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IMMOBILITÉ PUPILLAIRE

(Fixité, rigidité des pupilles.)

On rencontre des pupilles complètement immobilisées à des degrés variables de dilatation, plus souvent dans un état de dilatation moyenne. La pupille s'est pour ainsi dire fixée, figée, dans cette position d'inertie. Aucun mouvement ne se produit sous l'influence de la lumière ou de l'accommodation, ni constriction ni dilatation. Ces pupilles sont souvent déformées ; le bord pupillaire n'est plus parfaitement circulaire, il est un peu ovalaire ou polycyclique, sans pointes aiguës comme dans les synéehies de l'iritis. Ces déformations de la pupille viennent d'altérations dans la structure de l'iris.

Cette immobilité pupillaire se distingue de la mydriase paralytique. Celle-ci résulte d'une paralysie du sphincter de l'iris; la pupille est bien immobile à toutes les excitations, mais elle l'est du seul fait de la paralysie sphinctérienne, l'iris n'est le siège d'aucune altération de structure, il est intact ; et, si le filet nerveu\ irido-moteur se régé-

nère, la motilité pupillaire revient, complète. D'ailleurs, on ne voit jamais, dans la simple paralysie, la déformation pupillaire qui est habituelle dans l'immobilisation pupillaire.

L'immobilisation pupillaire s'accompagne donc d'altérations de la substance même de l'iris ; et l'on comprend que la fixité, la rigidité qui en résultent soient définitives puisqu'elles proviennent d'un changement dans la structure même de l'iris.

Je n'ai pas besoin de faire remarquer la grande différence qui existe entre le signe d'Argyll-Robertson et l'immobilisation pupillaire.

L'iris qui présente le signe d'Argyll-Robertson a conservé sa souplesse et son élasticité, puisqu'il se contracte quand l'œil regarde de près, et se dilate quand l'œil regarde au loin. Il estintactdansle signe d'Argyll- Robertson, tandis qu'il présente des lésions indéniables dans l'immobilisation pupillaire ; le signe d'Argyll-Robertson est un trouble purement nerveux siégeant sur l'arc réflexe photomoteur. C'est donc une erreur de dire qu'un œil présente le

Signe d'Argyll-RobertSOn quand Fig. 2. - /Hn'.s- (photographie). La pupille est irré-

i .ii i -i. , . gulière, déformée, mal limitée sur les bords. L œil est

la pupille, immobilisée, ne rea- d'ailleurs rouge, enflammé. On voit autour de la

tfît ni ô In lmniprp ni -i l'nr- cornée un anneau de vascularisation perikératique,

glt, ni a la lUllliere, ni a I ac ainsi que des vaisseaux nombreux cheminant sur la

COmmodation surface blanche du globe oculaire.

Valeur séméiologique. — Une immobilisation pupillaire complète d'ailleurs différente de celle que je viens de décrire, peut se rencontrer dans certaines affections du globe oculaire.

Le glaucome, à une période avancée de son évolution, donne une dilatation pupillaire avec perte de tous les mouvements de l'iris ; souvent même, il existe une déformation du bord pupillaire qui devient régulièrement circulaire ; de plus, on note d'ordinaire, en même temps, un changement d'aspect de l'iris qui témoigne d'une altération dans sa structure. Il existe toujours, en ce cas, des signes de glaucome évidents, même pour le médecin non spécialisé.

Dans Viritis (fig. 2), le bord pupillaire peut présenter dans toute ou presque toute son étendue, des adhérences au cristallin ; la pupille se

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trouve ainsi fixée, incapable de se rétracter ou de se dilater. Mais, en ce cas, des signes particuliers permettent de reconnaître Facilement que l'iris est simplement retenu par des adhérences inllammatoires.il existe ou il a existé peu de temps auparavant une inflammation du globe ; les adhérences du bord pùpillaire se voient à la simple inspection ; fréquemment, le champ pùpillaire est le siège de petites taches, exsudats de l'iris D'ailleurs, il est souvent facile de constater que l'iris n'a pas perdu sa mobilité ; si on fait l'éclairage de l'œil, le bord pùpillaire adhérent reste bien immobile, mais l'iris bouge, on voit à sa surface apparaître des contractions fibrillaires au moment où la lumière frappe

l'œil. Enfin, si on soumet l'œil à l'épreuve de l'atropine, on voit, dans l'immobilisation d'origine nerveuse, la pupille se dilater, tandis qu'elle reste étroite dans l'adhérence par iritis. Si elle se dilate dans l'iritis, c'est d'une façon irrégulière et seulement dans les endroits où le bord de l'iris n'est pas attaché au cristallin ; la pupille prend alors un aspect . , , irrégulier avec des pointes ren-

r'8- o — Mydriase traumatique (photographiée La .

pupille est dilatée et on perçoit sur le bord pùpillaire trailtcS aillUVeaudeS SVlléehieS de petites encoches qui sont des ruptures de l'iris. /(. ., ,

(fig- !)•

Une immobilisation pùpillaire peut encore se produire à la suite de contusions violentes du globe amenant une rupture du sphincter (mydriase traumatique) ; mais, en ce cas, outre les commémoratifs de traumatisme, il existe d'ordinaire de petites encoches ou incisures sur le bord pùpillaire, marque de rupture (fig. 3).

Il suffit d'être prévenu de ces immobilisations pupillaires dans certaines affections du globe oculaire pour les distinguer facilement des immobilisations pupillaires d'origine nerveuse qui sont indépendantes de toute affection du globe oculaire lui même.

Une immobilisation pùpillaire d'origine nerveuse signifie qu'il existe, à coup sûr, une lésion organique (\i\ système nerveux ; je crois même

qu'on peut ajouter : une lésion nerveuse d'origine syphilitique. Elle a

une valeur égale au signe d'Argyll-Kobertson pour diagnostiquer une lésion nerveuse et sa nature spécifique. Il est rare d'ailleurs qu'elle

existe à l'état isolé ; presque toujours on retrouve facilement d'autres signes de syphilis cérébro-spinale (abolition ou exagération des réflexes, signe de Romberg, douleurs fulgurantes déjà passées, troubles mentaux).

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