LA POLITIQUE MONÉTAIRE DE L'ARGENTINE ET DU BRÉSIL
tant ainsi alteinte aux industries qui ne s'étaient élabliostians le pays qu'avec l'aide et à l'abri de la proleclion tjue leur assurait la dépréciation de la monnaie nationale. Un exemple précis nous montrera k quel point le relourd'une circulation monétaire normale facilitait l'importation ; durant le premier semestre de l'année 1901 lé Brésil importa pour 47.000.000 de livres sterling de marchandises; or, pour payer une telle somme, le commerce d'importation aurait dû débourser au change de 6 pence, 680.000 contos; en 1899, avec un change mojende'7 7/16 pence, sa dette eût été de 543.571 conlos; en 1900, le change montant h 9 11/32 pence, cette même dette se fût abaissée à 436.445, pour n'être plus en septembre 1901, le change s'étant élevé à it 3/8, 'que de388. 571 contos. Ainsi, de 1898 à 1901, le commerce d'importation, dans notre hypothèse, eût bénéficié, par suite de l'amélioration du change, d'une somme de 291.429 contos qu'il pouvait employer à l'achat de nouvelles marchandises étrangères. Aax intérêts des producteurs et des exportateurs s'opposaient donc tout naturellement ceux des importateurs, des capitalistes étrangers, des compagnies de. chemins de fer, de toutes les sociétés dont le capital avait été souscrit â l'étranger et dont, chaque année, on devait payer les intérêts en or. Toutes les mesures destinées à accroître la valeur de la monnaie nationale leur étaient favorables. Mais ils invoquaient à juste titre, outre les avantages particuliers qu'ils en reliraient, les intérêts du trésor dont Téquilibre et la bonne gestion importent tant à la prospérité d'un pays, et ceux des contribuables qui, dans les dernières années, avaient vu leurs charges notablement accrues.
En somme, nous le voyons, on peut aller jusqu'à dire que tous les avantages dont bénéficient les producteurs d'un pays à monnaie dépréciée durant la période de hausse du change sont compensés et annulés par les maux dont ils pâlissent durant la période de baisse qui précède le retour à la circulation normale. Des fortunes s'élèvent dans la première période ; on assiste à des ruines dans la seconde. Les facilités doot bénéficie l'exportation de certains produits ne tardent pas à provoquer la surproduction, et par suite, la baisse des prix; et, du jour où la valeur en papiermonnaie de ces produits n'est plus à l'intérieur artificiellement surélevée grflce à l'agio sur l'or, de véritables désastres se produisent.