‹ Questions philosophiqueChapitre 175 sur 193 · SAINT MATTHIEU · texte numérisé non relu

SAINT MATTHIEU

(2) SAINT PALX.

(3) SAJNT HATTUIEU.

lehie aoeiak, de toute autorité domioâtrioe i de toute ÉMese inégale, de toute la société, enfioi telle que Tout SBée et transformée la succession des sièdes, la socoesaioa i idées.

ITers le but, nous nous rapprochons, mais où tous marchei H arriver par la voie que vous appelez la raison de Dieu« marche et j'arrive par la voie que j'appelle la raison de kMnme*

Diii^ j'arrive, car j'avance, et la preuve que j'avance résulte progrès accompli, du progrès visible qui, sous toutes les mes, se fait jour de toutes parts.

Ce progrès, que j'impute à la raison de l'Hommei l'impu- «S-Tous à la raison do Dieu ?

Vous ne le pouvez pas sans renverser de vos propres mains otel élevé par vos mains i

La raison do Dieu ne saurait être qu'absolue. Elle ne saurait « relative ni progressive. L^univers est tel qu'il l'a créé* U l'a point perfectionné ; il ne la point retouché. Les astres meuvent éternellement dans la même orbite. Ils sont ce 'ils furent. Considéré physiquement et abstractivement» omme n'a |>as acquis, Thommo ne possède pas un organe plus qu'au premier jour de la création. Vous confondez la société avec l'humanité ; moi, je distingue tre l'humanité, qui n'est pas Tieuvre de l'homme, et la >iété, qui est son ouvrage.

L'humanité ne varie pas. Les sièoles attestent que ses lois st immuables et éternelles.

La société varie sans fin. Les siècles attestent que ses lois it aussi éphémères qu'elles sont contradictoires. La raison de rilomme étant relative et se dévdoppant par raisonnement, qu'y a-t-il donc à faire? 11 y a à faire, dans rd re social de la maternité des idées, ce qui se fait dans l'ordre turel de la maternité dos enfants ; il y a à faire de ThoDune être qu'on exerce à raisonner comme on exerce Teofaot à rler. La supériorité oblige au même titre que la maternité. ticonque SArr a pour enfants, dans l'ordre intollactoél, is ceux qui ignorent; il y a à s'efforcer, sans relâche et sans , d'accroître le nombre des hommes qui raisonneati et da ninuar le nombre des hommes qui ne raisonnent pas. De mbien d'êtres qui raisonnent est oiunpoié uo paupla dt

trente-six millions d'ho es», de temÊmm H tmtuk ne compte à peine qu'an être nuaoaaaBt, cooiéfM raisonnable, par mille êtres ne FaiaoaaaBt pat, n U| n'est qu'une nation de trente-six nûDe âmij foat mi de l'expression consacrée. Qu'est-^oe qg'mm konefÉii atteint l'entier développement de ses ftcaUfii plqB|i raisonne pas? Est-ce un homme? Non, et a^cal pu wk moitié d'un homme. C'est moins qu'on homoieqiiai des deux côtés du corps paralysé. La rwâsoÊL foÊÊ gouvernement, sa tâche , ce derrut être de Un m l'instruction de tous ceux qui ignorent le sipoir deta qui ont appris, afin d'avoir pour maltJplicatgT de h lM force nationale le nombre le plus d'hommes méritant véritablement le nom d' dire agissant conformément à leur raison et entièrement développée. La nation, la tuelle, qui se composerait de dix miUions d' form^, serait la première et la plus globe; elle changerait la face du monde! mande, parmi les vingt-deux millions d'hommes al dil dont se compose, en France, la population MfslBMtffl compterait-on d'hommes et de femmes compoaÉl»Mi une population rationnellement majeure, si oo ki ■ par tètes au lieu de les compter par corps?

L'ilotisme intellectuel doit être combattu laas nU qu*à ce qu'il n'y ait plus dans une nation qae èmi gouvernant par leur raison, quelle qu'elle soit* phsfl limitée, plus ou moins étendue; si bornée qa^oakfl elle ira toujours jusqu'à comprendre la liberté alaioi et démontrée par la réciprocité :

Ne tue pas, si tu ne veux pas être tué;

No frappe pas, si tu ne veux pas être frappé;

No vole pas, si tu ne veux pas être volé;

No trompe pas, si tu ne veux pas être trompé;

No calomnie pas, si tu ne veux pas être eal^

No diffame pas, si tu ne veux pas être HîihwO-

Car si tu as tué et qu'on te tue, à qui tes dront-ils ? Quelle raison invoquerontpils?

Car si tu as frappé et qu'on te frappe, à qui te Quelle raison invoqueraa-tu?

LE DROIT Ml

Car si ta as volé et qu'on ie vole, à qai te plaindras-tn? Quelle raison invoqueras-tu?

Car si tu as trompé et qu'on te trompe, à qui te plaindras-lu? Quelle raison invoqueras-tu?

Car si tu as calomnié et qu'on te calomnie, à qui te plain« ins-tn ? Quelle raison invoqueras<tu ?

Car si tu as diflamé et qu'on te diffame, à qui te plainins-tu? Quelle raison invoqueras-tu?

Donc :

Tuer autrui, c'est appeler sur soi le risque d'être tué ;

Frapper autrui, c'est appeler sur soi le risque d'être firappé;

Yoler autrui, c'est appeler sur soi le risque d'être volé ;

Tromper autrui, c'est appeler sur soi le risque d'être trompé;

Calomnier autrui, c'est appeler sur soi le risque d'être calomnié ;

Diffamer autrui, c'est appeler sur soi le risque d'être diffamé.

La réciprocité est à la liberté ce qu'en arithmétique la ^wive est à la règle. La réciprocité est une formule qui peut a^enseigner aussi inefTaçablement et se démontrer aussi rigoureosement que 2 multipliés par 2 égalent 4.

La réciprocité peut se démontrer par un exemple à la portée des enfants les moins intelligents ; prenez une pièce de monnaie et dites-leur : Un homme étant à l'autre ce que le revers est à la face de cette pièce, est-il possible de lancer un cAté en l'air sans y lancer l'autre? — Essayez. — Impossible. — Donc, la réciprocité est inséparable de la liberté.

C'est ce qui distingue le régime de la liberté du régime de la force; la force exclut la réciprocité. Ce qui est inégal ne peut être réciproque.

La réciprocité, c'est la force destitué<! par le raisonnement; c'est la raison à l'état de formule arithmétique; c'est la justice existant par elle-même et prenant son niveau comme le fleuve prend le sien ; c'est Téquité.

Là où les hommes qui raisonnent sont en majorité, les bonmies ne se mangent plus, ne se tuent plus, ne se battent plus ; ilsne se battent encore que là où ils sont en minorité*

Je ne confonds pas la réciprocité avec la fraternité. 11 y a entre elles la différence qui existe entre le calcul et le sentiment.

Or depuis qu'on apprend aux hommes à s*Aimer, il k paraît pas qu'ils aient fait aucun progrès. C'est à peine â ki deux fils de la môme mère se conduisent en frères.

11 en est autrement de Tail qui apprend aux homian à compter. Cet art n'a plus de progi-ès à fidre. II n'est anen problème qu'il ne puisse résoudre, aucune probofaUîté (pi ne puisse mesurer, aucun risque qu'il ne paisse évaluer.

Conséquemmeiit, ce qu'il y a à faire, c'est d'enseigiMri tout enfant à calculer et à raisonner avec lui-même, dètfoU a atteint l'âge de raisonner et de calculer.

Le calcul traduisant tout en risques commence pvle diminuer et finit par les annuler.

Le calcul, cet attribut de la raison de l'Homme, détnâlks effets en s'attiiquant aux causes ; tandis que la morale, ésigéc en attribut de la raison de Dieu, laisse subsister les caoïes cd ne s'attaquaut qu'aux elVets.

La raison de Dieu , telle que vous rinteiprêtez, et teb qu'elle a pri'valu, guillotine le meurtrier, emprisonns k voleur, flétrit le fripon, punit le diffamateur.

La raison de l'Homme, telle que je l'entrevois, et lettr qu'elle prévaudra, s'appliquera à rendre le meurtre, le toL la fraude, la diffamation, si é^idenlmcnt déraisonnables, fM la penséci de tuer, de voler, de frauder, de diflkmer fiun par n'avoir pas plus de chances d'entrer dans le cerveeu d'n homme civilisé que la pensée de rôtir son semblable poorlt manger. Le meurti*e, le vol, la fraude, la diffanutioo ne soit pus moins incompatibles avec la civilisation que TantluoiNh phagio. (i)

Où l'on tue, où Ton se bat, où l'on vole, où l'on trompe, où l'on diffame, c'est que la civilisation n'a enoore difliqié k barbarie qu'iinparfait(îraent.

Ce qu'il faut, c'est étudier le meurtre, le vol, la fraude dans leurs causes, comme on a étudié dans leurs causes les ioùBih

(1) « On \\ apprend pas niix hommes à Atrc honn^tei gens et ob Inr apprt'/ifl lout le reste, i>t cepcnd.inl iU nu tv. piquent de rien taat qw et cela. Aiusi iU ne se piquent du savoir que la feule ohoee ipi'ih a'i fujnt pas. »

PASCAL. Pm^M.

dies par la chute de la foudre, les explosions par la fuite du gaz ou |>ar la pression de la vapeur.

Ce n'est point en fermant les cabarets qu*on détruit l'ivrogaerie : c'est en faisant monter le niveau du bien-être ; le bien-être acquis change les habitudes et en fait contracter de nouvelles. Qui peut aller au café ne va plus au cabaret; qui a un salon ne va pas au café. Vous qui gouvernez, appliquez donc réchelle de la civilisation de teUe sorte qu'un plus grand nombre puisse y monter I

Le jour où il sera reconnu qu'il n'y a moralement ni bien ni mal, qu^il n'y a matériellement que des risques, que peu importe d'être tué par un meurtrier ou par une tuile, noyé |>ar un malfaiteur ou par une vague, visé derrière une borne ou derriôre un canon, blessé par la main d'un homme ou par la corne d*un bo*uf : ce jour-là on ne prendra plus l'ombre pour la proio ; on ne parodiera plus Xercès, faisant chfttler la mer à coups de verges; mais on appliquera à la société les K*gles qu'on applique ù la construction du navire qui doit déflerla tempête, ou de la maison qui doit affronter l'incendie.

Qu'est-ce que h» vol? Si le vol est l'appropriation sans travail du bien que Ton convoite, moins le travail deviendra pénible et plus le vol deviendra rare. On peut donc transformer le vol. Il est Tappropriation par la force ou par la ruse; il piMit devenir l'appropriation par l'activité ou par la supériorité.

I*Ius le vol sera rare, et proportionnellement moins il y aura de ris(]ues de meurtre. Ainsi, l'on voit que tout se tient et sVnchaîiic. quand on remonte des effets aux causes. Hais le? causes, qui les étudie, qui les approfondit?

Vous dites « que le Droit tel que je l'ai déflni n'a ni sanetion ni refuge. «

Jr vous réponds : Il a pour sanction la logique, il a pour refuge la liberté.

Tous diti's <i que la liberté de raisonner entraîne évidemment la liberté de déraisonner, n

Jr vous répcaids : Sans contredit, comme la Hèerté de mœ^ cher entrains la liberté de tomber; mais de ce qae les hommes ont la libf rté de tomber, s'rnsuit-il que tomber eoft ane manière de marcher? VA d*ailleurs, qu'importe qu'un homme déraisonne? S*il déraisonne, la réfutation n'en sera que plos

facile. La victoire restera donc toujours à la raison Mm trée par le raisonnement.

