C.-S. — L. BBOcjno
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SIO LVCIEN BROCARD.
1898. Un jour viendra où les mines, ne soufTrant plus des inconvénients de la guerre, continueront à bénéficier de sesavantages. Le seul point noir k l'horizon, que la guerre avait d'ailleurs contribué à rendre plus menaçant, était donc la difficulté de recruter la main-d'œuvre. Gomment les mines ont-elles écarté cette difficulté? telle est la question qui, en raison de son importance, mérite un examen particulier.
Cette question, nous le savons, se posait depuis longtemps, on peut même dire depuis l'origine de l'exploitation. Les mines avaient à choisir entre des ouvriers blancs, qui, en raison du haut prix de la vie, trois ou quatre fois plus coûteuse que dans la plupart des autres centres miniers*, exigent un salaire mensuel variant entre 17 livres el 29 livres' et des ouvriers noirs de racecafre qui, ayant peu de besoins, se contentent, quand ils vivent dans les logements primitifs ou compounds fournis par les compagnies, de SO à 60 shellings par mois. En fait on a toujours employé concurremment des blancs et des noirs, les premiers pour les travaux les plus difficiles, les seconds pour ceux qui n'exigent que de la force physique; la proportion était de un blanc contre sept noirs. Mais ni les uns ni les autres ue pouvaient donner satisfaction aux compagnies, les blancs parce qu'en raison des dépenses considérables qu'entraîne leur emploi, on est forcé de le restreindre le plus possible, les noirs parce qu'ils vicnneat en trop petit nombre et ont une tendance à repartir dès qu'ils ont gagné le petit pécule, qui, en leur permettant d'acheter une vache, deux ou trois femmes et des armes de chasse, leur fournil te moyen de vivre dans l'indépendance el l'oisiveté. — A la veille de la guerre, en juin 1899, les mines du Transvaal' occupaient 97. SOU noirs; pendant la guerre ils se dispersèrent et en janvier 1904, 68.700 seulement étaient revenus *. Or la chambre des mines estime qu'on aurait besoin immédiatement d'environ 130.000 travailleurs et de 196.000 dans cinq ans. Faute de ce contingent les mines ne peuvent pas développer leur production :
■ Le pain coûte ciaq lois plus cher à Jahanneaburf; qu't Londres, U9 pommes de terre ijusiro foU plus, les loji'rs huit fois plus. Reoue lud-afrieaine, joiJIel 1903.
» Mich«ut,p. 68. Revue tad-africaim, 8 mare 1S03.
> Nous parlons ici du Rend et des autres disiricts.
• Nous empruDtODs ces chiffres et ceui qui suivent aui nombreui triTiui «nneiés au rapport de la commission de ta main-d'œuvr» el aux rapports de la chambre des mines. Cf. Michsul, p. <i6, qui reproduit une partie de ces chiffres.
certaines soat obligées de réduire leurs broyages, de faire le triage du minerai trop rapidement*, d'employer d'une façon inopportune des perforatrices à air comprimé, qui augmentent dans le minerai la proportion du stérile et rendent les broyages plus coûteux, etc., en un mot, par l'effet de la rareté delà maind'œuvre, la production devient tout à la fois plus lente et moins économique.
Tel est l'état de fait qui a donné naissance à une campagne passionnée en faveur de l'introduction delà main-d'œuvre asiatique. Cette campagne organisée en 1903 par sir Georges Farrar, président de la Bandmine souleva d'abord les protestations les plus violentes en Angleterre, oîi on redoutait pour les immigraots de race anglaise la concurrence des Chinois, et au Transvaal, où on craignait en outre plus particulièrement de voir les Asiatiques s'infiltrer dans le petit commerce, les professions exigeant peu de capitaux et s'établir définitivement dans le pays; on invoquait d'ailleurs de part et d'autre contre les Chinois, les arguments habituels. Mais la campagne fut menée avec tant d'énergie, on exploita si bien la lenteur avec laquelle les mines reprenaient leur travail, on invoqua avec tant d'habileté les avantages que les travailleurs blancs et la colonie tout entière trouveraient dans le développement de la production stimulée parl'emploi des Asiatiques, on présenta un projet de réglementation qui opposait à l'infiltration chinoise dans la colonie des barrières si fortes, que, peu à peu, les résistances tombèrent les unes après les autres. Une commission spéciale nommée à cet effet* en juillet 1903, une conférence iatercoloniale réunie & Blœmfontein vers la même époque, enfin le conseil législatif du Transvaal, malgré l'opposition très vive d'une minorité d'adversaires, se rallièrent à l'idée de l'importation delà main-d'œuvre asiatique. En Angleterre, la polémique de la presse contre les travailleurs chinois, particulièrement celle du Timei^ perdit peu à peu sa virulence et fit place à l'approbation; M. Chamberlain, qui, au moment de son départ pour le Transvaal, était l'adversaire irréductible des travailleurs de race jaune, en revint converti; enfin le parlement anglais, malgré une opposition assez forte
> Cr. Trantcaal Labour Commission. Rapport de la majoril^, p. 5-tO et passïm. * Tran*eaal labour Commission dont noos citons frâquemment Us traraïu.
