II. FOIX
le genou ce qui entraîne dans sa position étendue la flexion de la hanche) en gardant le pied allongé. Quoiqu'il comprenne parfaitement mon ordre, il est incapable de l'effectuer. Tous les mouvements de la synergie sont solidaires et il y a par conséquent à la fois : 1° conservation du mouvement automatique alors que le mouvement volontaire est supprimé ; 2° impossibilité de dissocier par la volonté les éléments de la synergie d'ensemble.
Le phénomène de Strumpell, le signe de Neri sont des variétés de eette syneinésie de raccourcissement, ainsi que la flexion combinée de la cuisse et du tronc décrite par M. Babinski.
Une démonstration identique pourrait être faite en ce qui concerne la syneinésie (rallongement, la syneinésie d'allongement croisée, identiques au réflexe d'allongement et aux réflexes d'allongement croisé. Nous n'y insisterons pas, non plus que sur les syncinésies du membre supérieur, dont la plus caractéristique est le phénomène des doigts de Souques.
Nous pensons qu'il faut faire également rentrer dans ce cadre le phénomène de Hoover ou de l'opposition complémentaire, le phénomène de Grasset et Gaussel et les deux phénomènes de Raimiste (abduction et adduction associées).
Mais le point sur lequel je désire surtout attirer votre attention, c'est l'identité des synergies que réalisent les syncinésies de coordination et les réflexes d'automatisme. Nous retrouvons ici le raccourcissement, l'allongement, l'allongement croisé... Or ces synergies, nous avons appris à les reconnaître. Ce sont les synergies primordiales des membres inférieurs, en rapport avec le fonctionnement automatique delà moelle libérée. Ce sont les synergies de l'automatisme médullaire, et les syncinésies de coordination ne sont autre chose que des mouvements conjugués d'automatisme, des syncinésies d automatisme médullaire.
Elles existent normalement, et se marient alors harmonieusement au mouvement volontaire. Ce n'est que par une volonté réfléchie que nous pouvons les empêcher de s'associer au mouvement principal, en déterminant un mouvement différent de la synergie essentielle.
Elles s'exaltent pathologiquement et le malade devenant alors incapablede les empêcher d'accompagner chacun des mouvements qui fait partie de la synergie d'ensemble, celle-ci esi exécutée chaque fois en totalité.
Ainsi donc-, même normalement, l'automatisme îles centres inférieurs se marie harmonieusement à l'exercice de là motilité volontaire, et c'est
cette activité latente que met en lumière et qu'hypertrophie la libéraration des centres inférieurs par les lésions de la voie centrale non seulement dans les mouvements purement réflexes, mais dans ce qui reste de mouvements volitionnels.
. Il serait intéressant de voir les rapports de ces syncinésies d'automatisme médullaire avec les automatismes plus haut placés tels que ceux que révèlent les mouvements conjugués de la tête et des membres (phénomène de Magnus et de Kleyn) ; intéressant aussi d'étudier les rapports de l'automatisme des réservoirs (Goltz, M. Souques) avec l'automatisme de la moelle.
Mais le temps presse, avançons.
3° Contracture d'automatisme médullaire. — C'est à mon maître Brissaud, dont la mort prématurée fut un deuil pour la neurologie française, que revient l'honneur d'avoir étudié le premier les contractures en flexion ; mais c est M. Bahinski qui le premier en a établi toute l'importance en montrant qu'elles avaient une séméiologie, une signification pathologique complètement différentes des contractures en extension.
C'est en effet au sujet des paraplégies en flexion que M. Babinski a établi une distinction entre les contractures tendinéo et cutanéo-réflexes qui marque une date dans l'histoire des contractures.
Nous ne chicanerons pas ici M. Babinski sur le mot plus ou moins heureusement choisi de cutanéo-réflexe. Il est évident que cette contracture n'a rien de cutané, puisque les réflexes qui la caractérisent peuvent être aussi bien provoqués par l'excitation de la sensibilité profonde que parcelle de la sensibilité superficielle. Il n'en est pas moins vrai que la contracture en extension est avant tout caractérisée par l'exagération des réflexes tendineux et la faible intensité des réflexes d'automatisme encore appelés de défense. Tandis que la contracture en flexion est caractérisée non seulement par l'exagération considérable des réflexes d'automatisme, mais encore par la diminution ou l'abolition des réflexes tendineux.
A cette différence de séméiologie répondent des différences profondes d'étiologie, de pronostic, de signification physiologique.
Voici une malade qui présente précisément cette contracture en flexion. Considérons-la un instant. Nous voyons tout d'abord quelle est son attitude. Ses jambes sont ramassées vers elle. Examinons-la de plus près. C'est une attitude de raccourcissement. Et ce raccourcissement comporte le triple retrait seginentaire que nous avons déjà deux fois