I.A POLITiyUE MONËIAIRE DE l'aRGENTINË KT PU BRÉSIL
Art. 6. — La Banque Je la nation employera le fonds de conversion eiclusivement k la négociation de traites sur l'étranger. Le pouvoir exécutif prendra des dispositions spéciales pour ce service.
Art. 7. — Jusqu'à ce qu'ait paru le décret dont fait mention rarticte 2, Biant ta date el les modalités de la conversion du papier, la i< caisse de coaversioD » délivrera à quiconque en fera la demande des billets delà monnaie légale ea échange de monnaie d'or, dans la proportion ci-dessus indiquée, et délivrera l'or ainsi reçu à ceux qui le demanderont en échange de papiermonnaie au même taux. La caisse de conversion tiendra un compte spécial du papier ainsi émis et de l'or reçu en échange.
Art. 8. — L'or que la « caisse de conversion » reçoit au moyen de celle conversion de papier ne peut en aucune circonstance ou en vertu d'aucun ordre servira un autre usage qu'à celui de la conversion de billets au taux fixé, et ceci sous la responsabilité personnelle des membres de la caisse ou employés qui pourraient j consentir.
La. conséquence la plus importante que le Gouvernement el le peuple argentins attendaient de la loi de 1899, à savoir la statiilisation du change, s'est etTectivemeot produite. Elle déclarait que le peso-papier qui, originairement, valait S francs, s'échangerait désormais contre ii cenlavos-or et ne vaudrait donc plus que 2,20 francs. Depuis celle époque, la cote du change établit que ce peso vaut bien au dehors, 2,20 francs, ou ce qui revient au même que 100 francs d'or s'échangent contre 227,27 pesospapier. L'agio sur l'or s'est donc stabilisé à 127 0/0 et le Gouvernement argentin peut se féliciter de ce premier résultat. Nous verrons plus loin que tontes les conséquences de la nouvelle législation monétaire argentine n'ont pas été aussi heu-
Dès que, sous l'effet des mesures que noas venons d'exposer, la diminution de l'agio snr l'or commença à se manifester, la politique qni condoisail à ce résultat se heurta tant au Brésil qu'en A^entine à une violente opposition. Un conflitéclata dans les deux Républiques, analogue à celui auquel on a pu assister daai tous les pays qui ont été soumis pour quelque temps au
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régime du cours forcé et s'elTorcùrcat par la suite d'y mettre fio, entre les partisans et les adversaires de la prime sur l'or.
Lesexporlateurs, planteurs et éleveurs trouvent, en effet, leur avantage dans l 'accroissement continuel de l'agio sur l'or qui leur permet d'échanger le numéraire qu'ils reçoivent de l'étranger en paiement de leurs prodnîts contre une quantité toujours piusgrande du papier-monnaie i l'aide duquel ilss'acquittenlde leurs frais de production. C'est là ce quelesagrartens proleclioDnisles d'Europe ont toujours dénoncé comme étant la prime d'exportation dont bénéfîcient les pays à monnaie dépréciée et contre les effets de laquelle ils réclament l'élévation des barrières douanières. It est vrai de dire qu'en pareil cas les prix à l'intérieur du pays ainsi que les salaires subissent une certaine élévation mais qui ne saurait être exactement proportionnelle à la prime sur l'or et laisse toujours au producteur une marge de bénéfice considérable.
Or s'il est vrai que dans la période d'élévation du change la valeur des produitsde l'industrie ou de l'agriculture payables en or augmente, tandis que les frais de production payables en papier ne se modifient que dans une proportion bien moindre, le phénomène contraire se produit dès que le change s'abaisse et tend à se rapprocher du pair. La valeur en papier-monnaie des marchandises eiportéesdiminue, tandis que les frais de production restent sensiblement les mêmes.
C'est ce qui explique le trouble qui se produisitau Brésil lorsque, ainsi que dous l'avons dit plus haut, le change, dans Tespace de quatre mois, baissa de soixante-douze points. Celte baisse eut lieu précisément durant la période de l'année oii la partie la plus importante de la récolte venait s'offrir sur le marché afin d'être exportée. Le planteur ou l'éleveurqui avaient payé leurs frais de production à un change de 300 0/0 voyaient avec un change redescendu à 200 0/0 leurs gains sensiblement réduits; parfois même, ils se trouvaient en perte. Beaucoup de négociants souffraient aussi, quoique d'une façon plus passagère, de cette brusque amélioration du change. Ils avaient, en effet, payé leurs marchandises à l'aide de papier-monnaie valante pence par inilreis et, lorsqu'ils les revendaient, la même unité de valeur équivalait à 12 pence.
Enfin, l'amélioration du change favorisait l'importation, por-
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