313 i.uc
dirigée parSirCanipbelIBannermaDn.doDDa raison à M. Chamberlain '. Le décret qui aulorisail l'importation des ouvriers asiatiques fut signé le 2Û mai ISOi. Il était accompagné d'une réglemealation très rigoureuse qui, en interdisant aui Chinois de travail 1er en dehors des mines, en imposante ceux qui les importent l'obligation de les rapatrier à leurs frais, en sanctionnant ces deux dispositions de façon à assurer leur exécution, parait constituer une garantie suffisante contre le danger d'infiltration. Ce décret a été immédiatement mis en application et les Chinois sont venus nombreux : on en comptait 1 .384 en juillet, 4.937 en août, S.OSy en septembre; ils 8onlacluellenienl*,au nombre de 36.391 et paraissent donner toute satisfaction k leurs employeurs*.
Ouand on se place au point de vue de la justice et des intérêts généraux de la colonie, on ne saurait approuver pleinement ni l'altitude des compagnies vis-à-vis de leurs ouvriers, ni l'importation de la main-d'œuvre chinoise qui en a été la conséquence. Si la main-d'œuvre noire a fait défaut aux mines du Rand, ce n'est pas, en eO'et, que les travailleurs noirs soient trop peu nombreux dans l'.Afrique du Sud; il y en a plus de 800.000, dont deux ou (rois cent mille en état de travailler, dans la région où l'on peut, sans obstacle ni opposition d'aucune sorte, les recruter pour les mines ' ; et si, parmi eux, un aussi petit nombre se sont laissés attirer par elles, cela lient non seulement à leur humeur paresseuse et vagabonde, mais encore aux salaires qu'on leur a donnés et au régime auquel on les a soumis. Les statistiques publiées par la commission de la main-d'œuvre sont, au point de vue des salaires, tout à fait significatives. Il en résuile que par deux fois, en 1890, puis en 1897, les mines en réduisant les salaires d'environ 1/3', ont compromis gravement le recrutement des noirs qui se présentaient en foule; et si, après la guerre, ceuxci sont revenus aussi lenlemcnt, c'est non seulement parce qu'ils avaient emporté le souvenir des bas salaires auxquels on les avait réduilsavantteurdépart, mais parce que les compagnies, gênées
« Le 17 février 1904.
» En mai liKJi.
' Cf. Éeonomistf européen, juillel, a ' Dans le seul Transraal, il y on a b( p. 12.
