‹ Questions neurologiques d'actualitéChapitre 44 sur 153 · SES RAPPORTS AVEC LE SYNDROME PARKINSONIEN · texte numérisé non relu

SES RAPPORTS AVEC LE SYNDROME PARKINSONIEN

POST-ENCÉPHALO-LÉTHARGIQUE

Messieurs,

Il y a un peu plus d'un siècle que Parkinson a décrit la maladie qui porte son nom, et il y a soixante ans que CharcotetVulpian ont tracé de là paralysie agitante une description symptomatique presque achevée. Cependant, nous ignorons encore le substratum anatomique et la cause de cette mystérieuse affection. Les recherches anatomo-pathologiques de ces dernières années ont pourtant tenté de résoudre l'énigme, en essayant de localiser la lésion delà paralysie agitante au niveau des régions striée, sous -optique et pédonculaire. D'autre part, l'épidémie récente d'encéphalite léthargique, en créant de toutes pièce une floraison de syndromes parkinsoniens, a appelé l'attention sur le rôle des infections dans l'étiologie de la paralysie agitante. Les travaux qui ont surgi de tous les côtés me semblent avoir jeté quelques clartés sur ce sujet. Mais l'énigme est loin d'être résolue, et la question des lésions et des causes de la maladie de Parkinson est encore toute remplie d'obscurités et d'incertitudes. Je me bornerai à exposer l'état actuel de nos connaissances sur ces deux points, et je terminerai par l'étude des rapports de la paralysie agitante avec l'encéphalite dite léthargique.

Les travaux tout récents de J. Ramsay Hunt et de Trétiakofl" ayant placé le siège de la paralysie agitante soit dans le (jlobus pallidus, soit dans le locus niger, il est indispensable de rappeler brièvement l'anatomiedu corps strié, ses connexions avec les organes voisins, et sa physiologie.

i. soi ni i:s

Les livres classiques nous enseignent que le corps strié se divise en deux parties : le 1101/1111 caudé el le noijau lenticulaire ; que ce dernier se subdivise à son tour en trois segments : l'un, externe, qui forme \eputanien, les deux autres, internes, qui dans leur ensemble composent le globiispallidus. Eh bien, il Faut faire table rase de ees notions classiques. Cette division et cette subdivision sont artificielles. En réalité, [çcorps strié se compose de deux parties, distinctes par l'embryologie et la structure : lune, constituée par le globtis pallidus ; l'autre, par le putamen et te iiDinm caudé réunis.

L'anatomie comparée montre (pie le globus pallidus apparaît dans la série animale bien avant le putamen et le noyau caudé. Tandis (pie ceux-ci n apparaissent (pie cbez les reptiles, le premier est déjà tics développé chez les poissons. Pour celte raison, R. Hunt donne au globus pallidus le nom de paleostrialum, et au putamen et au noyau caudé celui de neostriatum. Ces deux termes correspondent le premier au pallidum, le second nustriatum de (). et C. Vogt.

Distincts par l'anatomie comparée, le paleostriatum et le neostriatum le sont encore par la structure cellulaire, comme l'ont montré les travaux de M. et M'm Dejerine, de C. et O. Vogt, de Kinnicr Wilson, de .1. Ramsay Hunt. Le globus pallidus renferme une seule espèce de cellules nerveuses : volumineuses, fusiformes ou multipolaires, à grand cylindraxe, répondant au type 1 de Golgi, semblables à celles de la zone motrice de l'écorce cérébrale et des cornes antérieures de la moelle Le putamen et le noyau caudé renferment, au contraire, deux espèces de cellules : les unes, de beaucoup les plus nombreuses petites, étoi* lées ou polygonales, à court cylindraxe, répondant au type II de Golgi; les autres, assez rares, semblables à celles du globus pallidus, appartenant au type I de Golgi, et formant avec celles du globus pallidus le si/stéine pallidal de R. Hunt.

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