‹ Questions monétaires contemporainesChapitre 222 sur 238 · W" WÏ.Sttt · texte numérisé non relu

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(l)Avwll8M.«depiiKto loi duse Juin 1893. IdrégliLe monétal™ de nnd» «Oit un blméUlLIimelncomiilet ; (Hpoli la loi du IS lepCembre 1M9 Vlaie ■ Bdoplè l'ôtsj™ or.

Si Tt» compare les exportations aiL\ iniportations on voit que les premières oat, dans la période I896-I!>0â, augmenté de 89.788.606 yens et que les secondet» ont progressé ub peu rooijiB en accusant une augmentation de 82.517.4^ yens. L'accroissemenl des exportations s'est surtout fait sentit' dans le commerce du Japon avec tes États-Unis, puisque, pour ce pays, il se traduit par 51.191 .645 yens. La France, l'Italie, l'Angleterre, l'Inde et l'Allemagne viennent ensuite avec des cbiffies bien in-

CHRISTIAN PAULTRË.

férieurs. C'est l'Inde qui contribue pour la plus grosse part à l'augmentation des importations avec 47.376.772 yens.

Ainsi les exportations accusent une augmentation plus forte que les importations; la proportion serait encore plus en fareur des exportations si l'on retranchait les importations de l'Iode qui consistent presqu'exclusivcment en riz; l'importation de cette denrée qui, avant 1897, n'était qu'accident elle et n'était due qu'à de mauvaises récolles tend à devenir permanente, l'augmentation de la population au Japon fait que les ré;coltes moyennes de riz ne sufltsent plus à la consommation.

Les chiffres que nous venons de donner permettent de dire que le Japon n'a pas perdu la situation privilégiée qu'il avait avant la loi monétaire de 1897 et, ainsi que l'a dit M. Bourgmn, cette situation s'est trouvée « stabilisée à jamais par ta substitution, derrière te mot yen, de 0 gr. 75 d'or fin à H gr. 26 d'&^ gcnt fin » '.

Ce qui reste acquis au Japon, par suite de la réforme, c'est li stabilisation de son change qui ne pourra avoir pour effet que de faire progresser son commerce. Le change du yen sur Paris a été eu 1902 uniformément de 2,57; en 1903 il a varié de â,56 à 2,59 et la moyenne a été de 2,o6, Le change sur Londre;»! été en 1902desh. 2d.005àsh.2d.006; la moyenne étaitdesh.â d. 006; en 1903 il était desh. 2d. 003&sh. 2 d. 007, présentant comme moyenne sh, 2 d. 005'. Ces écarts sont, ou le voit, tr^ faibles, te yen ne peut varier qu'entre « les gold points ». Celte stabilité du change, remplaçant les oscillations perpétuelles qui le troublaient antérieurement à la réforme, a favorisé le commerce du Japon avec les Ktats-Uuis; c'est ce que constate le consul japonais à New- York répondant à la Chambre de commerce de Nagoga qui s'informait des effets du changement sur le commerce japonais avec New- York'.

La stabilisation du changea une autre conséquence heureuse pour le Japon : elle lui a assuré pour toujours les avantages qu'il retirait au moment de la loi de 1897 de la dépréciation de sa monnaie d'argent. Il ne faut pas oublier en effet que le ven

I U. BouFguin, L'étalon d'or aa Japon, Rtvue d'économie politiçut, (nnéBlS^' p. 836.

> Rapport conaulaîre rriotaia sur le commerce extérieur du Japon en 1903, ■ Annuat Report o{ Ikt Direetor ofthe Miat, année 1900, p. 101-402.

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n'a subi qu'une transformation matérielle, leyend'op de dgr. 75 vaut ce que valait le yen d'argent de 24 gr. 26. La supériorité que le Japon avait sur lo marché international grâce au bon marché de ses produits était redevable, en 1897, à la baisse de sa monnaie d'argent; en 1904, elle est due à la puissance de sa mon naie d'or, plus grande dans l'Empire qu'en Occident,

Avant la réforme monétaire, l'importateur européen payait une marchandise japonaise 1 yen de26gr. 26d'argenl fin qu'il s'était procuré avec 0 gr. 75 d'or fin, c'est-à-dire 2 fr. 58; après la réforme, il paie cette même marchandise 1 yen de 0 gr, 75 d'or fin. c'esl-à-dire 2 fr, 58, rien n'est donc changé, il n'y a qu'une simplification. La chute du yen d'argent de5 fr. 39 A 2 fr. 58 qui constituait avant la loi de 1897 un désavantage pour le producteur européen et un avantage pour le producteur indigène, continue k produire des efi'cts absolument identiques après la réforme, et le yen a dans l'intérieur du Japon, la même puissance d'échange en 1904 qu'en 1897. De même les marchandises indigènes protégées avant la réforme par les hauts prix en argent des produits européens, le sont actuellement par les hauts prix en or de ces mêmes produits.

La réforme a cependant opéré un changement dans ta situation commerciale du Japon avec les pays à étalon or : en efi'et. ce pays ne peut plus augmenter les avantages qu'il a retirés de la dépréciation du métal argent ; désormais l'argent peut baisser de valeur, il n'en tirera aucun profit; la réforme monétaire a fisé à jamais les bénéfices qu'il relirait de sa situation de pays à monnaie dépréciée".

b) Effets du changement d'étalon $ur le commerce avec Us paya à étalon argent.

Le commerce de la Chine avec le Japon offrait ceci de particulier, avant 1897, qu'il n'était nullement influencé par les oscillations de la valeur du métal argent. Les deux pays avaient tous les deux le même étalon et les marchandises échangées se payaient en argent, le plus souvent en monnaies de même espèce : yens d'argent ou dollars mexicains. Cette communauté d'étalon favorisait singulièrement le Japon sur le marché chî-

' Bourguin, L'étalon d'or au Japon, op. cit., p. 840

774 CHBISTIAN PADLTRB.

nois (lan»i sa coDcurreace avec les pays k étalon or qat reaeatatent tons les effets de la baisse de Targ-ent. C'est ainsi que, progressivement, les charbons japonais se sobstitoaient aoi charbons anglais et australiens, que les bières japonaises menaçaient de prendre la place des bières allemandes et anglaises, que les envois de colon, de parapluies et d'allumettes derenaient de plus en plas considérables; et l'on voyait les exportations du Japon en Chine passer de 13.823. 8Ï4 yens en 1896 à ât.3ffî.«fê yens en 1897.

Quel pouvait être l'efietdu passageà l'ét&loo or pat le Japon sor le commerce avec la Chine?

La conversion de l'étalon argent en étalon or s'étaot opérée sur le pieddu rapport de la valeur en 1897 de l'or et de l'argent, il était certain que le commerce japonais conserverait sur le marché chinois les avanta^s qu'il avait conquis sur le commerce européen et américain. Mais ces avantages ne pourraient plus croître ni diminuer du faitde la hausse oude la baisse de l'aVgenl. Le Japon, en stabilisant son change avec les pays à. étalon or, perdait la fixité de son change avec les pays à étalon argent; en d'autres termes, le Japon allait être livré, comme les autres pays à étalon or, à toutes les fluctuations du change de la moDnaic d'or avec la monnaie d'argent, avec nne dilTérence de degré toutefois : la hausse de l'argent lui procurera un bénéfice comme aux pays européens et américains, mais dans une pins grande mesure; la baisse de l'argent lui causera aussi unpréjodice, mais dans une moindre mesure.

Le tableau' suivant montre le commerce du Japon avec les pays à étalon argent :

' Cbiffres pri* damï Annuaire financier et reonomique, p. 69-71.

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