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' Cf. Économiste européen, 1903, et Curie, loc, cit., p. 103.
' XoDB avons dreaié cette sUtîstiqiie à VaU» des libleaux Tournis par M. Ar-
lUDé dans ses rapporU de 1903 et de 1901. - a. 190i. p. 347 «t 1903, p. 308.
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Il se dégage de l'étude de tous ces centres miniers petits et grands une impressioa d'ensemble très nette. Presque partout on Yoit que la production s'y développe par l'effet de l'évolution des méthodes d'extraction et de traitement. On ne saurait attendre queparcetle évolution, très inégalement avancée, l'iadustrie aurifère atteigne dans toutes les régions productrices le même degré de concentration qu'au TransvaaI. Pour des raisons d'ordre physique, qui tiennent à la nature des gisements, à la faible étendue de certains d'entre eui ou à l'impossibilité d'évaluer leur importance, il y aura toujours dans le domaine de ta production de l'or, comme dans tous les autres domaines de l'activité humaine, une place pour la moyenne et même pour la petite industrie. Toutefois, là où l'évolution de l'industrie aurifère' est entravée, non par des obstacles d'ordre physique comme ceux que nous venons de signaler, mais par des obstacles d'ordre social, tels que le défaut de développement économique du pays, le défaut d'éducation des producteurs, elle reprendra tôtou tard sa marche en avant, jusqu'au moment où elle viendra s'arrêter déâ-
nO LUCIEN BROCARD.
oitivemeot contre des obstacles d'ordre physique ; presque partout elle est encore en deçà de cette infraochissable limite fixée par la nature; nous en pouvons donc conclure que, pendant de longues années encore, le mouvement que nous avons décrit continuera et que, dans l'avenir comme dans le passé, il aura pour effet, suivant les milieux, d'accroître la production, de la maintenir dans l'état stalionnaire.ou de ralentir sa décroissance.
CONCLUSION
L'étude que nous venoas de faire de l'induslrie aurifère nous montre qu'elle doit, soit au rôle prépondéraol joué par l'or depuis uQ demi-siècle dans la circulation monétaire, soit à la nature des gisements qu'elle exploite, à la concentration et à la haute valeur du métal précieux qu'ils contiennent, d'occuper, parmi les autres industries, une place à part que l'industrie argentifère elle-même ne saurait lui disputer. Le privilège unique dont elle jouit aujourd'hui de pouvoir écouler son produit en quantité illimitée moyennant un prix constant, la valeur parfaitement stable, sinon croissante, de ce produit relativement aux marchandises, l'attrait que ces avantages exceptionnels lui permettent d'exercer sur les travailleurs, les capitalistes et les spéculateurs, ont donné h sa production une intensité, une force d'expansion et de réacUon sur les milieux où elle se développe, dont on «e trouve aucun exemple dans l'histoire des autres industries et grâce auxquelles elle a pu triompher de la rareté de sa matière première, de sa productivité inégale et décroissante, des difficultés d'exploitation de toute nature. Elle y est parvenue en s'assimilant rapidement les méthodes économiques et financières, les procédés mécaniques de la grande industrie, en recourant à la chimie et à la physique pour adapter les principes généraux de la métallurgie à l'exploitation d'un minerai qui dissimule le métal précieux dans les combinaisons et les mélanges les plus divers, en faisant appel aux capitaux et aux travailleurs du monde entier. Par l'eQet de ces améliorations introduites dans son organisation, elle a pu réaliser dans sa production des économies de plus en plus considérables, qui, en raison de la fixité du taux d'échange de son produit, se sont traduites par un écart grandissant entre ses dépenses et ses recettes.
Mais, poussée par l'esprit de spéculation, l'espoir de trouver de riches agglomérations de minerai, le désir de bénéficier des avantages économiques de la production concentrée, et aussi la nécessité, pour assurersa vie quotidienne, d'exercer son activité sur une matière première sans cesse renouvelée, ellea été amenée, au prix d'une élévation progressive des frais moyens d'exploitation que la productivité décroissante du minerai ne lui a pas permis d'éviter et qui tend à réduire sans cesse l'écart entre ses dépenses et ses recettes à mesure que les progrès techniques et économiques tendent îà l'accrottre, à étendre sa production, des placers les pIuH superficiels aux filons tes plus profonds et les plus difficilement accessibles. Le résultatde cette évolution a été, pour quelques capitalistes et spéculateurs, d'énormes bénéfices, pour l'ensemble des capitaux consacrés à ta production de l'or, une rémunération moyenne des plus médiocres, pour la société, un accroissement extraordinaire de la puissance productive de l'industrie aurifère. Autrefois l'humanité ne pouvait exploiter qu'une partie infime du minerai d'or mis A sa disposition par la nature ; aujourd'hui il n'est pour ainsi dire pas un gisement important, quelle que soit sa teneur, sa profondeur, le milieu plus ou moins réfraclaire h la vie économique où il est situé, dont elle ne puisse tirer parti. Telle est, en dernière analyse, la conséquence sociale des privilèges dont bénéficie l'industrie aurifère et des transformations qu'elle a subies. Telle est aussi l'explication du remarquable dévfiloppement de sa production présente.
