A MONSIEUR BLOT-LEQUESNE
• ChMon p«Qt rtmarqaer dans tootat 1m langna* cêiiaini mots qa'oo troavtrA, aprèi les avoir bioo oiamioéa, no ■Igiiflor, dans tour proniàro orifioo ot daoa lov oiago ordinairo, aoeono Uéo olairo oC délormioéo. Loi bmU do tagmm, do §hiti, do §ràe9, oto., sont foft moitobI dans la bowfci dot booiiBoa ; malt parmi ea«z qui l'os ionroaty oooibloB X 00 a-l-U qui, il oa loor domaadall oo qallo ootoodoBt par là» t'afiKatiiMil toot oovt voir qoo ripoodro I •
LOCSC.
Par Tanalyse j*ai reconnu,
Premièrement : que la force matérielle et la faree mmaié^ rielie ont chacune des lois qui lui sont propres^ lois distinctes que ces deux forces rivales ne sauraient enfreindre sans tomber dans la plus inextricable confusion ;
Deuxièmement : que la puissance mdimdueUe edltL puissance iméiwMible^ conséquemment tndime^ peuvent et doivent subaîster parallèlement, ce qui rend impossible tout choc de l'ane contre Tautre ;
Troisièmement : que la réciprocité est aux hommes ce que la gravitation est aux astres ;
Quatrièmement : que tout étant probabilités et risques, tout doit être calcul et assurance.
Mais cette analyse n*a aucune prétention aux noms de théorie et de doctrine que vous lui donnez. A d'autres « les palais de nuages et les monuments de bronze »; je ne suis qa*un chercheur remontant pas à pas de Tembouchure du fleuve à sa source; je n'invente point, j'observe; je n'enseigne point,
(m LE DROIT
j'étadie; je n'impose point, j'expose. Galilée, cet îDiÉi tiliercheur, disait de la terre : É pur si muaoel Je ii^ riiomme : E% pourtant il rationnel Yoilà toat ce qne je^ rien de plus. Et vous m'accusez, 6 Simplic|qt, d^fbiMlik V individu' liisme universel^ à Vanarchie universelle^ au dtifiÊm universel; rien do moins. Vous avez publiquement ubmé que vous le démontreriez; j'ai patiemment attendu que m crussiez complété votre démonstration pour y répondre. GA démonstration, Tavoz-vous faite?
Ost maintenant ce qu'il s'agit de vérifier.
Vous dites :
« L'autorité, le droit, est le principe conservateur dessorirtés huitaines. Si le droit n*03(ist6 pas, il faut rcnveraer Ifi barrières religieuses, morales, politiques, qui retiennent k liberté captive; il faut cendre Tbomme à sa loi vivante, àa nature pr4)pre, à sa vie réelle. »
L'autorité dont vous prenez la défense en ces termes que jf viens de transcrire, et que vous appelez le Droit, est-ce l'ntoi-ité dictant h Galilée cette abjuration : u Moi, Galilée, dw » la soixaiitr-dixirnn* année de mon âge, étant GonstitoépB- » sonnier et h gcrioiix devant Vos F'iminepces, aymnt dmit )) mes yeux les saints Évangiles, que je touche de mes pitfM )> mains, 'abjure, je maudis et je déteste Terrenr et l%Mrii )' du mouvement de la terre u ? Est-oe rautorité L]escartcs?Kst-cerautorité accusant Malel^ranoha, parla d'Ainaud et de Bossuet? Est-ce l'autorité déoianinl <( téméraire^ arrogant ^ hnpudeut u , pour s'être rendu eoupaUi d'avoir fait païaître une Logique en désaccord avec odli (KAristote, et lui défendant, par arrêt de François 1*% d'i f:rier ou d'écrire contre Aristote, arrêt annulé par arrêt do Henri 11, qui nomme, en Iâ5â, Ramaa prothunir tir philosophie et d^Moquence au Collège royal, ce qui namnt pus Ramus, en i572, du massacre de la &aini=liartMh«9- ICst>ee rautorité condamnant Etienne Dûlet, le tradocteayfc Platon, à être étranglé et brAlé comme suspect d'atMâpi} Kst-re rautorité vouant à lexii Grotius, avpcat et nwgîlMl éniineut, pre^ijuc éîj^ulcmeut célùbi'e oomme puldicâstCi
LE DROIT ar^
ion, conimi» savant, comme puëta et comme caoonistc, 16 d'Ktat et homme de bien, foiaant passer l'intéiét public tout intérêt privé? Kst-ce l'autoriié promulguant Tédit ntes ou le révoquant? Est-oa Tautonté opprimant sour tux, en Su^de les catholiques, en Toscane les protestants, "S les isra<^litcs? Est-ce TautoHCé ordonnant, en mai 1854, iller deux sous-officiers. Polonais d'origine, pour avoir é au pnpo russe quêtant catholiques ils ne pouvaient, omraottnt un sacrilège, recevoir la communion de ses ? (1) Kst-cc eiilln, dans Tantiquité, l'autorité déclarant :e, dont vous invoquez le nom oontre moi, m coupable •orronipre les jeunes gens, attendu qu'il ne i^connaît les dieux de la république et piet à )eur place des extrainces démoniaques », et le coqdamuant comme te) h r par le poison, à la majorité de 281 voix contre 275, -dire li voix de moins que le nombre nécessaire pour r Tépalité des suffrages et être absous? rate, ditos-vous, poui-suivait de ses railleries, sous les ues (rAlhènes, les u rieillts maximes que je débita en plehi lèeuvième siècle! u Alors Soerate n'était paA d'qccord avec lue, rar je suis d'accord aven lui lorsqu'il dit h Kuthy- , qui, en 1854, se fiU appelé Hlot-Lequesne ;
iTC. — Kti hinn ! (examinons ce que nous iliBons : ce qui est
«s aux (lieux, suit chust^ 64»it luuiane, est Miiiit, <*t ci! qui est
taillis aux (lioux, hoit clio.«»tt, suit huniuie, e.M iin|ii<*.. I'H iiaïut n'iMt
liêint* quH riiu|»i(% inaiii lui i*a»t tput^ fait opiHisé, n'est-ce |ias?
YfHMoN. — Sans contrmlil.
