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COMMENT DOIT-ON TRAITER LES GOITRES EXOPHTALMIQUES

Cette question doit être posée, puisqu'elle est le corollaire pratique de cette conférence.

Alors que le diagnostic de goitre exophtalmique est certain chez, un malade, le point essentiel, avant d'indiquer un traitement, est d'en préciser la variété. Il faut palper avec soin le corps thyroïde, examen facile en apparence, difficile en réalité. Avant d'admettre l'existence d'un kyste thyroïdien, par exemple, il faut examiner le malade longuement, car il existe souvent, à l'examen digital, de fausses sensations de rénitence ; on croit sentir un kyste qu'on ne retrouve pas à un Second examen et tpii s'évanouit lors de l'intervention.

Ces causes d'erreur évitées, plusieurs cas peuvent se présenter'

1° Le goitre est consistant, cirrhotique, lobule, quelquefois ficelé J il faut penser à an syndrome d'origine syphilitique tertiaire 11 faut alors rechercher dans les anamnestiques s'il existe une infection possible, exa* miner l'aorte à la percussion, à fauscultation et à la radioscopie, interroger les réflexes tendineux, pratiquer une- réaction tic Wassermann.

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Il ne faut point négliger le traitement d'épreuve, injections intraveineuses de cyanure d'hydrargyre ou d'arsénobenzol à doses modérées. Il sera la meilleure démonstration de la nature de la malade. Le traitement par l'iodure de potassium peut aussi servir de pierre de touche ; dans quelques cas il nous a donné des résultats inattendus, alors qu'il était appliqué avec une certaine prudence, par crainte d'une aggravation due à l'action de l'iode. Cette variété est justiciable du traitement antisyphilitique habituel.

2° Le goitre est-il kystique? Il se rencontre alors chez des originaires de région goitrigène ; la tumeur existe depuis longtemps, elle a subitement grossi ; le syndrome basedowien a apparu progressivement.

Le traitement d'emblée est le traitement chirurgical, le kyste constituant l'épine irritative, cause du syndrome.

3° Le goitre est-il vasculaire ? Deux cas peuvent se présenter.

A. Le goitre est peu volumineux, avec des battements peu marqués à symptomatologie discrète. Son origine demande à être précisée. Apparaît-il au voisinage de la période pubérale ou chez une femme jeune, insuffisante ovarienne aux règles peu abondantes, inégalement espacées? Il faut recourir à l'opothérapie ovarienne longtemps prolongée. La tumeur thyroïdienne survient-elle à la ménopause ? La même médication peut être employée ; mais ici un examen gynécologique minutieux s'impose : il révélera souvent l'existence d'une tumeur fibreuse, d'une salpingite, d'une lésion utéro-ovarienne qui doit être traitée avec soin. Ces formes discrètes peuvent s'observer dans les périodes peu avancées delà syphilis (basedowisme secondaire), dans la tuberculose, dans les syndromes d'origine infectieuse.

Le traitement delà cause locale ou générale est indispensable. Au point de vue symptoma-tique, l'hémato-éthyroïdine, les humeurs d'animaux éthyroïdés ont une influence heureuse ; le salicylate de soude compte des succès à son actif. Beaucoup plus inconstante est l'action de la quinine. Si ces moyens sont insuffisants, il faut s'adresser à la radiothérapie.

B. Le goitre est volumineux, vasculaire, turgide et pulsatile ; il faut avoir recours d'emblée à la radiothérapie (Béclère), qui constitue le traitement de choix, en diminuant l'activité des éléments cellulaires hvperplasiés. Deux méthodes sont en présence, celle des faibles intensités fréquentes et répétées, celle des intensités fortes et plus rares ; il ne faudra jamais négliger d'irradier la région thymique en même temps que la région thyroïdienne.

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