DESTUTT DB TRACT
Aujourd'hui k la nécessité des donjons et des rinuillèrent toute TEurope, et sans lesquels la Ifodalit ginuii pas qu'une société pût snbsister.
En(ro lo mol moral tel que je Tassimile an mal phy la réciprocité telle que je la conçois, serrant de zègle H tous les rappoits sociaux, à toutes les actions indivi est-il viai qu'il y ait contradiction? C'est ce que je nie lement ; ce sont deux idées qui, loin de se cdotnd complètent et sont l'une h l'autre ce que sont entre i deux extrémités du levier, ce que sont entre eux k pôles de la terre.
Dès que je pose en axiome qu'il n'existe absolume des risques contre lesquels l'homme, obéissant à la loi ( servation qui est en lui et commandante la matière, doi cher k s'assurer par tous les moyens dont il dispose,! à faire? J'ai, pour être conséquent, à m'occuper sans i de diminuer autant que possible le nombre et la gm risques existants; or parmi ces risques sont les faits qt par le Code pénal, crimes et délits.
Je diminue ces risques de deux façons :
Premièrement, en apprenant avec soin à l'enfant, d discerne, à vérifier par lui-même la stricte exactifaid rèp:le de récipix)cité appliquée à toutes ses actions. Din qu'il y a moralement des aveugles de naissance coma existe physiquement? VTQViQZ garde, car si vous mo faisii objection, je vous répondrais par cette interpellation : que la loi p<'*nalu punit les aveugles de leur avenglenM sourds de leur surdité, les muets de leur mutisme, les mes de leurs difformités? Non; eh bien, si les diA morales sont des imperfections de nature au même til les difformités physiques, sur quoi vous fondez-vous] rendre responsables ceux qui en souffrent? Grave q (|iio je me borne à indiquer sans vouloir m'y appesant
Deuxièmement, en plaçant l'homme dans le miliea favijrable à la pleine maturité de sa raison et à la 1 satisfaction de ses besoins. Si, pour votre déjeuner, eonfr.'idicteur, on vous apportîiit un rat, vous le repoi certainement avec dégoût, avec horreur! Cependant 1 lîi pression exercée par le besoin, qu'il arriverait un vous surmonteriez ce dégoût et cette horreur, si, pa]
LE BRorr «M
lli, bloqné dans une plaoe assiégée, il tous était abaolmiient Hpossibie de vous procurer d*autre nourriture. Le même lantimeot impérieux de conservation imposerait silence à laiit ee qui commencerait par se révolter en vous à Tidée de tans nourrir de chair humaine ; mais vous finirez par manger M et bien Tun de vos semblables, s'il ne vous restait plus, lasime sur le radeau de la Méduse^ que ce moyen extrême de ■B point mourir de faim?... Qu*est-ce que cela prouve? Cela |tmive que la pression des circonstances est un de ces éléments dont les lois factices peuvent faire bon marché, mais lont ne sauraient se dispenser de tenir compte les lois naturdles, sons se nier elles-mômes.
Ce qui est la condamnation par l'expérience, juge suprême, les fabricants de lois positives, qui, de tout temps et en tout Miys, se sont abusivement attribué les fonctions et décerné le itre de législateurs, est précisément ce qui constitue, relatirement à eux, la supériorité de l'observateur des lois natuelles, qui, dans tout cfTct, reconnaît une cause et s'applique i la découvrir. Beccuria, écrivant en 1764, s'est arrêté à ni-cbcmin; il ne s*cst élevé que contre l'exagération des »eines, il ne s'est point élevé contre leur inefficacité. 11 reste i accomplir sa tilche ; il reste à acquérir la même c^^Jébrité et a même autorité en disant contre Tinefficacité des peines, et iTec plus de raison encore, tout ce qu'il a dit contre leur exagération. Les supplices et la torture dont Beccaria, en apposition avec Leibnitz et Diderot (1), a flétri l'atrocité, fiaient logi(|ues; ce qui est inconséquent, c'est le régime ictuel : ou il ne fallait point adoucir les peines, on il faudra ee abolir. {i\n ne voit point que le régime pénal actuel n'a >la8 de base et s'écroule n'a pas d'yeux.
Si la pression des circonstances, si l'imperfection dee choses, si l'imprévoyance des hommes peuvent être telles, {uVlIes vous conduisent, vous Français et chrétien, pour ne >oint mourir de faim, à vous nourrir d'animaux répugnants.
(1) a Pensez que quelques minutes de tourmenit dmt un teélerat pta* refit sauver U vie à cent innocents que vont égorger tet oompticet, et ta fHfttion vous paraîtra alors uu acte d'humanité. »
MDBIIOT.
ronlsains, et enfin de chair humaine, cette prenion ne asrait-elle, sinon justifier, du moins expliquer des crimes cl ài dt^lits dont on ne tarit pas plus les causes en se borauli guillotiner ou h emprisonner les auteurs, qu'on n'empidÉ les racines d'un nrbre de s'étendre en élaguant ses brancM Mais qui songe à constater cette pression et à la mesorcr?