Vous dites : (( La raison étant individuelle , qoel ma] a-t-il pour que Thomme qui raisonne entraine la oli hommes qui raisonnent? »

Je vous réponds : La force étant individuelle, qnd wâ] a-t-il pour qu'un homme étant le plus fort terrasse nui* homme étant le plus faible? Qu'est-ce que la logique, âMi| droit du plus fort transporté dans l'ordre inteUectad?ri0 pu vous répondre encore : La science étant individiA quel motif y a-t-il pour qu'un homme qui sait réduise àfM de son ignorance ou tout au moins au silence rhommetBi sait pas?

Vous dites : « Qui vous autorise à croire que te i** raisonneront comme vous, s'il n'y a pas au-dessus d'etf^ une raison commune, éternelle, divine? o <: Je vous réponds : La preuve que cette raison con*^ éternelle, divine, que vous supposez, n'existe pas, iéi diversité même d'opinions qui divise tous les grands jx0^ de tous les temps. J'ajoute : Est-ce que tous les honui0' besoin de raisonner comme Descartes, pour que li tôf^^ Doscartcs s'impose à eux?

Vous dites « que votre définition est aussi consolui'^ f la mienne est désespérante pour l'humanité; qu'avec n*» faible et l'opprimé peuvent en appeler au jugement à f humain tout entier; car la raison où leur drait estécâ^ chez tous les honmies comme en Dieu. »

Je vous réponds : A quoi sert aux Polonais asseniii' Italiens opprimés, aux esclaves des planteurs américaiBiii serfs des seigneurs russes, aux catholiques penédf* Suède, aux protestants persécutés en Toscane, aux is* exclus du Parlement anglais, d'en appeler « au juge0f^ genre humain tout entier » de Toppression, de la pené^ de l'exclusion qui pèsent sur eux? Cet appel, qu'ils nW0 de faire, les a-t-il délivrés? Finissons-en donc avec grandes phrases. Voulez-vous savoir pourquoi les isé du Royaume-Uni ne tiirdcront pas à se faire ouvrirai battants les portes de la Chambre des communes, coAfl ont déjà réussi à se faire ouvrir les portes des collèges i toraux? C'est qu'en Angleterre le raisonnement est Ubie

raisonnement est libre, Tabsurdité ne Test pins, et j'appelle surdité toute iniquité. En effet, il n'y a pas une iidquité i ne soit une absurdité. Voulez-vous savoir pourquoi les louais et les Italiens ont peu de chances d'être délivrés? rat qu'en Pologne et en Italie le raisonnement n'est pas •re. Que partout le raisonnement soit libre, et nulle part il f aura plus ni faibles ni opprimés ! Toute question ne sera as que le germe d*une solution. Tout obstacle deviendra point ippui sous la pression de ce levier du monde intellectuel. Vous dites a qu'il faut traduire le dnii du plui capable par dnrit du plus roué. »

Je proteste contre cette traduction infidèle , traduction ligne d'une discussion sérieuse. Avais-je donc besoin avec us de préciser ma pensée en ajoutant : le plus capable ionnellêment ou fcîeniifiquement?

Ce qui met entre nous l'immense distance qui sépare le ssé, que j'interroge et que vous personnifiez, de l'Avenir, e je pressens et dans lequel je m'identifie, c'est que vous )ycz, vous, à la possibilité d'améliorer indirectement et pidement la société en améliorant directement l'homme, idis que moi , je crois qu'il n'est possible d'améliorer lircctemcnt et rapidement l'honmie qu'en améliorant direc* nent la société.

Cette double amélioration, directe et indirecte, je l'appelle r les progrès de la civilisation, par les conquêtes de la ence, par le triomphe de la vérité sur l'erreur, sans autres nés que le raisonnement, la démonstration, la persuasion, iridence; je ne rappelle point, je ne l'ai jamais appelée, oiquc vous rinsinuiez, par les voies de la révolution ; et îsque vous avez jugé à propos de terminer votre réponse r l'adjonction du nom de M. Proudhon au mien, je termirai ma réplique en rappelant ici ce que, le 7 juin 1848, je lostais à M. Proudhon : a Ne comptez pas sur moi pour conspirer, jamais la démolition d'aucun gouvernement, mon esprit s*y refuserait ; il n'est accessible qu'à une seule pensée : améliorer le gouvernement établi, le légitimer par le nombre de ses bienfaits, le glorifier par la grandeur de ïes œuvres. » (i)

l) Preise du 7 juin 1^48.

Tont par le raisonnement, rien par la force; tontpirk persuasion, rien par Toppression : teUe a toujours âé, ■ effet, ma règle de conduite, et je ne saurais logiquemota adopter une autre.

Qui a placé le Droit dans le raisonnement, sneGesanaitf élevé à sa plus haute puissance, croit à la force de la logi|i aussi fermement qu'il croit peu h la logique de la force, quelque drapeau qu'elle s*abrite,sous quelque bonnet se cache, sous quelque nom qu'elle se glisse. Les mots m h trompent pas. Aussi n'avez-vous pas réussi à m'alKisff|V ces grands mots : Raison de Dieu.

ff L«t lois, dtni la slgoiflottioa la pVn étendiM, ■ont les rapports BéoMsairat qui dérivent da la natara dot ohoaat ; at dans oa tant tooi laa élf«a ont leara loin ; la DiWnité a aaa lois, la monda matArial a aaa loia, laa intaUigaooaa aopéfiaafta à l'homme ont laora loia, laa bètu ont lava loia, V homme a m» loit. •

MOirmouiKO. Baprtt tf«t /atf.

L'objection à laquelle vous revenez toujours, c'est qu'il y a des lui» «étemelles et absolues qui régissent le monde matérii^l : lois mathématiques, géométriques, physiques. Ett-ee que j*ai jamais nié ces lois? Est-ce que je n'ai pas, au contraire, commencé par les reconnaître et les proclamer en m'exprimant ainsi : « Je vais des lois émanant do la volooté n de l'homme ou des votes d'une majorité aux tois Di Là » FfATURE DFS CHOSES? n Est-cc quo je nie que la terre existe t'I tourne? Est-ce que je prétends que la terre est l'œaTre de l'homme, et que c'est lui qui la met en mouvement? Ce que je nie, c'est ce que vous affirmez quand vous dites qii'i/ y a dei lois étemelles f)Our les sociiris. Soyez donc sincère, soyez donc sérieux, ù mon contradicteur! La loi de l'être pensant, c'est de se mouvoir dans sa raison, comme la loi de chaque astre est de se mouvoir dans son orbite. Quand riiommc s'y meut en toute liberté, il accomplit ainsi la loi de son être. Ce que vous appelez la « raison de Dieu », oelte raÎMin est alors pleinement satisfaite; elle n'exige rieo au drlù! Les I()i> ih* l'iiomme sont de procréer des idées dans

l'ordre intellectael, commô il procrée des enfants duurita charnel. Ces idées sont ce qu'elles sont; elles detiemuftl qu'elles deviennent. Il y a des enfants qui naissent M t vigoureux ; il y en a d'autres qui naissent infirmai formes. Ceux-ci, heureusement, sont l'exception, il y a des idées justes ; il y en a d'autres qui sont ham faussées. Celles-ci , malheureusement, ne sont pas l'exception, mais elles ne tarderaient pas à l'être si le piflS lisme l'emportait, enfin, sur l'antagonisme de deux ftii»f| n'ont rien de commun : la force matérielle et la force ii^ térielle. La société est à la raison de l'homme s'eierçulff le raisonnement ce que l'effet est à la cause. La niMi Dieu n'a pas plus de motifs d'y intervenir et n'y intariri effectivement pas plus que dans la construction d'une MA d'un navire, d'un chemin de fer. Si le coRstmcteiird*v^ min de fer se trompe dans le calcul de ses courbes et &■ pentes, c'est sa faute, uniquement sa faute ; si le coiulnM d'un navire méconnaît les rapports de la pesanteur et Ak résistance, c'est sa faute, uniquement sa faute; si le coiril* teur d'une maison ne tient aucun compte des régla Ak statique, c'est sa faute, uniquement sa faute. La locitt' un effet ; la raison de Dieu n'est pour rien ni dans h tf dont les pieds des Chinoises sont estropiés, ni dam h If dont la tête des Omagas est aplatie entre deux pluMiM: l'opposé des Scythes, qui allongeaient celles de leonoMt ni dans la façon dont la peau d'un grand nombre de est tatouée ; ni dans la façon dont se mutilent les peo|l*y ont superstitieusement conservé la pratique de la OH^ cision. Que d'innombrables aberrations de ce gesi*' pourrait citer encore I

C'est par l'édifice qui s'écroule qu'on apprend à l'édifice qui ne s'écroule pas; c'est par le navire qaeW*' tempête qu'on apprend à construire le navire qui lui lAW c'est par la machine à vapeur qui fait explosion qu'onq|i^ à construire la machine à vapeur qui n'éclate plni. Û*^ laissez la raison de l'homme se former librement, à • et périls, à l'école de l'expérience par rexpérimentilioii' la raison trouvera ses lois, comme l'astronomie, eoB>*^ physique, comme la géométriOi comme la statique ont M^ les leurs.

n ayant troiiyé ses loisi tontes eee loifi U société

'elle doit être.

té ne sera pins l'empire de la Forée en gaerre vrec e la Raison ; elle sera l'empire de la Raison s'étansiyement, successivement, oniverseUement. EDa ne le combat et la conquête ; elle sera le débat el le

pas sérieusement que tous avez éorit ce que je srire, afin qu'on juge de la valeur de vos aiga-

iroulu que rhomme fût libre. Il n'emi^ie pas satonte-puii* s contraindre d'obsenrer ses lois; mais il vous abandnime à ssance quand vous voulez vous séparer de lui.

ien singulier que cette pensée de la liberté de fbomme, r la toute-puissance de Dieu^ ne soit pas mèine venue à 'écrivain qui porte si haut et si loin Tamour de la Warfé li M. de Girardin était tout-puissant^ ik nous imposerait sa ms dictorait sa loi. Il ne comprend pas un Dieu qui n'écrase torité qui respecte la liberté est tellement en dehors de sa s'écrie : a Ce serait un Dieu qu'il faudrait reléguer parmi les X impuissants ou malfaisants qui ont été successivement iprès avoir été superstitieusement adorés. » Ainsi, M. de tituerait les dieux qui donneraient la liberté. Il ne respecservirait que les dieux imposant leur volonté et dictant leur évélation ! »

ue l'homme est libre de ne pas naître, de ne pas e ne pas marcher, de ne pas manger, de ne pas ae pas dormir, de ne pas se réveiller? Si Dieu a raint les hommes d'obser\'er ses lois dans l'ordre )ourquoi donc se serait-il arrêté à mi-chemin et les lissés libres de ne pas suivre ses lois dans l'ordre l? Vous faites ainsi un Dieu à votre image, c'est-àeu inconséquent, un Dieu qui permet dans l'ordre [ ce qu'il interdit dans l'ordre matériel, un Dieu qui hommes la liberté de blesser sa raison immuable, universelle, mais qui ne leur laisse pas la libertéi ) de mort, de rester une semaine sans boire ni

Tordre intellectael, commô il procrée des enfants dans l'oièi charnel. Ces idées sont ce qu'elles sont; elles devienne&ttt qu'elles deviennent. Il y a des enfants qui naissent saîni H vigoureux; il y en a d'autres qui naissent infirmes oo it formes. Ceux-ci, heureusement, sont rexception. Pareilknoli il y a des idées justes; il y en a d'autres qui sont fansMiai faussées. Celles-ci , malheureusement, ne sont pas enMR l'exception, mais elles ne tarderaient pas à l'être si le pardé* lisme l'emportait, enfin, sur l'antagonisme de deux foreeifâ n'ont rien de commun : la force matérielle et la force inaitérielle. La société est à la raison de l'homme s'exerçant yv le raisonnement ce que l'effet est à la cause. La raisos b Dieu n'a pas plus de motifs d'y intervenir et n*y intermiK effectivement pas plus que dans la constmetion d'une maiM, d'un navire, d'un chemin de fer. Si le constructeur d'nncbmin de fer se trompe dans le calcul de ses courbes ou de m pentes, c'est sa faute, uniquement sa faute ; si le constraelNr d'un navire méconnaît les rapports de la pesanteur etdek résistance, c'est sa faute, uniquement sa faute ; si le eollit^l^ teur d'une maison ne tient aucun compte des règles de b statique, c'est sa faute, uniquement sa faute. La société ctf un effet ; la raison de Dieu n'est pour rien ni dans la bcoa dont les pieds des Chinoises sont estropiés, ni dans b bçoi dont la tête des Omagas est aplatie entre deux plancliei,ft l'opposé des Scythes, qui allongeaient celles de leurs enbali; ni dans la façon dont la peau d'un grand nombre de sannpi est tatouée ; ni dans la façon dont se mutilent les peuples qui ont superstitieusement conser\'é la pratique de la ciicoiicision. Que d'innombrables aberrations de ce genn oi pourrait citer encore !

