‹ Questions monétaires contemporainesChapitre 61 sur 238 · M IM · texte numérisé non relu

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Ainsi, ea huit ans, île 1894 & 1902 la production de l'or aux Étals-Unis a doublé. On ne peut pas atttendré pour l'avenir un pareil développement, à moins qu'on ne découvre des gisements nouveaux dont rien k l'heure actuelle ne permet de supposer l'existence. D'autre part, étant donnée la teneur génératemenl décroissante du minerai d'or en prorondeur, il est à prévoir que le rendement de certaines régions minières diminuera. D'aitleurs, on remarque déjà, dans quelques-unes, une tendance i l'état stationnaire. Il en est ainsi tout particulièrement pour la Californie dont les placera, qui constituent sa principale ressource, sont certainement beaucoup moins riches qu'autrefois. Toutefois, nulle part, même en Californie, les gisements ne sont épuisés; la matière première demeure très abondante et, comme l'évolution de l'industrie n'est pas achevée, les bonnes méthodes, en se généralisant, pourront compenser la richesse décroissante du minerai*. Dans ces conditions, on peut admettre que pen-

' D'après V Engineering and Mining JoiA^alde Naw-York, la prodootion a*U pour 1903 de 77.400.003 dollars et de S5.221.300 pour 1904.

I Bo Calirornie, bous rinfluence de 1» richesse décroisiaote du roiaerai, les mé- Ibodes d'eiploitation se saal sensiblemeut améliorées depuis deui ans.

„Googlc

LA PRODUCTION DE l'oR. 201

daot de longues années eacor«>, la production de l'or aux États- Unis croîtra légèrement ou du moins se maintieDdra au niveau actuel.

Pour des raisons de voisinage, la production de l'or au Canada présente, aussi bien au point de vue de la nature des gisements que du milieu économique e( social dans lequel s'opère leur exploitation et des formes revêtues par l'industrie aurifère, ta plus grande analogie avec celle des États-Unis. Commencée dès 1823 dans ta province de Québec, la production aurifère s'est étendue successivement,^ partir de 1858, k la Nouvelle-Ecosse, à ta province d'Ontario, à la Colombie britannique, enfin en 1888, au territoire du Yukon où, à partir de 189S et principalement de 1899, elle a pris une importance considérable. Le plus grand nombre des exploitations ont pour objet l'or de placer ; les gisements rappellent ceux de la Californie et surtout ceux de l'Alaska, dont plusieurs d'ailleurs se trouvent également dans le bassin du Yukon et ne sont séparés de ceux du Canada que par le méridien du lit" de longitude ouest. Quant à l'or de âlon qu'on exploite principalement dans la Nouvelle-Ecosse, il représente à peine 20 0/0 de la production totale. Celle-ci eet très iné- . gaiement répartie entre les différentes provinces que nous venons de citer, ainsi qu'on pourra s'en rendre compte par ta statistique suivante qui exprime en dollars les résultats obtenus dans chacune d'elles pendant l'année 1902'.

Nonvelle-ÉcoBse 546.963

• Qnébec 3.000

Ontario 229.828

SaBkatchewiiD riyer 18.000

YnkoB district 14.600.000

Colomtne britannique 5.961.409

L'évolution de l'industrie aurifère canadienne s'est opérée par l'effet des mêmes causes et dans les mêmes formes que nous

' Anunnj, Ion. cit., 1901, p. 355.

avons déjà analysées aux Étals-Unis. Très leale dans la Colombie brilaaDÏque, où elle oe s'est ararmée netlenieiit qu'en 1893 à la suiled'une longue crise due à la productivité décroissantedu minerai et aux difficultés croissantes d'exploitation, paralysée aussi pendant quelques annéesen Nouvel le- Ecosse par la structure spéciale des filons qui ne fut connue, ainsi que nous l'avons vu déjà, qu au pris des plus grands efforts', l'évolution de l'industrie aurïTère s'est opérée au contraire dans le territoire de Yukon, grâce à la richesse et à la concentration du minerai, avec une énergie intense qui lui a permis de réagir Tortemenl sur le milieu et del'adapter aux besoins de l'industrie. Un • rush » de chercheurs d'ors'est produit sur les bords du KIondyke, afQui^nl du Yukon, en 1898 et a déterminé la fondation de Dawson Cit; qui, en 1900 comptait déjà 35.000 habitants. Des voies de communication ont été créées, et un chemin de fer construit pour franchir la >< White Pass ». Les ptacers, qui, prioiitivement, avaient été exploités à l'aide des moyens les plus rudimentaires permettant à peine d'extraire 1/3 de l'or contenu dans le minerai, sont concédés à de grandes compagnies qui occupent aujourd'hui environ 20.000 ouvriers américains ou anglais; quelques-unes mettent en pratique la méthode hydraulique, et toutes se servent du gmnd sluice californien. La plus puissante d'entre elles, « the KIondyke Consols », a un capital de 250.000 livres. Mais, pas plus qu'aux États-Unis, l'évolution de l'industrie aurifère au Canada n'est généralisée ; la moyenne industrie est représentée, spécialement dans la Colombie britannique, la Nouvclle-Écosse et la province d'Ontario par des compagnies qui n'ont pas plus de 20 ou 30 pilons ei la petite par un grand nombre de mines de peu d'importance qui appartiennent à des particuliers*. Dans les unes et dans les autres, les méthodes laissent beaucoup à désirer.

Bien qu'incomplète, révolution de l'industrie aurifère canadienne a cependant été féconde, surtout dans le territoire du Yukon, et elle a déterminé une progression rapide de la statistique ainsi que le montrent les chiffres suivants' :

< La découTertedes filons superpoïAsesldue iuag^loguicBDsdienU.FaribinlI. ï Curie, loe. ait., p. 2Î9 et lui», 11 y a dan» la proiinca d'Onlario, 85 petites compagnies. 30 ou 40 dans la Nouvelle-ÉcoaM. ' Arnauaé, loc. ait., 1904, p. 3^.

l PRODUCTION DE l'oR.

ANNÉB8,

OKCBS FINS.

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