%TK. — Kt «rla parait bien «lit?
vi'iinoN. — Jt» W iTois, Sucrate, car ot»la a ét^ dit.
iTR. — Mais il a <^té «lit aussi, Kutliyphron, que les dieux M>nl t divÎM^s et qu'il r^^ne |iarmi eux des haines et des inimitiés.
l'un (1<*«4 ilrrtiicrs .ihh:!!!!» i1i> SiliftirU' (mai 1864), la général ruui» AUX [•rr'tri'4 i^roc* (}ui font partii» de a rûgimenti» dadunaar la oom* à Idiih les v,,i,Uts. (!t*t «irdr*' i'hI *>\r('uti'* le iiiAtili, au p<*til jour. iMi*-orflri»Tî», I*n'oii.ii^ li'iirijjinp, vi mitAn rcinim«* t'xrt«llentii inîli- «yniil ii«''c',:if m |mi;ii' liu'ii.iiit (Mtliniii|ii**9 ils ii«f |Miiivaieiit, Mns itrr un s.irnli^f. ii-nv-iir II «'itiiimiiiiînii d<* n'a luaina, tout ilU* Miiitit trailiiit^ (li'Vaiil un miisfii il«* (Tucrn*, i*t fu^ilU*...
C68 I'E; dkoit
EUTBivatoN. — Je l'avoue.
sociATE. -^ Et ce qui produit, ezeell ces animoiités^ «'est-ce point une < Ténooe de MHtlBCMB? nous cela de cette nanière. Si i disputonSy toi ei bnÎ|M nombres, pour savoir lequel est le u grand, cette diMaei nions nous rendrait-elle ennemis ei nous poiierailr«lle à des violence? En nous mettant à compter, ne aerioos-iMms pas d'accord?
EUTHYPHRON. — Certainement.
socsATE. — Et si nous disputions sur deux oorps pour savdrlipl|^ est le plus grand ou le plus petit, ne nous mettrions-noos pas kkia^ surer, et cela ne finirait-il pas sur-le-duunp notre dispute?
ROTHTPHBOif. — C'cst vrai. I *
socRATB. — Et en nous mettant à les peser pour aaToîr leqMl lÉk |* plus pesant ou le plus léger, ne tomberions-nous pn d'accord?
EUTHYPHRON. — Le moyeu de ne pas s'accorder!
socRATE. Mais qu'est-ce qui exciterait en nous la colère cl h Uêê.% nous venions à en disputer sans avoir une règle à laquelle nonspâaiM avoir recours ? Peut-être ne te vient-il aucune de ces dioses è rei|ril;f vais t'en proposer, et vois si j'ai raison. N'est-ce pas le jiisia cl le beau et le laid, le bon et le mauvais? Ne aont-ce pos les lesquelles nous entrons en différend, et faute d'une règle nous nous jetons dans des inimitiés, toi, moi et tous les néral ?
ELTBTPHRON. — C'cst là-dcssus quc roulent tous nos riiiTfrfdi
sotràte. — Ainsi, selon toi, brave Euthyphron, les dieux jmHl# féremnient du juste et de l'injuste, du beau et du laid, du ban il di mauvais, car ils ne se seraient jamais divisés entre eux, slls ne dipraient pas de sentiment sur ces choses-là?
EUTHYPHRON. — Tu as raison.
SOCRATE. — Prends garde à i*e qui va suivre. Si le saint est ok yvtie du juste, il faut, à ce qu'il semble, que nous trouvions qaaDa fôti' du juste est le saint. Si tu me demandes, par exemple, qaaDa ffltir du nombre est le pair et cpiel est ce nombre, je te répondrai qne c'm le nombre qui se partip^ en deux parties, égales et non en deox p0ti^ inégales. Ne le crois-tu pas comme moi ?
EL'THTPURON. — Oui, je le crois.
SOCRATE. — T&clie donc de m'apprendra, k ton tour, quelle pvlfirdi juste est le saint, afin que je signilie à Mélltus qu'il cesse d'èto à mon égani et de m'accustT d'impiété.
fevmiYpaRON. — Ce que je puis te dire, en géuéral, c'est que la sainteté iviite à se rendre les dieux favorables par ses prières et sm sacrifi- 1^ et qu'elle conserve les familles et les cités ; que Timpiéié consiste Irire le contraire de ce qui peut plaire aux dieux^ et qu'elle peut dé- "* tout.
. " SacriBer, n'est-ce pas donner aux dieux, et prier, n'estk pts leur demander?
BCTBYPHRON. — Fort bien, Socrate.
aocEATB. — Il sort de ce principe que la sainteté consiste à savoir les Hnandes et les dons qu'il faut faire aux dieux.
nmiTPHaoN. — Tu as parfaitement compris ma pensée, Socrate.
aociATi. — C'est que je suis amoureux de ta sagesse, mon ami, et le je m'y applique tout entier. Ne crains pas que je laisse tomber une nie de tes paroles. Dis-moi donc quel est l'art de servir les dieux : eil, selon toi, l'art de leur donner et l'art de leur demander.
niTHYPBaoN. — Oui, selon moi.
•ocaATK. ~ Or bien demander, n'est-ce pas leur demander ce que ws avons besoin de recevoir d'eux ?
BOTSTPHaoN . — El que serait-ce donc ?
ioauTi. — Et bien donner, n'est-ce pas leur donner en échange les mas qu'ils ont besoin de recevoir de nous ? Car il ne serait pas fort ibile de donner à quelqu'un ce dont il n'aurait aucun besoin.
ECTBTPBRON. — Tu dis la vérité, Socrate.
tocBATt. — - La sainteté, Euthyphron, est donc une espèce de trafic En les dieux et les hommes ?
BCTBTPHao.*f . — Je suis pressé en ce moment, et il est temps que je quitte.
socKATK. — Que fais-tu, mon ami! ton départ me prive de ma plus «ice espérance ; car je m'étais flatté qu'après avoir appris de toi ce l'est la sainteté et son contraire, je me délivrerais de la poursuite de Êlitus, en lui faisant voir qu'Euthyphron m'avait instruit dans les loses divines, et que l'ignorance ne me ferait plus agir témérairement innover sur ces matières, mais que dorénavant j'aurais une oonduile us sage. »
Le dialogue qui précède, et que je tous remercie de m'avoir it relire, prouve, ô Mélitus, que la questioD qui se débit itre nous est d'origine ancienne et n*a pas, depuis deux mille
flTo I.E mon
dem oenti ans, beatteoup STanoé ▼« m. Lltt
précise, la bslahcc exacte dotit Soctate deploraft l'iT dont je CDHRtate la nécessité, serait encore h ttotittr, I raison démontrée par le raisonnement b'étalt pai MOttl*' exacte, cette mesure précise. Mais la preuve ériiMti, p pable, que cette mesure, que cette balance qne je p est bien la seule qui Soit jaste, lasedle qnl dolTeélnIïbl U:f., ressort du jut^cment même et de I& eoDilalluttlldifl| Kocrate.