' Pnr la llialion (
DigilizedbyGoOgle
par l'élévalioD de leurs frais généraux et tofluencées déjà par l'idée d'avoir des travailleurs asiatiques, ont ofTert à ces noirs, non pas comme on l'a trop écrit, les salaires de 1890 et de 4897, c'est-à-dire 60 ou 63 sb., mais un salaire très faible de 33 sh. relevé ensuite à 54 seulement ' et qui fut combiné avec un nouveau système de travail aux pièces, tendant évidemment à exiger d'eux un effort plus intense pour une rémuoération réduite. El cependant^ ils cootiauaient à revenir de mois en mois^. Il est donc certain que si l'on eût donné depuis 4867 aux travailleurs Doirs de l'Afrique du Sud des salaires suffisants', au lieu de diminuer sjstémaliquemenl le prix de leur travail, toutes les fois qu'ils arrivaient dans les mines en plus grand nombre; si on leur eût assuré, dans les compounds où ils étaient parques comme un bétail humain, un peu plus de bieo-élre, si on leur eût permis d'avoir avec eux leurs femmes et leurs enfants, si on les eût protégés à l'arrivée et au départ contre les mauvais traitements et les spoliations, ils auraient afdué dans les mines comme ils affluent aujourd'hui sur les chantiers de l'État à Johannesburg et il n'eût pas été nécessaire d'importer des travailleurs asiatiques. Nous dirons même avec la minorité de la commission de la main-d'œuvre, avec Lord Harris président de la u Consolidated Goldfields* » et beaucoup d'autres autorités compétentes, que, malgré les fautes commises, on pouvait encore se dispenser de recourir à cette extrémité et attirer les noirs en améliorant leur situation'. Les noirs eussent été ainsi gagnés peu à peu à la civilisation comme ils le sont aux États-Unis et même au Transvaal déjà*. Au lieu de retomber dans l'oisiveté et
' Cf. Tranivaal Labour Coinmisaion, tablesa des salairoa. Il jr a eu confusion sur ce point, parce que la cbambce des nûaea aprËs la guerre est reTeaue au moa-tmvm théorigue de 1896, c'est-à-dire 63 shcllinga. Mais ce maiîmam pratiquement D'à pas <St6 atteial.
* 64.000 eu juia 1903, 68.000 en dtcenibre. 69.000 en f«Ttier 190i. Michaut, p. 66.
* On * dit qu'en donnant aux noirs des salaires plus éleréa, on s'exposait à les faire partir plus tût, cela n'est que partielleuient irai; il a été reconnu deranl la commission que les noirs <■ ne râsistent pas aux hauts salaires h. Cf.' p. 35.
* Discours i l'assemblée du Sauih Africa gaXd irtut.
s 11 faut reconnaître qu'au point de vue sanitaire et hygiénique des réformes sérieuseï, qnoiqa'encore ininnsantes, ont été faites dans ces derniérei années.
* Ced a été reconnu par le rapport de la majorité de la commission de la maiad'cBuire qui a cepandanl demandé l'importation des traiailleurs asiatique!. Cf. lao. «il., p. ».
214 LL'CISN BROCARD.
la Bauvagerie, de recoin mencer à exploiter leurs Temmes comme des bêles de somme, ils auraieat été des agents de progrès ; ils seraient devenus ua élément de la aatioa ', et ainsi les richesses de l'Afriquedu Sud auraient contribué plus directement au dévcloppemeat des forces vives du pays. Les actionnaires des mines et surtout les spéculateurs, se seraient peut-être enrichis moins rapidement, mais ta production de l'or n'en eût été qu'un peu ralentie. Quant à la crainte, si habilement exploitée que l'industrie aurifère ne fût définitivement compromise par l'insuflisaDce de travailleurs qui ne demandaient qu'à venir plus nombreux, pourvu qu'on améliorât leur sort, elle doit être considérée par toute personne qui connaît l'industrie aurifère en général et celle du Transvaal en particulier comme absolument chimérique'. Nous ne nous étonnons pas, d'ailleurs, que les compagnies minières aient fait campagne en faveur de la main-d'oeuvre asiatique. Constituées en vue do réaliser des bénélices, elles ont obéi à ta loi de leur nature ; mais ce que nous trouvons fâcheui, c'est que le Gouvernemeol anglais se soit laissé dominer par des intérêts particuliers en opposition avec ceux de sa colonie. Il a perdu là une belle occasion de montrer, qu'en anéantissant une nation animée d'une si puissante et si admirable volonté de vivre, il était poussé, non seulement, comme on le lui a reproché,par un brutal instinct de conquête, par le vulgaire désir de mettre la main sur des mines d'or et de diamant, mais aussi par la pensée de travailler, comme il l'a dit et comme il l'a cru sans doute, au progrès de la civilisation. On ne peut que regretter qu'il ait, en celte circonstance, nous ne dirons pas méconuu, mais compris autrement le devoir qui lui incombait.
