I.A PRODUCTION I
productives du moude' : ces 18 mines produisaient mensuelle* meot du métal précieux pour une valeur variant, de la plus importante à la plus faible, entre 1.966.000 francs et 761. 000 francs. Bofio, et c'est ici la dernière étape de l'évolution qui n'a encore éléalteintequ'auTransvaal, les sociétés minièresdu Rand, depuis quelques années, non seulement s'entendent entre elles, ainsi que nous l'avons vu déjà, pour exécuter des travaux en commun, maiselles se groupent sous la direction d'associations finaacicres qui présenleni plus ou moins nettement les caractères du trust etquî, en centralisant les actions, ont ta haute main sur la produc* lioo comme sur la spéculation. Huit de ces groupes dominent tout le marché du Rand. Le groupe Wernher Beil et C" ou de la Rand mine, comprend dix mines productives et en « contrôle » c'est-à-dire en gouverne plus ou moins onze autres, plus UD nombre égal qui ne sont pas productives. Le groupe de la GoldHelds où s'affirme plus nettement que dans tout autre le caractère du trust, comprend quinze mines et élend son action Jusqu'en Rhodésie et dans r.\frique occidentale*. Au faite et comme couronnement de l'édiSce Soaacier, nous trouvons la chambre des mines, nouvel organe de centralisalion, qui non seulement discute les intérêts communs, les défend et se comporte comme l'organe politique de cette puissance financière, mais règle certaines questions de production, par exemple fixe le faux des salaires ou du moins leur maximum, et joue ainsi en quelque manière le rôle d'un cartell de trusts*. Si nous ajoutons que la petite industrie aurifère n'existe pas dans te Raod,que la moyeone'n'y a qu'une médiocre importance et qu'elle est le plus souvent englobée dans les groupements ci-dessus mention oés, on verra que celte région minière est par excellence
■ Celle liste a âté dressée par M. Curie, loe. cit., p. 37!, Voici par ordre d'importance décroiaaanto lei 6 miaes du Hsud U9 plus producUies ; Simmer and Jack, — RobinïOH, — Rose Deep, — OeldenhuU Deep, — Crown Reef, — Otj and Suburlun. — ObserToni que les miaes tes plus prodoctÏTes ne «ont pat nAcetsairameilt les mieux administré en ni celles qui offrent le plus de sécurité.
* Il esl constitué en société p«r actions. Michaull, loo. cil., p. 122. — Rtoue ntd-africaint, fl octobre lUOl. — Parmi le» autres groupe*, on peut citer, le groupe Farrar, le groupe Neumann, la groupe AIbu, le groupe Goan, sic, ibid.
1 La chambre des mines joue le rôle de cartell dans les mesures ou les condiliaas de sa production l'aiigent ; elle n'a pas à régler la production ni les prii, paisque l'indiltlrie aurirère jouit d'un débouché illimito a un prix constant.
le pays d'éleclioa de la grande ioduetrie aurifère concentrée et qu'elle seule nous en offre le type pleioement achevé et généralisé,
Ce phénomène unique est dû à un concours exceptionnel de circonstances les unes défavorables à la production, et les autres favorahles, qui toutes, par les difâcuUés qu'elles ont suscitées h l'industrie aurifère aussi bien que parles facilités qu'elles lui ont procurées, ont contribué à la pousser énergiquement dans la voie de la concentration. La première de ces causes est la teneur remarquablement faible du minerai. Alors que dans beaucoup de mines des États-Unis, d'Australie, des Indes, du Mexique etc., le rendement en or dépasse 100 sh. par tonne et atteint parfois comme dans la mine de Portland (États-Unis) 200 sh., alors que le rendement moyen de l'AusIralie de l'Ouest oscille aux environs de 80 sh., celui du Rand ne dépasse guère 43 sh. De là, la nécessité de réduire au minimum les frais de production en perfectionnant les méthodes d'extraction et de traitement et en concentrant les entreprises. Cette nécessité a ét^ d'autant plus vivement sentie, que l'industrie aurifère du Rand a été, jusqu'au milieu de l'année 1904, aux prises avec les plus graves difficultés pour le recrutement des travailleurs, la main-d'œuvre noire élanl insuffisanle et la main-d'œuvre blanche, 'en raison du haut prix de la vie, beaucoup trop coûteuse; aussi les propriétaires de mines se sont-ils ingéniés, dès le début, à l'économiser en remplaçant le plus possible les hommes par les machines, c'est-àdire en appliquant les méthodes de la grande industrie. Mais en même lempsque la pauvretédu minerai et la rareté de la maind'œuvre rendaieni nécessaire l'extension et la concentration des entreprises, d'autres causes, à la différence de ce que nous avons constaté dans certains centres miniers, en Sibérie par exemple, les rendaient possibles et contribuaient même à les faciliter. Sans parler de la date récente de la mise en exploitation du Rand qui a permis aux directeurs de mines de profiter de l'expérience acquise dans d'autres régions, nous signalerons principalement parmi ces causes, l'abondance du minerai, la longueur et surtout la régularité tout à fait exceplionnelle des Qlons. Le minerai, habituellement appelé conglomérat, parce qu'il est formé de galets agglutinés par un ciment siliceux, est disposé en une série de
couches superposées ou « reers » séparées les uues des autres par dos couches stériles, et déposées dans uae sorte de cuvette elliptique, dont elles soiveol les coDtouPS. Chacune de ces couches, porte un nom spécial (main reef, main reefleader, South reef, etc.); elle a des caractères dislinctifs et constants et une tenitur dont les variations, comparées à celles que nous avons constatées dans la teneur des autres minerais, sont de très faible importance; la décroissance, notamment en profondeur, y est très peu marquée, elle se manifeste principalement par la teneur inégale des différentes couches, dont on n'exploite aujourd'hui que les pi us riches. Une société minière, abstraction faite de certains risques qui sont inséparables de l'industrie aurifère, est donc en état d'évaluer, avec une précision qu'on n'atteint jamais dans les autres régions productrices, la valeur du minerai dont elle dispose et l'importance du capital qu'elle peut amortir en l'exploitant; or l'évaluation de la valeurdu Rand tout entier, faite pardesingénieurs expérimentés, a été d'abord^ de l.H milliards, puis de 22; actuellement elle est de quarante et, sans se faire d'illusions sur son exactitude très approximative, on est en général d'accord pour reconnaître que ce deroier chiffre se rapproche assez près de la vérité'. On comprend que, se trouvanten présence de ces immenses richesses, si régulièrement distribuées, eu égard aux risques qui accompagnent habituellemeat la production de l'or, les directeurs de mine n'aient pas hésité à donner à leur outillage toute l'importance nécessaire pour réduire les frais d'exploitation et grossir leurs bénéfices.
Le résultat de cette organisation puissante a été l'une des.plus remarquables progressions de la production dont l'histoire nous ait donné l'exemple, ainsi qu'on en peut juger par la statistique suivante* :
■ ToDiaroU, l'^Talualion de 22 milliards qui s'applique (di couches reconnues seulement est beaucoup plus sûre. Cf. Thérj, Condilioni de l'exploitalion minière au Traniimal, loe. cit., p. 41.
) Cette slalUfique eroprualée i M. Arnauné {loe. cit., 1904, p 352) est identique à celle de la cbambre des mines. La production y est donnée jusqu'en 190) en or brut Tslanl de 2.920 à i.<)30 francs le kilogramme. Depuis cette époque elle esteiprimèe en or fin.
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ANNÉES
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