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LES RÉFLEXES TENDINEUX ET CUTANÉS

Leur étude est très importante : ils ont dans l'état de mal un caractère fondamental, c'est leur variabilité d'un moment à l'autre, et aussi selon la phase de l'évolution delà maladie.

Ceux qu'on recherche le plus souvent sont évidemment les réflexes rotuliens et les réflexes acbilléens. Or un exemple montre bien la variabilité dont nous parlons :

Une de nos malades en état de mal à 10 heures 1/2 du matin, a une abolition des réflexes rotulien etachilléen, incontestable; à 10 h. 45, nous revoyons la malade, toujours avec M. Pierre Marie : les réflexes rotulien etachilléen ont réapparu très nettement. Il faut noter que ces modifications des réflexes n'étaient pas liées à un état pathologique de la tonicité musculaire, qui était restée sensiblement la même d'un moment à l'autre.

D'une façon générale, aussitôt après la crise, les réflexes tendineux sont vifs.

Quant au réflexe radial, il nous a paru particulièrement fragile au cours de l'état de mal épileptique ; il est souvent impossible de l'obtenir, alors que les réflexes rotulien et achilléen existent très nettement ; même lorsque ce réflexe radial est vif nous ne l'avons jamais vu subsister dans la supination, contrairement à ce qu'on observe sou«

vent lorsqu'il s'agit de troubles réflectifs d'ordre pyramidal.

Une de nos observations montre bien la variabilité des réflexes tendineux à la suite de la crise d'Epilepsie.

Aussitôt après les phénomènes convulsifs, les réflexes rotulien et aeliilléen sont très vifs : une minute après, on ne les obtient qu'avec les plus grandes difficultés, et très faibles ; deux minutes plus tard (trois minutes par conséquent après la fin de la crise) on les obtient très facilement. Il semble donc qu'il y ait bien eu dans ce cas un phénomène d'épuisement passager qui s'est produit au moment optimum, c'est-à-dire une minute environ après la fin des phénomènes convulsifs.

Jusqu'à présent, nous n'avons eu en vue que des troubles passagers de la réflectivité tendineuse. Lorsque ces troubles deviennent permanents, nous pensons qu'il y a lieu de réserver beaucoup le pronostic.

Que les crises deviennent ou non subintrantes, on observe en effet à la période terminale de l'état de mal une abolition complète ou une extrême faiblesse des réflexes tendineux ; ce symptôme, qui précède quelquefois de 24 heures l'issue fatale, paraît donc avoir une signification pronostique des plus fâcheuses et traduit un état d'épuisement complet des centres nerveux.

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