Je pourmis citer ici les lettres d'un fabricant de Paris, qi me rend compte de l'influence exercée sur Tesprit el la habitudes de ses ouvriers parla pensée que les annuités qil verse pour eux dans une caisse commune profiteront aux ls^ vivants. Feu de temps après l'établissement de cette esiai commune, il n'y avait plus dans ses ateliers un seul ourris qui s'enivrAt. C'était à qui s'appliquerait, entre eux, à se 8S^ vivre, eonséquemment n qui s'abstiendrait de tout exeès et nature h al)rrger son existence.
Si tel est rom[»ire que peuvent exercer sur les mœurs eo^ tainos institutions, comment ne s'applique-t-on pas à ki multiplier, h les cnmpl/'ter, à les coordonner? Il y a la i exploiter, pour l'ing^^nieur social, tout un filon d'une immea^e puissance, tandis qu'on passe dessus et à coté sans t prendre plus garde qu'autrefois aux affleurements de la bouille, cette poudre à crmon de la paix appelée a reléguer dans le fUté et sous ses d(''l>ris la poudre à canon de la guerre.
Trouvez-vous cette r^^ponse suffisamment catégorique H persistez-vous encore à m'objecter que, si la réciprocité cmpèclic les hommes de comineitre des crimes^ rabseoee àe risques rend l'assurance superflue?
A mon tour, vous renvoyant l'objection, je vous deaudorai : Pourquoi, croyant ce que vous croyez, anticiper sur il justice de Di(>u? Pourquoi des gendarmes, des geôlien, dei bourreaux? Ne suffit-il pas de croire au paradis, an poigitoire, h l'enfer? Des peines et des récompenses si gnndei ne sont-elles pas suffisantes?
Si vous me répondez que deux digues valent mieux qu'iss seule, la n''i>on?f' qui vous servira contre moi me serm contre vous.
Faut-il donc que je revienne encore sur cette objectîoD vul^^ûrc que j'ai déj;\ rcfntre, et qui consistée dire : L'humme qu'on a vciuîu assassiner doit assassiner; relui qu'on a volé eïit ffcuu (le voler?
D'abord, si ri(l«'<\ I.i t<*ritation d a^^-^as^infM* ou d«' volor im* viennent plus à l'esprit de riioiuine civilisé, pas plus que ne -5», loi Tiennent l'idée, la tentation de manger son semblable, r vFobjaction tombe d*elle-mùme; mais je suppose que l'on con- ^! tfaoe à faire ce qu'on fait sous le régime des véritéi éiemeUe$j ^des his néce$taire$ et do la ratêon unweneUe^ je suppose que ■^FoD continue h voler et à tenter d'assassiner : dans ce cas, à ^ fBoi obligerait le régime de réciprocité et de publicité tel que :^ Je l'ai exposé?
.1 Le régime de réciprocité n'a rien de commun avec la peine -^- du talion, que cependant Montesquieu range au nombre des ^ npports d'équit/' antérieurs ùla loi positive qui les établit. La ^ peine du talion dérive de letat do barbarie, tandis que le - . régime de réciprocité dérive de l'état de civilisation. Dans l'état de barbarie, j*oppose la force qui se défend à la force qui alta(|ue; jt* frappe qui me frappe. Dans l'état de civilisation, j opfNise la raison conséquente n la raison inconséquente; je m* vole point qui m'a volé, car, au lieu de condamner le voleur, ce serait Tabsoudre par Timitation. Ce qui le condamne, au contraire, c'est la probité, donnant le droit de pn^tendre, de la part de tous, à une probité égale. Dans TéUit de barbarie, l'avant^ige n*ste au plus fort; dans l'état de civilisation, Tavantage reste au plus raisonnable. La supériorité de la raison, comme la supériorité de la force, a ses lois qui lui sont propres. N'agissant jamais qu'en suivant la ligne tracée par la plus droite raison, je n'ai point à craindre que la niesurt' <]ui m'a srrvi serve plus lard contre moi. Dans cet ordre d*idé«»s, le malfaiteur est consitlén» comme un être privé de discernement et d'éducation, et qui ne mérite pas qu'on lui nppli<|iie la règle exclusivement à l'usage des êtres cloués de toute leur raison. Il ne compte pas comme homme; il compte comme c«inipte la tuile qui toml>e du toit, comme conqtte récu«»il qui est un danger pour le navire, comme compte la pierre qui risque de faire verser la voiture, comme compta* le cheval qui s'emporte, comme compte le taureau qui sinile; il compte enlin comme accident qu'il faut prévoir afin de le prévenir, non par de prétendues rigueurs salulaiires, mais par des pn-cautions véritablement tutelaires. Tout essai a s»'8 risques; j'admets que le régime que je conçois ne suit pas tmitde suite entièrement exempt de risques et de périls; en