HUITIÈME CONFÉRENCE
M. le D' L. BABONNEIX
Médecin de l'hospice Debrousse.
LES ENCÉPHALOPATHIES INFANTILES
Messieurs,
Longtemps, les encéphalopathies infantiles ont fait songer à ces terres mystérieuses dont, sur les anciennes cartes, on laissait en blanc l'emplacement, à moins que l'on n'y inscrivît le traditionnel^ : Hic
sunt leones Elles ont, ensuite, suscité de mémorables recherches, au
premier rang desquelles il faut citer celles deBrissaud, sur la Maladie de Little, de Freud, sur les Paralysies cérébrales infantiles, du prof. P. Marie, sur l' Hémiplégie spasmodique infantile. Mais, jusqu'à ces dernières années, nul ne s'était donné la peine de les rapprocher, de les comparer, de les grouper. Elles avaient des annales, et n'avaient point d'histoire. Les Traités s'ingéniaient à fragmenter leur description. Ne pouvait-on, dans l'un des meilleurs, voir les Scléroses cérébrales s'encastrer entre les Hémorrhagies et les Tumeurs, Y Anencéphalie frayer avec les Troubles du langage, Y Hydrocéphalie servir, en quelque sorte, de préface à la Sclérose en plaques ?
A ces dissociations systématiques, chères aux histologistes, à ces tentatives de morcellement, aimées des chirurgiens, nous avons, M. le prof. Hutinel et moi, tenté de substituer une autre méthode d'étude. A l'analyse, nous avons voulu préférer la synthèse, aux étroites vues de détail, les larges conceptions d'ensemble. Ce sont ces conceptions que je vais avoir l'honneur de vous exposer aujourd'hui.
Sous le vocable heureux iY encéphalopathies infantiles, il est classique, depuis Brissaud, d'englober tous les troubles nerveux déterminés par une lésion capable de troubler le développement du cerveau. Cette lésion doit donc :