‹ Questions neurologiques d'actualitéChapitre 100 sur 153 · TROUBLES RÉFLEXES DE LA PUPILLE · texte numérisé non relu

TROUBLES RÉFLEXES DE LA PUPILLE

Les pupilles normales sont en mouvement continuel ; leurs dimensions varient d'un instant à l'autre, elles se dilatent et se contractent alternativement sous des influences diverses : la lumière, l'obscurité, l'accommodation, la convergence, une sensation cutanée agréable ou pénible, une émotion, une pensée.

Tous ces mouvements se font sans l'intervention de la volonté, par le mécanisme inconscient du réflexe.

Le jeu normal de ces réflexes est souvent altéré sous des influences pathologiques variées, et, particulièrement, dans un grand nombre de maladies touchant le S37stème nerveux. On conçoit toute l'importance séméiologique de ces modifications dans les mouvements pupillaires, non seulement à cause de leur fréquence, mais encore en raison de leur précision et de la facilité avec laquelle on peut les mettre .en évidence. Parmi ces réflexes, il en est dont la valeur séméiologique est moindre ; je les laisse de côté, pour limiter mon sujet à l'étude du réflexe à la lumière et du réflexe à l'accommodation.

Réflexe à la lumière. •

Chaque fois que la lumière est projetée dans 1 œil normal, la pupille se rétrécît ; elle se dilate à nouveau quand l'éclairage de l'œil cesse et que l'œil se retrouve dans l'ombre. C'est là le réflexe à la lumière. Il se produit en même temps dans les deux yeux, même si la lumière n'atteint qu'un seul œil ; c'est ce qu'on exprime en disant que le réflexe est consensuel.

Signification. — La perte du réflexe lumineux est, presque toujours, la conséquence d'une lésion du système nerveux. Toutefois, ainsi que nous t'avons vu à propos de la mydriaseet du myosis, on peut observer la perte du réflexe lumineux dans certaines affections du globe oculaire

POl I.AHl)

même, quand l'iris est altéré directeme nt (iritis, glaucome etc.) ou par suite de [action de certaines substances chimiques, comme l'atropine qui

met la pupille en mydriase paralytique. Les

lésions nerveuses qui modifient le réflexe lumineux siègent en un point variable de l'are réflexe lumineux, dont la voie centripète est formée par la rétine, le nerf optique, le chiasma et les bandelettes, le centre réflexe par les noyaux du mésocéphale, et la voie centrifuge par le M.O. C. (Fig. 7.)

L'étude du réflexe à la lumière, en se basant sur ces notions anatomiques et physiologiques, nous fournit des renseignements précis pour localiser les lésions cérébrales.

Si, par exemple, il existe une cécité complète, avec persistance des réflexes pupillaires à la lumière, on doit admettre que la cécité vient d'une lésion des voies optiques en arrière de lare réflexe.

au delà des noyaux réflexes du mésocé-

rig. 7. — Schéma des voies optiques et de lare réflexe. N. nerf

optique; R, noyaux réflexes du mésocéphale ; GO, ganglion ophtnl- pltalc, Cil t l'C CCUX-C1 et

inique. En trait plein : voies optiques de gauche. 1, 2, :>, l. Fibres ., i î

d'association entre les noyaux réflexes et les noyaux d'origine des I eCOrCe Cérébrale. nerfs oculo moteurs. 5 et G, Fibres oculo-motricei , i, iiis ; . . ■

c, corps ciliaire. Quand, au contraire,

l'aveugle n'a plus de réflexes, on en conclut que la lésion siège sur l'arc réflexe, sur la portion centripète de cet arc (rétine, nerf optique, chiasma, bandelettes).

On conçoit que l'examen des réflexes puisse encore permettre de distinguer une cécité réelle par lésion organique des voies optiques pré-mésencéphaliques, d'une cécité simulée ou d'une amaurose hystérique.

Les réflexes pupillaires manquent dans la cécité par lésion des voies optiques en avant des noyaux réflexes du mésocéphale (rétine, nerf optique, chiasma, bandelettes). Les réflexes pupillaires persistent dans la cécité par lésion des voies optiques en arrière du mésocéphale (cécité corticale), affection assez rare, venant d'une double hémianopsie ; ils persistent encore dans la cécité simulée et dans l'amaurose hystérique.

On peut, cependant, sans qu'il existe aucune lésion apparente de la voie optique centripète (nerfs optiques) ou centrifuge (M. O. C), constater l'absence isolée du réflexe à la lumière, sans que l'iris cesse de se contracter normalement pour toute autre excitation (convergence, accommodation, irritation cutanée). La voie centripète est intacte, puisque le sujet voit normalement ; la voie centrifuge paraît l'êtreaussi, puisque la pupille, toujours mobile, se contracte pour toute excitation autre que l'excitation lumineuse.

On a donné de ce fait des explications théoriques sans grande valeur réelle. Mais, quoique encore inexpliquée, cette perte, isolée et exclusive, du réflexe à la lumière, constitue un signe classique important décrit sous le nom d'Argyll-Robertson.

Signe d'Argyll-Robertson. — Malgré ses caractères précis, il ne semble pas que tous les médecins aient une notion exacte du signe d'Argyll- Robertson. Il n'est donc pas inutile de le définir une ibis de plus.

Le symptôme décrit par Argyll-Robertson était caractérisé par une pupille en myosis, mobile à 1 accommodation et immobile à la lumière. Le myosis faisait partie du syndrome. Avec raison, ce syndrome a été étendu à tous les cas où, sans myosis. la pupille, mobile à l'accommodation, reste immobile à la lumière. Le signe d'Argyll-Robertson ainsi amplifié, serait donc constitué par la perte du réflexe pupillaire à la lumière, tandis que le réflexe à l'accommodation est intégralement conservé

Dans le signe d'Argyll-Robertson, la pupille n'est donc point paralysée, l'iris conserve toute sa souplesse et toute sa mobilité, il réagit

CONFÉn. NEUUOL. 2j

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