C*est par l'édifice qui s'écroule qu'on apprend à constfWR l'édifice qui ne s'écroule pas; c'est par le navire que brise II tempête qu'on apprend à construire le navire qui lui résiits: c'est par la machine h vapeur qui fait explosion qu'on appicué à construire la machine à vapeur qui n*éclate plus. laissez la raison de l'homme se former librement, à et périls, h l'école de Texpérience par l'expérimentation, el la raison trouvera ses lois, comme l'astronomie, comme h physique, comme la géométrie, comme la statique ont rs.

^ La raison ayant tronTé ses lois, tontes ses loiS| la société *— "-• ce qu'elle doit être.

'" La société ne sera pins l'empire de la Force en guerre avec ' rampire de la Raison ; elle sera l'empire de la Raison s'éten- ' tfant exolnsiyement, successivement, universellement. Elle ne ' ien plus le combat et la conquête ; elle sera le débat et le ' fngrès.

Ce n'est pas sérieusement que vous avez écrit ce que je Tais transcrire, afin qu'on juge de la valeur de vos arguments :

« Dieu a voulu que rhomme fût libre* 11 n'emploie pas latoule-puiasnce à vous contraindre d'observer ses lois; mais il vous abandonne à voire impuissance quand vous voulez vous séparer de lui.

» n est bien singulier que cette pensée de la liberté de rhomme, respectée par la toute-|)uissance de Dieu, ne soit pas même venue à l'esprit de l'écrivain qui porte si haut et si loin l'amour de la Uberté iilàmtée I Si M. de Girardin était tout-puissant, il nous imposerait sa volonté et nous dicterait sa loi. Il ne comprend pas un Dieu qui n'écrase pss. Une autorité qui respecte la liberté est tellement en dehors de sa sature, qu'il s'écrie : « Ce serait un Dieu qu'il faudrait reléguer parmi les m faux dieux impuissants ou malfaisants qui ont été successivement 9 destitués après avoir été superstitieusement adorés. » Ainsi, M. de Girardin destituerait les dieux qui donneraient la liberté. Il ne respect tarait et ne servirait que les dieux imposant leur volonté et dictant leur loi. Quelle révélation ! »

Est-ce que l'homme est libre de ne pas naître, de ne pas grandir, de ne pas marcher, de ne pas manger, de ne pas boire, de ne pas dormir, de ne pas se réveiller? Si Dieu a ainsi contraint les hommes d'observer ses lois dans l'ordre matériel, pourquoi donc se serait-il arrêté à mi-chemin et les aarait-il laissés libres de ne pas suivre ses lois dans l'ordre immatériel ? Vous faites ainsi un Dieu à votre image, c'est-àdire un Dieu inconséquent, un Dieu qui permet dans l'ordre immatériel ce qu'il interdit dans Tordre matériel, un Dieaqni laisse aux hommes la liberté de blesser sa raison immuable, étemelle, universelle, mais qui ne leur laisse pas la libertéi sous peine de mort, de rester une semaine sans boire ni manger!

avant de détenir nniTenellef Est-ce que toate ukuti pas à la fois uniTerselIe et individuelle? UnioenÊlk^fi toute découverte scientifique faite par an individu fÔÊ monde entier, et individuelle^ puisque nul ne sait que m s'est donné lui-même la peine d'apprendre? La seieini pose universellement et s'acquiert individaelleiiiaL I même en cela qu'elle diffère de l'art» qui est moins vu et plus individuel. On naît artiste, on devient savaal

Vous n'admettez pas, je m'y attendais, qu'on léàA Mal à n'être plus qu'un Risque. Toici votre objectioD :

« Nous doutons que le calcul de la réciproctttf soit pour préserver les hommes du rtsgiM du mal. Le calcul de Lé rardin serait juste si Ton ne volait que les voleurs, si l'on ne liri les assassins; mais il n'en est pas ainsi. Si l'honnête honuM np a pris sa ]>ourse ; si le voyageur pacifique qui a été blené pva gand prenait au pied de la lettre la loi de réciprocité, iHiwi comme M. do Girardin veut qu'il raisonne, ne devrait-il piiiR m'a volé, donc il faut que je vole; on a voulu m'assasHBff,à faut que j'assassine ? Si la société n'avait pas d'autre gamlief raison humaine telle que M. de Girardin la déflnit ou Xtsfiiifi^ deviendrait-elle? La raison de Dieu dit à la raison de lliomBe: ne tueras pas, tu ne voleras pas. )> Elle le lui dit avec rantutf f Créateur a raisonnablement sur sa créature, et avec la peines dans cette vie et dans l'autre.

y» Croire que vous suppléerez Dieu par le calcul, la c'est la folie des folies ! Le raisonnement et le calcul, s'O s'y M de Dieu, vous porteraient à tous les crimes. »

Telle est cette autorité, telle est cette sanction, qu'en i dans notre société, gouvernée depuis tant de siècles en ^ des doctrines qui ont pour fondement la raison de Die ne tue ni on ne vole I

Les comptes rendus de la justice criminellBi qui se pd annuellement, sont des romans imprimés pour M l'imagination et la transporter dans une autre régifli celle des réalités... (i)

(1} « AnnueUement, il sort, non des basuMi mail des prison • res, de iO à 50,000 voleon, prêts à tremper leurs mains dus b

V. de Gîrarditi nie qu'il y ait une nlsoR éternelle fiF^hHmdle. nr loi, toute la raison est dans la faculté de raisonner.

Qa'il nous dise donc comment, en partant du même principe, deux Vils placés l'un à Paris, l'autre à Példn, arrivent à la même cona6- WÊùt ! Comment Arcliimède a vu dans les propriétés du levier oe que m nos savants y ont trouvé ; comment toute l'humanité a quasi rai le jugement de Cambyse, faisant écorcher vif un juge prévaricair! Si la raison était purement individuelle, pourquoi les hommes, nisonnant, n'arriveraiont-ils pas à des conclusions non-seulement ■rentes, mais opposées? Pourquoi ce que l'un a déclaré juste ne lit-il pas trouvé faux et inique par tous les autres? Comment iTafr* rdait-on, nmnv imparfaitement, sur un point ou sur un

Ba ▼érité, j'éprouve quelque embarras de répondre à des {•ctions de cette puérilité. Il n'eût pas été plus puéril da ) poser cette question : Pourquoi deux hommes, nés Ton à Abj l'antre à Pékin, marohent-ils l'un et l'autre sur les ids et ne marchent-ils pas, l'un sur les pieds, l'autre sur la 6? D'ailleurs, est-il donc vrai qu'en raisonnant, les hommes irrivent pas communément à des conclusions non-seulemt différentes, mais opposées? Est-ce que vous et moi n'en tODM pas en ce moment même l'exemple ? Est-ce que vous moi nous sommes d'accord? Est-ce que le gouvernement »e ne trouve pas légitime sa conduite, que le gonvemetnt français et le gouvernement anglais ont qualifiée nique? Est-ce quo ces trois gouvernements s'entendent, oiqu'ils admettont unanimement une raison étemelle et iverselle? Kst-ce que Thistoire comparée des peuples n'est s an tissu de contradictions légales?

Mais la grosse, la capitale objection que vous tenies app»mment en réserve est celle que vous décorez aJnsi du nom problème :

I Comment ce qui est indtvtdiM/ peut-il devenir, nous ne dirons pas boenel, M. de Girardin n'a pas cette ambition, mais général, ce qui ait néi'ossain* pourtiuo le droit eût quelque force ? Vcdlà le proUèflie liment insoluble qui S4> pn'sente à l'esprit avec la définition de notre fersaire. O problème insoluble, il essaye de le résoudre. »

Où donc est le problème, et en quoi esi-il insoluble? Esl-ca • toute science ne commence pas par être individttolk

avant de détenir oniferselle? £st-€e a u \ science u pas à la fois universelle et iodivid l wdk»

tonte découverte scientifique fai du

inonde entier, et miimàueUe^ pi iqne nul ne mt s'est donné lui-même la peine apprendra? La pose universellement et s'acquiert même en cela qu*elle diflëre de Tart, qui et plus individuel. On naît artiste, on devient saraL

Tous n'admettez pas, je m'y atl>fndaii, qn*oa Mal à n'être plus qu'un Risque. Toid votra objec&m :

« Nous doutons que le calcul de . réciprogiK soit pour présenrer les hoDunes du du mil. Le calral de !-•»■ (^

nrdin fv^nit juste si Ton ne ti . que Jm voicui*, â Tob wt tnltp| i^ les assassins : mais il n'en est pas i. Si rkmaèle hoaac ■|i'*f a pris sa bourse: si le Tovaceur p que qui a été bkaé pvaM gand prenait au pied de la lettre lui de rêciproctté» fl% comme M. de Girardin Teut qu'il rai< Mme, ne devnit-îl paiéit:ii| m'a Tolé. donc il €iut que je rôle; on a ^nuki m'a»HBMrvÉBl|^< faut que j'asfissine ? Si la société n'aTÛi pas d'antre fraliifnkl^ raison humaine telle que M. de Girardin la définit oa deviendriiti^l!e ? La raison de Dieu dit à la raÎMn de ne tuens f>as. tu ne voleras pas. * Elle le hn dit avec T\ Cb^ateur a raifonniHemeni sur sa cxvatorey et avec la peines dans tvtîe Tie et dans l'autre.

V ljtHr« que v:.us suppÀe^rez Dieu par le calcni, 1» c'esl la folie de> k^iies ! Le raisonnement eC le calcul, sli n'j de nieu« ^ous r-ùneraiect à t.'us les crimes. •

Telle est cette autorité, telle X cette «»iiTtmi^ ^m cflU, dans noU« société, gocvemée depuis tant de des doctrines qui ont pour fond< ment la rwiatm de Un,

ne tue ai on ae t:-!- :

Les comptes rendus de la justice criminelle, qni ae

annuellemen: . sol: des romans rimafiniiioa et ;i

dans nne nnlic

«lie des réalités,- 'i\

lis le Bojet est trop sérieux pour comporter la raiDerie, |ae Yous paraissiez voas être donné pour tftohe de U oqàer en démontrant exactement le contraire de ce que tentez de prouver.

ésentement, à quels moyens la société recourt-elle contre Jour et contre Tassassin? Se substituant au TOlé et agisà sa place, elle arrête , elle juge, elle emprisonne le ir ; mais le volé en a-t-il été moins volé? Se substituant isassiné, et agissant à sa place, elle arrête, elle juge, elle otine l'assassin; mais l'assassiné en a-t-il été moins «né, et la mort du meurtrier rend-elle la vie à sa ne?

l'est-ce que je propose?

propose de s'y prendre, avec le mal transformé en

* ee nombre il y en a 6, 7 ou 8000 aa moini qui oe Ytleot pta mieux M forçats et sont aussi dADgereuz pour la société, m

LELUT. Corps légiilatif, 5 mai 1854. Loi tor i'exéention de la peine des travaux forcés.