Ouel était le crime de SoCrata, accosrt pat HéUlDa, Aifta ot Lycon? Le crime de Socrate était de n'avoir qn'uiwMW pecte dans les dieux de l'État, de ne croire À la diTinilé ofDcidle de Jupiter SI de Junoti. Qd'i faire Lycon, Anytus et MéIttusT Ao Hen d' devant le tribunal des héliasies, ils n'BTafenl qu'A \t dro, ils n'avaient qu'& le réfuter, Ils ti'&vaient qa'à la divinité de Junon et de Jupiter. Socrate, j'eo ù Mélltus, eût été certainement par vdni cOnfoodii M Hi> damné au silence par l'impuissatice de tépliqtief, BUfl,ll moins, il n'eût pas été condamné par les tléliastes à iMK empoisonné par la ciguf'i A qaoi a servi ■•• nortT A44lf sauvé Jupiter et Junon? Elle n'a pas même eerri i de l'exil Anytus, l'ami qui s'était fait avec Totn, 6 l'nn des trois accusateurs de Soerate. Mais qb'impMta, MR- Tous, qu'elle ait été inoUle, ai «Ile a é(ë JuRts? Or, 6ê ïtfm mrïmc de M. Coussin, traducteur de Platon, la ami lie 9lMi a été juste, car voit;! nn quels termes il réhabilite Anjtairt Jnstifle l'An^opagc :
« Cnmme plaidoyer, comme défisse négitîn, on ne peut M^ rn|Hilofni> de Sicrate ne xnît trés-faible. C'est qu'elle aa pieâi gabn ne inn l'I^tre, que fiicntiation ttitit fimàte, al ^B^ (Wi dniis un ordre de rhow^s dont 11 bnie est une tall^Ml tfdifc * IIP [leiit [H>nMr [-omme Socrate de celte rriighHit et paMiaf aa ^aWil p«>ni<>,i>anR noire à celte religion, et par caniéqMnt SMaUMMrrtH el (inivoquiT à lu lungnu une révrilutiun ; el la preuve en «al faap#B sîi'>i'li>s plus lanl, quand cotte n'-voUiliiin éclata, tes plu« télé* paitiMM. <laiislpiirs |iliig viiilfiiti-ï allaipips i-untre le jiaganiinie, n'ont U ^ n^pincr 1rs arpunif nti île SncniTe dans Xtuthyphnn. Ihi pMH Twt ' anJAiinrinil, Soi'mle ne nVIeva tant comme philosopM qbc p ' ' ' à condilinn il'i'ln- entii'ilih r-ynmi- etteyen, !i pnndn re il
Lis DhOlT ftf t
qo'il impose, dans le sens étroit et «êtoa Y^i/ptii de rantl^ttlté.
\m Socrate avait raison : sit mort était forcée, et le résultat inélrilible k lutte «qu'il avait engagée contre le dogmatitme raiigieuxit la sagesse de son temps. C'est lesiM'it de ce tenip6| ai non pas is ni TAréopage, qui a mis en cause et condamhé Sootite. Anytua, t le dire, était un citoyen recoramandable; l'Aréopage^ un^tlîbunal '^attable et niodéri^, et s'il fallait s'étonner de quislaue chose, ce serait w Socrate ait été accusé si tard et qu'il n'ait pas été condamné I Une phi Ibrte majorité. »
^' Gomment conôilkr an p^iteXi èloge dé ta modéfation de ffâtèôpage, du caractère d'AnyttiB, aVec cette opiûlon dû iMme autedr, imprimée dans le m^tûp. Vofufetie de cette môme Induction :
« Ce n*est pas dans des dogmes religieux uu'il faut chercher le titre primitif de la légitimité des vérités morales, (.es vérités, comme toutes les autres, se légitiment elle^-mtMiies et n'ont pas l>esoin d'avoir d*aUlre Morilé que Celle de la raison, qui les aperçoit el qui les proclame. Lt rmUon ett à Hh-mhnufi na fyropre tanetion. •
O incons/^qucnce !
Si la ndson est à elle-même sa propre sanction, pourquoi hû en chercher une autre hors d'elle-même, que ce tribunal se nomme Aréopage, CaTphc, Peuple, Armée, Saint-Ofllce, luAtîcc exceptionnelle, Jury, Police correctionnelle, Cour d*a8sises?
La condamnation de Socrate quatre cents ans avant la nais- Bance de J«>suB-Christ , la condamnation de Jésus-CbriM quatre ciiits ans après la mort de Socrate, et seise cent trente-trois ans après cette condamnation la condamnation de Galilée, ne sont-elles pas la condamnation successive et déflnîtive de la force matérielle s'érigeant en juge de la force immatérielle, de la raison collective s'érigeant en juge de la raison individuelle, du glaive s*érig«ant en jugB du verbei de Tautorité, enfin, telle que vous la déifiei, s*érigeanl en juge de la lil>ert4*, telle que je la revendique?
Ouelle plus éclatante condamnation vous faut-il donc?
Itendre à jamais iniiMissibles, dans l'avenir, de paréih jiigenieiitf^^ : xaWh le but que je poursuis, bat em trtven
duquel vous êtes venu vous jeter, 6 Mëlifau! 6 6 Sulpicius !
Tous prétendez que la négation de tout poQ' vérité axiomatique que je proclame et dont je pomaitl'^*^ triomphe. \^
Tous vous trompez !
En matière de pouvoir, nul n'est plus abeola qoe mâ^'} suis plus absolu que vous; je vais si loin, que je n'adiMb f^\\i le pouvoir exécutif borné par le pouvoir légiiilatif, mit voir spirituel borné par le pouvoir temporel, démarabi 1^. presque unanimement consacrées; je laisse le pouvoir ^~^' sible^ je laisse le pouvoir individuel se limiter d*euxH les veux distincts, mais entiers.
Je veux le pouvoir indivisibk aussi entier qu'en Texercice de ses attributions, je veux le pouvoir aussi entier qu'aux États-Unis dans le développement de action.
Prétendez-vous que le pouvoir nuliviâible et que le individuel ne sauraient coexister ainsi? Soutenes doue akn que deux lignes parallèles ne sauraient être de mftmelomMV sans se confondre ou se rencontrer!
Cette distinction entre le pouvoir indivisibk et le poiw individuel^ tirée de la nature môme des choses, fondée m l'observation, vérifiée par le raisonnement en attendant qa'ch soit sanctionnée par l'expérience, a un avantage déeiflf fâh recommande : c*est d'ôter toute importance à la quertiesde forme de gouvernement : héréditaire ou éleotive, mooaidique ou républicaine ; c'est de mettre un terme à la lotte di Texistence des partis politiques.
