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Ces chiffres montrent que les exportateurs japonais n'ont nullement succombé sous le poids de la concurrence des exportateurs des pays & étalon or, et, cepeDdant, il y a eu une baisse se»sible du métal argent. Les importations chinoises que l'on aurait pu craindre de voir envahir le marché Japonais et concurrencer les produits indigènes sont restées stationnaires jusqu'en 1903. L'augmentation constatée en 1*^02 et 1903 tient aux importatioos <le riz rendnes nécessaires par les mauvaises récoltes au Japon.
Le commerce du Japon avec l'Indo-Chine n'a pas cessé de prospérer depuis 1896; mais, k l'inverse de ce qui s'est passé pour la Chine, ce sont les importations qui ont progressé dans une proportion bien supérieure au-v exportations ', Les importationsde Hong-Kong au Japon ont diminué, les exportations japonaises dans ce pays ont augmenté par rapporta 1896, mais les
) fUpporU de MM. Dcju aéM 1902 et 1903.
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«xlé rieur japonais, ■
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776 CURISriAX PACLTRE.
années 1902 et 1903 accnseol une dîmination 1res sensible sur la période 1898-1901.
Quelle est eiactement TînAnence de la baisse de l'aident sur le commerce japonais avec les pays à étalon argent? il est asset dif^cile de le dire. En effet, l'on constate bien dans les années 1902 et 1903 ane augmentation des importations chinoises et indo-chinoises au Japon, mais si l'on cherche sor quelles denrées cette augmentation se produit, on voit i)ne c'est sur le riz, les filés de coton et les engrais (oil cakes beares) ; or l'augmeotatioa causée par le riz n'est due qu'ans mauvaises récoltes faites an Japon; pour les filés de coton, il y a lien de remarquer que s ta Chine importe an Japon cette marchandise en quantité supérieure, le Japon exporte cette même marchandise dans une proportion considérable, qui représente même la plus-value des exportations japonaises en Chine ; quant à l'augmentation des encrais, elle est due k une meilleure culture des terres. Il semble bien que les chiffres on peu anormaux des importations chinoises et indo-chinoises en 1902 et 1903 ne tiennent que bien peu à la baisse de l'argent; en tout cas, la dépréciation du métal argent n'a aucune influence fâcheuse sur les exportations japonaises dans ces pays, puisque nous les voyons progresser sans cesse, et dans une proportion, en ce qui concerne la Chine lool au moins, beaucoup plus considérable que les importations. Les oscillations perpétuelles et considérables du métal blanc empêchent toute appréciation précise sur l'inHuence de la dépréciation sur le commerce du Japon avec la Chine; ce que l'on peut dire de plus juste, c'est qu'à certaines époques;de l'année, cette dépréciation atteint un chiffre assez bas pour influencer défavorablement ce commerce; mais cela dure fort peu de temps, l'argent remonte è des taux plus élevés et, en déGnitîve, la^ne qui en résulterait si les taux bas subsistaient pendant quetqae temps se fait peu ou pas sentir. Les oscUIatîons sont fort rudes; l'argent qui le 21 janvier 1903 était coté & Londres 21 p. S/t, monte à 28 p. o'16 le 21 octobre de la même année ; d'ailleursi l'année 1903 marque une appréciation de l'argent comparativement à l'année 1!M>2. de sorte que l'on a même pu dire que l'eitraordinaire développement des exportations japonaises enChine était dû à l'appréciation de l'argent '.Comme conclusion, il sem-
t Tht eommtree, 15 février 19W, p. 15.
LA QUEenoN UONËTAIRE AU JAPON- 777
btc qu'il y ait Heu de dire que tes oscillations de la valeur de l'argent, causant sans cesse une dépréciation et une appréciation de ce métal dans des temps très courts, font que le commerce japonais avec la Chine ne se trouve influencé ni favorablement, ni défavorablement, soit quant aux exportation», soit quant aux importations.
m. — EFFETS DD CBAKGEUENT d'ÉTALON SVR LES PRIX ET LES SALAIRES.
Quel pouvait être l'effet du cbangement d'étalon sur les prix et les salaires au Japon? Ainsi que nous l'avons vu, les pièces d'or ont remplacé rapidement les pièces d'argent, la monnaie divisionnaire d'argent s'est substituée aux billets convertibles en argent, le stock monétaire s'est trouvé augmenté et, d'après la tbéorie quantitative des prix, le prix des denrées et le taux des salaires devaient hausser. Si donc, nous constatons une hausse des salaires et des prix, devons-nous en conclure qu'elle est due au changement d'étalon? Cette conclusion nous semblerait peu exacte; le cbangement dans le niveau général des prix ne peut résulter de la substitution de l'or à l'argent. En effet, au yen d'argent qui valait au moment de la réforme 2fr. 58, alors que le cours de l'argent était de 29 p. 3/16 l'once, on a substitué le yen d'or d'un poids de 0,75 de lin et valant aussi 2 fr. 58. La réforme n'ayant pas changé l'unité monétaire, la puissance d'acquisition de la monnaie n'a pu varier. Les commerçants japonais n'ont aucun intérêt à modifier l'évaluation du prix de leurs marchandises, soit en plus, soit en moins; ils reçoivent en paiement des pièces d'or au lieu de pièces d'argent ; ces pièces étant de valeur égale, il n'y a que cbangement de métal, de couleur, de grandeur, mais deux pièces de 50 sens en argent valent toujours un yen. 11 n'y a qu'un point de changé : les prix ne sont plus attachés à l'argent; ils suivent l'or, de sorte que, si le rapport des deux métaux varie et devient défavorable à l'argent, ce n'est plus l'or qui semblera hausser par rapport & l'argent, mais l'argent qui semblera baisser de valeur par rapport à l'or et les autres marchandises'.