A arrêté à Paris, pendant Tannée 1882, 2i,316 pertonoea, dont \ en flairant délit. Sur ce nombre les garçons mineurs entraient 8228, et les flUes mineurs pour 581, les Yagabonds pour 64i4, les iants pour 2698^ et les indi\idus sans asile pour 139(8, c'est-è-dire on a arrêté et exposé à la contagion des prisons 10,508 indifidns airaient commis ni crime, ni délit.

J80N8 CENTRALES. Rapport du mmùtrt de rintériewr, Il mai 1884.

1852 Mouvement d'entrées 28,861

Entrées 10,560

Sortie» 9^41

Effectif au 21 décembre 1852 I9J20

pnentation progressive sur les années antérieures, ératioDs, 6626, soit 35 pour 100.

>portion inquiétante, si Ton considère qne, d'après lee tUtîftiqiMt Délies, sur 100Iib('*n'*!» des maii<ons centrales, 37 pour les hommes et tir les fenimcH (62j »ont ordinairement jugés de nouveau dans lit mnées qui suivent leur lilx'Tation.

te proportion est bien plus considérable dans les établiaeemenU qni nent la capitale. Un rapport du directeur de la maison eenlrtle de n, sur les entrée» du dernier semestre de 1853, a oontUté le chiffre récidivistes sur 100 condamnés. •

risqac, comme Franklin s'y est pris arec la imaginé de lui intenter des procès, de lai faire subir damnations, de lui appliquer des peines? Non; ila élê de IV-fTet à la causc, sans s'am-ter à Teffet. Je propoie droit au vol, au meuilre, au lieu de s'arrêter an au voleur. Je propose de remplacer la pémaiité pir li cité (1). Je propose de traiter le mal comme le médMi la maladie. C'est un axiome admis en médecine que M morbide se révèle par ses sj-mptômes. Donc, il fant la et non les supprimer.

Pourquoi vole-t-on? En quelles circonstances plu librement vole-t-on? Où se recrutent les ToIeDn?flfcit Pourquoi tuf;-t-on? Kn quelles circonstances pins rement tuo-t-on? Où se recrutent les meurtriers? etc., *

Telle est l'enquête permanente que je commeDRnii ouvrir.

Si cette enquête m'apportait la preuTe qne les df'pourvus d'instruction commettent, tonte proportion plus de vols et plu<; de meurtres que les hommessachat écrire, compter : au lieu de dépenser de Targent à et à entretenir des prisons, j'appliquerais cet aigentici^i sLruire et à entretenir des écoles ; si cette enquête fli'if^ la preuve qu'il se commet plus de vob la nuit qne k jfl^'j que les condamn»?s, loin de ^amender, se pervertiwBt***^ dans les iiiai>ons dites de force et de correction: nBHV dépenser de l'argent à loger, nourrir, vêtir des j'appliquerais cet argent à multiplier le nombre dei ^ bères et à solder une vigilante police de sûreté ayaiW ouvert toute la nuit. Je me servirais du malfaitenr fotf ' ^'uider dans mes recherches, comme on se sert de l'exiali' du ^MZ pour reconnaître une fuite dangereuse, ou de U V* pour découvrir un incendie caché; je m'en flerrinbcoB^ d'un indice utile, jusqu'à ce que j'eufise détruit, oo da>i* eonsidérablenit'nt diminué. Tune après l'autre, las tf^* génératrices du vol et du meurtre; et en proeédaat

[t) a Lt's r/^publiqiicf; aucîenno!> n'avaiont pu de lois JadieiiirH | punir les crimes ol reprimer la violence, m

AUSTOTS, cité par vioo<

LB DBOrr 575

farais que suivre les traces marquées par saint Vincent de ni. Si vous pensez que les infanticides sont des crimes, et roos croyez que le nombre en a été diminué par TinstiUi- Ml des tours d'exposition, vous devez reconnaître aveo là qu'au lieu de viser le criminel à la tête, il est plus sûr de 1er le crime au cœur. Mieux encore : Oii la naissance d'un knt ne serait ni une honte ni une charge, croyez-vous qu'il oomroit jamais d'infanticides en d'autres cas que dans des eèa de flèvrc et de délire ? Où les maisons sont toutes convîtes en pierre et couvertes en tuiles, croyez-vous qu'il n'y Mtf un moins grand nombre d*incendiaires qu'où elles sont Miruites en bois et couvertes en chaume (!}? Où il existe des iodes routes, comme en France, croyez-vous qu'il ne se nmet pas un moins grand nombre de vols à main armée en Espagne? Donc on peut tarir le crime à sa source, ce 1 est un moyen plus simple et plus efficace, que de tenter l'arrêter tardivement dans son cours alors qu'il a creusé k lit et submergé ses rives. Sans doute, l'application de ces es n'aurait point pour elTet d'anéantir immédiatement et ièremcnt tous les miilfaitt'urs; mais est-ce que le système rigueur les supprime tous? Est-ce que ce n'est point pour ktier dans les maisons de force et de correction comme îdivistes, que 70 sur iOO condamnés à temps en sortent mue libérés? Est-ce que le Code pénal est un filtre qui ne ise déposer aucune lie au fond de la société, dont il se idame la garantie? Est-il bien certain que si le Code pénal xistait pas, il se commit un beaucoup plus grand nombre dcies nuisibles quuliiiés crimes et délits? N'y a-t-il pas, au itraii*e, lieu de supposer que le nombre s'en réduirait rapinent et notablement, si ces actes n'étaient plus considérés B comme des risques qu'on peut prévoir et préveniri com-

I) « Oo vous avorlit que »i, la nuit, le feu prend dans le quartier. Il y

n refijjrt» «laiH l»-! rouviMit voiniti on «lanH telle maison f/àlif en pierre; li, l'iucifadiu est iiabiluel, il doitùtn* prévu^ il est une des conditions tie lie n V'»nstnntmi>i>h', .liiniais il n'osl permis de fermer lea yeux avec uhtr ; le riche qui durl »«ur hes tréitora est coottammcnt exposé à les drc avec la \ic, ou au muiu:» à risquer aa vie puur lot eooaerwr. v

DUC DE RAOL'SS. Voyage en OrienL

o70 LE DROIT

battre et diminuer en s'attaquant non à reflet, mû ^'*|ip^ cause, en s'attachant non à l'ombre, mais à û prrie?Iil||^ criminel n'est que Tombre du crime. Par la daité di 4a J flamme, l'homme est parvenu à dissiper l'obaciirilé de Udli| y et, à la lueur d'une torche, d'une bongie, d*une laofi d'un bec de gaz, à y voir la nuit aussi dictinctementq«kl|m jour : le plus difhcile, c'est ce qu'il a fait; le moins dinek,l|^ c'est ce qui lui reste à faire. 11 lui reste, par la daxté dilili^ publicité, à tirer la société, œuvre de Thoomie, de l'ohalî dans laquelle elle est encore honteusement plongée; lia reste à donner à cette clarté un tel éclat, qu'elle renli ■ quelque sorte transparente la vie de chacun et la Tie iitkHL \^. Si la conscience était diaphane , si chacun y poaTait liR* croit-on que la plupart des crimes et des délits qnî s*oi^ dissent et se commettent s ourdiraient et se commettrait encore ? Est-on bien sûr que Thomme naît crimind? Bi^i bien sûr que beaucoup de crimes et de délits qui sont iapM à rhomme soient autre chose, en réalité, que les souDmi d*une société encore cmmaillottée dans ses langes? N'i pas communément enclin à faire à ce qu'on appeDe Isa de rhomme une trop forte part, et à en faire nne trop ftSii h ce qu'on devrait nommer, dans une autre aceeption, hi vices de la société? N'y a-t-il point là -une erreur fnneilsqae nous payons chèrement et que nous expions cruellemenl? (I) Oui sans doute, mes idées admises et appliquées, il luIUiS encore un certain nombre de risques impossibles à faire disparaître entièrement. Mais est-ce que le feu qui chauflè alacendie pas? Est-ce que Teau qui féconde ne ravage pas?Eilree que le vent qui fait avancer la barque ne la fait pas Ghanrer? Est-ce que le soleil qui fait mûrir les moissons ne Cùt fis mourir le moissonneur? Est-ce que la gelée qnî, là, est s^ taire, ici n'est pas contraire ? Est-ce que la vapeur, qui flit une force, n'est pas un péril? A cause de ces risques, rensneet-on h Tusage de Tcau (*t du feu, demande-t-on la supprenioB du vent, du soleil, de la gelée, de la vapeur? Est-ce qu'il b'j

(ly « La méchancctu n'eti autre chose que le défaut deraitoooa SB If auquel elle est accoutumée à venir aux hommes. »

BOBBSi.

LE DROIT îr77

k pas de risques en tout? Est-ce que tout n'est pas risque? lil-ce que Thomme marche sans le risque de tonÀer? Est-ce [jl'il cherche la vérité sans le risque de rencontrer l'erreur?

Toute la question se réduit donc à savoir quelle part dans me société il faut faire aux risques sociaux, et s'il vaut mieux, KNir en réduire le nombre, s'en rapporter aux lois dérivant le la nature des choses qu'aux lois émanant de la volonté Fan souverain ou des votes d'une assemblée?

n ne s'agit point de suppléer Dieu par le calcul, par le raiminement; il s'agit uniquement d'employer le calcul et le foisonnement dans ce qui est essentiellement de leur ressort. k quoi servirait d'avoir découvert le levier, s'il ne devait rien f avoir à soulever? A quoi servirait d'avoir inventé le compas il réquerre, s'il n'y avait pas de cercles à tracer, de distances k mesurer, des lignes à vérifier? Le calcul et le raisonnement HMit des instruments.

Prétendre qu'ainsi employés, le calcul et le raisonnement porteraient à tous les crimes, équivaut à dire que perfecticn- Der la construction des navires, c'est augmenter les risques de naufrage ; que remplacer le bois et le chaume par le fer et le xinc, c'est augmenter les risques d'incendie; que remplacer les rues sales et insalubres par des rues propres et aérées, o*est augmenter, en cas d'épidémie, les risques de contagion, etc. Appliquer le calcul et le raisonnement, n'est-ce donc pas appliquer la première de toutes les lois étemelles et nniversellcs, celle qui constitue l'incontestable supériorité de lliomme, être pensant, sur tous les êtres dont l'infériorité consiste à avoir été privés de la faculté de penser?