Vous vous étonnez qu*admettantles lois de Tordre miMrid parce qu'elles sont irrésistibles, je n'admette pas les bis Wraies parce qu'elles sont transgressibles. En effet, e'estysm quelles sont transgressibles et variables, temporaiise il locales, que je ne les admets pas au rang de lois éternelles, universelles. Toute loi qui n'existe point par mc^me et par elle seule est une loi factice. Que iliii lundi issi nous tous, si une seule planète pouvait sortir de son oiUli? Votre objection, empruntée à l'artilleur qui pmnta sa fike^ est un coup de canon tiré à poudre; il ne porte pas. que la résistance des milieux n'est pas une loi de
LE DHOIT 673
que rélasticiié des métaux? La preuve que la rànaUnee m milieux est une loi, c^est que vous prenez Yous-mème la lÉM de constater que l'artiUeur en tient compte. Ia loi naturelle, éternelle et uniyerselle, constitutive, dis* ■ctive et dynamique de Tbomme, c'est la raison; la loi de la iKin, c'est la logique ; la loi de la logique, c'est la vérité, ■Bine le nord est la loi de la boussole. l^a réciprocité, oui ou non, est-eUe vraie, est-elle logique, b-elle raisonnable? Vous ne sauriez le contester sans renier .précepte évangéliquc : h Ne fais pas à autrui ce que tu ne Ittdrais pas qu'il te Ht. Fais constamment aux autres le bien le ta voudrais en recevoir. »
Que me parlez-vous de Catilina et de Régulusl Si la loi de eiprocité avait été observée, si les hommes ne s'étaient mais battus et avaient toujours raisonné, Catilina n'eût pas rré bataille devant Rome à Pétréius, et Régulus ne fût pas mbé dans les mains des Carthaginois.
Que me parlez-vous d'enfant adultérin et de fidéicommis 1 MIS le régime de la puissance individuelle, il n'y a pas de inssancc indivise qui classe contre nature les enfants en deux itégories : enfants hors la loi et .enfants sdon la bri. Avocat B l'ordre universel et de la raison de Dieu, trouvez-vous une juste que Tcnfnnt innocent de sa naissance en soit réputé CNipable ?
Que me parlez- vous de fraude, quand c*est vous qui y prooquez, quand c'est vous qui commencez par en donner exemple ! Pourquoi un fidéicommis lorsque l'on n'a rien à acher, rien a éluder? Est-ce que le fidéicommis tacite n'est une fraude de la loi ? Est-ce que le fidéicommis ne dérive du droit romain et ne doit pas son origine au désir d'éider, de frauder la loi Voconioy qui défendait d'instituer [entières les filles ou les femmes, dont cette loi voulait resreindre les richesses afin d*arréter les progrès du luxe ? Qu'il le se fabrique point do lois factices, et toutes ces comUnaions dangereuses qui donnent à l'esprit de cupidité tout ce [Ocelles Ateiit à Tesprit de réciprocité rentreront dans le léant, d*oii il eût été désirable qu'elles ne sortissent jamais. ta réciprocité étant la clé de voûte de Tordre rationnel, si ous et(*8 un homme raisonnable, non, vous n'ébranlerez |mm 'édifice qui vous abrite ; non, vous ne fausserez pas de vos
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propre? niain< la iv^^le qui dovra vous servir à chaqi <îij jour, a r!:.!iju»' ."irliori de votre vie. Pourquoi d r.iil-«ju [h\> iiutarît di' cori fiance dans la raison de i'h» dan- «a con.srience? Kst-il donc plus uitïirilo dV-da: fjin.' d'j'iclairiT lautr»*?
'fit /ionorercu ton p^re tft ta mhrp^ vous parait un .iîi--i vi-ai, ;iu>>i ab.'?Mlii dan.s Toi-di-e moral que Mai f*iî»f*. : Jjf tout i'st fjluit (jrandque la partie, est vrai • dans Tordri* mat<'*nel.
Mais si j'ai doux pères : un père réel qui m* ?«^it [lèi-f^ ii'^'al. l't nn pcre légal qui ne soit pas mun | I('(|nf'l dr* r«î.s diMix pèies devrai-jt* honon'r? el iiui di'vrai-jo à ina mèri*, si les tiiunncnts causés jKirlai in<*s d»'ux fières, l'un fictif, l'autre effectif, étoutrent' sfrntinicnt de la maternité, et si elle finit par ii:*.* lia loifiM'r?
O nnui condadictour, qui croyez si fermement >rii*iice luiniairii? vi à l'oi-chv universel, expliquez-: roinnH'nl, sous notre réf^ime. qui compte une milice» liqn<' si nombreuse, unt; église dans chaque cnnii roidi's>iotnial ot urn* chaire dans chaque église, ({e> t: df tous d(»^n'é<, nne éclioîlc dos [leines pncon' si !• cxislo lant d'enfants, les uns qui ont deux pères. iMl< i|ni ii'oM ord aucun ?
Nou.s ap[iartenons, dites-vous, à doux écoles oi»p«»î^'"' a [école qui poursuit h? progrès sous Tempire et dans de la loi morale; moi, à l'écolt» qui poursuit le pwj antre guide et sans autre n*gle que la raison de l'hoi
Il ne tient iju'à vous qu«? je déserte mon école po dans la votre. Kile n'a qu à accomplir en tout po ini l(
norale. i^lui l'empéclie de l'appliquer? Les délW
autorité n'en stuit-ils pas les détenteurs? N'ont-ib
es joains, depuis i\vi^ siècles. tons les pouvoirs: pow
H)M\oii judiciaire, pouvoir militaire? Kf d'ailleui^.
