‹ Questions philosophiqueChapitre 182 sur 193 · I.E DtlOIT · texte numérisé non relu

I.E DtlOIT

en pâmant, tomber dans des contradictions d'avocat, telle ^oe celle qui consiste h cunduinnt*r la force et h absoudre la MMire. Est-ce que la guerre n^est pas la lutte de la force oontn' ihibree? Est-ce que la guerre peut être juste d'un c6té sann

injuste de Tautre ? Est-ce que la guerre peut être juste deux côtés? Est-ce que le sang qu'un souverain belliqueux ^êêH couler sur les champs de bataille pour étendre son empira, repaître son ambition, satisfaire son orgueil, rider une ^erelle on venger une offense, est moins précieux et moins pur que le sang qu'un peuple exas|)éré verse dans les rues pCNir se relever du mépris qu'on fait de lui, alléger ses char-

ou conquérir les garanties qui lui manquent? Est-ce que guerres de souverain à souverain engendrent moins dVxcès, entassent moins de ruines que les guerres de peuple à gouvememiïut? Est-ce que guerres intestines et guerres internationaU*s ne méritent pas, les unes et les autres, l'égale répn»balioti do quicinique pense <iuc les hommes doivent raisonner toujoui*s et iif* se battre jamais? Pourquoi la ndson aurait-elle moins de droits de souverain à souverain que de peuple à gouvernement? Pourquoi les rois seraient-ils dispensi«!s de la raison dont seraient tenus les peuples? J'ai sous les yeux un relevé détaillé duquel il ressort que, dans une période historique de deux mille six cent quinse années, on ne compte que deux cent vingt-deux années de }iaix, soit une anm*«> de ]»ai\ sur dix annres de guerre, et qu'on ne saurait évaluer à moins de cent cinquante millions le nombre de.s hommes moisson nê^ par la guerre d*Rtats <\ États : si ce n'i'st pas pour être les jiacifieateurs des pf*uples, à qu(»i servent les p*is? Je pi»nse comme Franklin, qui disait :

•i I II vul«'iir lit* ^raiiiU cliemin^ iiuînminift (le> Vdis vi\ trf>upf* vsi 'Ait^r>ï volfur (|ii«* ({ihiiiil il \ol«* st'ul, et une n:ition qui fait nue guerri* injuste l^«^t «{u'uiie gramle bande. Qtiaml vous aurex employé \cMn* |iriiple a piller les llulUnilai:», est-il élrau)W qu*s nioltanl nu ternie à ce brîfsauitap', ih c<»iiliiiueu( diez eux le iMin«* uiflier et ms vuleut le» un» le&auireA? •

Mais où donc est la preuve que vuus uvies promis de faire, que l'individualisme latiounel conduit raiiarchie sociale au dBSfotJsoiB outverfcei ?

Cette pii'uve, anuoncée avec tant d'éclat, je b cfiei

vain.

Vous qui êtes mterrenu dans un débat entre desx m qni se propo:?ont la liberté pour bat, mais par dem e différents, où donc avez- vous jamais la, dans toot «i écrit -— citez-hi — une seule phrase de moi qui fit h; cation de Tomnipotence popnlaire, la justification desi par la fin, la revendication de la responsabilité isi de la société, et enfin la préférence donnée à l'écrit de lution sur Tesprit de progrès? Quels ai^goments doi votre longue discussion a-t-elle ajoutés aux mana M. de Lourdoueix? Quelle claiié cies-vous vena jett Tobscurité de cotte loi que vous appelez la loimonk,é le texte et les prescriptions se dérobent à toutes les R ches? Ce texte, quel est-il? Ces prescriptions, quelles elles? Est-ce le Décalogue, 8*exprimant ainsi :

u :;. Vous no fore/. (Hiint d'iiiuigc taillôe, ni aucune ùfroK ile est (MI haut dans lo rici et en bas sur la terre, ni de tout ceqaie les eaux, sous la terre.

\t{K Vous ne les adorerez point et vous ne leur rendrez yfM I viTain culte, oar je suis le Seigneur viïlrc Dieu, le Dieu fnrtrtj f/tit vnuje l'iniquiU des }iéres siir tes enfants ^ jusque hftm qwitnàne tj^nération^ fhns tous ceux qui me haïssent, »

Kst-co le précepte suivant, de TEvangilc selon saint tîiiou :

^ K,iilrs roiislaniiiient aux auU*es le bien que vous voudriei h \,ur. car ceci e>t la loi et les prophètes.

Si toute ia loi morale est dans ce précepte de I'Eti i^,nl^^]uoi iio pas sVn tenir à cette loi? Pourquoi daulr i;iii la rontivdisimt, la faussent, la dénaturent? Oùrè wM-ito, t]uelle raison d'exister a l'autorité? Eï^t-ce que c'( I". liio de l'autorité, ou en vertu d'une loi votée par une: Mc;\ que les trois nni^fles d'un triangle sont égaux à »Iu»'.:n? So.mv donc conséquent ! Vous ne Têtes pas. I Mi'cr (^ invMi contradicteur, entre l'autorité sociale, don

lliiis êtes constitué ravocut, et la loi morale, dont vous vous Érigez le treizième apôtre !

