‹ Questions monétaires contemporainesChapitre 96 sur 238 · MO R. RAYNAUD · texte numérisé non relu

MO R. RAYNAUD

souTGDi Jéfendu les porteurs français contre les conséquences de la baisse de l'argent.

Nous menlionnerons seulement les résultats de ses efforts pour quatre séries de valeurs espagnoles :

Les obligations des chemins de fer du nord de l'Espagne.

— — du sud de l'Espagne.

— — Andalous.

Les obligations de la Compagnie Madrilène d'éclairage et de -chauffage par le gaz.

Pour ces dernières par exemple, les S8.894 obligations de 500 francs au taux de 4 0/0 rapportant théoriquement 20 francs ont été, d'accord avec les porteurs, dédoublées en 58.894 obligations i 0/0 de 250 francs rapportant 10 francs, payables en or et 58.894 obligations de 250 francs avec un revenu variable, limité toutefois par un maximum de 5 0/0.

En Allemagne le système est légèrement différent : les porteurs intéressés de chacune des valeurs mobilières constituent un comité spécial : Comité de porteurs allemands de fonds espagnols, etc.

En Belgique de même il y a une série de comités des porteurs des valeursen souffrance réunis en une fédération.

On pourrait multiplier ces exemples : on verrait dans tous les cas que la baisse du métal-argent amène pour le capitaliste une dépréciation dans la valeur de son capital et un moindre taux dans l'intérêt de son argent'.

La situation est tout à fait analogue pour les fonctionnaires, les militaires de tout grade, tous ceux qui touchent un revenu en monnaie du pays où l'argent est déprécié et sont obligés d'acheter à l'étranger.

Pour ce qui est des commerçants, il suffit de rappeler la vérité aujourd'hui bien connue que la baisse de l'argent agit comme une prime à l'exportation et une barrière à l'importation : les

> Parrois pour éviler ces inconiiaients, les compagnies de» paya h motal blSDc setrenl tous le» ditiilendes en or, ce qui est pour elles une 1res lourde charge. Ainfi le Meiican central Railroad a calculé que chaque ))aiMc d'un sou par once dans in raUur de l'argent s'analyse, dans son bilan, ea une perte sèche de 500.000 francs par an (Pittsburg Post, 23 axr. tïKïlJ. Quoique renversée et ainsi supportée par les Compagnies, la perte n'en est pas moins des plus fûcheuscs.

IJi. RAISSB DE l'argent VIS-A-VIS DE [.'oR. 321

commerçants du pays à métal blanc peuvent de ce chef se considérer comme favorisés, alors qu'inversement ceux du pays à métal jaune soufTrent de ta situation.

En dehors de ces consérjucnces en quelque sorte classiques aujourd'hui de la baisse de l'argent, il y a lieu de se demander si elle ne produit pas en outre un risque spécial pour les commerçants qui traitent avec les pays à métal blanc : ce serait un risque spécialement monétaire.

Il a été parrailement mis en lumière par la déposition de M. Gibbs, ex-directeur de la Banque d'Angleterre, lors de l'euquète anglaise de 4887-1888 '.

Il se produit'aussi aae hausse des prix dans le pays à étalon d'argent.

Supposons avec M. Gibbs, dcuK envois de marchandises, faits par un commerçant anglais, l'un pour l'Australie, l'autre pour r Indo-Chine*. Le négociant anglais déclare à ses correspondants qu'un prix de 30 schillings par unité vendue est un prix suffisamment rémunérateur.

Le correspondant australien n'éprouvera aucune difficulté, il connaît exactement le prix qu'il lui faudra payer lors du règlement et lorsqu'il achètera une traite pour se libérer, il pourra calculer sur des hausses certaines : il calculera seulement les variations possibles du change entre la date d'émission et la date de recouvrement et de remise des produits : le mouvement des importations et des exportations lui sera un critérium suffisamment certain.

Au contraire le correspondant indo-chinois fera les mêmes calculs, mais de plus il existe un autre clémentqu'it ne peut calculer lorsqu'il passe son marché. Quel sera le prix de l'argent quand il viendra à acheter sa traite? L'argent pour le commerçantangtais est une pure marchandise et la remise de cet argent est au fond un chargement de cette marchandise : le correspondant de riudo-Chine ne peut d'avance en calculer les variations de prix*.

• S«ssional Papers. House of Commons, 1887, 1. 82, p. 247.

■ U. Oibbs à U date indiquée prenait rind« poar exemple — c« qui D'est plus posait) e aujourd'hui.

' Il est vrai qu« ce risque spécial peut être couvert par l'aSEurance comme un risque de hausse du fret. .M. Oibba l'évaluait pour l'Inde en tS87 à 3 0/0 d'assu-

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