POULARD
(l'une manière normale à l'accommodation et aux autres excitations réflexes ; seule, la lumière laisse la pupille indifférente.
Dans la mydriase paralytique, et dans l'immobilisation pupillaire, la pupille ne réagit pas à la lumière, mais elle ne réagit pas non plus à l'accommodation, elle ne bouge sous aucune influence; ce n'est donc pas un signe d'Argyll-Robertson.
Beaucoup d'erreurs dans les discussions et dans l'interprétation des observations viennent de ce que le signe d'Argyll-Robertson est mal compris ou mal observé. (L'est au point (pie, lorsqu'une observation signale le signe d'Argyll-Robertson on est obligé de se demander ce cpie l'observateur entend par ce signe ; quand un auteur rapporte un cas de guérison du signe d'Argyll, il convient de rester dans le doute, et de se demander si l'observateur a bien constaté ce signe dans son premier examen. Je suis d'ailleurs fortement porté à croire qu'il n'existe aucun cas de guérison du signe d'Argyll-Robertson, et que les cas rapportés sont des erreurs d'observation.
Quoi qu il en soit, le signe d'Argyll présente une valeur séméiologique considérable, il est une des manifestations les plus précises du tabès, de la paralysie générale, et autres formes de syphilis cérébrospinale. C'est un signe de syphilis nerveuse.
Je n'ai jamais rencontré ce signe en dehors de la syphilis nerveuse, mais il n'est pas impossible que d'autres maladies nerveuses puissent le produire. Si le signe d'Argyll se présente en dehors de la syphilis nerveuse, il doit subir un double contrôle :1e premier consiste à préciser les caractères du signe constaté, à ne pas se contenter dédire « Signe d'Argyll » ; le second consiste à éliminer entièrement la syphilis par des moyens plus valables que les réactions actuelles du sang ou du liquide céphalo-rachidien. Sans ces deux garanties on ne peut tenir compte de l'observation.
Réflexe à la vision proche.
(Réflexe à l'accommodation.)
Chaque fois que les yeux passent de la vision lointaine à la vision proche, les pupilles se contractent ; l'inverse se produit quand le regard passe de la vision proche à la vision lointaine : la pupille se dilate. On donne encore à ce réflexe le nom de réflexe à l'accommodation OU réflexe à la convergence. Pour le mettre en évidence, on demande d'abord au malade de regarder au loin, puis on l'invite à porter rapidement son regard sur un objet rapproché (30 ou 10 cm.), par exemple le ne/. OU le menton de l'obseï \ atcur. On voit alors
les pupilles se rétrécir ; elles se dilatent à nouveau quand les yeux cessent de fixer le nez de l'observateur pour regarder au loin.
Ce réflexe fait défaut dans tous les cas de « mydriase paralytique » et dans tous les cas « d'immobilisation pupillaire ». Il peut exister dans certains cas où la pupille ne régit plus à la lumière. C'est cette dissociation qui constitue le signe d'Argyll-Robertson.
Il est possible que le réflexe à la vision rapprochée puisse manquer sans qu'il y ait paralysie complète de l'iris, alors que l'iris réagit encore à la lumière, constituant une dissociation analogue au signe d'Argyll, mais en sens inverse
Je n'en sais rien ; je n'ai jamais vu semblable manifestation, et je ne crois pas qu'on l'ait jamais rencontrée. Mais ce que je sais bien, c'est que ce signe que l'on donne dans les traits classiques, comme une caractéristique de la diphtérie nerveuse, ne s'y voit jamais.
La rectification d'une pareille erreur vaut la peine que je m'explique. Chaque fois que le regard passe de la vision lointaine à la vision proche, les yeux convergent pour se diriger vers l'objet fixé, ils s'accommodent pour se mettre au point sur ce même objet. Dans le passage à la vision proche, trois phénomènes se produisent en même temps dans les yeux : la contraction des pupilles, la convergence des yeux et l'accommodation, c'est-à-dire la mise au point de l'appareil dioptrique de l'œil. Cette dernière fonction, l'accommodation, n'a aucun rapport avec l'iris ; elle résulte d'une contraction du muscle ciliaire et d'une augmentation de courbure du cristallin, ce quia pour effet de mettre au point l'appareil dioptrique de l'œil.
Bien qu'ils se produisent en même temps dans l'acte de vision proche, ces trois phénomènes restent indépendants les uns des autres ; ils sont d'ailleurs produits par des organes contractiles différents et nettement isolés les uns des autres ; la contraction des pupilles dépend du sphincter de l'iris ; l'accommodation, du muscle ciliaire ; et la convergence, des muscles adducteurs des globes. Il n'est donc pas étonnant que ces trois fonctions puissent être atteintes séparément.
La convergence, seule, est en défaut dans un grand nombre de strabismes divergents. L'accommodation est atteinte, isolément, particulièrement dans la diphtérie. La contraction des pupilles cesse de se produire dans toutes les circonstances qui donnent la « mydriase paralytique » « ou l'immobilisation pupillaire».
Si j'insiste sur ces faits, et, particulièrement, sur l'indépendance de ces phénomènes, c'est pour en arriver à détruire une erreur classique,