‹ Questions monétaires contemporainesChapitre 75 sur 238 · C.-S. — Léon Polieb · texte numérisé non relu

C.-S. — Léon Polieb

1900, montre au contraire que l'accpoissement est un phénomène absolument général. Si le Mexique a triplé sa production et si les États-Unis l'ont quintuplée, l'Espagne et l'Autriche l'ont doublée, la France, triplée, l'Allemagne, quintuplée, et l'Italie, augmentée de 20 pour un.

C'est donc qu'il doit exister une deuxième cause très générale de l'augmentation de la production. Elle est donnée, en efTel. par les progrès très considérables qui ont été faits dans les procédés d'extraclion de l'argent des minerais complexes qui le renferment. Tous les perfeclionnemenlssi précieux qui ont été mentionnés dans la première partie de celle étude* apparaissent ou sont appliqués à partir de 1860 ou de 1870. C'est alors qu'aux vieux procédés d'amalgamation se substituent en maintes exploitalions les procédés plus rapides et plus parfaits de Washoë et de l'amalgamation en cliaudières. C'est alors surtout que se perfectionne te IrailemcNt des minerais de plomb, de cuivre et dezinc argentifères. Les métbodes de pallinsonoage deviennent plus pratiques. Le zingage esl découvert et se répand rapidement; l'éleclrolyse elle-même apparaît.

A l'aide de ces formules nouvelles, la produclion put s'accroitre de toutes parts. Par elles, on o'eutpas seulement en main la possibilité technique d'extraire des minerais jusqu'aux dernières parcelles du métal précieux, mais on en eut surtout la possibilité économique. Les procédés nouveaux, en effet, grâce à leur variété, s'adaptaient plus parfaitement aux conditions spéciales, techniques et locales de chaque entreprise, et donnaient dès lors des coûts de production qui permettaient l'exploitation effeclive de minerais qu'on n'aurait pu auparavant traiter.

La diminution du coût de l'exlraclinn de l'argent s'accomplissait d'ailleurs de deux façons :

Tout d'abord d'une manière directe ; c'est-à-dire par la baisse du prix des manipulations ou des appareils nécessaires, ainsi que par le rendement plus considérable de l'exlraclion poussée jusqu'à l'épuisement de toute la richesse argentifère du minerai.

Mais elle s'est produite aussi d'une autre fa^'on plus intéressante et dont les conséquences, — on le verra — sont beaucoup plus loinlaines. De, ce que ces procédés nouveaux permet-

i V. luprà, pp. ï», 239 et !42.

taicnt ea effet de traiter avec succès des minerais très pauvres ou peu riches en argent, il est résulté que l'argent a'a plus été l'objet unique ou même principal des opérations métallurgiques d'extraction, D'unefaçon beaucoup plus régulière et beaucoup plus importaûle qu'autrefois, l'extraction de l'argent a accompagné celle du plomb, du cuivre, du zioc, de l'or; par suite, les frais ie production, déjà diminués du fait des perfectionnements techniquBS, l'onl été encore parce qu'au lieu de se rapporter à un produit unique, ils se répartissaient sur deux ou plusieurs : l'argent, le plomb, le cuivre, etc.

On est même arrivé à isoler pratiquement l'argent dans des minerais où il est dissimulé en proportion si faible que l'argent extrait, par rapport à la valeur des autres produits, n'a plus été qu'un sous-produit de la fabrication.

Ainsi, les progrès techniques des quarante dernières années ont fait subira l'indtstriede l'argent une double transformation : En premier lieu les quantités extraites ont été accrues, indépendamment de toute découverte de gisements nouveaux, grâce à la perfection pi us grande des traitements métallurgiques. En second lieu, le coût de production de l'argent, réduit déjà par les progrès techniques l'a été encore dans la plupart des cas parce que le métal blanc est devenu un produit complémentaire ou un sous- produit.

Ces faits sont gros de conséquences.

Ils sont importants au point de vue de l'avenir de la production de l'argent. Car du jour où ce métal précieux n'a plus été l'objet unique ou principal des exploitations minières qui le produisent, du jour surtout où il a pu descendre au rang des sous-produiis, le frein à la produclîoii que pouvait être l'avilissement de son prix a cessé d'avoir une action énergique, et il a pu même, dans le second cas, cesser d'avoir toute action sur la production de ce résidu.

Ces faits sont importants d'ailleurs encore au point de vue du problème délicat dt: la détermination des prix du métal-ai^ent, car les influences auxquelles obéit cette détermination ne sont plus les mêmes suivant qu'il s'agit d'un produit obtenu à titre unique ou principal, à titre complémentaire ou subsidiaire, ou enfin à titre de sous-produit.

Il est donc nécessaire de savoir en quelle mesure cette évolu-

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lioQ dans les cooditions de l'exlraclioo de l'argent s'est produite, c'est-à-dire dans que) les proportions la quanlilé totale de l'argent annuellement extrait comprend de l'ai^eal produit k litre de produit unique, ou simultané, ou subsidiaire.

Malheureusement, s'il existe des informations statistiques suffisantes pour totaliser avec une certaine sûreté les quantités d'argent produites dans les différents pays, elles ne donnent pas le détail des origines de l'argent à ce point de vue, en précisant ses sources de production.

On trouve cependant dans les documents de la Commission monétaire mexicaine le tableau suivant

Tableau IV.

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