LK DROIT 9n
'Hlèttdniît la résistance ? Certes, elle ne lenr THnidniH pM du ^|«uple, rar il n'aurait qu'à gagner h l'accrnnplisseraênt de la ^^Û évangéiique, fidèlement observée, sans aucune exeeptiori ^tmdée sur ancnn prétexte. C'est tout ce que le peuple defliaildc ; il n*a jamais demandé rien de plus à aucune deH 'Mrolutions auxquelles il a servi d'instrument, révolutions ' f u'il eût ét<^ si facile de prévenir. Pourquoi ne les avoir pas prtvenues? Prévenir les révolutions est plus sage et moln» nigaire qu(> d'en médire. Je les déplore, mais je n'en médis pas. J'en reconnais lu légitimité en nii^me temps que la stéri- Kté. Lorsque I aveuglement, l'abus, le privilège, riniqoité, l'arbitraire, roppn*ssion, la dilapidation, la prévarication ont flomblé la mesure, lorsqu'elle déborde, que peut et que doit tenler la multitude écrasée sous le fardeau pour en alléger le poids? Seriez-vous do l'avis de Leibnitz, et proposeriez-voos ém reconnaître aux papes, implorés par les peuples, le droit de déposerions rois? Faire, ainsi que vous le faites, la leçon •ax peuples sur l'ardeur imniodérée de jouir, sur Tuuhli et le dédain des eroyanccs les plus sainttis, i^st eertes d*un grand etKur; mais faire la leçon aux rois, leur rappeler qu'étant les premiers de tous, ils doivent être les serviteurs de toua, ue serait pas d'un cœur moins grand, je vous Tassure. Fentetvoua donc ({ue les rois sont ce que l'Évangile leur prescrit d'i'tre? IH?nsez-vous donc qu*ils donnent aux peuples rexeunpie de toutes les vertus que vous prèohex à ceux-ci? Si les rois ne donnent pas cet exemple, à qui appartient-il plus qu'à eux de le donner? Sont-ils Téquité, la charité, l'humilité, la miséricorde assises sur le trône? Combien saint Louis, parmi Mssancceaaeurs, a-t il, — noiumea&-les-nioi, —compté d*émules? Je me borne à vous poser rapidement cette courte question, iNir je n'ai pas plus de goiH pour les déclamutiona contre les irouverneinents que je n'ai d'estime pour les déclamations eontro les peuples. La première de vos trois graves accusations formulées, que dis-je! fulminées contre las idées que je ni*tf ITorce de rendre simples et de faire prévaloir, c*e8t qu'elles mboviiiBéent klmdwiUitalwne univerêel^ et que td'iudividualiauH^ » univensel, c'obt le principe rvvulêUiimmiire dtkimim génération m directe, dans sa formule vérital>le ; c'est l'omniputenes d«^ • l'homme, coii>équemment le libre et plein essor de Ions ses »iBilincts, de tous ses i»entiments, de tous ses iuléréCSi de
)) toutes ses passions, l'antagonisme des penofloalitHk M » de nature, le chaos, ranarchie. »
Vindimdualisme rationnel est, en effet, i Vmén tel que je le comprends, ce que la base d*an édifiée faîte. Lorsque tous reprochez au droit indiridad «( le droit humain » , vous tous méprenei ; s*îl y a ■ divin, c*est le droit individuel.
L'individu fait la société, mais il ne se faitpas; doie,9liéii santle droit individuel au droit social, il serait ptai«M| |^ dire :
Le droit individuel est le droit divin;
Le droit social est le droit humain.
Conséquemment, le droit que vous attaquez estsifiîi nu droit que vous défendez, et il le prouve partout, vi^ que relativement, où il est libre de s'exeroer.
OucI peuple, quel pays ont fait, en moins de temps dfl* révolutions, de plus rapides progrès que les Êtats-Uû?
Où l'individualisme, cependant, est-il plus enSa dp libre ?
Ëh bien ! rAméricain du Massachusetts, du Coiuicdiii|* de New-York a-t-il des instincts plus grossiers, des pi^ plus désordonnées, des convoitises pins ardentâqnekt^l lu d*Arkangel, de Kalouga ou de Moscou? L'homme-ioi^ltk l'homme libre nux États-Unis, où l'autorité pèwnB|*'>f|^ léger, vaut-il moins moralement, intellectueUemefllillPl (| quoment, travaillc-t-il moins bien et vit-il moins iH^I^ r{ue rhomme-sujet, Thomme-serf en Russie, ouraiiioili|''lv
lin poids si lourd?
Vous avez contre vous Tcxpérience, que j'ai pour wâ\^ avoz, à la fois, contre vous et la république swéàoi^^ Tompire russe.
L'homme libre, c'est Thomme raisonnable. • ^
Pourquoi donc Thomme raisonnable ne 8erait41 1^^
Qui dit raison dit liberté.
Vuft dos ol)joctions sur lesquelles vous vous ap^ complaisamment cs^t celle-ci : c Toute la science de l'ariM' )) a-t-olle jamais pu faire passer dans les mœurs lefMF >i sacré de légalité et de la fraternité humaines?» k' \ô.\e. Tobjection et j'y réponds : Est-ce qu'avant la otf^ nuit du 4 août 4780, la fraternité humaine, TégalM é^
tkbtaiant en France? Es^ce que la fraternité, Tégalité exislent et sont pratiquées dans aucun des Ëtats dont le cbef est tfMiolique? Est-ce qu'avant le 24 février 4848 Tesclavage itadstait pas en France? Est-ce qu'il n'existe pas encore en l^pagne ? Prétendriez-vous que le mot colonie sufRtpour jus- IBerce que reprouvent, je me sers de vos propres expressions, I Tapparition de la lai étemelk^ l'inflexible prescription du » devoir » ?
Prescription singulièrement inflexible qne celle que je vois léchir partout ! Loi étrangement étemelle que celle que je ne rois régner nulle part ! Entre le serf et le seigneur russe, mire l'esclave et le planteur espagnol, que sont vos rapporté ^éttêudrety que sont vos lois régissant les étre$ Khrei f
Que signifient, sous votre plume, ces mots : être» titrée^ puis- [ue vous n'admettez pas le droit individuel et que de l'indiviluallsme rationnel vous faites découler l'anarchie universelle? Optez donc : ou ne proclamez pas la liberté ou admettez-la l iTous ne pouvez point commencer par la nier et finir par l'adnettre ; vous ne pouvez point commencer par l'admettre et Inir par la nier I
Qu'importe que Socin ait nié Luther, qui avait nié l'ÉgUse! }u*importe que « les uns proposent l'association intégrale, la liberté de tous les essors passionnels, la réhabilitation de la chair, tandis que d'autres placent le salut de l'humanité dans Texercice direct de la souveraineté du peuple et la suppression des gouvernements ! » Qu'importe que « ceux-ci préfèrent Torganisation du travail, la conununanté universelle, tandis que ceux-là prônent le morcellement indéfini, l'individualisation systématique ! » L'expérience n'est-eUe pas lÀ pour montrer de quel côté serait l'erreur, de qud côté lerait la vérité, ce qui serait chimérique et ce qui serait pratisable, ce qui serait un pas en arrière vers l'état de barbarie
et ce qui serait un nouveau profcrës dans les ToiesdikÉk lisution ?
Quel que soit \e mode essayé, à la flenle conditafA force matôrielle n'ait pas d*autre rôle que celui d'ageilriW niijue mis en œuvre par la force immatérielle, es(-fB|»il^ lien de la mère a Tenfant et de Tenfant à la mère, oevMAl V^ rapport nécessaire, en sera moins étroit ? Est-ce qneklirf discontinuera d*ètro In loi absolue de toute sociélé fN^ sivc? Le tiavail pourra être de moins en mmns péHÛi|V> ce sera pour devenir de plus en plus actif. 0 matmiiè!èl^ vail I il n'est pas do doctrines sociales dont Tousayajpflî à redouter le triomphe, car toutes se briseraient ooititWi si ollés s'y heurtaient.
