‹ Questions philosophiqueChapitre 18 sur 193 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

qui rivermit en quelque sorte Tindividu à la commune comme la chaîne à l'anneau, qui le suivrait partout comme la chaîne qui s'allonge sans se rompre, serait la destruction de toute liberté.

Je réponds : Non, ce no serait pas la destruction de toute liberté ; ce serait la destruction de toute obscurité. L'homme de bien qui n'aurait aucune tare à cacher conserverait sa liberté; non-seulement il la conserverait entière, mais encore il ne tarderait pas à la posséder plus grande ; le malfaiteur, seul, y perdrait une forte partie de la sienne. Mais depuis quand donc la fausse monnaie est-elle fondée à se plaindre de ce que, la vraie étant trop parfaite, il soit trop difficile et conséquemment trop périlleux de la contrefaire ? Est-ce que la pièce de monnaie qui porte avec elle-même la preuve de sa valeur circule moins librement que si cette valeur n*était pas constatée et qu1l faillit vérifier le poids et le titre de chaque pièce chaque fois qu'elle passe d'une main dans une autre main? Non : au contraire, elle circule d'autant plus librement, d'autant plus sûremmt, d'autant plus rapidement, qu'elle est mi«nix fhippée et plus inimitable?

L*ordre, ce n'est pas la compression, c'est l'ordre ; mais pour que l'ordre existe dans une société, il faut conmiencer par Ty établir.

Or, l'ordre social ne sera solidement assis que lorsqu'il reposera sur l'inscription universelle.

Alors les bons ne payeront plus pour les mauvais, alors rhomme de paix, de liberté et de progrès ne sera plus légalement responsable de Thomme de trouble, de dictature et de révolution ; alors, celui-là ne risquera plus d'être privé de la libert^^ qui lui suffisait, parce que cette liberté ne suffisait pas à celai-êi ; alors, parce qu'une commune isolée se sera mise en état d'insurrection, toutes les communes d'un jwiys ne risqueront plus d'être mises en état de siège ; nlors, il sera facile de reconnaître et de trier l'ivraie du bon grain; alors il sera facile de faire la part et le compte de chacun ; alors, chacun étant responsable individuellement de ses actes, aucun ne sera plus injustement solidaire d'actes auxquels il aura refusé de « aMocier ; alors cessera, heureux jour! le communisme de la loi. c«*tte frrande iniquité sociale.

ihà la commune n'existe pas librement, le communisme

1^ L1NSCRlPTI0!f UNIVERSELLE

<^yMk» forcément, sous quelque nom et sous quelque fonne <|«iil so déguise. Qu'est-ce que le communisme ? C'est la commnm^ absorbée et suppléée par TÉtat; c'est TÉtat faisant, et fai^nt mal, ce que devrait faire et ce que ferait bien la ^mmune.

Aussi la république communale est-elle à la république communiste ce qu'un pôle est à l'autre pôle, ce que la liberté est à l*autorité, ce que la responsabilité qu'on a le droit de décliner est à la solidarité à laquelle on ne peut se soustraire.

L^inscription universelle, ce n'est donc pas seulement Tordre, c'est aussi la liberté : la liberté mutuelle scellée par Tordre public.

Chaque commune est aux individus immatriculés ce que le litre, dans un Code, est aux articles ; chaque individu est aux valeurs possédées ce que l'article est aux paragraphes. Ainsi, par la commune s'établit le contrôle et s'acquiert la connaissance des personnes, et par les personnes le contrôle et la connaissance des choses. Choses et personnes ont leurs comptes ouverts, aussi exactement tenus et balancés que les comptes de la Banque de France.

Chaque extrait de ce compte, délivré chaque année par le percepteur de la commune, et visé par TofUcier de paix, est ce qui constitue rinscRiPTiON de vie ou pouce oiiiiBALB d'assurance ; inscription de vie qui remplace :

L*acte de naissance.

Le pas8et)ort,

La carte électorale.

Le livret.

L'inscription de vie est composée de quatre pages de la grandeur d'un passeport.

La première page porte le nom de l'assuré, avec son numéro d'immatriculation et tous les détails relatifs aux conditions de Tassurance générale et spéciale.

La deuxième, bilan individuel^ renferme sa déclaration d'actif et de passif certifiée exacte et précise.

La troisième page, it/Itmnâ^iofia/, présente le budget annuel des dépenses et des recettes de l'État. La quatrième page résume chaque année tous les documents

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