Assez et trop longtemps, on a fait des lois sans faire de mœurs. Où cela nous a-t-il menés? où cela nous mène-t-il? Essayons donc de faire des moeurs sans faire de lois! Que la morale, remontant à son sens étymologiquo, soit effectivement la science des mœurs^ et non-seulement j'admettrai la nécessité de la morale, mais je la proclamerai! Assez et trop longtemps, on s'est défié de la raison dont chaque homme apporte avec lui le germe en naissant, et qui, comme fruit, a besoin de mftrir. Les tuteurs intéressés qui l'ont frappée de suspieion, afin de prendre sa place, qui ont retardé sa maturité, nous ont-ils donc si bien conduits dans les voies de l'équité et de la vérité qu'on doive continuer à se confier à eux de préfé-

battre et diminuer en s'attaqnant non à l'effel, miis à h cause, en s'attachant non à l'ombre, mais à la pioîe? U criminel n'est que Tombre du crime. Par la clarté de h flamme, l'homme est parvenu à dissiper l'obscarilé de la nrit, et, à la lueur d'une torche, d'une bougie, d'ane lampe ii d'un bec de gaz, à y voir la nuit aussi dîctincftement que k jour : le plus difficile, c'est ce qu'il a fait; le moins diffidk. c'est ce qui lui reste h faire. Il lui reste, par la clarté de k publicité, à tirer la société, œuvre de l'homme, de robaeonlê dans laquelle elle est encore honteusement plongée; D hi reste à donner à cette clarté un tel éclat, qu'elle rende ai quelque sorte transparente la vie de chacun et la Tie detOHi Si la conscience était diaphane, si chacun y ponTsit loe, croit-on que la plupart des crimes et des délits qui i'oi^ dissent et se commettent s'ourdiraient et se commettraieÉl encore ? Est-on bien sûr que l'homme naît crimind? tA<Ê bien sûr que beaucoup de crimes et de délits qui sont impM à l'homme soient autre chose, en réalité, que les sonifiiiRi d*une société encore emmaillottée dans ses langes? N'estai pas communément enclin à faire à ce qu'on appelle les vieei de rhomme une trop forte part, et à en faire une trop petite à ce qu'on devrait nommer, dans une autre acception, les vices de la société? N'y a-t-il point là 4ine erreur funeste qae nous payons chèrement et que nous expions cruellement? (I) Oui sans doute, mes idées admises et appliquées, il restenil encore un certain nombre de risques impossibles à faire disparaître entièrement. Mais est-ce que le feu qui chauffe bIbcendie pas? Est-ce que l'eau qui féconde ne ravage pa8?Est«e que le vent qui fait avancer la barque ne la fait pas Ghanrer? Est-ce que le soleil qui fait mûrir les moissons ne bit ptf mourir le moissonneur? Est-ce que la gelée qui, là, est sah taire, ici n'est pas contraire ? Est-ce que la vapeur, qui est une force, n'est pas un péril? A cause de ces risques, renooest-on h Tusago de l'eau et du feu, dcmande-t-on la suppression du vent, du soleil, de la gelée, de la vapeur? Est-ce quil b*v

(1; « La méchanceté n'odt «lutrechoM que lo défaut deraieoosa un II* auquel clic est accoutumée à venir aux hommes. »

UOBBfiSa

LE DROIT mi

^ pas de risques en ioat? Est-ce que tout n'est pas risque? ibt-ce que l'homme marche sans le risque de tomber? Est-ce f^*il cherche la vérité sans le risque de rencontrer Terreur?

Toute la question se réduit donc à savoir quelle part dans ne société il faut faire aux risques sociaux, et s*il vaut mieux, pour en réduire le nombre, s'en rapporter aux lois dérivant ém la nature des choses qu'aux lois émanant de la volonté d'un souverain ou des votes d'une assemblée?

n ne s'agit point de suppléer Dieu par le calcul, par le rai- ■onnement; il s'agit uniquement d'employer le calcul et le Misonnement dans ce qui est essentiellement de leur ressort. A, qooi servirait d'avoir découvert le levier, s'il ne devait rien y aToir à soulever? A quoi servirait d'avoir inventé le compas •i l'équerre, s'il n'y avait pas de cercles à tracer, de distances à mesurer, des lignes à vérifier? Le calcul et le raisonnement •ont des instruments.

Prétendre qu'ainsi employés, le calcul et le raisonnement |KMleraient à tous les crimes, équivaut à dire que perfectionner la construction des navires, c'est augmenter les risques de naufrage ; que remplacer le i>ois et le chaume par le fer et le xinc, c'est augmenter les risques d'incendie; que remplacer les rues sales et insalubres par des rues propres et aérées, e*e8l augmenter, en cas d'épidémie, les risques de contagion, etc. Appliquer le calcul et le raisonnement, n'est-ce donc pas appliquer la première de toutes les lois étemelles et universelles, celle qui constitue l'incontestable supériorité de lliomme, (Hrc pensant, sur tous les êtres dont l'infériorité consiste à avoir été privés de la faculté de penser?

Assez et trop longtemps, on a fait des lois sans faire de mœurs. Où cela nous a-t-il menés? où cela nous mène-t41? Essayons donc de faire des mœurs sans faire de lois! Que la morale, remontant à son sens étymologique, soit effectivement la science des mœurs^ et non-seulement j'admettrai la nécessité de la morale, mais je la proclamerai! Assez et trop longtemps, on s'est défié de la raison dont chaque homme apporte avec lui le germe en naissant, et qui, comme fruit, a besoin de mûrir. Les tuteurs intéressés qui l'ont frappée de suspicion, afin de prendre sa place, qui ont retardé sa maturité, nous ont-ils donc si bien conduits dans les voies de l'équité et de la vérité qu'on doive continuer à se confier à eux de préfé-

rence à elle ? L'histoire prouve-t-elle qae la raison coUectri soit plas éclairée et moins sujette à rerreur que la niic individuelle?

S'il est vrai qu'il existe des lois étemelles et divines e ré§ih sant les sociétés » , ainsi que vous raffirmez, pourquoi donc m point s'en rapporter exclusivement à ces lois? pourquoi doK leur préférer, leur substituer des lois passagères et Cscticci! J'ai démontré, textes en main, que ce que vous appelez le Droi^ que ce que vous appelez la Raison de Diea, que ce qii. selon elle, selon l'Évangile, serait le Bien, aboutirait à la chnti de toute justice humaine, de toute hiérarchie sociale, de UnlB autorité dominatrice, de toute richesse inégale, de tenta II société, enfin, telle que l'ont formée et transformée la sacc«sion des siècles, la succession des idées. Ne pouvant oonlots cette démonstration, vous avez gardé le silence. C'est de Ii même fuçon, c'est en vous taisant, que vous confesses l*ii»* puissance, l'impossibilité de répondre aux questions que je vous avais posées en ces termes : n Si les sociétés sont soomiseï à des lois éternelles et divines, conunent ezpliqnes*vou8 qse telles générations aient pu ou puissent avoir un sort sidiflérent du sort de telles autres générations? Quelles oompeasitions seront données à Tliomme qui aura vécu le corps eoutt sous l'esclavage, sous le servage, sous Toppression, que son semblable vit ailleurs la tète haute, en pleine sion de lui-même et ne relevant que de sa seule laissa? Comment et où se réglera l'égalité rompue entre oes hommes? »

Éluder toutes les questions précises que je vous adressées et ne reproduire que de vaines objections déjà réfutées : tel a été le suprême effort pour lequel, malgré têtes grande expérience de la controverse et votre inoontssIsUe talent d'écrivain, il vous a fallu sept dissertations et quiBM jours I

Mais si vous avez échoué où il était impossible d'aboideii une consolation vous reste, c'est do n'avoir pu aboidsr si avant vous déjà avait pareillement échoué Vioo essayant es rectifier Desoartes.

* J« M atorais voir powfiMi l'oa 4«vnlt aafpo- •er qiM Di«u imprime c«rUin« prtMÎpw aniv«nêlf dAQs l'àrae àm homm«, paitqoÉ Itt prliifli|»M d« spéculation qu'on préteiMl étet kmé$ M itiiA ftm d'un furi grand UMga, et que ctoi qui eoMeraent la pratique ne eont point èridenlt par ffR-mêmoe.

• Ka rtfàMoi «as priiMipM éi aomli 1» pfé* rogatÎTe d'être ùméê, qui ne lenr appartieat Mint, on n'affaiblit en aucune manière ni leur ▼értté ni leur certitude. >

LOCKg.

Existe-tril des lois universelles , éternelles , immuables, régissant Thunianité?

— (lui ; cl la preuve que ces lois existent, c'est leur éternitt*^, c*est leur universalité, c'est leur immuabilité manifestes, incontestables, inc4 intestées.

Existe-t^il des idis universelles , étomeUes i immuables, régiiisaut les sociétés ?

— Non ; et la prouve que ces lois n'existant paa, c'est leur absi'ncp démontrée par cinq mille huit conta ans de recherches infructueuses.

L'humanité est ioi«, composée d'hommes et de fammea, d'enfants et de vieillards, les uns bien et les autrea mal pai^ tagés sous le rapport de la force, do la beautài de la saatéi de rintelliKence ; elle est ce qu'elle fut, cUo aat ce qu'dla sera.

Les soci(U^s sont dioeneg; elles ne sont plua ce qu'allas furent et ne sont paa ce qu'ellea seront, il auJDQt d'un luwuna

sm LE DROIT

qui naît est élevé pour devenir on homme, dans la phil acception que, relativement à retendue de ses aptifa comporte ce mot; conséquemment , il n'y a plus que hommes raisonnables.

Quelle opinion aurait-on d'un peuple composé de i millions d'individus majeurs, dont plus de dix-neuf ail seraient à Tétat de culs~de-jatte ? Le regard attristé détournerait avec pitié et dégoût. Eh bien 1 ce qui pinl charnellement monstrueux paraît intellectuellement simple. On ne s*attriste ni ne s'étonne que, sur vingt mH d'individus majeurs, plus de dix-neuf millions restent à1 de culs-de-jatte intellectuels. Et comme il semble qne doive être socialement la condition humaine, on ne faite cément aucun effort sérieux pour la changer. On resBa perpétuité les lieux communs sur la Religion, la Famîl Propriété, la Société, la Justice, la Morale, la Coasdeni Droit, la Raison de Dieu, au lieu de faire pour rhomo qu'on fait pour le champ inculte qu'on défriche, pour ï sauvage qu'on greHe. (Cependant, s'il est une culture qui passer avant toute autre culture, n'est-ce point cel l'homme, la viriculturc? Qu'est-ce que l'homme ci' sinon l'homme cultivé?

En résumé, que prouve l'impossibilité de trouve définition du Droit qui mette les penseurs d'accord? impossibilité prouve que c'est un mot qui n'a pas d précis; cotte impossibilité prouve que c'est un nom de une chose qui n'existe qu'imaginairement; cette impos: prouve qu'en réalité et en défînitive il n'y a pas de Dr y a une civilisation plus ou moins avancée, se mesur nombre plus ou moins considérable d'hommes agiesa en êtres qui ne pensent pus, mais en êtres qui pensent ' sonnent, comparent et réfléchissent, calculent et pré' lisent et éciivent, étudient et enseignent ; il y a unec tion plus ou moins avancée, se mesurant au nombre ] moins considérable de risques éciirtés ou diminués, de f réalisés ou en voie de s'accomplir, selon la belle définii Turgot, « par le développement graduel de la puissa » l'homme sur la matière. »

Rayons donc lo mot Droit pour mettre & sa place Civilisation.

YOloDtairement? Lui obéiraient-ils s'ils étaient matéifeDement les plus forts, s'il était matériellement le plus fUble ? Gonunander à son semblable, aussi bien que lui obéir, e'est s'amoindrir, car c'est donner la mesure de la petitesse Immaine. Ne céder qu'à la persuasion ou qu*à Tévidenoe :

VBLLR IST LA LOI DiSIVANT DI LA NATURE DE L'HOMMI.

Loi ayant pour conséquences implicites :

L'instruction de l'homme par l'homme succédant exolusiirement à la domination de l'homme par l'homme ;

Le parallélisme de la force immatérielle et de la force matérielle succédant à l'antagonisme de la force matérielle et de la force immatérielle, ainsi replacées chacune dans son ori:>ite el n'étant plus exposées à ced chocs terribles que l'histoire nomme révolutions et usurpations, coups de Peuple et coups d*État;

La démarcation tracée d'elle-même entre ce qui constitue effectÎYement la puissance mdividuêUe et ce qui compose nécessairement la puissance mdtvisible^ conséquemment tndln vise^ succédant aux divisions faussement imaginées de pon- Toir spirituel et de pouvoir temporel, de pouvoir législatif et de pouvoir exécutif;

La supériorité démontrée succédant à l'autorité constituée ;

Le savoir acquis succédant au pouvoir conquis ;

La logique succédant à la politique;

Le calcul des probabilités succédant au hasard des événements;

La pnh'oyance succédant à Tintimidation ;

Le risque succédant au mal qualifié crime et délit;

La publicité répressive succédant à la pénalité arbitraire.

