‹ Questions neurologiques d'actualitéChapitre 24 sur 153 · DIAGNOSTIC POSITIF · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC POSITIF

Etude du liquide céphalo rachidien. — Nous ne reviendrons pas sur les caractères cliniques essentiels qui permettent de poser le diagnostic ferme de tumeur cérébrale ; ce sont, comme nous l'avons dit, avant tout

les signes généraux, et parmi ceux-ci la stase papillaire, signe objectif et qui renseigne, jour par jour, sur les progrès du mal. Et cependant il faut le reconnaître, dans quelques cas, exceptionnels il est vrai, la stase peut manquer jusqu'au dernier jour.

Il est à l'heure actuelle des méthodes complémentaires d'examen, méthodes de laboratoire qui dans les cas douteux viennent apporter leurs précisions à un diagnostic hésitant : ce sont les données de l'analyse de liquide céphalo-rachidien et la radiographie.

La ponction lombaire a été considérée pendant longtemps et à juste titre comme fort dangereuse chez un malade atteint de tumeur cérébrale; on a signalé de nombreux cas de mort subite au cours de la ponction ou dans les heures qui suivent la ponction. La gravité de la ponction lombaire clans bien des cas de tumeur cérébrale ne saurait être discutée, mais nous devons ajouter qu'en prenant certaines précautions on réduit au minimum les dangers de cette intervention, et notre expérience est basée sur plusieurs centaines de ponctions lombaires faites dans ces conditions.

On aura soin de mettre le malade dans le décubitus horizontal plusieur heures avant la ponction. La ponction sera faite dans le décubitus latéral, avec une aiguille aussi fine que possible dans laquelle on laissera le mandrin, ce qui évite l'écoulement trop rapide du liquide. On ne retirera pas plus de 6 centimètre cubes de liquide, quantité suffisante pour les examens.

Les renseignements fournis par la ponction sont de premier ordre : la pression du liquide, mesurée à l'aide du manomètre de Claude, est dans l'immense majorité des cas fortement augmentée, sauf dans certains cas de tumeur du cervelet ou du 4° ventricule où il se produit vraisemblablement une sorte de blocage du trou occipital. C'est sans doute dans de tels cas que la ponction faite sans les précautions que nous avons indiquées peut donner des accidents mortels par engagement des amygdales cérébelleuses dans le trou occipital et véritable écrasement du bulbe (on peut se rendre compte de la réalité de cette action mécanique à l'autopsie des tumeurs de la fosse cérébrale postérieure).

L'analyse chimique et cytologique montre d'une façon à peu près constante une dissociation albumino-cytologique, c'est-à-dire une augmentation considérable du taux de l'albumine et une lymphocytose nulle ou très minime. Le taux de l'albumine oscille entre 0,50 centigrammes et 1 gramme et plus par litre; assez souvent on observe une légère xanthochromie du liquide,

D'une manière générale, on peut dire que l'hyperalbuminose évolue

i; eu. en 1 11: il \

parallèlement à la stase, mais que souvent elle la précède. C'est donc, dans les cas observés au début, une recherche du plus haut intérêt (1)

La radiographie telle qu'elle est pratiquée couramment donne généralement fort peu de renseignements, saut' dans les cas fort rares de tumeurs calcifiées, de psammomes ; dans les cas de tumeurs, de la base OU de la convexité avec destruction de l'os au voisinage de la tumeur, ce qui est d'ailleurs exceptionnel, le cliché radiographique peut fournir des indications de première valeur sur le siège du néoplasme.

Par contre, grâce à un procédé personnel de radiographie stéréoscopique, le D' Chabry a pu, dans un très grand nombre de cas de tumeurs cérébrales du service du professeur Pierre Marie à la Salpêtrière, rendre visible sur le cliché stéréoscopique la tumeur elle-même, en particulier dans les cas de tumeurs de l'angle ponto-cérébelleux, et dans de nombreux cas l'intervention chirurgicale vérifia l'exactitude du diagnostic clinique et radiographique. Cette méthode encore inédite fera l'objet dune communication ultérieure, elle est appelée à rendre les plus grands services au moment de l'intervention chirurgicale.

Page 1