‹ Questions philosophiqueChapitre 19 sur 193 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

fUtistiques de nature à éclairer tous les intérêtSt toutes les professions, toutes les indastries.

Par rinscription de yie, inscription individuelle et universelle :

I* Tons les passeports deviennent superflus ; ils sont remplaeés avec avantage.

i* Ni cartes ni listes électorales ne sont plus nécessaires. Une élection a lieu, il suffit de se présenter avec son Inscription de vie visée pour élection par Tofficier de paix. Communes et départements peuvent donc s'épargner désormais la peine et la dépense de faire dresser, imprimer, rectifier, placarder, distribuer listes et cartes électorales. Fausses inscriptions et votes doubles ne peuvent avoir lieu.

3® Les livrets imposés, en France, aux ouvriers par la loi du 22 germinal an xi (4 avril i803), formalité blessante lorsqu'elle constitue une inégalité civile, sont remplacés par une seule ligne. Cette ligne suffit. Ainsi se trouve tranchée le plus simplement du [monde Tune des plus graves et des plus délicates questions de notre temps. Ainsi se trouve effacée une dernière inégalité sociale créée et maintenue par Tarbitraire administratif.

Donc :

Plus de passeports I

Plus de Ustts ni de cartes électorales!

Plus de livrets d*ouvriers!

A* La statistique acquiert un tel degré de précision, qu'il n'est pas de renseignements qu'elle ne puisse inunédiatement et sûrement donner, absolument ou relativement :

Par individus.

Par communes.

Par départements,

Par États.

Les sciences médicales demandent-elles à la statistique combien d'individus sont sourds, aveugles, muets, bègues, boiteux ou bossus, etc., etc.? La statistique peut le leur dire, soit absolument, soit relativement.

Le crédit public lui demande-t-îl combien d'individus sont riches de la fortune qu'ils ont reçue en héritage ou en dot? Combien sont riches de la fortune qu'ils ont acquise parle tra-

42 L'INSCRIPTION ITNIVERSELLE

vail? Combien ont une épargne au-dessus on au-dessous de telle somme fixée? La statistique peut également le lui dire, soit absolument, soit relativement.

L'industrie lui demande-telle combien chaque profession désignée occupe de tôtos ou de bras? La statistique peut non moins facilement le lui dire, soit absolument, soit relatire* ment.

Le commerce a-t-il besoin, pour établir ses prix régulateurs, étendre ou restreindre ses approvisionnements, ses achats, ses ventes, ses débouchés, de savoir à quelles quantités s'élèvent tels produits, de quelles qualités diverses ils sont, à quels prix moyens ou relatifs ils peuvent être livrés? La statistique peut très-promptement le lui dire, soit abschment, soit relativement.

Etc., etc., etc.

Sans riiNSCRHTiON DE VIE, toujours délivrée au lieu de la naissance, et sur laquelle sont consignés chaque année, avec exactitude, avec certitude, tous les renseignements relatîbi rindividu, TÉtat n'aura jamais que des statistiques mensongères, sans contrôle et sans preuves.

Telle ville a intérêt à exagérer le chiffre de sa population, telle autre ville, au contraire, a intérêt à le dissimuler. Qœ font-elles? En France, elles remplissent, à leur gré, les colonnes des tableaux envoyés par le ministre aux préfets, psr les préfets aux sous-préfets, par les sous-préfets aux maires; ces tableaux sont retournés ensuite par les maires aux souspréfets, par les sous-préfets aux préfets, par les préfets an ministre ; c'est ce mouvement de va-et-vient qui s'appeDe solennellement centralisation administrative et youvernement.

Aucune preuve ! aucun contrôle !

L'inscription nniverselh», an contraire, a toute la rigueur d'une rompt^nbilité en pailie doubl*».

Tout s'y résume et s'y vérifie par la caisse.

Tout contribuable a son compte ouvert au grand-livre de te populiitiun, qui a pour tcMieurs de livres tous les percepteni* nommés et payés par l'Étal.

A ce compte ouvert est porté tout renseignement dont l'Étal a reconnu et déclaré l'utilité.

Ainsi, l'État désire savoir combien il existe :

UVRI TROiMtMB 41

De non-TaUdei ;

D'aliénés ;

De familles eomposées de tant de membree ;

De ménages ajrant un revenu audessons de ;

D'enfants de tel âge ayant tel degré d'instruction ;

D'hommes de vingt ans ayant telle taille ;

Derenfs;

De eélibataires ;

D'oelogénaires ;

De septuagénaires ;

Etc., etc., etc.;

De prés valant francs Thectare ;

De champs valant francs Theotare ;

De lignes valant francs Iliectare ;

Etc., etc., etc.:

Sous le régime de Tinscription universelle, rien de plus simple, l'État le saura avec autant de certitude que s'il demandait au directeur du grand-livre de ta dette publique combien il existe de rentiers nominatifs ayant soit plus de 500 francs, soit moins de 100 francs de rente.