La loi dérivant de la nature de l'homme, étant la raison même démontrée par le raisonnement et appliquée à toutes les questions, renferme en elle la solution graduelle de tous les problèmes et la diminution successive de tous les risques; ouvrant une ère nouvelle, elle ferme l'ère des lois positives, des constitutions factices, des garanties illusoires, des tutelles abusives, des discordes civiles, des guerres iotermittentes, des paix ruineuses, des révolutions stériles et des peuplestroupeaux.

Sous cette loi, il ne grandit plus d'hommes qui ne pensent pas, il ne grandit plus que des hommes qui pensent; î'anfluit

sm LE imorr

qui naît est élevé pour devenir nn homme, dans la plu hank acception que, relativement à l'étendue de ses aptitudci, comporte ce mot; conséquemment , il n'y a plus que da hommes raisonnables.

Quelle opinion aurait-on d'un peuple composé de Tisgt millions d'individus majeurs, dont plus de dix-neuf miDioii seraient à l'état de culs~de-jatte ? Le regard attristé s'a détournerait avec pitié et dégoût. Eh bien ! ce qui paraitnit charnellement monstrueux paraît intellectueUement toil simple. On ne s'attriste ni ne s'étonne que, sur vingt miliioif d'individus majeurs, plus de dix-neuf millions restent à Véltt de culs-de-jatte intellectuels. Et comme il semble que teHt doive être socialement la condition humaine, on ne faitefficfr cément aucun efTort sérieux pour la changer. On ressasse 4 perpétuité les lieux communs sur la Religion, la Famille, h Propriété, la Société, lu Justice, la Morale, la Conscience, k Droit, la Raison de Dieu, au lieu de faire pour l'homme oe qu'on fait pour le champ inculte qu'on défriche, pour l'arbre sauvage qu'on grelTe. (Cependant, s'il est une culture qui doive passer avant toute autre culture, n'est-ce point celle de l'homme, la viriculturc? (Jn'est-cc que l'homme civilisé, sinon l'homme cultivé?

En résumé, que prouve Tim possibilité de trouver ud^ défmition du Droit qui mette les penseurs d'accord? CeU/f impossibilité prouve que c'est un mot qui n*a pas de atT.< précis; cette iinpussihilitê prouve que c'est un nom donne ii une chose qui n'existe qu'imaginairement; cette impossibilitr prouve qu'en réalité ei en définitive il n'y a pas de Droit ; ii y a une civilisation plus ou moins avancée, st> mesurant au nombre plus ou moins considérable d'hommes agissant non en êtres qui ne pensent pus, mais en êtres qui pensent et raisonnent, comparent et réfléchissent, calculent et prévoient, lisent et éciiveiit, étudient et enseignent; il y a une civilisation plus ou moins avancée, se mesurant au nombre plus ou moins considérable de risques écartés ou diminués, de progrès réalisés ou en voie de s'accomplir, selon la boUe définition de Turgot^ (( par le développement graduel de la puisi^ance dt )) l'homme sur la matière. )>

Rayuns donc lo mot Droit pour mettre à sa place le mot Civilisation.

LE raOIT 88S

ivilisation. c'est la raison humaine s'attestant de plus

\ par ses œuvres.

ivilisation, c'est le règne de plus en plus exclusif de la vaut de la nature de Thomme.

i loi dérivant de la nature de Thomme, c*est de souen tout et partout la puissance de la force à la puisie rintelligence ; c'est qu'il y ait autant de souverains srre qu'il y a d'hommes ; c'est que l'homme se gouverne ment par sa raison et règne exclusivement par sa irité ; c'est que l'homme produise et porte des idées, la loi dérivant de la nature du grain de blé est que le le blé produise et porte des épis ; c'est que l'homme lans les hauteurs de la pensée comme la loi dérivant itore de Taigle est que l'aigle plane dans les hauteurs

ft ■V

• L'Mpèea Knmaint, tWIUmuI •DfUMe, est reitét dans llgmonaM 4» m ▼ia. D'où Tient eeU 7 Latépôoia Mt ImUs à

I Lonqae eei bellM iottlligeoflas ont der notre espèce dent lee voîMd» eoo ment, U seience de le Bstara de 1 peine eu bereeeu; on obeemît, oa deriviit perUit elore tons l'empire eselneif ém ti mente tupérieure. Notre eonetilaliem ▼ait point éU enelyeée dene eee élémiÉe on ne teveit ni le nom ni le nombre de aee Notre cerveau était reeté lettre «lœe...

■ L'homme aujourdliai eet eoaM naît tout autre oorpe de le netnre, naît un moUoeque, ui Téfétel, lu iaiecie, in dmpède ; on eait lee fooctiooe qa'il pea régéteux» lee iiacollée qni le iMlUnt ev le det animaux, et lee ponroire qui l'eiuMiUiaea dietingnent du reste de le crtetion. •

voisin, médecin tn chef en oUémiÊ étMUÊft.

alk

J'aurais dû prévoir qu*à la fin de ce débat, l'objection vaincue se tournerait en accusation dangereuse. C'est en eifet ce qui est arrivé, vous requérez contre moi en ces termes :

« Votre doctrine^ c'est tout simplement l'oppression offerte soni lr nom d'émancipation ; vous dorez le despotisme comme d*aatnt oil doré la guillotine; mais, en réalité, vous Ates aux peuples leurs droits aux gouvornaiits leurs devoirs, h Topprimé Dieu, — l'espérance pir coiisé(|uent, — et vous enlevez à l'homme qui souffre jusqu'à la de su douleur ! v

Qa'y a-(-il de vrai dans cette accusation, contre laqneUe la vraisemblaoce proteste non moins énergiquement que la férité? Vouloir que l'homme civilisé se gouverne lui-même et n'ait plus d'autre gouvernement que le gouvernement de sa propre raison ; vouloir la liberté sans autres limites que ses limites naturelles : Réciprocité encourue et Responsabilité appliquée ; vouloir la liberté définitivement garantie par la séparation rationnelle de ce qui constitue essentiellement le pouvoir tndimduelj et de ce qui compose nécessairement le pouvoir indîviiible, conséquemment mdivii : c'est là ce que TOUS appelez n offrir l'oppression et dorer le despotisme » !

Qui porte une telle accusation doit la prouver. Vous accu* •ez, mais vous ne prouvez pas! Comment pourriez-vous couver?

Quelle séparation plus facile à opérer entre le pouvoir indtvii et le pouvoir tndiduel que celle que je propose? Il suffit de tracer entre eux la ligne suivante :

Tout ce qui, de sa nature, est indivisible et ne saurait être individualisé, appartient nécessairement au pouvoir indivii; tout ce qui, de sa nature, est divisible et peut n'être pas natio* nalisé, appartient essentiellement au pouvoir individuel.

Ne se trouvera-t-il donc dans aucun pays un dépositaire de la puissance nationale qui comprenne que cette distinction admise, que cette séparation opérée donnerait à l'esprit de civilisation tout ce qu'elle ôterait à l'esprit de révolution I Ce serait Textinction de tous les partis et la solution de tous les problèmes.

Après l'accusation qui précède, vous m'adressez les inter* pellations qui suivent :

pRp.aifciE iicTERpELLATioN. — « Vous blftmez l'oppression, tous n'approuvez d'autre gouvernement que la persuasion, d'autre pénalité que la publicité ; vous flétrissez même le commandement et l'obéis* tance. Cela est vrai ; maii au nom de quoi pouvez-vous blâmer quelque chose, s'il n'y a pas de morale, de justice et de raison? »

Où donc avez-vous lu que j'aie jamais nié l'existence de la raison? Moi, nier l'existence de la raison! moi qui proclame que la raison est la loi constitutive et distinctive de l'homme,

:;flH

[,K DHOIT

Il pnyr (Innf. ;iliifr« mrm,- qw lut n';i jtii^ cir [i Mtnl ainsi, il iigiL ralioniiellcment. Ce mùme a fraude sans scrupule sur la qualité de sa croirait déshonoré s'il exposait sa ugiMtue «i g retard. Tel est le pouvoir de l'idée mir Vh connaît ce pouvoir, loraqu'oa l'a mesuré, est-îl d de l'étendre? Non. Quand on lo voudra t même commerçant agira , relativement i la q marchandise, comme il agit relativement à la p sa signature; il aura le respect de l'une comme il a l(^ de l'autre ; mais si vous tenez à ce qu'il en soit parlez pas morale, parlez-lui profit; ne vous ai sa conscience présumée par la morale, adi raison éclairée par l'intérêt. Il faut prendre l'honuittll est; c'est parce qu'on lui demande trop qu'on a ' BÎ on lui demandait moins, on obtiendrait plua. ( demander jï l'homme d'être un dieu sur la terre ;^■ lui seulement d'ùtre un homme, c'est4L-dire deOl" compte, pur le raisonnement et le calcul, de chactf* actes. Alors II y aura autant d'églises, autant de $^ ments, autant de tribunaux qu'il y aura d'hommes c*4 sion de la plénitude de leurs facultés intellectuelles, M bomme sera h lui-même son église, son g tribunal ; alors ce sera réritahlcmcnt le r^gne de 1 l'homme, dérivimt de sa nature; alors lout se ■' alors tout ira de soi-même ; alors le mal ne s Temeot et proportionnellement au bien dans l'ai que ce qu'il est dans l'ordre naturel, où il n'est f exemple que la pluie qui féconde les récoltes les I que la chaleur qui mûrit les fruits les brùle. Pnfl^ cependant, de décrt^ter la suppression de ta pluie 0 prisonncment du soleil? Toute la question entre tdos se réduit ù r<^claircisscmcnt de ce point : Si les bomn^ vaient pas d'autre législation que leur instroetion, peuples n'avaient pas d'autre constitutîoii que leur àl tîon, le monde ou irait-il moins bien et moins iiftiimn norait-il plus ào risques, ou au contraire y en aurah-Stf

DscxitHE iKTEKPELUTioN. — llite»-DOUt dooc, TOUS qui lim tt la justice, le bien et le mal moral, la raison de Dieu et nias h

LE DRCMT 589

4b rhomme, pour ne laisser subsister que la raison individuelle, dites- MQs sur quoi tous vous fondez pour déclarer à votre classe pensante •I raisonnante qu elle doit propager Tinstruction dans les masses populaires. Est-ce qu'elle a le moindre intérêt à cela? Est-ce que son roo- •opde de domination ne s'appauvrira pas en s'étendant ? Dites-nous COBunent ces individus éclairés, savants, raisonnant à leur point de tue particulier, s'accorderont pour réaliser le bien général qui dimi- Wmfm leur bien individuel, s'il n'y a pas une loi morale qui les oblige tÊnen les hommes moins éclairés qu'eux, si cette loi morale n'a pas ttae sanction divine? »