P^^ ' Gelle-ci exclut celle-là.

^ 'Toire autorité sociale est la négation de votre loi morale; fMbne loi morale est la négation de votre autorité sociale. Mettez-vous donc d'accord avec vous-même !

EMILE DE 6IRARDIN.

A MONSIEUR EMILE DE GIRARDIS

Si vous aviez cru devoir citer mes paroles aTUtA combattre, nos lecteurs communs eussent été nos jogv rois, ot j'aurais, pour mon compte, accepté sans mot dnM décision souveraine. C'est parce qu'il n'en a pas M ^ c*cst parce que vous vous êtes départi avec moi detoiH habitudes passées, que je me vois dans la nécessité à tester contre les doctrines non moins odieuses quiMntà vous m'avez si gratuitement prêtées. Ce n'est plus |MV une question de raisonnement, c'est une question

Il n'y a pas, dans toutes mes lettres, an seul mot fi semble à une négation des droits de l* individu.

Il n'y a pas, dans toutes mes lettres, un seul mot fâ semble à une injure au bien-être.

Il n'y a pas, dans toutes mes lettres, un seul mut qâ* semble h une glorification de P ancienne sociéié.

Il n'y a pas, dans toutes mes lettres, un seul mot qn semble à un éloge de la force^ et partant de la gutrrt.

Vous avez publiquement nié le droite la règle sopéiMI des actions humaines, ï autorité morale dans son essence, '4 relève l'humanité tout entière, peuples et rois.

J'ai cru, et je crois encore, qu'il m'appartient,!^ comme à tout autre, de combattre une erreur pnblîqoBi^ je regarde comme la plus funeste des eirenrs modâv&' qui constitue, à mon sens, le fond même de tontes ki ^ trines révolutionnaires.

J'ai démontré, contre vous, que la négation Aadféà^^ qu'un écho perdu de la vieille sophistique grecque, YmW^

brèche, il y a plus de deux mille ans, par Vironie socratique.

J'ai démontré, contre vous, que la négation du droit j en affranchissant la conscience de toute règle obligatoire, menait logiquement à l'individualisme absolu.

J'ai démontré, contre vous, que l'individaalitme absolu, en donnant essor à toutes les énergies désordonnées du cœur humain, menait logiquement à l'anarchie générale.

J'ai démontré, contre vous, que l'cmarchie générale, en détruisant toute condition d'exittence sociale, menait logiquement au despotisme universel.

J'ai démontré, contre vous, que la raison, sans le droite n'ayant qu'une autorité de conseil, et ses prescriptions n'obligeant point par elles-mêmes^ il fallait de toute nécessité en ▼enlr à cette conséquence rigoureuse : ou k droit obligatoire pour tous, ou la liberté de tous les crimes et de toutes les iniquités pour tous.

Maintenant, monsieur, écrivez que je n'ai rien prouvéi que je suis en contradiction avec moi-même, à la bonne heure ; vos lecteurs vous croiront sur parole, s'ils le veulent. Mais dire à plus de cinquante mille lecteurs qiii ne me connaissent pas que je nie la liberté, que je proscris le bien-être^ que je gloriile l'ancienne société, avec ses vices et ses crimes, sans doute; que je fais l'éloge de la force, etc., c'est positivement affirmer le contraire de ce que j'ai pensé, écrit, publié ; c'est jeter sur mon caractère un discrédit qu'il ne m'est pas possible d*accepter.

BU)T4JBQUESNE,

Avocat à U cour impériale.

A MONSIEUR BLOT-LEQUBS.\E

Ne voulant point rouvrir une discussion fermée, je nei à votre réclamation que la courte réponse qui serastriM nécessaire pour prouver, vos articles sous les yeux do M souverain juge entre nousdeux, que les doctrines qnevwf lifiezde « doctrines non moins odieuses qu insensées n todsi||> tiennent légitimement et ne vous ont pas été grataiteme^l tées ; qu'ainsi la question d'honneur que vous invoqueiMÀ contre vous.

Vous prétendez que vous n*avez pas nié les dnàsè ditidu. N'est-ce donc pas nier les droits de Tindividi ^ lui contester « le droit de rechercher la vérité^ finUfnf )) t^aisoHj de la prendre pour guide et pour juge j enfin ds À sa fantaisie)) ?