Sa production future bénéficiera, elle aussi, de cet accroissement de puissance productive, dont l'effet bienfaisant est loin d'être épuisé, même dans les gisements actuels et se fera sentir avec une force toujours nouvelle toutes les fois qu'on découvrira de nouveaux gisements. Sans doute il ne faut pas se laisser aller à l'illusion optimiste de certains auteurs selon lesquels l'humanité n'aurait pas à redouter davantage l'épuisement du minerai d'or que celui du charbon '. La rareté relative de la matière première de l'industrie aurifère combinée avec le caractère de plus en plus intensif de sa production, qui aura fatalement pour conséquence un épuisement de plus en plus rapide des gisements connus, nous parait rendre impossible toute comparaison entre
' Leiis, dans led
LA PRODUCTION DE L'oR. 223
deux industries si différentes; mais ce qui est certain, c'est que, sur les cinq régions minières étudiées par nous et dont la production représente les 8/10 de la production totale, une seule^ le Canada, paraît devoir entrer prochainement par l'épuisement de la matière première dans la voie de la décadence. Toutes les autres ont la possibililé, en perfectionnant leurs méthodes, en exploitant de nouveaux gisements, de développer plus ou moins largement leur production. Parmi elles il en esIdeux.leTransvaal et l'Aus-, tralie de l'Ouest, qui donnent des espérances pacticuli ère ment brillantes et sûres et dont la production, qui suit une progression ascendante très rapide, est loin d'avoir atteint son point culminant. Dans ces condilioos et en tenant compte de tous les autres centres miniers secondaires dont l'exploitation, dans l'ensemble, est nettement en progrès, il n'est nullement excessif d'admettre que la production annuelle totale, qui s'est élevée par bonds rapides de 816 millio'nsde francs en 1893 à 1.700.000.000 en 1903', puisse atteindre ou même dépasser dans quelques années deux milliards et se maintenir à ce chiffre pendant au moins un quart de siècle, délai minimum nécessaire pour l'épuisement des grands gisements actuels. Si cette prévision, qui n'est nullement téméraire, se réalise, les 56 milliards d'or existant actuellement dans le monde seront ainsi portés, dans vingt-cinq ou trente ans, à un chiffre qui ne sera pas inférieur à cent ou cent vingt milliards. Nous pouvons ajouter que la production ne s'arrêtera pas là ; certains des gisements actuellement connus seront peut-èlre encore en exploitation dans un demi-siècle et comme les trois quarts du globe restent à explorer, du moins au point de vue des richesses minérales qu'ils contiennent, comme le minerai d'or, s'il est rare, paraît assez régulièrement distribué à la surface du globe, il est inânimeot probable qu'à cette époque on aura trouvé d'autres gisements et qu'ils auront été mis en exploitation avec plus d'intensité encore que les gisements actuels ^ Mais ici finit le domaine de la science et commence celui de l'imagination pure, au bord duquel nous nous arrêtons.
< M. Paul Leroy-Beau lieu formule des prévisions analogues aui nûlres. ÈconomUte /Vowfaij. 1902. p. 753 et sui».
* D'après l'Engineering and Mining Journal, dont les évaluations sont d'ailleurs plulùl eiag«rèes, la production de 1904 a ilé de 1.754.^76.600 francs.
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■ Nous eiprimoas toute notre gratitude ii M. Bapbael-Georges Mt; qui a bien todIu mettre i notre diipositioQ l'eicellente bibliothèque de !■ Compagnie franf(iû« dei tninet d'or de l'Afrique du Sud, et k MM. Faisant et JetnDiot, attachi» à cet établissemeat, qui nous ont prfité leur précieux concourt arec la plut parfaite obligeance.