Sans la maternité, rhunxanité n*est plus que le néanL
Sans le travail, la société n*est plus que la barbarie.
La famille, dont vous faites une loi primordiale, nesiqp'* ri)nséquence de la maternité,
La propriété, dont vous faites une loi priraord'iik. ■** qu'une conséquence du travail.
K?t-ce que, de notre temps, la famille et la propriété i* ce (ju'elles étaient, je ne dirai pas dans l'antiquité, m»* le régime de la féodalité»?
La constitution de la famille et de la propriété a'Élto point immuable, elle change donc !
Le niercz-vous? On ne peut nier l'évidence. Le {ait MOi^ port(ï en lui-même sa preuve.
Où serait l'anarchie lorsque tout homme, en pleine |M^ <ion de ses facultés mentales cultivées par Tinstructiioaif^ loppées par rexercicc, mûries par rcxpérience, aurait bé^ (le vivre selon sa foi ou selon sa raison?
De quel droit, supérieur au sien, un autre bornai f' enipècherait-il?
De quel droit le catholique asservit-il le protestant?
De quel droit le protestant iisservit-il le Ciitholiqne?
De quel droit le fonctionnaire russe asservi t-U le uôlf^ polonais?
De quel droit, à son tour, en Pologne, le seigneur aatfri^ le paysan?
De quel droit le capital prétendrait-il asservir le traTlU
De quel droit le travail prétendrait-il asservir le captai?
LK DROIT Vm
ILiree qnel fer brûlant tous flétrissez raspiralkm 4e rhomme
bîen-étre !
Si le bien-4;tre ne pouvait s'acquérir que par le travail, où rait pour la société le danger que le bieD-étre fût, sur la TC, le but de tous les efforts de Thomme? Qu'est-ce que l'homme qui» dans un Ëtat civilisé, D*a point bien-être?
Socialement, ce n'est plus ou ce n*est pas encore un imDie.
U ne vit pas, il croupit.
Le besoin TabrutiL La misère Tasservit.
La saleté, Tinsalubrité, la promiscuité logent sous son toit. S*il a une vieille mère, pauvre ou inAnne, comment la igner?
S*il a une fenune malade ou en couche , comment la courir?
S'il a des enfants en bas âge, comment les nourrir? cornent les élev«»r? comment les instruire?
S*d est le père d'une jeune fille, et que cette fllle soit sédninte, comment IVmpAcher d*être séduite par le maître mt elli* sera la servante ou par le fabricant dont elle sera »uvrière? comment la soustraire au recrutement de la proitution?
Comment échapper h Tentrainemcnt du cabaret, qui fait ibli(*r, dans Tivresse dune heure, les privations de la se* aine, les luttes intestines du buffet sans pain et du foyer sans u?
romnicnt résister h Tavilisscment du salaire, qui baisse d^ le les bras s'offrent ù lui?
Si Iv salaire est insuffisant, comment le travailleur sera-l-il aisomniateur?
1*11 homme qui ne consomme pas, c*est un autre homme li ne travaiUe ]»as.
Pour ((ue fous travaillent continuellement, il faut que tous insomment ab(»ndamment.
Le bien-étn* du travailleur est la garantie matérielle de sa ileur morale.
Si ce nVst pas encore le crédit, c*est déjà Tépargne. C*est rhomme acquérant le respect de lui-même et Timpo-
nSO l'E DHOIT
sant, autour de lui, à sa femme, à ses enfante; e'eikii heureuse et fière.
C'est le cabaret sans pratiques.
C'est rbôpital sans malades.
Kt vous jetez Tinjure au bien-être !
Qui êtes-vous donc, monsieur, pour en médiie d trager?
Êtes-vous si cbaritable, que vous donniez toat ce qM possédez?
Étes-Yous si bumblc, que, la misère étant la loi do plu nombre, vous ne veuUiez pour vous-même d'autre loi!
Il est facile, mais vulgaire, de déclamer contre la ew de ceux qui manquent de tout, lorsque, soi, on ne nni rien. Il est facile d*être satisfait pour les autres. Puiqi vous attendrissez sur la société sapée dans ses foiià depuis plus de trois siècles^ c'est apparenmient que n grettez la cbute de cette société, et que vous en sonhi rétablissement, tel qu'elle existait avant l'an iSOO, l'imprimerie, avant Luther.
Sans remonter plus haut que le règne de Charies T donc avec moi un coup d'oeil rapide sur la société a en France, à cette époque :
La minorité de Charles YI, en proie aux rivalités i oncles paternels, est le règne des déprédations. Jni miei's, receveurs sont massacrés. Le vertueux avocat i Desmarets est traîné à l'échafaud comme complice de tions auxquelles, au contraire, il avait opposé Tantorii vertu. Isabcau, reine de France, a pour amant son bei le duc d'Orléans. Le connétable de Clisson est assasi Craon. Deux papes se disputent la tiare : Benoît, pape A prétend que Dieu a ôté la raison au roi Charles YI paro soutenu l'antipape d'Avignon; Clément, pape d'Avîgi rlare que le roi a perdu l'esprit parce qu'il n'a pas détr tipapc de Rome. Le duc de Bourgogne, rival du ducd*( inarche sur Paris ; la reine Isaljeau et le duc d'Orléai H Molun; le duc d*Orléans, assassiné, est remplacé pi reine parle grand maître d'bùtelUoisbourdon, surpris i nc's avec elle, en flagrant délit d'adultère; Boisbonrdon lit; fers, appliqué à la torture, révèle tout; ilestprédf hi S(*in(> pondiintia nuif, enveloppé d'un sacde cnir ai