Relisez donc ce que vous avez imprimé en ces teima je transcris, quoique déjà publiés plus haut :

a Doscartes dit à Thommc faillible, présomptueux^ léger : «1 » rcrhenhe de la vérité, tu ne dois interroger que ta seule miftRf ' » ({lie soient les traditions, les croyances du genre humain; ti » admettre pour vrai que ce qui semble vrai à ta seule raMn; » fh guide, tu n'as de mnitre, tu n'as de juge que ta seuls, n < l'était encore, vous le reconnaîtrez, ouvrir le monde phikNOpl

l'iNDIVIDrAMSyK LK PLCS EFFRÉNÉ. »

a Dissolution, anarchie, tel est le dernier root de rindM

dans l'ordre social.

» Nous savons aujonrdliui tout ce que renferme de puissance vante cq ternir mal disbiniuié de toutes les révolutions, k in chacun de vivre à sa fantaisie. »

LE DBOrr 693

Tons prétendez qn'il n'y a pas dans tontes tos lettres un geul mot qui ressemble à une injure au bien-être. N'est-ce donc pas injurier le bien-être, auquel a droit tout travaillenr, que de qualifier Taspiration au bien-être de tentation de Pesprit du mal, de convoitise insatiable^ d'orgueil brutal^ de haine fatouse et féroce^ de fièvre des convoitises^ de Inen^tre impossible ^ et que de lui attribuer tous les crimes!

Je transcris encore :

« Quand le peuple eut appris que l'unique fln de l'homme sur la terre <^tait le bien- être, alors il demanda pourquoi à quelques-uns toutes les félirités de la vie, à lui les misères et les larmes? Alors il ouvrit son coeur à toutes les tentations de resprit du mat, h fa convoitise insatiable, à Vor(fueU brutal, à In haine jalouse et féroce. Alors la société chancela sur su base ; tous les crimes et tous les malheurs révolutionnaires étaient « onçus.

» Non, non, le mal qui travaille la société n'est pas dans la miséie, dans l'ignorance, dans la compression; il est dans l'anarchie des intellif^encrs..., il est dans l'orgueil sacrilège delà raison..., il est dans la fièvre «les convoitises,..

» On poursuit sans relâche un biettrétre ihpossibi<c. •

Vous prétendez qu'il n'y a pas dans toutes vos lettres un seul mot qui ressemble à une glorification de Vaneienne société. N*est-ce donc pas glorifier l'ancienne société que de montrer les siècles antérieurs au quinzième siècle^ ù la naissance de Luther, à Tapparition de Descartes, comme ayant été exclusivement le règne des « vérités sociales, le règne des lois piimor- I) dialcs et nécessaires de la société » ? Est-ce qu'on restaure ce qui ne mérite pas d'Otrc conservé?

Je transcris toujours :

« Quelle est maintenant Xcritjine du principe réTolutionnaire? Quelle est sa première incarnation/ Voyons :

• Ai^ seizième siècle, un novateur fameux (Luther) jeta dans le monde un principe fécond en hou le versements de toutes sortes.

» Au dix-septième siècle, un penseur célèbre (Descartes) tira las conséquences philosophiques contenues ihins le principe de Luther.

• J'ai rccliiTchè \'ori[iinc du princi|)e révolutionnaire ou de l'individualÏMiie alisolu. je l'ai trouvé dans les plus audacieuses négociatious de Luther, de Descartes et de Rousseau élevées à l'état de système*

IrtshtHil-

«94 LE raorr

s Ainii, l> mine des vériCéi: locinit» nul taivi d» ftH h râii vérités morales. ■

■ (iue pouvaient tleveoir le pout-oîr, la ramille,lB pn^élé,c'M(-»àa les loit primordiithi et niceaairet de la socUtf, su milieu dt tui è doctrine diverses, contradictoires, incessamment a^tées, discnir^ contestées?

m On s'étonne maintenant que la société, sap^ dans ses fo(><lMWN tlcimis plus de thojs siècle!', s'écroule d'un cAlé pendaDl qu'on b nlaure dt- l'autre. ■

Vous prétendez qu'il n'y a pas dans tontes vos Irttnsss seul mot qui resF^emble A un éhge de la force et paitant^ti guerre. N'cst-cr donc pas louer la force «t la guerre <pxix railler ceux qui flétiissent la guerre et la force, au liea de »r joindre à eux ?

Je transcris encore et toujours :

« J'admire, monxienr, combien , arec votre brillante inlelEpon. vouM avez encore A'illvifiims if enfant. Vous croyei k la paii fOfh tuetle de l'abbé de Saint -fierrt^; vous espt'rpi que, f'it ou tard, bitt liiiiru dans le monde par un biiùrr LamaurttUi unÎTersel. <x sokt -i

DES miCOI,[Q[ KS SOCIALES DIIISES D'CH ACTaE FLUHIAN. »

l'rétcndrez-vouB encore, après ces citations, qae je tow ai fait dire le contraire de ce que vona avex écrit et pnbliéT

ËUILE DE GIRARIHN.

Page 1