Toutefois,sitellees(notreconclusionquand nous nous plaçonsau point de vue des intérêts généraux de l'Afrique du Sud, on comprend qu'ellesoit tout autre quand nous nous plaçons, comme nous devons le faire dans cette étude, au point de vue de l'avenir de la
■ Nous a'ignoroos pas la difBculU, si Tiiemenl sentie aujoard'bui aux Étals-Dais de faire vlire les DOirs avec les blancs; mis b moins de suppprimer les noirs, il faut bien eassjer de les assimiler. Entre ces deux solutions il n'y a rien, car les liTrer k eux-m#nies n'est qu'une manière indirecte do les supprimer comme Ira Indiens eu Amérique, Cf. Pierre Leruy-Boaulieu, Les Ètau-Unù au .in* tiicU.
• Nous savons d'ailleurs que la production de 1904 est remontée au niveau de celle de 1S9H avant que la mai n-d 'oeuvre asiatique ait pu exercer sou influence.
DigilizedbyGoOgle
production de l'or. Saos doute on a beaucoup exagéré quand on a répété partout que l'étévatioD des frais de production de l'or , constatée après la guerre avait pour cause unique l'insuffisance de la main-d'œuvre ; sans doute aussi la production de l'or n'était pas en péril et aurait pu se développer sans le secours de la main-d'œuvre asiatique*, mais il n'est pas douteux que la possibilité d'avoir, dans les miaesduRand, en proportion des besoins et pour un salaire mensuel de 40 ou 43 shelUngs, des travailleurs plus actifs et plus assidus que les noirs, à qui il eût fallu donner 60 ou 65 shellings, constitue pour l'industrie aurifère de cette région un puissant élément de prospérité et va contribuer certainement dans une large mesure à hâter la production du métal précieux. Ainsi ont été éliminés, les uns après les autres, parfois avec une brutalité tout à fait regrettable, les obstacles qui entravaient la production de l'or au Transvaal. Il n'est pas douteux qu'elle ne se développe dans l'avenir avec une grande rapidité.
Les cinq régions productrices d'or que nous venons de passer en revue laissent toutes les autres bien loin derrière elles, au point de vue de la production actuelle tout au moins. Mais si on les compare entre elles, on se rend compte que la classification a été jusqu'à ces dernières années indécise et changeante. En 1895, elle donnait pour la production annuelle les résultats suivants :
États-Unis 233.050.000 francs.
Australie 207.926.461 ~
Transvaal 203.697.100 —
Russie i49.7S7.362 —
Canada iO.418.370 —
I 11 snfSl, pour s'en rendre comple, de lire ce qu'écrÏTaient les propagandistes de la maio-d'œuvre asiatique, investis de la délicate mission d'émouroir l'opimon sans l'effrajer, qoand ils Toula^ent atténuer par des considérations rassurantes l'effet de leurs sombres pronostics et démontrer que les mines d'or de l'Afrique, tont en tétant menacées des plus graves dangers, jouisiaient cependant d'une parfaite sécurité.
tl6 LUCIEN BROCARD.
Trois anaées plus lard, eD 1898, la classi6calion était ainsi tnodifîéfl :
Transvaal 404.000.000 francs.
Élals-Uois 340.000.000 —
Australie 322.000.000 —
Russie 128.000.000 —
Canada. . . : 71.000.000 —
Enfin en 1903, le classement esl encore différent :
Australie 458.000.000 TraDCS.
Étals-Unis 387.000.000 —
Transvaal 320.000 000 —
Russie 125.000.000 —
Canada' 101,000.000 —
il semble cependant que le classement, jusqu'ici si variable, tende aujourd'hui à se lïxer et pour longtemps, semble-t-il.dans un ordre qu'il est assez facile de prévoir. Le Canada, qui a toujours été au dernier rang,doil nécessairement y rester, puisque sa production, faute de matière première, tend àdécrottre. La production de l'Empire russe, malgré la richesse des gisements, esttrop entravée par des obstacles d'ordre économique et social pour qu'elle puisse de sitôt l'emporter sur celle des trois régions minières qui la précèdent; quant aux Élats-Unis, s'ils sonlen 1903 au second raog et non au troisième c'est pour une cause accidentelle : la guerre Sud-Africaine; le chiffre de production qui leur assure celte place esl inférieur à celui de la production du Transvaal en 1898, et comme il ne peut s'accroître que lentement, les Élals-Unis doivent fatalement être distancés à brève échéance et déSnilivement par te Transvaal et l'Australie, dontles espérances d'avenir sont beaucoup plus brillantes. Reste à savoir lequel de ces deux pays occupera le premier rang dans l'avenir. Sur ce point il est impossible de se prononcer car, si nous sommes à peu près fixés sur l'élendue des ressources du Transvaal, nous le sommes beaucoup moins sur celles de l'Australie de i'Ouesl.
