CH. FOIX
rencontré : flexion du pied sur la jambe, de la jambe sur la cuisse, de
la cuisse sur le bassin.
Poursuivons plus loin notre étude. Les réflexes rotuliens sont faibles, il n'y a pas de clonus du pied. Par contre, ses réflexes d'automatisme sont très faciles à provoquer: voici le phénomène des raccourcisseurs, une ébauche de réflexe d'allongement, un réflexe partiel d'allongement croisé. C'est bien la dissociation décrite par M. Babinski.
Comment peut-on interpréter cette séméiologie d'abord, cette attitudc ensuite ?
En ce qui concerne les réflexes d'automatisme, leur intensité implique une libération de la moelle inférieure. C'est là un fait qui n'est pas sans importance, car il indique en général des lésions plus profondes que celles qui s'accompagnent de contracture en extension. On voit assez souvent la contracture en flexion se substituer à la contracture en extension. Pendant quelque temps alors il y a lutte entre les deux tendances et les deux réflectivités. Toujours la victoire de la flexion implique une aggravation de l'état du malade.
Y a-t-il seulement libération de la moelle ? N y a-t-il pas en outre irritation, exaltation de l'automatisme médullaire? C'est une chose que, pour ma part, je crois, mais il est difficile d'en donner la preuve.
La diminution des réflexes tendineux peut s'interpréter de plusieurs manières. En réalité, il est probable qu'elle fait partie de ces phénomènes d'inhibition dont je n'ai pas eu le temps de vous parler au début. Quand sur un malade présentant du clonus du pied ou de la rotule, on provoque l'un de ces clonus et qu'ensuite on excite la sensibilité superficielle ou profonde de façon insuffisante pour provoquer un réflexe d'automatisme, on voit cependant s'arrêter le clonus. Ainsi donc le premier effet de l'excitation de l'automatisme médullaire est l'inhibition de la réflectivité tendineuse. Il n'est donc pas étonnant devoir disparaître cette réflectivité chez des malades chez qui l'automatisme est exulté à un haut degré. Parfois même le choc du marteau sur le tendon rotûlien provoque non la contraction du quadriceps, mais le phénomène des raccourcisseurs. Cette interprétation des faits n'est probablement pas à elle seule suffisante, elle doit à peu près certainement entrer en ligne de compte dans la diminution des réflexes tendineux.
Quant à la contracture en flexion elle-même, son aspect indique quelle en est la pathogénie. Elle n'est autre chose, en effet, qu'un phénomène des raccourcisseurs fixé.
Il est donc naturel par conséquent de lui attribuer la même patho-
génie. Et puisque le phénomène des raccourcisseurs exprime l'automatisme médullaire, la contracture en flexion deviendra ainsi la contracture d'automatisme.
Tout cadre d'ailleurs avec cette interprétation des faits : l'intensité des réflexes d'automatisme, l'importance en général des lésions qui déterminent la contracture en flexion, le fait qu'il s'agit habituellement de compressions agissant sur l'ensemble de la moelle et non pas sur tel ou tel faisceau, excitant même vraisemblablement le segment médullaire sous-jacent à la lésion. Enfin, dans quelques cas de section complète, M. Lhermitte a vu un certain tonus réapparaître, et ce tonus avait une tendance à réaliser une altitude en flexion.
La contracture en flexion devient ainsi la contracture d'automatisme par libération et peut-être excitation du segment inférieur de la moelle. Elle est à séparer complètement de la contracture en extension, sans doute plus strictement pyramidale, puisqu'elle est réalisée par l'Hémiplégie.
Voici sensiblement terminé cet exposé de l'automatisme médullaire. Vous voyez que, comme je vous l'avais annoncé, il possède ses réflexes, ses syncinésies, sa contracture. Nul doute que les progrès de la physiologie pathologique ne les mettent en lumière pour chacun des autres automatismes.
Permettez-moi maintenant, avant de m 'arrêter, d'aborder quelques derniers points relatifs à notre sujet. Je désire éviter, en effet, toute confusion dans vos esprits.
Quelques auteurs, discutant les idées que je viens d'exposer et qui sont celles de M. Pierre Marie et les miennes, nous ont involontairement attribué des opinions qui ne sont pas les nôtres.
C'est ainsi qu'on nous a fait dire qu'il existait sans doute dans la moelle des centres fonctionnels spécialisés, et notamment un centre de la marche. Nous ne l'avons jamais pensé Nous ne croyons pas à l'existence d'un centre médullaire de la marche. Ce qui est médullaire, c'est l'association habituelle d'un ensemble de mouvements réalisant une partie de l'automatisme de marche. A cela les centres connus et leurs relations cordonales suffisent.
On nous a fait dire encore que la marche est une fonction exclusivement médullaire. Nous ne le pensons pas non plus. Nous pensons même le contraire. La moelle concourt à la marche en réalisant ses synergies primordiales, mais elle ne suffit pas à l'assurer, tout au moins chez les vertébrés. Ainsi que l'indiquent les expériences physiologiques, il y faut encore de façon certaine l'action associée du cerve-
CONPÉR. NEUnOL. 26