Mflription : Lai$$ez poster la juttice du rmt Isabeau, captiye ft Toorsy délivrée par le duc de Bourgogne, crée un parle- ■ent, et fait graver un sceau qui la représente ayant les bras Hendus vers la France qui Tiroplore; elle établit sa cour et parlement à Troyes; le duc de Bourgogne s'introduit Paris et y ramène la reine Isabcau ; les armagnacs sont ; les rues, encore teintes de sang, sont jonchées de koTB ; le roi Charles YI, qui a banni la reine Isabeau, la reçoit iTec la plus apparente effusion. La France, déchirée par la jfwmrre civile, est en proie aux étrangers. Les Anglais s'emparent du duché de Normandie; ils marchent sur Paris. k leur approche, la reine et le duc de Bourgogne, traînant le roi Charies YI à leur suite, s'enfuient à Troyes. Le duc de Bourgogne, flottant entre les Anglais et le parti du dauphin, est assassiné à Montereau par les armagnacs. C'est le troisième de ses amants que la reine Isabeau voit ainsi périr. Furieuse de cette mort, elle traite dans les intérêts de Henri Y, roi d'Angleterre, pour lui livrer la France. Un traité est signé en 14S0, par lequel il est réglé que Henri Y épousera Catherine, flUe de Charles YI et d*Isabeau de Bavière, et qu'après la mort du roi il succédera à la couronne ; qu'en attendant, il gouvernera la France en qualité de régent. Ce renversement des lois fondamentales est consacré par le Parlement. Les deux rois et la reine font leur entrée à Paris; ils y sont reçus avec magniflt'i.'uce; le dauphin, déclaré coupable de l'assassinat du dur «Ip Bourgogne, est exclu de la couronne. Sous ce rt*gne, il y a deux rois, deux régents, deux connétables, deux chanceliers; ce n'est pas l'anarchie et l'assassinat dans la rue, mais c'est l'assassinat et l'anarchie dans le palais. Qu'en pensez-vous? Que pensez-vous de ce régime, ainsi résumé par Chateaubriand :
« On voit marcbur, tantôt iiépiré«, tantôt confondus, dans ce siècle, les fiirfailH et les amours, les (t»ies et les massaiTes, l'histoire et l«> roman, tous les ilésoriln*s d'un luoiuh^ réel ot d'un inonde fictif : rima^ination entrant dans les crinios, les crimes dans l'imaginatiou. >•
«Charles YI meurt le ât octobre 1433, laissant Paris aux mains du duc de Bedford et nu pouvoir des Anglais; le dauphin, son flls, exclu du trône comme auteur de l'aj^fuisfiinat du
«n LE DROIT I
duo de Bouiyogne, est proclama roi à R^pally ; 4tWU| 1421), (ion ri'gnc ne se compose que d'une BUccesùOD de mm^ I les Anglais l'appellent démoirement, le petit ni 4g Jmnk I uu momi^nt de s'enfuir en Pro^'ence, il est mincolciMHrt sauvé par une fille du peuple, par JeaDoe Datc CsaBrij !t'uci]uittc-t-il cnvera elle de cette dette sacrée? EnblsHt eondamncr et brûler comme sorcière, sans inéiaa teabrM vi^nger. Agnès Sorellui faitoublierJeanneDaic. LediqUk qui sera Louis XI, cantonnù dang le Dauphiné, y Ttt Ml en révolte ouvi-rte et taotât en conspiration aecrèle. \s et irAleiii,-on. prince du sang, est condamna i mort. ~ ~ ~ ilans lu crainte d't'tj'e empoisonné par non flls, m lir de fttim. 11 meurt la 22 juillet 1461, aprèi trente-neuf ans.
Chateaubriand résume ainsi ce règne :
B Du (xiint où la lod^tL' était parvenue toui Chute Vl^ I Mil» siblH (l'arriviT éfjalemenl à la nioDarcliie libre ou à la nwnirriM ih»lue; nn voit tri-s-bieo le point d'inlenection, nuîa la libnlé s'aiHiA laissii mnrt'lipr le pouvoir. La cause uii est qu'après la cm' guprrcs rivjirs et ittriing^rct^, qH'ajiWs les d^stordres de h il (NHirhant îles rhnirx était vers l'tniîté dn principe goqi
De ce règne, oîi In Fmncp, perdue, rendoe par aes Tob. K >':iiivi'>e, rachetée par une flllc du peaplp, aecasateur des ff»jili's, défenseur des rois, qu'avee-vous à dire ?
Umis \I sucrèdcà son p6rf> Charles TI1, dont il a abrép l.-i \ in pnr la cminte de l'empoisonnement. Crainte non diNufc • lf> fondement, car Louis XI empoisonne son frère, le doedc nuienn«', «lorsqu'il y penRiiit le moins, priant la Tïergeff ■> Ixiiinc diimc, mi pelitf maistresse, sa grande amie, dé Isi » otilenir son panlnn » (I). Après le traité de ConRanii, il bit jeter <in(is In rivi«>re plu.iieurs bnurgcnts de Paria, «oopcoanfr 'IVilif partisims de son ennemi : nn li>s lie deux i dem tai un s.ir. Los chroniques du temps comptent quatre ntîDe si rxéi'Lili's snus stoii n-fîne, en public ou en secret. Il c
le duc de Nemours soit interrog^^ dans ea cage de fer, tpll y suhissc la question, qu*il y reçoive son arrêt; on le (nfease eojïuite dans une salle tendue de noir; on place sous 'Mehafaud, dans les halles de Paris, les jeunes enfanta du duc,
Ê qu'ils reçoivent sur eux le sang de leur père : ils en sortent ; couverts, et en cet i^tat on les conduit à la Bastille, dans cachots faits en forme de hotte, où la gène que leur corps ipronve est un continuel supplice; on leur arrache les dents à plusieurs intervalles.
« 1/îdée des chaînes et des tortures était si fortement empreinte dans rapprit de l^uis XI, qiio, fatigué des disputes des mminaux et des réa- ÊSttn , il fait cndiainer, dans les bibliothèques, les gros ouvrages des premiers, alin qu'on ne tes pAt lire. Les seigneurs appauvris brocantent knrs plus «célèbres manoirs; l.oui^ XI, comme un regrattier de vieilhm gloires, maquignoniie à Ims prix la marchandise qu'il ne revend plu.» (I)
Voltaire complète ces lignes de Chateaubriand par les Kgnos qui suivent :
« Sous Lniiis M, pus lin graml homme. Il avilit la nation. Il n'y eut Dulk* vertu ; l'obi'Lssance tient lieu do tout; et le peuple fut tranquiUe, t*uoime les forçat;» le sont dans une galère. «
Partisan de rautorit4>, est-ce de cette autorité que vous regrettez le H'gne ?
Louis XI meurt le 30 août I4H3, laissant la couronne à aon flls mineur Charles Vlll, qu'il avait fait élever loin de la cour s;ins lui dnfUHT aucune instruction : quoique le fils n*eût enmro qiH» treize ans. le [mtc îivait déjà peur du fils î ('harles VIII monta sur le trouo ne sachant ni lire ni écrin; Lorsqu'il nif*urt 1(* 7 avril 141)8, emportant avec lui dans son tombeau le jiei/.irnie si»*cle, rirupr*iruorie, cett«» diabolique et révolutionnain* invention, n'avait *»ncoi-e servi, de 1457 A 1498, qu'à imprimer des psaumes latins, des épîtres de Cicéron et de Pline, et lu trailuctinn do V Amour divin de saint Donavtnturt:
ii) CJUTCAttfilANO.
i;8i LG DROIT
Luther, cet infernal destnictear de toute autorité, né n'était pas encore entré chez les Ang^stins d'Eriut di'ïfenseur de rautoritc du pape, ne se doutait pas qo séparer de TÉglise en 4516.