Si nous considérons tes statistiques', nous constatons que les
■ BoDrgaÏD, L'étalon d'or au Japon, Revue d'Économie politique, •nnA« 1897. * Anué« 1896, prix mojen : rit par koku. 9 ;en 160, orge par koku 3 j, 570,fro-
77tt CUKISTUN PAULTKE.
pris des principaux produits et les salaires ont augmenté mhistamment depuis la réforme sauf en 1899, où il y eut une baisse. D'après ce qui vient d'être dit, ou ne peut attribuer cette hausse a.u chaBgement d'étalon; elle a d'autres causes; parmi celles^ la principale semble être le développement considérable de l'îadustrie et l'épanouissement de toute la vie éconoroiqve, au lendemain de la guerre sino -japonaise. L'aisance qui en est résultée pour les classes moyennes et les basses classes, a fait coasidérablement hausser le prix de la vie; l'élévatiou des prix des denrées est due partout à une demande sans cesse grandissante de ces denrées.
Il nous reste à examiner quelle a pu être l'influence de la substitution de l'or à Tarant sur le prix des denrées dans les pays à étalon or. La question est beaucoup plus délicate. Il est vrai que la baisse de l'argent a une influence déprimante sur les prix des marchandises des pays à étalon or qui font du commerce avec les contrées k monnaie dépréciée, les commerçants importateurs devant baisser leur prix pour concurrencer utilement les commerçants indigènes. La suppression d'une monnaie dépréciée dans un pays comme le Japon, qui fait un commerce extrêmement important avec tous les pays à étalon orj devrait avoir ponr
mpntpapltoku 6 y. 110. Ibc par iOO kia, 33 y. 340, tabac par 100 kin, 18 y. 9», coton filé indigène 31 j. 190, soie grège par 100 kin, 633 jens.
En 1897 : riz H j. 810, orge i y. 880, froment 7 j. 890, th6 55 y. 510, tabac 17 y. 880, colon -31 y. 080, soie 682 yens.
Kn 1898 : rii 13 y. 110, orge 6 y. 040, froment 8 y. 310, thé 37 y. 310, tabac 30 j. 55% Ci.lonSl J. 140, soieTffi yena.
Enl899:m<Jy. 840, orge4y. 460 froment? y. 310, th« 34 y. 950, tabac 33 J. M, coton 28 y. 363, soie 950.
, En 1900 : rii 11 y. 320, orge 4 y. 740, froment 7 y. 760, thé 3G y. 360, Ubac 33y.310, coton 30y. 9:«, soie 837.
En 1901 : riz 11 y. 470, orge 4 y. 070, froment 6 y. 970, thé 38 y. «50, tabac 36 y. 800, coton 33 f. 550, soie 706.
En 1902 : riz 18 y. 076, nrge 4 y. 450, froment 7 y. 080, thé 42 y. 86», Ubac M y. 530. colon 35 j. 390, soie 783.
Lea salaires ea 1896 étaient (journée moyenns) pour le cbarpeatier 0 ^«n 3B0, plAtrier 0 y. 319, natii«r 0 ;. 333, menuiûer 0 y. 332, laquaui 0 y. 305, tisiaar Oy. 194, lisseuseOy. 132 journalier Oy.262. Les mêmes salaires sont, en 19(£, charpentier 0 y. 583, plâtrier 0 j. 593, nattier 0 j. 500, menuisier 0 y. 538, Uqueai Oy. 518, liiieur Oy. 3fô. tisseiue 0 y. 195, journalier 0 y. 390. Les gag«s annaels pour nn garçon cultivateur ijui étaient en 1896 de 25 y. %0 sont de 3t y. 750 e« 1902, ceux des Ailes pour le trayail des champs s'éltreot de 13 y. 150 à 15 y. 980 " noter et économique, année 1S04, p. 65).
résultat d'influencer favorablemeat les prix dans ces contrées. Mais tant de causes d^rminenl les prix qu'il est Impossible de fixer d'une façon exacte l'inflaenee de chacune d'elles. Les Index Numbers accusent une hausse des prix en Kurope dans ces dernières années, il serait bien téméraire d'a/firmer que ee résultat est dû. à l'adoption de l'étalon d'or par ie Japon.