangers, sont très incertains. Remarquons que la rubrique qui concerne le développement des chemins de fer doit figurer acluellemeot à l'aclif de la Chine ; l'argent dépensé pour les voies ferrées est une dette future pour l'Empire. Le chiffre donné pour les " remises d'apports des émigranls chinois » est aussi très approximatif. Ce chiffre de 73.000.000 Honic- Kong taels est un chiffre minimum. 11 faut dire en outre que de celte somme, 10 millions sont compris d'autre part sous la mention - trésor importé ". Le commissaire d'Amcy estime que « les remises faites par les 2.500.000 hommes qui gagnent de l'argent à Manille, Java et dans les Détroits x s'élirenl à plus de 10 millions de dollars par an, et que l'argent rapporté par les 66.000 émigrauts revenus en 1903 se monte k plus de O.OOO.OOO de dollars. Us commissaires de Swatow, de Pakkoi et de Kiungtcheou notaient également les sommes importantes apportées par les émigrants dans ces contrées (E. Clavery, La Balanae du commerce extériew de la Chint en 1903, Monde économique do Ï9 octobre 1904).

CHKISTFAN PAULTRB.

Passif.

Valeur importée des ntarohandieei dea porto ft tr&îté Ml mo-

meUdu détnrqaemeiit en 1903 , 310 4&3.4SS

Valeur du Damerai» importé en 1903 dans les ports & traité . . 37.001.165

Principal et intérêts d'empmnta et indemnités 44.210 400

Uépeneeadee ambassade* chinoises à l'étranger 1.320.000

Dépenses des voyageurs chinoip et étudiants ft l'étranger. 3.000.000

Bénéfices nets des étrangem envojéa chez eu. 16.000.000

Prêts et primes nettes d'aesuraocas payés k des compagnies

étrangères 6.750.000

Unnitionsde ^erre / â. 000. 000

ToTAi, 423-734.9»

On voit (Jonc, d'après les chiffres donnés par l'enquête de M. Morse, que l'actif de la Chine est légèrement supérieur à sos passif; de telle sorte que la balance commerciale de l'Empire qui semble, lorsqu'on considère la dette extérieure de et pays et leE chiffres des importations et des exportations, être défavorable, est dans la réalité favorable. Il est bien évident que les estîtna- ■ tions sur lesquelles repose cette analyse de la situation commerciale de la Chine ne sont pas très scientifiques et n'approchent que très approximativement de la vérité; si incertaines qu'elles .soient elles permettent cependant de se rendre compte que la Chine n'est pas un pays débiteur.

Ainsi la Chine est dans une situation beaucoup plus favorable que l'examen de sou commerce extérieur el la con^atation de sa dette intérieure ne faisaient croire. Certes la dette de la Chine se trouve augmentée du fait de la baisse de l'argent et cette baisse peut encore s'accentuer par suite du paiement de l'indemnité; la Chine étant obligée de jeter sur le marché d'assez grandes quantités d'argent pour avoir de l'or. Il est bien évident aussi que la Chine a des tendances à devenir une nation débitrice ; l'augmentation sans cesse croissante de l'excès des importations constitue un danger assez grand.

Deux faits pourraieni contrebalancer ces effets fftcheux, c'est

' Les chiffres du passif sont su-'^si très approximatifs; les plus incertsias soal ceux donnés pour les bénéfices réalinés par les étrangers; il faut noter qu'ils oc comprennent paa les bén/^fices réalisés par les banques dont la siège social n'est paj

DiailizedbyGoOglc

LA QUESTION' MONÊTAIRi: EN CHINE. 747

^d'abord une hausse de l'argent résaltant de certaines cauiies particulières; cette hypothèse n'a rien d'invraisemblable puisque, à la fin de Tannée 1904. l'argent était coté à Londres 28 p. l'once et qu'en 1902 et 1903 il avait été coté beaucoup plus bas : 23 p- l'once. Un autre fait pourrait améliorer la situation de la Chine, ce serait l'augmentation considérable de ses eiportations et un arrêt de ses importations; ce phénomène pourrait se produire précisément par la baisse de plus en plus grande de l'argent procurant aux producteurs indigène» des bénéQces considérables qui tes inviteraient à développer leurs exportations; c'est là évidemment une hypothèse qui n'a rien d'invraisemblable, mais elle parait peu probable étant donnés l'étal de l'industrie chinoise et l'esprit essentiellement conservateur de« Chinoi*.. En résumé, la Chine est menacée de devenir une nation débitrice ot d'être écrasée par le poids de sa dette ex.léricure. La situation de l'Empire, lorsque sa balance commerciale lui sera réellement défavorable, sera très critique, étant donné son système monétaire. Pour éviter ces dangers futurs, le vrai rem.ède, qui n'est pas dans le domaine des hypothèses chimériques, consisterait dans l'adoption de l'étalon d'or qui rendrait la situation financière et commerciale de ce pays indépendante des llucluations du métal argent.

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