Par cette rapide esquisse que vous m'avez cool faire, qu'on juge si la société vaut moins an dix-ii siècle qu'au quinzième, et si l'anarchie était moim avant qu'après l'apparition de Luther !
Non, non, la société de notre temps ne vaut pa ([u'en ces temps où la cour, divisée, se composait partis dont l'un était toujours en lutte contre Tant dauphin donnait l'exemple de la rébellion, où l'adnlt îtssis sur le trône et l'assassinat sur ses marches, où l ments reculaient les bornes de la servilité, ou la guei entre seigneurs rivaux était l'état normal. Tout votn construit sur une erreur, s'écroule dès qu'on le fooil ({lie fassent et quoi que disent vos pareils, ô mon ce leur, pour glorifier le passé, le présent n*a rien à pen rf ro comparé, et la raison relative que vous attaques lemment n'a qu7i gagner ù être placée en regarddef absolue que vous défendez si imprudemment.
Mais j'ai tort de vous le reprocher au lieu de vooi mercier, car ou ne saurait mieux que vous condai cause qu'on défend et servir la cause qu'on attaque.
Maintenant qu'il est démontré que l'anarchie soriak en déclin qu'en progrès, depuis trois siècles, n'a point [)0ur naître que Tindividualisme rationne! osAts'affli vais examiner s'il est vrai, ainsi que vous le prétend conduise au despotisme universel.
Pour que rindîvidualisnio rationnel conduisît au dfli universel, il faudrait que celui-ci ne régnât pas et que ivmiùt. Or c'est positivement le contraire qui a lieu. ( iiipolence gouvernementale ne règne-t-elle pas? où Vi
LE DROIT tm
£06 individuelle rëgue-t-elle ? On ne crée pas ce qui existe, danger dont vous vous effrayez est donc un danger que ilpM imaginez.
#k Je TOUS accorde que la Force était la loi de l'ancien monde; jjilB est-il vrai que le Droite c'est-à-dire Tannibilation de la IJppoe par la raison, soit la loi du monde moderne? Est-il |Vrai Êm la force soit bannie de Tordre civil, bannie de Tordre reliipbiix^ bannie de Tordre politique ? Est-il vrai que la force soit Wincue dans la main des rois, et qu'elle ne soit plus mena- IglBite que dans la main des peuples ? C'est ce que je nie for- ^eDement. Est-ce que ce n'est pas encore et toujours le règne 4b .la force, lorsque la loi) au lieu d*émaner d'elle seule et de m aenle nécessité, émane de la volonté d'un monarque ou êm vote d'une assemblée? Est-ce que, si cette assemblée, si «e monarque ont tort, ma raison, quoique ayant de son eMé la certitude, Tévidence, ne sera point tenue de se soumettre à la leur ? Or, si cette raison-là n'est pas celle qu'on wymme la raison du plus fort, comment donc Tappdez- Tous? Est-ce que j'ai la liberté de professer le culte de ma voyance et de ne point payer le culte do la croyance qui n'est pas la mienne? Estrco que j'ai la liberté de régler à mon gré le partage de ma fortune acquise par monj travail entre les enfants qui portent mon nom, selon qu'ils se distinguent par leur aptitude ou selon que je pense que je suis le père des uns et que je ne suis pas le père des autres? Est-ce que la loi qui, en matière de partage par le fait de succession, prescrit Tégaliti*, e^t plus fondée en raison que la loi qui avait établi l'inégalité ? Toute loi qui est la raison présumée et imposée, au lieu d'rtre la raison éprouvée et appliquée, a besoin de la sanction de la force; cela seul suffit pour qu'elle fioit la force et no soit pas la raison.
Ce langage que je vous tiens, c'est celui que je tiendrais à Baruch Spinosa, à Jean-Jacques Rousseau et à Pierre Jurieu, dont vous invoquez les noms et citez les paroles. Peu m'importe qui commet une usurpation ! L'usurpation du pouvoir démocratique sur le pouvoir individuel n'est pas plus légitime à mes yeux que la même usurpation commise par le pouvoir aristocratique ou par le pouvoir autocratique. Cest là préeit eequi me tient à égale distance du parti rivoluitmmaire leomertmieur^ que vous dites exister sous des noms
fe |t|uH BU i>iLrti rérolotioi 0«"Q|i|iarli('nB y rÂvnlutioiin&iro. I>«pulé.
àtrilH ; eitoyeu, loos mu Uon de 184H, lont tu pi jiArti, DO fteruil & ce puiirroit no miner on fttt», il clierulie «111» ialcrrvpIJaa a ptu" l(!!t ri^roriDUit, uu jiûrti orMiaM il B'ii|t[iUi|utt oatiii n^obeàCur*' |iW a( lie k uain de* k<mi*i mxivttiit iU ont touriiAm ~ qiiu In pnrli r(ïfurmi(((!ur ri lu parfi ()u'un it-iil et iiHbiiii parti «om d«iu ffnriln, l'.ur ne siiritit avinior, oi»ii»<u'viit«ui' ml rBuniiul louL |iraf^i>s; ijuii o'mLIi pi lion df l'iiDUioLjiUtà 1
C'mI prAi.-M(^iiitl [Hit«a i|ug je Spinonu, lu ilroit qu'il Attribue h «film, mhnrlri ptia abivrJct: uiaver IkinMM: «Uribiiu «H peu/>lf d* fain ivta ce ^u'U i«m| ,- ■ Il droit iju'il iiltrUMii' uu peuple d'être àufomi ptw Viilultr tes acU* ; cVkI précûéineDl parea ^ Uutotyi'unni», Huit populaire, wiit bén^tÙtur*. Muu Ae la liberté, soîtau n>in) il» rautoril*. qae aAparulion ratiuu(i(>lle ol utkeMtiii'e du l'mAni dim, cofi iltfui lif Ben luirallèle» qtt'tl wffll de t suu<li-fl tous !•:)> prutili^uir*, r<ii?illL«r luui las |tn^ ilaiu Icurcnnsf Louti>» \v6 rAvolutJuiu.
Lux^pikruUuucnCru l'i't(/''iWiM'/ol l'intArtieMl (le i!u principe priioliunii piu- l'auU^ur ùu U Irg hut, par N, doUoiinld : L'hanmM fxnie à« jm*wA in- ta funik. Si lu pvas<^o iltil'liuuitfie i>«4iBTioli duit r^tro, u( lii i-ollii-ci d'csL pas inHitlnbl*, poi le Mrait-i-|le? Il (îiut, eatu peiu« d'iu«oi»«quen< l'inviolabilité do la piijttle nu l'intguiMlion de la]
I.uritqu'iiii rjiii^ti, luouMeur, k pui% uniVoM tutUlo AU nuuiUi-D de* illutioD» d'i-nlitiil, ii an fau