Voyant ce que je voifi, comment ne nierais-je pas la puissance tutélaire de ce que vous nommez « le Droit| la Justice, • le Bien et le Mal moral, la raison de Dieu » ? Frappé du spectacle de leur impuissance séculaire et universelle, qu'ai-je fiait? J'ai cherché un nouveau frein dans la réciprocité, qui, je le répète, est à la liberté ce que la preuve arithmétique est à la règle. L'ai-je trouvé ? C'est ce que rexpérience, cet arbitre suprême, décidera ; mais point n'est besoin d'attendre qu'elle ait décidé pour répondre à votre interpellation. Vous me demandez u sur quoi je me fonde pour déclarer à la classe » pensante et raisonnante qu'elle doit propager l'instruction » dans les masses populaires ? » Facile est la réponse. Je n'ai à me fonder sur rien, car je n'ai rien à déclarer à la classe pensante et raisonnante. C'est un soin dont se charge la nécessité, et elle y suffit. Qui se charge de déclarer aux propriétaires de maisons et d'usines qu'ils doivent assurer leurs usines et leurs maisons? Le risque d'incendie. — Qui se charge de déclarer aux armateurs qu'ils doivent assurer leurs navires? Le risque de naufrage. — Qui se charge de déclarer aux mères et pères, moins riches que prévoyants, qu'ils doivent verser une annuité, s^iis désirent, à leur mort, laisser à leurs enfants un capital disponible qui permette d'achever leur éducation, de les libérer du service militaire ou de leur constituer une dot? Le risque de mortalité. — Qui se charge de déclarer aux habitants d*un pays où les hnimaux malfaisants sont en grand nombre, qu'il y a des mesures de sûreté qu'ils doivent prendre? Lo risque même résultant de ce voisinage. — Eh bien ! la classe pensante et raisonnante propagera l'instruction dans les classes populaires pour se préserver du risque que lui ferait courir leur ignorance. La barbarie est un

risque, et la civilisation ne serait pas la eivilisatioa ri «Bev s'appliquait pas h le diminuer et à le faire disparattre. Hm^ dites-vous, en parlant de la classe pensante, a est-ce qae m monopole de domination ne s'appauvrira pas en s'étendant?! 0 apôtre de la raison de Dieu, voilà donc les argomenii |B lesquels se trahissent vos préoccupations! Qae m'impoilB|à moi, laffaiblissement ou la perte de ce monopole? Comaië se maintient-il? Rst-ce par la force constituée oa esi-eapi la raison démontrée? Si c'est par la force, la force luiétail retirée , il tombera de lui-môme ; si c'est par la raison , li raison le soutenant, qu'aura-t-il à redouter du raisoaneoMt? Vous me demandez « comment ces individus éclairés, saviAk » raisonnant h leur point de vue particulier, s^aecorfcroil » pour réaliser le bien général qui diminuera leur bien infi- » viducl, s'il n*y a pas une loi morale qui les oblige envcn » les hommes moins éclairés qu'eux?» Je réponds : Cesiadh vidus s'y prendront comme s'y prennent tous les savaiits qoL visant soit ii la renommée, soit à la fortune, n*y parrlenaciC qu'en dotant leur patrie et leur siècle d'an progrès ajail pour effet d'en accroître la puissance ou la richesse. Esicf sous la pression d'une loi morale, et n'est-ce pas ploMIssai la pression do la loi même do son organisation inteUeetaelf que l'inventeur, ce possédé de l'idée, consume sa saalé ca veilles et ruine sa famille en essais? Le bien général et le bits individuel sont-ils donc nécessairement ennemis? Vrodaaer cet antagonisme, c'est commettre une errear grossière oonln Iaqnell<^ proteste la nomenclature de tous les progrès aeee» plis, erreur aussi grossière que colle qui consisterait à piétendre qu'il y a incompatibilité d'existence entre la toat H les parties qui le composent. l.a loi do toute décoavaite atiki de tout perfectionnement éprouvé, c'est d'être d'autant pisi profitable à son auteur que ce perfectionnement on rslto découverte seront avantageux à un plus grand nombre. 1M producteur i\ inten^t à l'augmentation de la masse des SNsommateurs; tout écrivain a intérêt h la multiplicatieB èi chiffre de ses lecteurs. Cela est élémentaire.

troisi(:me iNTF.BpFj.LATioN. — (( Puur ([uo M. do fîirardin lût toaàtï iiior quo In raison de Dieu existe au-dessus dos liociét^s hamriaei H puisse être réalisée dans les sociétés^ il faudrait qu'il aîlt cells M

LE DROIT 99f

prfMfMll» éÊtmmdîié qui fait qu'une cauM prodoit tm effet» e^wt^- Avi reflet qui lui est propre et non pas un lutre... Sens loi de cauM- ■M, que serions-nous? Oommen . l'individu raisonnerait-il T a

Non-Mulement je ne nie pas la loi uniTenelIe de oaosaiité, ■uds c'est la seule loi que j'admette, et elle me suffît pour que tous les progrès de la civilisation s'accomplissent sans révo- Istions, sans obstacles, sans retards, sans lacunes. Qu'est-ce oa la civilisation? C'est la maturité de la raison humaine, Cfiit la raison de l'homme appliquée, c'est ta légitimité tMonnue, c'est sa souveraineté exercée.

Qu'est-ce que je demande? Je demande positivement que li cause produise son effet, c'est-à-dire TefTet qui lui est profffe« et non pas un autre ; en d'autres termes, je demande que la civilisation progressive étant à la raison humaine ce que l'efTet est à la cause, la force matérielle nintervienne jamais où doit régner exclusivement la force immatérielle, parée que cette intervention ne saurait avoir lieu sans fkusser tous les rapports naturels et sans sacrifier l'ordre intellectuel «Q rétabliuement de ce que des peuples et des siëcles ont ^ipalé l'ordre matériel, et qui est l'ordre comme la paralysie asile repos. J'admets la raison de Dieu existant au-dessus des hommes se mouvant de l'erreur à la vérité, dans rori[>lte de leur raison, au même titre que j'admets la raison de Dieu existant su-dessus des plan^*tes , décrivant la loi de leur courbe d'occident en orient. S'il y a un Dieu qui existe andessus des planètes, il y a un Dieu qui existe au-dessus des hommes ; mais, encore une fois, quel besoin y a-t-il donc de mêler Dieu à nos sociétés, qui ne marchent si mal et ne tombcDi si souvent que parce qu'elles s'écartent de l'humanité et perdent le centre de gravité? Le centre de gravité dans l'ordre iotellectoel, n^est-ce pas, en effet, la raison démontrée par le raisonnement? Dieu, soyez-en certain, ne s'occupe i>as plus des sociétés mal organisées qui tombent que des voitures mal ehargées qui versent, ou que des édifices mal construits qui s'écroulent. Les sociétés sont des accidents.

La preuve que les sociétés ne sont que des accidents dus ao choc de la force matérielle contre la force immatérielle, c'est qu'en matière de circulation, de correspondanoe, d'A» changes, de navigation, de chemins de fer, de télégraphie

électrique, où notamment deux forces parallèles soifcrivi s'en écarter, la ligne droite de leur parallélisme, hsi s'effacent pour laisser passer la civilisation.

C'est, il est vrai, ce que vous ne sauriez admettre, evi placez, en ces termes, les sociétés au-dessus de ITiiuiMiîl

(( Non, nous ne confondons pas riiumanité et les socîéifs; sons entre elles une grande distinction. Cette distinctioiiy c'stfll dans son existence physique^ dans sa nature animale^ IlwoBKiit] jet des lois physiques^ tandis que, dans sa vie morale, il sociale^ il est libre, complètement libre de se soumettre an lÉl raies et sociales ou de ne pas se soumettre à ces lois. Et c'at , les sociétés s'approchent ou s'éloignent de cette soumiaMii sont variables dans leurs formes et dans leurs dévdoppailj quoi(iue toutes subissent les conséquences logiques de la ces lois. »

Votre distinction est précisément ce qui eouiitMiii erreur. II est faux, complètement faux , évidemnMA ^\ que l'homme ait dans Tordre intellectuel une libextéfriA pas dans « son existence physique, dans sa nature anv^ Telles sont vos expressions. L'homme se développe iil'^l tuellement comme il se développe corporellement, f* même loi : liberté de ses mouvements et exercice à^ forces. Si on l'empêche de se développer intellednebiAI c'est-à-dire si on le tient toute sa vie emmaillotté dandtfV' et en puissance d'autorité, qu'arrive-t-il ? Il arrifeee^ arriverait à un homme qu'on empêcherait de se ûMff^ corporellement, en le tenant toute sa vie emmaillotté di»''^ langes et en puissance do nourrice. Cet homme n'aurtitip' pensée, s'il en conservait une, ce serait de se soustraire à* tel supplice. Il faut que l'homme se meuve intellectodlO^ comme il faut qu'il se meuve corporellement. Se BMW^ corporellement et se mouvoir intellectuellement, telle ci < double loi, Tuni? aussi impérieuse que l'autre. Laissez IImV se mouvoir intellectuellement avec la même liberté Di|hi' moins grande qull se meut corporellement, et il ne poBsM) pas, le voulut-il, l'ubus de la liberté intellectaelle pi» h que l'abus de la liberté corporelle. L'esprit, comme le osq a des limites qu'ils ne peuvent ni Tun ni l'autre déptfi

LE DBOrr 593

ti*liomine a la liberté de se crever les yeux avec ses doigts, se ioacrève-t-il? Homme, qui êtes- vous donc pour vous dc^er de la raison de votre semblable? Sur quel motif se fonde cette défiance et quel est le titre qui la légitime? S*il prétend que •a raison est supérieure à la vôtre et qu'il essaye de le démontrer, qui sera juge entre vous deux ? S'il en sait moins que TOUS, qu'avez-vous à faire? Vous avez ù prouver que vous en asvez plus que lui. Là est votre droit, tout votre droit, mais fl 8*arréte là, car il s'épuise en s*exerçant. Vous n'avez pas fhi8 le droit, sous prétexte qu*il peut en abuser, d*ôter à votre •embiable sa virilité intellectuelle que sa virilité corporeUe; TOUS n*avez le droit de le châtrer d'aucune façon et en aucun eas« L'homme qui s'écarte de la raison démontrée par le raisonnement fait ce que fait le voyageur qui s'écarte delà roule tracée menant directement au but. 11 se met dans lu nécessité de revenir sur ses pas : c'est ainsi qu'il apprend à se diriger. L'expérience, ce contrôle inséparable de la raison humaine, est un précepteur dont les leçons valent mieux et coûtent moins que toutes les lois contradictoires de tous les législateurs successifs. Un jour, on reconnaîtra que les sociétés n'ont jamais été que des déviations de l'humanité, causées par les empêchements mis au libre cours de la force immatérielle par la force matérielle. Ce qui le prouve, c'est que tout progrès accompli par la civilisation est un retour effectué vers l'hu* maoité par le chemin de l'unité.

■ Si, tfant d'arriver aux notioaa populaire! de la Terta et da tîm, moraliatea se fuaaeDt livrés à des pea plus approfondies tor les rocûwf et du wutl, ils auraient, selon moi, dooné de lumières à leurs sucoesMurs; et sartout ■% s» sent consulté la nature, leurs doettines saniMt W moins prolixes et moins obseoree. •

BACOM. JHy». mnd mdwm a/ km m.. Un. n.

■ Chaque homme appelle bon oe qni Wylri^ A mauvais oe qui lui déplaît. »

■OBua. Ai JM.

Soit ! vous avez raison d'afflnner oe que je nie, et j'ai fort

de nier ce que vous affirmez :

« L'homme est doué de la faculté de voir les vériié»

v En dehors de l'homme et au-dessus de lui, il y a des kii

saires (ju'il ne peut changer.

» Il est temps que les hommes se réunissent dans la

telle, 9

Oui, il est temps que les hommes qui veulent aincèmiMaft rani('-liorntion de Trtat social se réunissent dans la rammmih uenieiir; montrez -moi donc ces vérttéi éiemelki que voB avez la faculté de voir, heureux homme I et que je ne voii pas ; ces lois nvressaires qui sont au-dessus de voue et de moi, et que nous ne pouvons point changer.

(Juelles sont-elles?

Que prescrivent-elles?

Qut» réprouvent-elles ?

Où est leur sanction?

C'est ce que vous omettez toujours de me faire oomiattre.

Qui le sait, cependant, est inexcusable de ne pas le dire.