' La itfttisUque fraoçiiss de M. Arnauné ne doonant pas pour 1903 la prodneti«n de loua c«s pays, nous avons drassi ces tableaux k l'aide de donoAes empnia- Ues par M. Uichaut A V Engineering and Mining Journal, too. oit., p. 153.
„Googlc
LA PRODUCTION DE l.'yR. 217
Tout ce que dou3 pouvons dire c'est qu'elles sont immenses. En toul caSf ce qu'on peut arfirmer, c'est qu'au point de vue de la sécurité et de la régularité de la production, le Transvaal est incoDteslablemeat au premier ran<ir el que, pour la ricliesse des gisements s'il n'occupe pas la première place, il ne descend certainement pas au-dessous de la seconde.
A côté de ces centres de production principaux, il en eiisle d'autres qui ne sont négligeables ni au point de vue des résultats d'ensemble, qu'ils donnent actuellement, ni au point de vue des espéi^nces d'avenir qu'ils permettent de concevoir. Parmi eux il faut placer au premier rang le Mexique. Il possède deux champs d'or importants, celui d'EI-Oro, avec la mine du même nom qui figure parmi les grandes mines du monde, et celui de Sonora. Depuis 1891 jusqu'en 1900, le Mexique a produit en moyenne 29 à 30 millions de Trancs par an'. Le minerai y est abondant et la production se développera laidement quand les voies de communication le permettront. Déjà elle s'est élevée à 53.303.000 francs en 1901, 52.628.000 en 1902* et 65.000.000 en 1903*. Il n'est pas douteux que les progrés réalisés par le Mexique dans ces dernières années ne contribuent à accroître encore cette progression. Dans l'Inde, il existe également de bonnes mines, particulièrement dans le district de Kolar, ouI'oq compte 16 compagnies minières ayant ensemble 600 pilons*. Dans la péninsule Malaise on trouve de riches dépôts d'or, particulièrement ceux qui sont exploités par la Compagnie de Raub. Non loin du Transvaal, il faut signaler les gisements de la British Soutb Africa C° habituellement connue sous le nom de Rhodésia. La production s'est élevée entre 1898 et 1902 de 18.085 onces i 178.058. Les filons sont courts, irréguliers; ils ruinerontsans doute plus de capitalistes qu'ils n'en enrichiront, mais, comme ils sont nombreux et riches, leur exploitation contribuera
> A défaut de la statistique d« M. Arnauné, qui est muette sur ce point, nous aouB sonimes reportés à la atatiitique anatralienoe, loo. cit., p. 466.
1 Ce9 deux chiffres sont emprunt js à M. ArnaunA, loo. cit., p. 347. — A noter que l'Engineering and Mining JoMinal. indique pour 1904, 65 millions.
) D'après M. Michaut qui l'emprunte k V Engineering and Mining Joui-nal, loo. cil., p. US.
t Les deoi mines les plus importaolel sont celles de Mjiore et de Champion Reef. Cette dernière produit measuellemeut 1.160.000 fnae*.
à accroître la production dans des proportioas notables'. Enfin parmi les régions minières dont la production est husceplible de progresser dans l'avenir il faut mentionner deux colonies françaises, la Guyane et Madagascar. Par suite du développement insuffisant de la colonisation et surtout des voies de communication, elles en sont encore l'une et l'autre aux méthodes de la petite ou tout au plus de la moyenne industrie; toutefois si l'industrie aurifère n'a pas dans ces pays une vitalité suffisante pour créer le milieu nécessaire à son perfectionnement, elle a cependant des gisements assez riches pour profiter des progrès économiques qui, dans l'avenir, ne manqueront pas de se réaliser autour d'elle et qui d'ailleurs se réalisent déjà sous nos yeux, surtout à Madagascar. Ajoutons qu'il oe faut pas perdre de vue l'existence de mines japonaises et chinoises, encore peu connues en Europe mais dont les gisements, surtout ceux des mines chinoises, passent pour très riches et dont la production parait devoir se développer largement dans l'avenir. La statistique cidessous permettra d'apprécier l'importance relative et absolue de ces centres miniers secondaires*.
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