GUSTAVE ROI SS
doigts du côté droit. Ces mouvements irréguliers, arythmiques, consistent surtout en flexion et extension alternative du pouce sur les autres doigts ; puis en extension, flexion, abduction et adduction des quatre derniers doigts. L'avant-bras est lui aussi animé de mouvements d'extension de flexion sur le bras. Ces mouvements, assez lents, ail'eetent plutôt le type athétosique que choréique.
L'ataxie est nette à droite, au membre inférieur comme au membre supérieur.
Comme chez notre premier malade, il existe ici des troubles moteurs d'ordre automatique tout à fait analogues à ceux précédemment décrits : syntonies d'automatisme particulièrement nettes dans la marche et contrastant avec une hypotonie à l'état de repos. Enfin notons que la force musculaire est égale des deux côtés. Cette malade présente encore des troubles vaso-moteurs et thermiques ; la main est plus froide que la main gauche : à la face dorsale de la main droite, 26° ; à la main gauche, 28°8.
L'épreuve du bain froid à 15" pendant 10' donne :
10' après à la main droite : 16°2 ;
10' après : à la main gauche : 18"6 ;
30 après : à la main droite : 17°2 ;
30 après : à la main gauche : 19"9.
Une courbe représentant les températures axillaire droite et gauche, la température ambiante, prise deux lois par jour, montre 1 instabilité thermique considérable de cette malade. D une façon générale la température de 1 aisselle droite est de 1/2 degré au-dessous de 1 aisselle gauche. Mais quelquefois la formule est inversée.
Ces deux malades présentent l'un et l'autre un type schématique de syndrome thalamique.
Ce syndrome est caractérisé, ainsi que je l'ai défini avec M. Dejerineen 1906, par les signes suivants :
1" Une hémiplégie légère habituellement sans contracture et rapidement régressive.
2" Une hèmianeslhèsie superficielle, persistante, à caractère organique, pouvant être, dans certains cas, remplacée par de l'hyperesthésie cutanée, et s'aeeompagnant toujours de troubles marqués et persistants des sensibilités profondes.
3° De ihémiataxie légère et de Yastéréognosie plus ou moins complète.
4° Des douleurs vives du côté Hémépligié, persistantes, paroxystiques, souvent intolérables et ne cédant à aucun traitement analgésique.
5° Des mouvements choréoathélosiques dans les membres du coté paralysé.
Tels sont les différents symptômes qui, par leur réunion, permettent d'affirmer l'existence d'une lésion intéressant le thalamus.
Cette lésion est localisée en un point particulier de la couche optique; elle intéresse le noyau externe dans sa partie postéro-externe, une partie des noyauxmédian et interne; ainsi que le Fragment correspondant de la cap-
suie injterne. Ce tableau symptomatique constitue, disions-nous àcstte époque, — par la réunion de ses différents signes, un nouveau syndrome qui doit prendre rang dans la nosologie : le syndrome thalamique.
Depuis cette époque, un grand nombre de cas semblables ont été publiés et sont venus confirmer entièrement nos recherches, si bien que le syndrome thalamique est aujourd'hui classique. Successivement "VVinkler et Van Londer d'Amsterdam, Haskowec (de Prague), Head et Gordon-Holmes en Angleterre, puis Mills en Amérique ont rapporté des cas de syndrome thalamique suivis d'autopsies.
Reprenons avec quelques détails l'étude analytique des principaux signes de ce syndrome.
Si j'en juge d'après ma propre expérience, sa fréquence n'est pas très grande. C'est tout au plus si, dans les grands services des hospices de vieillards où les hémiplégiques sont si nombreux, on compte deux, trois ou quatre malades atteints de syndrome thalamique. Le début se fait habituellement sans grand fracas, sans perte de connaissance, car il s'agit d'une lésion centrale n'atteignant pas la corticalité.
Les troubles moteurs en tant que troubles d'ordre paralytiques sont réduits au minimum : au début, très légère hémiparésie qui rapidement s'atténue pour disparaître même complètement. Quand ils existent, ils intéressent surtout la face sans s'accompagner de troubles de la mimique émotive, contrairement à l'opinion de Bechterew et Nothnagel. Le domaine du facial supérieur reste intact. La langue n'est pas déviée, mais elle peut l'avoir été au début, ainsi que le voile du palais. Le réflexe pharyngé est normal.
Les membres supérieurs ou inférieurs sont également fort peu touchés dans leur motilité et leur atteinte n'est que transitoire mouvements actifs relativement conservés, hypotonicité et diminution de la force musculaire, absence de trépidation épileptoïde sont les signes habituels dune hémiplégie légère ou en voie de régression. Les mouvements associés ou syncinétiques peuvent, dans certains cas, être particulièrement nets.
L'hémichorée et Yhémiathétose se retrouvent dans la plupart des observations. Ce n'est pas la grande hémichorée qu'on observe ici, mais de petits mouvements dans les extrémités des membres, localisés surtout au niveau des doigts et de la main. Tantôt ces mouvements revêtent le caractère désordonné de la chorée, tantôt ils prennent l'aspect lent et vermiculaire de l'athétose.
h'hémitremblement fait complètement défaut.