Croyezrmoi, ne laissez pas plus longtemps sans réfutation ictorieuse cette dangereuse objection de Locke, demeurée ans réplique :

« Si ces règles du monde étaient innées et empreintes naturellement ins Tàme des hommes Je ne saurais comprendre comment ils eo pourlîent venir à les violer tranquillement et avec une entière conGance. Ofisidérez une ville prise d'assaut, et voyez s'il paraît dans le cœur des ildats, animés au carnage et au butin, quelque égard pour la vertu, idque principe de morale et quelque remords de conscience pour iQtes les injustices qu'ils commettent. Rien moins que cela. Le bri* mdâge, la violence et le meurtre ne sont que des jeux pour des gens m en liberté de commettre ces crimes sans être censurés ni punis. Et, I effet, n'y a-t-il pas eu des nations entières, et même des plus polies, ni ont cru qu'il leur était aussi bien permis d'exposer leurs enfants wr les laisser mourir de faim, ou dévorer par les bêtes farouches, le de les mettre au monde? Il y a encore aujourd'hui des pays où l'on isevelit les enfants tout vifs avec leurs mères, s'il arrive qu'elles meu- !nt dans leurs couches; ou bien on les tue si un astrologue assure ills sont nés sous une mauvaise étoile. Dans d'autres lieux, un enfant le ou ex|>ose <K)n père et sa mère, sans aucun remords, lorsqu'ils sont irvenus à un certain fige... Etc., etc. — Où est ce consentement liversel qui nous montre qu'il y a de tels principes gravés naturelleent dans nos âmes? Lorsque la mode avait rendu les duels honorables, I commettait des meurtres sans aucun remords de conscience, et enre aujourd'hui c'est un grand déshonneur, en certains lieux, que être innocent sur cet article. Kniin, si nous jetons les yeux hors de lez nous pour voir ce qui se passe dans le reste du monde et consiirer les hommes tels qu'ils sont effectivement, nous trouvons qu'en i lieu ils se font scTupule de faire ou de négliger certaines choses, ndant qu'ailleurs d'autres croient mériter récompense en s'abstenant s mêmes choses que ceux-là font |>ar un motif de conscience ou en tsant ce que les premiers n'osent faire. »

Objection admise et confirmée en ces termes par Leibnitx :

« La science morale n'est pas autrement innée que l'arithmétique, r elle dépend aussi des déinonstrations que la lumière inlsfiie foiar-

Dans tous les Ëtats civilisési il est de consentement univer-

sel, je le reconnais, de condamner le meurtre et le vol; i pourquoi, dans les mêmes États civilisés, n'estpil paspu^j ment de consentement universel de condamner lagaenMj la conquête?

Ësl-cc que la guerre n'est pas le meurtre?

Est-co qtie la conquête n'est pas le vol ?

11 esu vrai que M. de Maistre, loin de flétrir la guerre, Hf] en droit et Texalte en ces termes enthousiastes :

u Expliquez pourquoi ce qu'il y a de plus honorable âamkm au jugement de tout le genre humain, est le droitàe renetkmilfl nocent. »

Gomment expliquez-vous que le draii de verser k iH{ innocent soit ce qu'il y a de plus honorable au monde, it|4J ce qui est un crime relevant du bourreau lorsqu'il a'igikM| mort d'un enfant tué, en naissant, par lu mère dansl*^ ment d'un faux point d'honneur, cesse d'être un crime !•► sable lorsqu'il s'agit do la mort d'hommes, soutiens defc* familles, élite des populations, tués dans toute lavigiM' l'apre, par ctîntaines de mille?

Vous qui vous cHes érigé en défenseur des naliouM menacées ou opprimées, comment en expliquez-vonsU mation sans guerres et sans conquêtes? Comment en quez-vous la délivrance sans guerres ou sans révolntiotfl ,

Si l'exterminiition des peuples par la guerre est enoH^j tion avec ces vérités éternel'eSf avec ces lois nécessaimeit de r homme et nu-dessnsde lui, enfin avec cette raison (}uc vous proclamez, comment expliquez-vous qn'on mettre jamais fin h cette extermination consacrée ptf siècles, glorifiée par l'histoire, autrement que par laf( d'une assurance successivement contractée entre tooki nations civilisées contre ce risque de barbiino?

Vous qui raillez l'idée d'assurance appliquée au risfM* PfUi'iTo, ([uel autre moyen proposez-vous de le rends» moins on moins probable, de moins en moins désastreoxt

Proposez- vous que la nation se soulève contre le soafv^ qui, frappé de vertige, ivre de despotisme, ou las (UmIiII vnunent, ne sitchant qu'imaginer pour se distraire, eniù^'fils à sa mère, fait couler à flots le sang le plus par»^imgBk

LE DROIT f«7

nilles dans le deuil, arrête le travail, paralyse le eom- )ree, suspend le crédit, épuise l'emprunt, tarit l'impôt, ioe rÉtat, ébranle le monde sous les pas d'armées conintes de se massacrer sans haine et sans raison? Cette mstruosité n'est-cUe pas celle que commet sans scrupule et is remords Nicolas V\ empereur par la grâce de Dieu et iverain pontife? Quel moyen la nation russe a-t-elle de s'y poser, particulièrement s'il est vrai qu'elle soit divisée en ux parties : partie haute, qui blâme la conduite de l'autoite, et partie basse, qui l'approuve? Des deux parties ainsi risées, laquelle a raison, laquelle a tort, et où est le juge nr prononcer entre elles, au nom de ces lois néeeuaim et ces vérités étemelles que vous avez la prétention d'ériger en ranties efficaces? Quel rôle joue, dans ce cas, la raison de 3U, objet de la vue intellectuelle de Fhomme? Votre objectifs raison de Dieu, ne s'appliquerait-il donc qu'aux crimes Igaires des vulgaires malfaiteurs? Or la conscience humaine ixisterait pas, que la civilisation progressive sufllrait pour idre de plus en plus difficiles, de plus en plus rares, le (urtre, le rapt, le viol, le vol, tous risques enfin de barba- , ainsi qu'elle a déjà réussi à les rendre de moins en moins qaents dans les pays où elle a perfectionné les voies de nrounication et de transport, et introduit les meilleurs »yens d'administration municipale.

le reconnais que, croyant fermement à l'existence dldées lées et de vérités sociales éternelles, vous seriez inconséent avec vous-même si vous admettiez l'assimilation du il moral au mal physique^ et la substitution do la pubKeité i constate le fait à la pénalité qui le qualifie crime, délit, ntravention ; aussi me paraf t-il tout simple que vous taxiez «f dangereuse chimère » ce qui, au jour certain de l'appli* tien, est appelé h devenir une vérité féconde. Vous dites :

I 11 faut pourtant on finir, une fois potur toutes, avec cette idée qui Me rintelligence d'un écrivain et rassure sa conscience dans la néion de tout ce qui est nécessaire à la vie de l'humanité. » Il faut sup[>oser dans M. de Hirardin un% ^rte n'éblomsiementy p distraction singulit»re, pour s'expliquer comment un homme d'est peut soutenir aussi sérieusement cette dasigtrmm Mmére.

» Ponr quo l'assiiranco contre les risquas sodam pftt ranpharh Justice, l<i MoFfilc et la Giiiscionce, il faudrait que chaque assuruioeft cesser les maux coiitro lescinels elle est instituée.

» Est-ce que l'assuraiico sur la vie fait cesser la mort? esl-ee fs Tassurance contre la grêle oinpêclie la grêle de tomber? est-ce queFaisurance contre I<>s risques de irior eiii[M*clie les naufrages? est-ce fH l'assurance contre l'incendie empêche les sinistres d'éclater? . p On ne peut donc raisonnaldement croire que si on atait sopprW la religion. In justice et la morale, pour convertir toutes les instîtutiM sociales en une assurance universelle, le meurtre, le violy levit^li fraude cesseraient d'affliger l'humanité.

» A moins que M. de Girardin ne nous prouve que les asamoa empêchent les sinistres, il ne peut plus nous parler de son sja4ême favori. Ce système est si peu raisonnable, que son inventeur a été fora de lui donner pour corolbire unu autre idée qui n'a rien de coma» avec la première, et qui njipnrtienf à un ordre de faits tout difliémL

» C'est l'idée de réciprocité. Mais si la réciprocité empfcbe kl hommes de commettre des crimes, il n'y a plus de risques de crimes,! ne faut ])lus d'assurances par consé/pient.

» C'est donc l'idée <1e réciprocité qu'il faut examiner pour savoir ■ on )>eut se passiT de Dieu, de la morale, de la justice. Nous avons opposé à la prétention de M. de (îirartlin une objection qui ruinait sa Ùhrie de fond en condile. Nous lui avons tlit : D'après votre doclme, érii^ée par vous en droit absolu, l'hounne qu'on a voulu aasasaincr (fait ussjssiner, celui qu'on a volé est timu de voler, etc. •

Selon vous, pour que Tassiiranco contre les risques sociaox pût remplacer la Justice, la Morale, la Conscience, il fandrail que chaque assurance fît cesser les maux contre lesquels elle est instituée. Mais est-ce que la Conscience, la Morale et la Justice (\\\\ régnent et prouvernent dispensent de gendarmes» do geôliej*s et de bourreaux? Kst-il bien certain qoe, s'il n^ avait ni tribunaux, ni prisons, ni échafauds, il y eût on plH frrand nombre de lacurtriers et dt* voleurs? Qu'est-ce qui le prouve? Si vous compte/ sur l'intimidation pour contenir, vous ne comptez donc jjas alors sur la conscience pour j^etenir? Si c'est la pénalité qui contient, alors ce n*est donc pas la moralité qui reti(*nt? Y a-t-iK contrairement au proveiïie, be:nicoup<le loups qui se mangent entre eux, quoiqu'ils n'aîeal pour les en emjirc'hiT ni codes, ni tribunaux, ni gendar mes. ni preolier:^. ni bourreaux? Pourquoi donc les hommai seraient-ils plus f«'>roreH entre eux que les loups? Pourquoi Im

LEDRGIT M»

nés de raison descendraient-Us an-dessons des ètne

!f» raison?

ans (li)utn, TaRsurance sur la vie ne fait pas cesser la ais elle peut la retarder en diminuant le nombre des ités qui nbr(^gent Texistence; en tout cas, elle atteint qu'elle se {>ropose, qui est de former, au profit des its désign(!*8, un capital disponible ; non sans doute, nce contre la gr^^le n'empêche pas la grêle de tomber, le préserve le propriétaire de la perte qu*il en eût « ; non sans douto, l'assurance contre les risques de mprciio pas les naufrages, mais elle garantit l'arma* itro la ruine; non sans doute, Tassurance contre l'in- Tempr^cho pas les maisons de brûler, mais le montant leur en est remboursé à l'assuré, ce qui ne dispense illeurs d*rntrotonir des pompes contre Tincendie, de onner la constniction des navires , de chercher à er la privlo comme on a réussi à soutirer la foudre, et er riiomnio dans toutes les conditions de salubrité rturohjct et pour ('ffet d'accroître la durée moyenne f», con<t''(|iicinmont les chances de longévité, lit ce qu'il faut faire, ou à pou pW»s, pour arrêter les ers et le< voleurs apK's le meurtre et le vol; mais out ce qu'il faut faire pour étouffer dans leur germe le ', le viol, la frau<le? Là est la question. Or je réponds «iter : Non, r<nt fois non, mille fois non {i)\ On s'attafir«»t, mais de l'i'ITet on ne remonte pas à la cause pour er et l'étudier. Telle est ma conviction profonde, à

il ne manque, pour s'élever à la hauteur d'une vérité rée. qui* l'épreuve de Texpérience. Un jour ou Tautra, ; en Trance. du moins ailleurs, cette épreuve se fera,

qu'elle aura pleinement réussi, on ne croira pas plus :essité des prisons et des échafauds qu'on ne croit

* moindre* (lôfrr^vomo^t d'i(np<^t «iifrmf^ntcra plitt I» nombre det Hacliaiit liiv et (■< rire qu'niit' Ivgion U<* inaltrvt d'rcole. Un dej!4 ilai^^aiiro (l.iii» 1("> ruItivuloiirH accruilra plut Ii'a pnHiiiiU de •l If b'.ti unis nali*»ual iju»' toutou !••« ^orirtôn d'agriculture el pmfes»«'un* dv lo^nquo de l'Kur.pt» n** piurrait*nt li» faire. »

Page 1