LIVRE QUATRIEME
conséqu^mmeDt tous ceux qui auront un intérêt, si faible qu*il soit, à le nommer ou à le révoquer.
Dans ce système d'émancipation universelle, Tau torité n'est plus, relativement à la liberté, que ce qu'est le tuteur au papille, le jour ob celui-ci a atteint l'âge de majorité et où lo mandat de celui-là est expiré. C'est le mineur qui devient majeur, et non pas le mineur qui change de tuteur ; ce qui aurait Ueu si le gouvernement, tel qu'il a existé avant et depuis le ^4 février 1848, était remplacé par ce qu'on a appelé
le GOUVEHlflMBlfT DIRECT DU PEUPLE.
De cette tutelle transformée, je n'en veux pas ; et le peuple qui me lit, parce que je lui dis crûment la vérité, reconnaîtra que j'ai raison.
En effet, ce n'est qu'un autre mode de tutelle, et je le prouve.
Je suppose l'idée du gouvernement direct adoptée :
Un projet de loi concernant la liberté de la presse, ou toute autre liberté, est soumis au vote du peuple ; au dépouillement, les bulletins se partagent ainsi :
VoUnts iS millions.
Bulletins oui 7 millions.
Bulletins non 5 millioni.
Voilà donc sept millions d'électeurs qui s'érigent en tuteurs oo en souverains de cinq millions de citoyens, ainsi réduits à la condition de pupilles ou de sujets.
De quel droit?
0u*e8l-ce qui me prouve que, sur cette question, c'est le rhiflVe le plus fort qui a raison contre le chifl^ le plus faible, |p chiffire 7 contre le chiffre 5 7
Rien.
Donc, cette forme du gouvernement direct ne vaut guère mieux que toute autre forme indirecte de gouvernement.
Elle est tout aussi arbitraire.
Montesquieu, définissant le gouvernement républicain, s'exprime ainsi :
« Le peuple, dans la démocratie, est, à certains éguds, le moiubqus; à cflfftaios autres, il est le sujet. »
Lorsque le peuple agit comme honarq(TE, je sois de l'avis d*Ari8toie : il ne vaut pas mieux que tout autre monarque. Aristote écrivait :
« Un peuple, en tant que monarque, a tous les caractères du tyran. Dans une démocratie absolue, et dans la tyrannie , vous retrouverez mêmes mœurs, même despotisme, même arbitraire dans les décreti du peuple et dans les ordonnances du tyran. Le démagogue et le courtisan ont les mêmes rapports de ressemblance, la même analogie; tous deux jouissent du plus grand crédit, le courtiiMD auprè« du tyran, le démagogue auprès du peuple. >»
C'est pourquoi, depuis trois uns, je me suis appliqué sans relâche, et presque sans repos, k chercher comment il se pourrait que le peuple, afin de rester libre, ne fût ni siUR ni