‹ Questions monétaires contemporainesChapitre 97 sur 238 · C.-S, — B. R4ïN..ur · texte numérisé non relu

C.-S, — B. R4ïN..ur

B. ItAYNAUD.

De ce fait le producteur anglais suspendra ou restreindra ses chargemeols pour l'Indo-Chine.

Esi-ce bien là comme oa l'a dil, un risque spécial ; n'esl-il pas dôjà traduit par les rarialions du change?

Il ne le semble pas : comme le remarque très justement M. Gibbs, » si l'élévation de la valeur de l'or était esactement du monlant de la baisse du change, le bénéfice serait seulenaeAt l'équivalent d'un droit àrimporfation pour la production du pays à monnaie dépréciée «.

Il semble donc bien qu'il eiiste par là même un risque addi~ tioonel dans lecommerce intornational idans cerlainscas, ce risque résulte de l'élévation de l'or lui-même, dans d'autres il résulte de l'incertitude même dans laquelle se trouve le né^»ciant : en ce cas il existe à l'importation comme h l'exportation.

On s'est demandé enfin si la baisse de l'argent et l'appréciarion de l'or n'agissent pas d'une autre manière encore sur le commerce.

L'appréciation de l'or produit comme on sait une hausse du prix : celle-ci produirait A. son leur unediminution du commerce par le jeu d'une sorte de raùon sentitnentaie. La hausse du prix entraînerait (ont naturellement aux afiaireSi, en causant une marge de profils plus grands : la haïsse au coolraire déprimerail le mouvement des échanges commerciaux en oécessitant en quelque sorte une nocvelle base d'affaires : celui qui voit que les conditions de l'aETaire précédente ne sont plus possibles par suite de la hausse du prix aurait qitelque paresse à chercher une Bouvelle combioaisoa rémunératrice et préCérerail tout simplement renoncer à poursuivre.

La remarque repose à notre senssur une ohservatioa psjchologique exacte : il faut ajouter toutefois que ce n'est là qu'un effet temporaire el provisoire que tes plus habile» et les mieux doués auront vile fait de déjouer.

Les conséquences de la hausse de l'argent sont donc d'un intérêt capital pour les particuliers.

B) pour l'État : la conséquence la plus immédiate de la baisse de l'argent consiste dans l'accroissement consLdéraUe qu'elle cause dans le service de la dette, pour tes pays qui ont conservé le métal blanc.

LA BAJSSE DE LAROTNT VlS-A-VlS DE L'oR. 323

Pour ne doooer qu'un exemple, c'esl ainsi que l'Esp^ne' a eu les plus graves difficultés eu raison de se detle extérieure.-

La rente extérieure 4 0/0 dans sa forme actuelle provient de la conrersion opérée par ta loi du 29 mai 1882, qui fut accompagnée de sacrifices importants consentis par te Council of Foreign BcHidhotders au nom des portenrs étrangers.

La néceseilé de payer les intérêts en oraux porteurs éb^ogers alors que les porteurs nationaux étaient payés en pesetas, a obligé l'Espagne à prendre des mesures spéciales et lui a coàté des sommes considérables. v

Ces mesures spéciales destinées à établir les deux catégories de renie sont ; d'une part l'estampillage (décret du 20-23 juin, 9 août 4898) par lequel les titres étraa^rs sont marqués d'un timbre spécial,

Et d'autre part l'afSdaTit (décret du 13 mai 1899) qui consiste à attester sous serment et, sur l'henueur, que ni les coupons, ni les litres n'ont été aliénés et qu'aucuv Espagnol ne participe à leur possession.

La part de la dette extérieure à l'étranger ainsi fixée était en juillet 1899 supérieure & celle qui était en Espagne*.

A l'étranger 1 , 039 .746. 300 fr.

BhEepagne 897.822.200 —

Voici d'ailleurs d'après te décoraple officiel des titres estampillés en juÎD i900, aux diverses délégations des finances d'Espagne, les parts de chaque pays :

Délégations de Paris 671.830.400

— de Londres 140.926.100

— de Bruxellea. 121 . 138 . 700

— de Berlin 63.778.800

— d'Amsterdam 34.815.000

— de Libonrne 17.474. 100

> Nous prenons Teieinple de l'Egpigne poor laquelle les documents sont plus noiBl>E«iii : il ertrnûqnfl pour ce payt od ponmit tenir oompte de U drcnlaUoo des bilUts dipiéàt» : rosis au point de vne interna liooal, on peut sans trop grande emar, la négliger.

* Association nationale des porteurs Français des Taleara élrangtres. Annexfs au» rapporu, 189»-1901, p. 68.

Cesl doDc une charge annuelle de 40 iiiilitoa5eaTiroo,surles- <|aels le chaoge au cours moyen de 10 0 0 représente 16 millions il p. pfxftm.

D'autres pays qui sont daos une situation ao&logoe comme le Mexique, ont dû également garantir le paiement en or des arrérages de leur dette.

Les conséquences pour les pays k étalon d'or ne sont pas moins Tàcheuses : sans doute elles ne se prodaisent pas pour le moment, mais elles menacent l'avenir.

Od peut dire d'un mot que la baisse de l'aident crée pour Ions les pays qui possèdent encore cette monnaie comme monnaie légale des perspectives d'avenir qui ne laissent pas d'être inquiétantes.

Sans doute pour l'inslanl tontes les mesures sont prises pour que cette dépréciation ne se produise pas : c'est ainsi qu'en France el dans l'Union latine, les écus de cinq francs et les monnaies divisionnaires circulent avec une valeur légale qui est à peu près du double de leur valeur d'échange.

Ailleurs la dépréciation de l'argent a été en partie enregistrée et on en a tenu compte dans la fixation de la valeur légale. Mais dans tous les cas, moins ici, plus là, les perspectives de liquidation d'un énorme stock de monnaie dépréciée ne laissent pas d'Clre très inquiétantes et de peser lourdement sur la politique monétaire de demain.

Eo France, d'après l'itstimation approximative tirée par M. de Foville' du dernier recensement monétaire de 190S, l'argent circulant en France (ocloUre 1903) se décomposerait ainsi :

U(>DD>1« (noçMH. Uonnalc étnngtn. Tottl.

ÉcuH de cinq francs 1 . 260 650 1 , 800

Monnaie dividonnaire.'. . . . 330

Il est intéressant de remarquer que ce chiffre marque sur le recensement précédent de 1897 une diminution de plus de 100 millions de francs (valeur nominale) pour le stock des écus

> Êcon. Français, 23 avril 1904, p. 576.

Page 1