‹ Questions neurologiques d'actualitéChapitre 102 sur 153 · POU LARD · texte numérisé non relu

POU LARD

que les traités reproduisent sur la foi les uns des autres et que les lecteurs admettent sans discussion.

Ne dit-on pas que la diphtérie donne lieu à un symptôme qui est l'inverse du signe d'Argyll-Robertson : dans le signe d'Argyll la pupille ne se contracte pas à l'accommodation; dans la diphtérie, c'est l'inverse , la pupille se rétrécit à la lumière, mais ne se rétrécit pas à l'accommodation. C'est faux ; jamais ce signe n'a existé dans la diphtérie.

Dans la diphtérie, il se produit une paralysie de l'accommodation, par atteinte des nerfs et des musles accommodateurs (muscles ciliaires) ; mais l'iris est intact, il se contracte à tous les réflexes et même à celui de la vision rapprochée, qu'on appelle encore réflexe à l'accommodation. L'accommodation peut être complètement paralysée, le réflexe se produit quand même ; car, ce n'est pas la mise en jeu de l'accommodation qui déclanche la contraction pupillaire.

L'accommodation est paralysée dans la diphtérie, mais rien autre n'est atteint autour d'elle ; l'iris est intact et tous ces mouvements se font admirablement. Il ne saurait donc être question de la perte du réflexe pupillaire à l'accommodation, ni à toute autre excitation d'ailleurs. Le trouble de l'accommodation, si caractéristique dans la diphtérie, n'a aucun rapport avec l'iris, ni aucune influence sur lui, c'est même là sa caractéristique principale.

La diphtérie, en atteignant l'accommodation, ne produit donc pas des troubles pupillaires qui seraient « l'inverse du signe d'Argjll-Robertson » ; elle donne une paralysie de l'accommodation, et cette paralysie ne se manifeste que subjectivement, par un trouble de la vision rapprochée (lecture) : jamais par un changement dans les contractions pupillaires.

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