‹ Questions philosophiqueChapitre 20 sur 193 · I. — LE MAIRE D'ÉTAT · texte numérisé non relu

I. — LE MAIRE D'ÉTAT

La droit de suffrage étant au droit d*alnease ce que l'élection eM à rhérédité, ce quo la république est à la mooarobie, re que laveoir est au passé» ce que le pôle arctique est au pôle antarctique, chercher et trouver :

Le mode de vote universel qui soit la méthode la plus certaine pour désigner les meilleurs et les plus capables ;

La (orme d*administration des États qui, conciliant les traditiou du passé avec les nécessités do Tavenir, la puissance d'imtiâtive avec Tefllcacitt'^. du contrôle, l'unité avec la rcspoohabilité, la grandeur nationale avec Téconomie publique, la ^'tsance mdwiduelk avec la puiisance indimtible, conséqoemmeol imàinm^ soit Tordre par la liberté.

Tel est le problème dont l'importante et urgente solution aurait dû être mise au concours, dès le lendemain de la révolotioo da M février 1848, par un gouvernement prévoyant, ai foavenier e^était prévoir.

Mais qui y a songé?

— Personne.

— C'est précisément parce que j*ai vu que nersomia n'y •oageail qu'il m'a paru nécessaire d'en faire Tomet de mes

recherches les plus opiniâtres et de mes méditations les plus constantes, ne fûtrce que pour donner un utile exemple, une salutaire impulsion.

L'usage du chronomètre, du baromètre, s'est répandu dans tout le monde civilisé; il en sera ainsi du vote universel, appelé à devenir, relativement à l'opinion publique, ce que le chronomètre est au temps, dont il donne la mesure avec une précision rigoureuse ; ce que le baromètre est à la tem- ))érature, dont il indique toutes les variations. La puissance est individuelle ou collective. La puissance collective est communale, corporative ou nationale.

Le vote universel doit être à la puissance individuelle et collective ce que la parole est à la pensée, le moyen de s'exprimer, mais il n'en sera ainsi qu'après qu'il aura cessé d'être un instrument de guerre pour devenir un instrument de liberté, et qu'il aura substitué la liberté des opinions à la guerre des partis.

Les minorités ont le même droit que les majorités à être représentées.

C'est le progrès vers lequel doivent tendre tous les esprits qui cherchent avec persévérance le juste et le vrai.

Partout, Majorité et Minorité forment deux camps ennemis; dans l'un conmie dans l'autre, c'est un pêle-mêle d'idées confuses qui s'excluent, d'intérêts rivaux qui s'allient, de cacardes honteuses qui se cachent, de drapeaux ennemis qui se mentent, de chefs ombrageux qui se détestent, de soldats déserteurs qui se méprisent. Bien difficile serait souvent d'expliquer autrement que par un hasard, un caprice, une fausse évolution, pourquoi tels qu'on pourrait nommer sont dans les rangs de la minorité au lieu d'être dans les rangs de la majorité, et tels autres dans les rangs de la majorité au lieu d'être dans les rangs de la minorité. Si, h peu d'exceptions près, personne, au jour de la lutte électorale, ne se retrouve immuablement à la place que lui assignaient ses principes et ses intérêts, ce n'est pas l'inconséquence de l'esprit humain qu'il faut en accuser, c'est l'imperfection des modes électoraux qui ont été successivement en usage.

En fait de régime électoral, on en est encore au régime féodal, à ce temps où la justice n'avait pas désarmé In force: ob.

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