Le parti qu'une vigilante administration publique pourrait tirer d'une telle 8tatistique« tenue constamment au oouranti est facile à apprécier, à quelque point de vue que Ton se place, sOit qu*il s'agisse d'organiser la force armée, soit qu'il s'agisse de réformer le Code pénal, soit qu'il s'agisse d'accroître la richasse nationale, soit, enfin, qu'il s'agisse de siroplifler les rapports entre l'ofl're et la demande, le capital et le travail, la production et la consommation.

La statistique opérant ainsi, avec cette certitude et cette promptitude, est à la politique ce que l'astronomie est à l'astmlogie, ce que l'art médical est à l'empirisme ; ce que la connaissance des causes esta l'impuissance d'expliquer les effets, funs«*quemment de les prévenir; ce que l'ordre est au désordre, ce que la clarté du jour est à l'obscurité de la nuit.

La statistique, qui était un mensonge et une illusion, devient une vérité. Tout chiffre porte avec lui sa preuve. La preuve rst ce qui en fait la valeur.

Alors la police se fait d'elle-même et sans agents; elle est destituée parla statistique; l'espionnage, qui démoralise sans

éclairer (I), est remplacé par Tenquète qui éclaire sans démoraliser,

La politique cesse d'errer au gré des évéuements comme un vaisseau au gré des vagues, sans gouvernail et sans ancre : elle n'ignore plus de quel côté est l'écueil et de quel côté est le port ; ce qu'il faut garder ou jeter de lest en certains endroits dangereux. Tout ce qu'il importe de savoir, elle le sait par l'inscription universelle, qui est à l'inscription maritime, cette grande pensée de Golbert, ce que serait à un g^and semé en 1665, le chêne que deux siècles auraient vu croître.

(1) « Faiii41 des eipioni dam la monarchie ? Ce n'eit pas la pratique ordinaire dei bons prinoei. L'espionnage serait peai>étre tolénble tTi] pouvait être exereé par d'honnêtes gens ; mais tmfamie néee$§aire de la per$<mne peut faire juger de l'infamie de la chose. »

MONTiSQUonj. Etpnt det hii, li?. XII, oh. zzin.

« N'ijoutex aucune foi aux espions. Il y a plus d'inconvénients que d'avantages à en avoir, s

NAPOutoN i<'. ImirueHoni kusséei par tempireur det Françaii et roi d'Italie au priée Bufèoe, vie&roi. Juin iSOS.

m La police va découvrir une grande conspiration qui aura, dit-on, de grandes ramiflcitions dans la province et dans l'armée. On nomme déjà les gens qui en seront certainement, mais le travaU n'est pas fait. »

FAUirLouis couaisa.

UVRE QUATRIËIIË

a Comme (Uns tout Etat libre, tout homme qui est censé avoir one Amo libre se gonvemer lni-mème*il fendrait qne le peuple en corps eût U puiaseaee légisistifi; mais, comme cela est impossible dans un grand État et sujet à beaucoup d'évéotaiBli dans les petits, U fant que le peuple fasse par ses représentants ce qu'il ne peut tàn par lui-même. >

a Le grand avantage des représentants, c'est qu'ils sont capables de diseutar hi affaires. Le peuple n'y est point do tout propre : ce qui forme un des grands ioeoinénients de la démocratie. ■

t Le peuple a tocyours trop d'action ou trop peu. Quelquefois, avec cent mille bm il renverse tout ; quelquefois, avec cent mille pieds , il ne va qne comme lu insectes. >

« La volonté du souverain est le souverain lui-même. Les lois qui établissent h droit de suffrage sont donc fondamentales. ■ moutcbquikd.

t Gomme aucun membre d'une compagnie ne répond des délibérations du corps, 1« avis les moins raisonnables passent quelquefois sans contradictions. C'est poorqQiii Sully dit, dans ses Mémq|l9M| qfe fi |a jiqetM ^esoeiidtU wft la |erre, elle aiairiil mieux se loger dans «ne niol» tAto que dans eel|ie d'aae eompagnto. ■ voltaim.

a Si nous connaissions les meilleurs d'entre nous , l'ère des révolutions Mfsil à jamais fermée; malheureusement, nous n'avons aucune méthode oertaine poor 1* ^ découvrir. > tromas carlylk.

« Unité sans multitude est tyrannie ; multitude sans unité est oonfuston. ■ rafctt.

« Aux meille urs l'empire du monde I » vico.

a Une loi commune et une représentation eommune, voili ce qui Cait me

SISTif.

■ Avant de savoir qui agira an nom du peuple, qu'on sache d'abord ce qaH même et que nul autre ne fera pour lui. > daumou.

« Une société nouvelle est instituée sur la base de l'égalité. La liberté

toutes nos libertés, même la liberté de conscience, c'est l'égalité ; là où il n'j a pfm^^ de distinctions hiérarchiques, dans la rigueur du mot, tous sont éligibles, loot Ml" électeurs. • novKH-coLLAmo.

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