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La |)roductioa du café au Brésil nous en oiTre un frappaol exemple. La baisse du change assurant dus profils considérables à l'expoplation de celle denrée, on se popla avec ardeur vers une culture à laquelle le sol el le climat brésiliens, surtout dans la province de San-Paolo, paraissent parliculièreinenl aptes. A mesure que, sous cette inlluence, s'accrurent la ciillure et l'exportation du café, on vit diminuer sur les marchés étrangers la valeur de cette denrée. Tant que te change se maintint élevé, les exportateurs qui vendent lears produits contre des traites sur l'étranger valant de l'or bénéficièrent de l'agio grâce auquel, pour une même quantité d'or, ils recevaient une quantité sans cesse croissante de papier-monnaie. Mais, à partir du jour où augmenta la valeur du milreis, les exportateurs virent aussitôt diminuer, parfois même, pour certains d'entre eux, disparaître totalement, les bénéfices qui résultaient de la prime sur l'or; et rien ne vint plus dès lors masquer cl atténuer les mouvements et les maux qui découlent de ta monoculture et de la surproduction.
Voici quelques chiffres qui feront mieux ressortir l'évolulioD qu'ont suivie les prix et la culture du café au Brésil, sous l'iofiuence des variations du chaoge. En 1889, quand le change était au pair le café était coté au Havre 109,23 francs et à Rio-de- Janeiro 4,130 milreis et la production brésilienne alteigoait i,7 millions de sacs. En 1890 la production brésilienne tombait à i,2 millions de sacs; les prix montaient en conséquence au Havre h 132 francs, ce qui à Rio-de-Janeiro, au pair, eût correspondu à 7.405 milreis, alors que, par rapport au change qui était de 25 pence, ils représentaient 8,200 milreis. En 1894, la production brésilienne étanl sensiblement la mèirie, 4,3 millions: les prix au Havre étaient descendus à 104 francs, ce qui avec uu change de 12 pence équivalait à Rio-de-Janeiro à 18.000 milreis. C'est alors que la production, stimulée par une telle situation, s'accrut démesurément et monta à 10,5 millions de sacs en 1896; mais, dès cette date, la surproduction faisait sentir ses effets ; quoique le change fût alors descendu à 8 pence, les pris au Havre ayantatteiot 40 francs, ceux de Rio-de-Janeiro n'étaient plus que de 10,100 milreis. En 1902, enfin, la production ayant atteint 15,9 millions de sacs (sur une production mondiale de 19 millions de sacs) et le change 12 pence, le producteur, quoique les prix au Havre fussent remontés à 45 francs, ne touchait plus que 5,447
LA POLITIQUE UO>ËTAIRE DE l'aRGENTI^E m* DU BRESIL. 819
milreis par sac. Le tableau suivant fera apparaître plus clairement l'ioâuence du change sur ta production et sur les prix'.
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